Fayet

Fayet adm

Le village est situé au confluent de la Nuéjouls et du Dourdou, entre le Rougier de Camarès et les Monts de Lacaune.
Dans le village de Fayet, on peut flâner dans les ruelles du quartier médiéval bordées de demeures ancestrales, avec portes et fenêtres Renaissance, nous menant de l'ancien hôpital, à l'église du XVIIIème siècle et jusqu'au cimetière où s'élève une belle croix de 1613.
Géologiquement, Fayet est construit sur des terrains primaires trés anciens. Le volcanisme a laissé son empreinte (Pic de Roste) et sa présence explique la richesse en sources minéro-thermales dans les environs.
Après l'exploitation des forêts au Moyen-âge, Fayet tira sa notoriété des manufactures de draps, des moulins, et des mines (plomb, or cuivre) dont l'origine remonte à l'époque gallo-romaine.

Drapeau francais fond blancHistoire

Fayet tire son nom du hêtre (fagus en latin).
Fayet a 850 ans d'existence certaine. C'est en 1144 que le nom de Fayet (Faeita) apparaît pour la première fois, dans un registre de l'Abbaye de Sylvanès. Mais on peut faire remonter plus loin ses origines, des vestiges romains ayant été trouvés aux portes de Fayet.
En 1144,  Fayet était une dépendance de la seigneurie de Brusque.
La commune actuelle de Fayet occupe le territoire des anciennes paroisses de Fayet et de La Roque (anciennement dénommé La Roque de Rasele ou La Roque Papalhonac). Jusqu'à la Révolution, ces paroisses faisaient partie intégrante de la communauté de Brusque. C'est durant la première moitié du XVIème siècle que Tristan II de Clermont-Lodève (ou l'un de ses fils) fit construire le château de Fayet, conçu comme résidence d'agrément.
Le puits monumental du château porte la date de 1564.
La baronnie de Brusque fut érigée en marquisat de Brusque-Fayet en 1610. Elle fut achetée peu avant la Révolution par François de Nougarède qui portera le titre de baron de Fayet.

Le château de Fayet et ses propriétaires successifs

Bâti sur un tertre, le château domine la vallée, position militaire en arrière du Rance et en contact direct avec l’Albigeois. La sortie des gorges était gardée par le château de Brusque, démoli en partie au XIIIème siècle, et qui formait un seul prieuré et une seule seigneurie avec Fayet.
Une chapelle marquait, à l’origine, le confluent de la Nuéjouls et du Dourdou. Un bâtiment défensif, entouré de douves, la remplaça afin de surveiller ces rives dont la situation formait une ligne secondaire de défense.
Le château actuel forme un parallélogramme régulier ponctué aux angles de tours, ainsi qu’une cinquième qui enferme la vis d’escalier, en pierre de taille. L’architecte italien qui conçoit ce château de plaisance à la Renaissance organisera, dès le départ, la voûte de feuillages, afin d’être à l’abri des regards indiscrets. Après avoir descendu la longue allée bordée de tilleuls et de marronniers, le château nous apparaît avec une belle vue sur la cour d’honneur, depuis que les grandes grilles ont remplacé le mur d’enceinte avec porte ogivale. Le dallage, en forme d’œil, autour de la fontaine à double vasque, nous mène vers la porte d’entrée de style troubadour, et enfin au puits majestueux, qui alimentait les besoins domestiques. La margelle, en forme de marmite, est couronnée par un fronton sculpté et armorié supporté par deux piliers, qui fut bâti en 1564 par Guy de Castelnau-Bretenoux.
Les premiers seigneurs de Brusque et Fayet au XIème siècle furent les vicomtes d’Albi, au XIIème siècle, les vicomtes de Béziers et de Carcassonne, au XIIIème siècle, les comtes de Toulouse et enfin au XIVème siècle,  les seigneurs de Castelnau-Bretenoux. Leur monogramme entrelacé et leur blason écartelé, soutenu par deux griffons ailés, sont sculptés dans la pierre, ainsi que la date de construction du puits. Nous pouvons également y lire une sentence du prophète Zaccharie, « Fontaine ouverte à la maison de David » ainsi qu’une sentence de l’évangile de Saint Matthieu, « Le ciel et la terre faudront mais mes paroles ne passeront ».
Vingt-cinq ans plus tard, la fille de Guy de Castelnau, Jacquette de Clermont, épousa Jean V d’Arpajon, et sa dot servie à des travaux de restauration et d’embellissement, en particulier la balustrade de pierre, ornée de deux harpes (emblème armorial de cette puissante famille du Rouergue).
Henri ivHenri de Navarre (ci-contre), le futur Henri IV, a passé une nuit au château de Fayet et aurait donc traversé l’enfilade des salons, à l’époque entièrement tapissées de tentures, dont certaines étaient encadrées par des décors peints à l’aide des ocres extraits du Rougier de Camarès qui vont également servir de base aux nombreuses fresques, en particulier celles des plafonds à la Française. Nous y retrouvons des symboles des Compagnons du Devoir, d’autres à signification ésotérique, de riches décors de pierreries mais aussi la représentation des arts.
De nombreux travaux de gypserie vont servir de base aux décors des cheminées monumentales, d’époque Louis XIV, qui ornent chacun des salons ainsi que la chambre d’apparat et l’ancien studiolo (cabinet d’alchimie).
Louis d arpajonLouis d’Arpajon, fils de Jacquette et de Jean V d’Arpajon, se maria trois fois. Gloriande de Thémines, sa première épouse, lui donna plusieurs enfants dont un fils, qui sera plus tard déshérité. La tradition affirme que Louis ordonna l’assassinat de Gloriande, suite à son infidélité. Marie de Simiane, qu’il épousa en secondes noces, mourut en couches, avec l’enfant, neuf mois après leur mariage. Enfin, la troisième épouse, Catherine d’Harcourt, lui donna une fille, Catherine Françoise, qui fut légataire de ses biens en 1672, avec pour charge de relever le nom et les armes de cette puissante famille à la naissance du premier enfant mâle. Ce fut François, fils de François de la Rochefoucault, comte de Roussy. Il eut une fille, Pauline Françoise, qui épousa le duc et maréchal de Biron. Sous la Révolution, cette dernière, âgée et fort sourde, s’excusa de cette infirmité devant le tribunal révolutionnaire, qui la condamna à mort pour avoir « œuvré sourdement contre la République » ! Avant d’être guillotinée, la duchesse de Biron eut le temps de vendre le château à André Jean Simon de la Nougarède, titré baron de Brusque et Fayet par l’empereur Napoléon 1er et président de la cour impériale de la Seine. Le second baron de Fayet, sans descendance, vendit à Messieurs Soulas et Roques. Ce dernier était originaire du village et sa récente fortune, amassée grâce au jeu, fut engloutie par la déroute de la banque Oustric.Pierre dussert de rougement Ils réalisèrent quelques travaux mais laissèrent au château son authenticité dans l’aspect extérieur.
Ce fut Monseigneur Cabanel, curé de Notre-Dame des Tables à Montpellier qui, à l’aide d’un don anonyme d’un million, se porta acquéreur du château et de son domaine. Ce don devait servir à la création d’un orphelinat dirigé par des religieux. Son choix se porta sur la congrégation des Salésiens (œuvre de Saint Jean de Bosco), qu’il installa dans les dépendances et qui devint légitime propriétaire lors de son décès, abritant ensuite une colonie de vacances.
En 1999, Pierre (ci-contre) et Sophie Dussert de Rougement, anciens propriétaires du château de Laroque, s'installent au château avec leurs quatre enfants et avec l'aide de l'Association "Les Amis du Château de Fayet", redonnent vie à ce site.

Le château de Laroque et ses occupants

Ce château repaire, ou maison seigneuriale fortifiée, est construit dans le vallon de La Roque.
Le site, n'offrant la possibilité d'aucune défense naturelle particulière, justifie la présence de ce repaire, non pas au centre d'un mandement, mais en position isolée avec une exploitation agricole vivrière à proximité (Le Bousquet).
Les périodes troubles de notre histoire, mais aussi l'évolution politique et sociale, correspondent à l'essor des repaires, dont les constructions s'échelonnent principalement du XIIème au XVIIème siècle. L'origine de celui de La Roque remonte au XVème siècle, après la fin des hostilités de la Guerre de Cent Ans.
Le château semblait être sous la domination de celui de Brusque, appartenant au cours des XVème et XVIème siècles aux Clermont-Lodève puis aux Comeilhan, sorte de poste avancé du castellas, défendant la vallée, alors que le Château de Fayet fut pour les seigneurs de Brusque un château de plaisance.
Le bâtiment d'origine se réduit à une salle avec une curieuse tour d'escalier à vis, en saillie, formant un éperon, se terminant en forme carrée dans le haut. Le passage de l'angle aigu, à la ligne légèrement brisée de la partie supérieure s'effectue au moyen de deux groupes de trois consoles, successivement à deux, puis trois ressauts sur les angles extérieurs. Ces consoles déterminent ainsi de part et d'autre de l'arête centrale, un double mâchicoulis aux extrémités.
Le rôle de cette tour, symbole seigneurial, est essentiellement défensif, comme en témoignent les différentes archères, arquebusières, ou bouches à feu, et servait de poste de guet. Elle fut ceinturée, plus tardivement de créneaux qui furent arasés en 1950, comme la tour du levant.
Une seconde période de travaux peut être datée avec précision grâce à la canonnière qui porte la date de 1577; ajout d'éléments défensifs qui flanquent la façade Ouest : la bretèche et l'élégante échauguette formant un parallélépipède, dominaient une douve entourant l'édifice du Nord à l'Ouest.
La fin de la Renaissance a aussi orné la façade méridionale de linteaux à arc brisé, rappelant des mâchicoulis.
Les seuls travaux, s'échelonnant du XVIIIème au XIXème siècle, ont eu pour but de transformer ce corps de logis en un château, où par sa taille modeste, il est toujours aussi agréable de résider. Un habile ordonnancement des pièces où l'on retrouve un souci évident de décoration et d'art de vivre : les peintures du XVIIème siècle avec figuration de blasons, les plafonds tous à la française, les cheminées monumentales à bossage ou celles de marbre surmontées de gypseries.
La disparition des fenêtres à meneaux au midi, pour aménager de nouvelles ouvertures, semble seule à déplorer, et peut être aussi une galerie sur cour comme le laisse supposer une série de colonnes à fût coupé disséminées dans le parc.
Le parc à fait l'objet au XVIIIème siècle de soins particuliers, offrant dans un espace relativement réduit, une variété de paysages: une partie romantique au Nord plantée d'arbres centenaires et agrémentée d'un grand bassin, recueillant une source voisine, puis successivement deux autres (un de rocaille, l'autre de pierre sous voûte). Une autre partie fut créée par nivellement afin de disposer un jardin à la française de buis et de houx et diverses variétés anciennes de roses. Cet espace rectangulaire a pu, abriter différents jardins : l'herbularius (plantes médicinales), l'hortus (potager), le verger (pouvant accueillir aussi les tombes).
Le château est rattaché initialement au comte de Millau, on trouve un Guillaume de La Roque dès 1140 qui fit un don de dîmes à l'abbaye de Sylvanès toute proche. Il fut la propriété successive des de Senhoret, de Geniès, de Murat, de Lestang, d'Adhemar, de Pélégry, de Lastic-Saint-Jal, de Bazy, d'Austruy (Raymond, chanoine de Rodez, fut prieur de La Roque en 1661), d'Aygua et de Fabry (propriétaires de Méjanel et du Moulin de Blancard, conseillers au Parlement de Toulouse) jusqu'à la fin du XVIIème siècle.
On trouve trace encore de la Famille Martin-Lacombe qui semble avoir possédé le château dès le XVIIème siècle occupant différentes fonctions (consul de Brusque en 1728, marchand, trafiquant, avocat ... ).
Pour l'anecdote, l'un d'entre eux fit preuve de courage et de dévouement en 1797, face aux gendarmes venus appliquer la loi contre les prêtres réfractaires, en l'occurrence l'abbé Jean Baptiste Barthe. Celui-ci prévenu, descend de l'autel, se dépouille de ses vêtements sacrés, et chausse ses sabots afin de se diriger en toute hâte vers le château où, au nez et à la barbe des gendarmes accourus à cheval, il s'engouffre dans une cachette dissimulée ensuite par une grande quantité de foin. Monsieur Martin-Lacombe laisse ensuite pénétrer la force publique, et malgré des fouilles minutieuses, allant jusqu'à plonger dans la paille leurs épées, les gendarmes repartirent bredouilles... Cette cache, un passage permettant de relier les trois niveaux, existe toujours.

Personnalités liées à la commune

Blason nougarede de fayet 2André Jean Simon Nougarède, baron de Fayet et de l’Empire (1765/1845), homme politique français du XIXème siècle (armoiries ci-contre).
Baron de l'Empire depuis le , il fut nommé, le , président de chambre à la cour impériale de Paris puis maître des requêtes au Conseil d'État le . Il adhéra un des premiers à la chute de Napoléon le ), et conserva ainsi toutes ses dignités sous la première Restauration. Le 22 décembre 1814, il parla à la chambre des députés sur le projet de loi relatif à la cour de cassation, et vota son adoption, avec l'amendement de porter le nombre des juges à 45. Une ordonnance du le nomma conseiller honoraire de l'Université, mais le 30 mars suivant, un décret impérial lui restitua le titre de conseiller titulaire. Resté en fonctions pendant les Cent-Jours, il fut révoqué en .
Après le second retour du Roi, le baron Nougarède perdit ses emplois et vécut retiré dans sa famille.

Auguste Nougarède, second baron de Fayet (1811/1853), écrivain et homme politique français, député de l’Aveyron, fils du précédent.  Il prit part au rétablissement de l'Empire et fit partie de la majorité dynastique. S'occupant au Corps législatif de questions économiques, il publia des travaux sur le crédit foncier et se fit connaître par la publication d'un très grand nombre d'ouvrages sur divers sujets. Il décède en 1853 sans union ni postérité.

Patrimoine

Le château de Fayet. Son puits monumental daté de 1564 est inscrit aux Monuments Historiques en 1931. Actuellement ce château se visite et ses salles sont louées pour des réceptions.

Le château de Laroque dont il ne demeure de l'ancien château du XIIIème siècle que quelques restes et surtout sa tour cylindrique qui faisait donjon. Le château actuel fut bâti sur les anciens bâtiments vers la fin du XVIIIème. Il est inscrit aux Monuments Historiques en 2004.

L’église de Laroque du XVIIIème siècle, avec son clocher kresiker, fut reconstruite et bénie en 1862.

L’église Saint Laurent date du XVIIIème siècle, avec son clocher flèche dont la cloche de 504 Kgs a été fondée en 1875 par les Fonderies Triadou.

Les anciennes portes du village sont datées de 1638 (ancien relai de pèlerins) et de 1644.

Les lavoirs, celui  couvert  “le Théron” et celui de Laroque.

Le monument aux morts et la croix.

Les mines, l'une était exploitée au Moyen-Age par les anglais, et une mine d’alun fonctionnait sous la Restauration.

Hameaux, Lieux-dits et écarts

En 1868, Fayet comptait 3 « villages » de plus de 25 habitants, 5 « hameaux » de moins de 25 habitants et 13 « lieux-dits » qui étaient des maisons isolées.
Les hameaux actuels sont au nombre de 5 : Le Bès de Fayet, La Graverie, Le Planet Haut, Le Planet Bas, La Dézouvre,et La Roque.
Ce dernier hameaux portait autrefois le nom de "La Roque-Papalhonac", situé dans un vallon à 450m d’altitude, il est mentionné dans le cartulaire de Sylvanès dès 1151 et fut rattaché en 1785 à la Commune de Fayet. La paroisse de La Roque demanda avec insistance à la fin du XIXème siècle son érection en commune distincte. Autrefois, il y avait aussi les hameaux de Combalou et du Méjanel.

Evolution de la population

Fayet demo

Nos ancêtres de Fayet …

Naissances/baptèmes :
APOLIT Marie (sosa 3273G12) avant 1648 au hameau de Combalou.
CARRIERE Elisabeth (sosa 203G8) le 15 mai 1770 à La Roque-Papalhonac. Ses frères et sœurs naissent avant elle au hameau la Graverie.
COUTOULY Marie Anne (sosa 407G9) vers 1720 au hameau de Planet.
TABARIES Jacques Joseph (sosa 196G8) le 20 avril 1753.

Unions :
APOLIT Marie (sosa 3273G12) le 7 janvier 1648 avec GAUTRAND Jean Pierre (sosa 3272G12).
CARRIERE Jean (sosa 406G9) le 21 mars 1743 avec COUTOULY  Marie Anne (sosa 407G9).

Contrat de mariage :
CARRIERE Jean (sosa 406G9) le 2 mars 1743 avec COUTOULY Marie Anne (sosa 407G9).

Domiciles :
CARRIERE Jean (sosa 406G9) et COUTOULY Marie Anne, après 1743 La Roque, puis La Graverie.

Décès/inhumations :
TABARIES Louis (sosa 392G9) après 1777.
SAIGNES Marie (sosa 393G9), épouse TABARIES,  le 15 février 1776 au hameau de Méjanel.

 

Date de dernière mise à jour : 06/05/2015