Vissec

Vissec adm

Situé dans les gorges de la Vis, en amont du cirque de Navacelles, le village de Vissec est une ancienne forteresse. Les maisons étaient construites en hauteur afin d’occuper le moins de surface possible. Le rez-de-chaussée abritait les animaux, au premier étage se trouvait l’Oustal (pièce commune) ainsi qu’une ou deux petites chambres. Le grenier, outre son usage habituel, servait de chambres.
Avant 1970, l’eau était fournie par deux puits situés dans le lit asséché de la rivière ainsi que par l’eau de pluie récupéré dans les citernes.
La rivière la Vis disparaît au sortir d’Alzon au Moulin de Larcy. De manière épisodique, lors de grosses pluies en amont, la rivière ressurgit au sein de son lit.
La commune de Vissec présente, par rapport à ses voisines caussenardes, une originalité géographique : toutes les communes voisines ont leur chef-lieu installé sur le plateau et leur territoire s’étend sur les versants de la vallée voisine jusqu’à son talweg, pour Vissec, le chef-lieu est au fond du cirque dans la vallée sèche de la Vis et l’essentiel de son territoire occupe les versants de la Vis. L’élément structurant du paysage vissecol n’est donc pas le plateau mais la vallée.

Vissec blasonHéraldique

Les armes de la Commune de se blasonnent ainsi :
D'argent au lion de sable, au chef d'azur chargé du nom VISSEC en lettres capitales d'or.

Drapeau francais fond blancHistoire

En 1084, sur le Cartulaire de N.-D. de Nîmes, il est mentionné Viro-Sicco (rivière sèche).
Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, le nom de Vis désigne, en amont du confluent de Vissec, la rivière connue aujourd'hui sous le nom de Virenque tandis que celle appelée Vis actuellement se nommait alors Alzon. Virenque est la vallée et non le cours d'eau.
Visseq ou Vissecq se retrouvent ainsi écrits dans quelques archives.
Au XVIème siècle, une partie de la baronnie de Vissec (causse de Blandas et Campestre) reste fidèle à la religion catholique tandis que la partie la plus importante en rive gauche de l'Arre, adopte les théories de Calvin.

Seigneurs et gens de noblesse

Les premiers seigneurs de Vissec sont connus par le Cartulaire de Gellone : Geraldi Deusde de Virsech en 1077, Geraldi en 1112, Raimundus en 1164. En 1080, une donation est faite à l’abbaye de Gellone par Raymond de Roquefeuil époux de  Stéphanie de Vissec.
La maison de Vissec est l'une des plus anciennes et des plus considérables du Languedoc. Les anciens seigneurs ajoutent à leurs titres la qualité de puissants seigneurs.
Ce titre est porté par trois évêques au XIVème siècle et est surtout illustré par la famille de Vissec de Latude.
Pierre de Vissec de Latude, première génération connue de cette famille. En 1229, il accorde divers privilèges aux habitants du village de Vissec. Sa devise Sisto non sistor  (Vainqueur jamais vaincu).
Le 27 avril 1497, Jean de Montfaucon, seigneur de Vissec depuis son mariage vers 1460 avec Antoinette Milhasse, dame de Vissec,, fils de Georges de Montfaucon et de Cécile Cardonnet, se présente devant noble et puissant Jean Pierre, seigneur de Pierrefort, Ganges et Hierle et promet de s’obliger envers lui comme ses prédécesseurs aux seigneurs d’Hierle.
En 1541, Fulcrand de Montfaucon, baron de Vissec,  rachète la baronnie d'Hierle à Françoise de Pierrefort dont il est le neveu.
Le 2 novembre 1570, Jacques de Montfaucon, seigneur de Vissec, licencié en droit, présidant à la cour des Aides de Montpellier, devient Premier Consul et assiste aux États généraux de la province à Beaucaire. Vissec dépend de la baronnie d'Hierle.
Le 27 août 1628, dans la cadre de la guerre entre protestants et catholiques, le duc de Rohan donne l'ordre à Fulcran II d'Assas de raser totalement le château, les maisons du village et le moulin de la Foux. En septembre, apprenant que la mise aux enchères du rasement n'a rien donné, il ordonne à la viguerie du Vigan d'envoyer un dénommé Carrière avec 60 soldats et 120 pionniers et maçons. Le 22 décembre 1628, Carrière réclame le paiement de tous les frais de sa troupe qui est restée jusqu'à entière démolition.
Si les remparts et les points défensifs ont été mis à bas, Christophe de Montfaucon, baron de Vissec et d'Hierle vit dans ce qui reste des bâtiments et fait réparer la forteresse (le Castellas) vers 1646. En 1649, il vend le château de Saint-Laurent-le-Minier qui n'était qu'une tour.
Le 22 juillet 1654, Pierre de Montfaucon et sa bande sont condamnés à mort par le Tribunal de Castres (un document de 1658 tend à démontrer la manipulation des témoignages pour arriver à cette condamnation) le 15 septembre 1655, s'ajoute à cette condamnation, le rasement des fortifications de Vissec et le comblement des fossés. Le démantèlement a lieu du 26 au 28 juin 1656. Pierre de Montfaucon est arrêté en 1660 et incarcéré à la citadelle de Sedan. En 1668, il est libéré grâce à l'intervention du prince Louis Armand Ier de Bourbon-Conti. Le 18 février 1668, il signe un acte en son château de Vissec en faveur du prieur de Navacelle.
Anne Jacquette du Faur de Pibrac, deuxième épouse de Pierre, gère Vissec pour son époux, puis pour son fils Michel.
Michel de Montfaucon, marquis et seigneur de Vissec, baron d'Hierle, brigadier au régiment d'Asfeld, fils de Pierre de Montfaucon et d'Anne Jacquette du Faur de Pibrac, réside au Vigan, mais séjourne aussi à Vissec, dans la partie du château féodal, réaménagée en manoir.
Jean Pons de Vissec de Latude épouse Jeanne de Saint-Étienne, baronne de Ganges en 1629, la baronnie de Ganges est érigée en marquisat en 1663 en faveur de leur fils Charles de Vissec  de Latude, commandant du Fort Saint-André à Villeneuve-lès-Avignon.
En 1667, un triste fait divers va marquer l'histoire de ce dernier : son épouse Diane de Joannis de Chateaublanc, arrière petite nièce de Nostradamus, veuve de Dominique de Castellane, est assassinée par ses deux beaux-frères, l'Abbé Henri de Vissec et le Chevalier de Malte Bernardin de Vissec. Convaincu de complicité, Charles de Vissec est emprisonné trois ans, son marquisat lui est retiré au profit de son autre frère François, puis de son fils Alexandre de Vissec de Ganges (1659-1713).
Pierre de bonziAu début du XVIIIème siècle, la comtesse de Ganges, épouse de François de Vissec de Latude, est la maîtresse du cardinal de Bonzi (ci-contre).
De 1730 à 1738, Pierre de Vissec de Ganges (1652-1737) est gouverneur des Invalides.
En 1743, Charles Alexandre de Vissec de Latude acquiert par mariage le Château de Saint-Laurent-le-Minier.
En 1762, à la mort d'Anne de Crouzet, veuve de Michel Marc Antoine César de Montfaucon, Jean Alexandre de la Tour du Pin de Gouvernet, beau-frère de la défunte, hérite des biens et des titres de Vissec, par substitution.
En 1783, Alexandre César de la Tour du Pin, marquis de Vissec, fils du précédent, épouse  Charlotte Françoise Félicité Odile de Rancher, fille de François Michel Antoine de Rancher, marquis de La Ferrière, et petite-fille de François Testu de Balincourt. Le couple s'installe au Vigan dans l'hôtel de Vissec.
En 1792, les biens lui appartenant deviennent des biens nationaux. Le château est pillé, on enlève toutes traces de blasons, on défonce des portes, ainsi que les parquets du premier étage. Des lots sont établis pour la mise aux enchères du domaine. Maître Jean Jacques Capion, notaire au Vigan, les achète tous sauf un, qui est exclusivement composé de terres et qui est acheté par des habitants de Vissec.
Le 7 octobre 1862, Louis Eugène Capion, propriétaire au Vigan, vend à Joseph Bourrier, propriétaire à Roquenouze, commune de Vissec, un domaine situé à Vissec comprenant une maison avec écurie et dépendances précédemment appelée le château, une petite écurie indépendante, les ruines de l'ancien château, une terre labourable au-dessous du chemin vis-à-vis de la maison sus indiquée, une vigne attenante audit champ, un champ mûriers et poiriers au quartier de Peyssel.
Cette bâtisse est réunie en 2000 au décès d'un autre Joseph Bourrier, propriétaire de Roquenouze.

Chronique communale

Vissec et le cinéma

Le film La Malédiction de Daniel Wronecki (52 minutes) adaptation du Diable en sabot de Claude Seignolle, a été tourné à Vissec en 1971.

Personnages liés à la commune

JfbrunJean Frédéric Brun, 1956- (ci-contre à gauche) écrivain français de langue occitane, médecin hospitalier et chercheur. Présent à chaque manifestation au château de Vissec qui est pour lui le centre du royaume des Encantadas, où il raconte des sornetas  en occitan où sont en bonne place Peperelet  et Turlendu.

FFelix mazauricélix Mazauric, 1868-1919 (ci-contre à droite), instituteur et spéléologue.  Il explore de nombreuses cavités des causses méridionaux (Larzac, causse de Blandas et causse de Campestre) et dresse la première carte spéléologique de cette région. Il étudie le bassin d'alimentation de la Foux de la Vis, dresse la cartographie du canyon depuis Vissec (où il a été  instituteur pendant 2 ans), et pénètre de quelques dizaines de mètres dans la source.
Il participe à la création de la Société de spéléologie en 1895 (actuelle Fédération française de spéléologie).

Patrimoine

Le  Castellas,  mentionné dès 1084,  situé vraisemblablement sur l’emplacement de l’évêché mérovingien disparu d’Arisitum, cité dans l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours. Détruit en 1628 par le duc de Rohan, le castellas est aujourd’hui une ruine.

Le château,  aménagé sur des restes du castellas, mais sur de beaux restes, visibles de partout sous les enduits du XVIIème siècle.
Un nouveau corps de logis est aménagé entre 1656 et 1666 par Phélize de Thézan du Poujol, première épouse de Pierre de Montfaucon sur des parties médiévales ruinées du premier château.
Deux voûtes médiévales sont encore debout, celle de l'ancienne cuisine du XVème siècle et celle de l'écurie du XIIIème siècle.
L'escalier à l'italienne avec un mur d'échiffre est bâti dans l'espace libre entre ces deux voûtes.
Au-dessus de l'ancienne cuisine, une grande salle, (peut-être la salle dite la plus haute dans les plus anciennes archives) est décorée d'une cheminée monumentale de style gothique flamboyant.
Au-dessus de l'écurie, devenue la cuisine, il y avait une grande pièce d'un seul tenant sous un plafond en bois et pourvu d'une cheminée sur le mur Nord, probablement la salle des gardes.
Les murs intérieurs du rez-de-chaussée font 1,10 m d'épaisseur. Ceux du premier étage font 90 cm, comme ceux des courtines du Castellas. Les parements de tous ces murs sont bien appareillés, avec des lits de pierre réguliers.
La distribution des pièces du premier est totalement modernisé avec la création d'une enfilade liant tout cet étage.
La découverte récente d'un sol très ancien dans l'antichambre nécessitera une analyse chimique par le Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques, pour le dater.
La construction a conservé une grande partie du second œuvre : porte d'entrée en bois avec marteau daté de 1698, porte de communication intérieure à panneaux carrés ou losangés, plafonds à la française, traces de peintures murales et d'inscription. Le portail rectangulaire est souligné par des moulures simulant des chapiteaux doriques.
A la Révolution, le domaine est pillé et vendu comme bien national (Source : Base Mérimée).
L'ensemble, château et castellas, font l’objet d’une inscription au titre des Monuments Historiques en 2009.

L'église primitive, mentionnée en 1084, est détruite en 1628, lorsque les troupes protestantes du duc de Rohan rasent le château et les fortifications du village.

L’Eglise Saint Blaise actuelle est édifiée à partir de 1698, sur l’emplacement de deux jardins achetés à des particuliers et auparavant de l'église primitive.

Les gorges de la Vis, canyon creusé par la Vis entre le causse de Blandas et le causse du Larzac. La Vis prend sa source dans le Parc national des Cévennes, coule jusqu'à Alzon avant de se perdre au niveau du moulin de Larcy (ce qui laisse un lit sec, Vis sec) et rejoint un réseau souterrain pour ressurgir à la résurgence de la Foux.
Il arrive que l'eau cesse de couler pendant quelques heures, voir quelques jours, à la suite d'éboulements à l'intérieur des causses. En avril 1776, Aigle royal 1la Foux cesse de couler pendant 8 jours et la Vis pendant 3 jours, puis l’onde réapparait mais rouge. En avril 1779 elle s’arrête 10 jours, en 1890 pendant 24 heures, en 1927 pendant 8 heures, en août 1961 pendant 3 heures.
Selon la légende, il existerait un bloc dans le lit de la résurgence de la Vis portant cette inscription : "Quora me veïras, ploraras" (Quand tu me verras, tu pleureras) ... autrement dit : la Vis aura cessé de couler.
Les gorges de la Virenque et de la Vis abritent trois couples d’Aigle royal, espèce rare qui compte 250 couples en France et 15 couples au Sud du Massif-Central ainsi qu’un couple de Hibou grand-duc et les espèces habituelles des escarpements calcaires telles que le Faucon crécerelle, le Martinet alpin et l’Hirondelle de rocher.

Le cirque de Vissec, dans les Gorges de la Vis, est traversé par plusieurs sentiers de randonnée.

L'implantation de deux moulins à la résurgence est très ancienne, antérieure à 1097 où une dotation a été faite au Chapître de Nîmes par la famille de Vissec. Les moulins sont rasés en 1629 sous l'ordre du duc de Rohan car ils servent de refuge à Pierre de Montfaucon, baron de Vissec durant les troubles religieux.
L'un des moulins est emporté par une inondation en 1741. Le marquis de Vissec, Michel de Montfaucon a d'énormes difficultés à trouver des maçons qui acceptent les travaux de reconstruction du fait de la situation du lieu.
En 1870 une nouvelle inondation oblige les meuniers à se réfugier sur les toits, en 1907 l’activité cesse lorsqu’une crue provoque une destruction fatale. Le site reste habité jusqu'en 1945.
Les moulins sont réhabilités par la Commune en 1999 et 2000.

Hameaux, lieux-dits et écarts

Quatre hameaux constituent le village et occupent les zones les plus arides de la vallée : La Baute, Le Village, Les Pailhès,  Les Aires.
Sur le causse de Campestre, le hameau de Régagnas a conservé une architecture caussenarde traditionnelle.
Citons également, L'Espérelle , Roquenouze, Les Baumes.

Evolution de la population

Vissec demo

Nos ancêtres de Vissec…

Naissances/baptêmes :
BOURRIE François (sosa 384G9) né vers 1709 (dont descend l'actuel propriétaire du château).
GROS Marie (sosa 385G9) né vers 1710.

Union :
AGUILHON Pierre (sosa 1544G11) avec SERIEYS Catherine (sosa 1545G11) à une date inconnue.
 

 


 

Sources
Sites et photo :
Wikipedia, La commune de Vissec, Annuaire mairie, Jean-Luc Bourrier (cousin généalogique de ma branche Bourrié).

 

Date de dernière mise à jour : 11/05/2016