Hermillon

Hermillon adm

A 4Kms de Saint-Jean-de-Maurienne, Hermillon est une petite commune résidentielle, au relief montagnard très accidenté et pentu, qui bénéficie d'un excellent climat d'abri dont les meilleurs témoins sont les vignes qui grimpent le long des pentes du Châtel.  
Son point le plus haut, la Roche Percée, se situe à près de 3000m à La Pointe du Vallon.

Appellations anciennes : Au XIIème siècle, Ermilion ; En 1269, Armelionis ou Castrum Armelionis ; en 1285, Hermilione ; au XVème siècle, Hermeillon ; en 1546, Ermilion.

Blason hermillon savoieHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : De gueules à un crochet de sable contourné auquel est accrochée une botte de foin d'or liée du même, le tout mouvant d'un chef d'argent chargé de trois tulipes de gueules rangées en fasces et mouvant de la partition.

Drapeau francais fond blancHistoire

En 1269, Le Châtel et Hermillon ne forment qu’une commune. Puis les villages se scindent en deux et partagent le nom de la forteresse : ceux du haut gardent castrum (le Châtel), ceux du bas Armelionis (Hermillon). La tour elle-même est située sur le territoire d'Hermillon.
Hermillon est le siège d'une châtellenie. Le châtelain est un gouverneur militaire disposant d'une autorité civile, administrative et en partie judiciaire.
Il n'y a d'abord en Maurienne (les terres de l'évêque exclues) qu'un châtelain, celui d'Hermillon. En 1271, on trouve un châtelain d'Aiguebelle, métrai de Maurienne et d'Hermillon. En 1272, le métrai de Maurienne est appelé châtelain d'Hermillon, après 1287 on distingue deux châtellenies, celle d'Aiguebelle et celle de Maurienne avec Saint Michel comme chef-lieu.
Durant la Révolution Française, la commune est assez agitée. Le 16 fructidor An VI, son agent communal est destitué car il ne cherche qu'à faire traîner l'exécution des lois, ferme les yeux sur les prêtres réfractaires... Le curé, Cosme-Louis Filliol, arrêté par le lieutenant de gendarmerie Dallière et remis à la garde nationale à Aiguebelle, réussit à s'échapper. La vente des biens ecclésiastiques ne se fait pas sans mal.
Au début du XIXème siècle, outre quelques moulins et une scierie, on trouve à Hermillon, une usine qui lave et bocarde (enrichi) le minerai extrait du Rocheray, à la mine de La Tanière de l'Ours. Le minerai est acheminé à Hermillon aux établissements de Champ-Ferrant où il est lavé et bocardé avant d'être traité à Albertville. En 1854 cette usine est vendue à Monsieur Ferdinand Giron de Saint Etienne, qui en fait une usine à soie. En 1872, l'établissement emploie 20 apprenties et 65 ouvrières ; en 1897, 125 ouvrières ; en 1902, 100 ouvrières. En 1907, il est entièrement ravagé par un incendie et n’est pas reconstruit.
En 1889, Hermillon est le théâtre d'une émigration collective organisée. Derrière son instituteur, M. Serain, parti en éclaireur, dix familles vont fonder en Algérie le village de Tassin. D'autres habitants se livrent déjà à une émigration temporaire, partant parfois deux ou trois ans vers les draperies de Vienne.
Le 27 août 1944, le village n'est plus qu'un amas de murs calcinés, iI ne  reste que quatre maisons intactes. Parce que deux patrouilles allemandes avinées se tirent dessus sans se reconnaître, le feu est mis au village. Le nombre de sinistrés est de 342, 124 maisons sont totalement détruites et 22 partiellement. Les hameaux de Montandré et de Champesuit servent de refuge aux habitants.

Patrimoine

L'église Saint-Martin d'Hermillon
Ses archives ont été  brûlées ou dispersées en 1597 par les troupes de François de Bonne, duc de Lesdiguières (1543/1626), seules subsistent les archives ayant trait aux droits féodaux des comtes de Savoie, des seigneurs de la Chambre et de la confrérie du Saint-Esprit.
Elle est détruite en 1944 lors de l’incendie du village et reconstruite par Stephens. Elle conserve son mobilier du XVIIème siècle en grande partie classée.

La chapelle Notre-Dame de Montandré est construite au XVIème siècle. Un pèlerinage annuel y a lieu, chaque 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge.

La voie Romaine ou chemin des Oratoires
Le parcours sur le chemin de la voie romaine jusqu'à la chapelle de Montandré est jalonné par plusieurs oratoires. Un oratoire dédiée à la Vierge Marie puis un autre dédié à Saint Roch puis, en traversant la route de Montandré, deux autres oratoires, Saint André et Saint Martin.
Chaque année, lors du pèlerinage du 8 septembre, les pèlerins se recueillent devant chaque oratoire avant d’assister à la messe en plein air aux abords de la chapelle de Notre-Dame de Montandré.

Le pont d’Hermillon sur l’Arc appartient à l’origine à l’évèque. Il est plusieurs fois reconstruit et notamment vers 1450 par Louis de la Palud, cardinal de Varambon (1370/1451).
Ce pont à deux arches, haut et étroit, comporte en son  milieu un portail, gardé par des hommes armés,  que l’on ferme en temps de crise ou d’épidémie.
Il existe jusqu'en 1793, date à laquelle l'armée piémontaise abat l'arche de gauche. Il est remplacé jusqu'en 1824 par un pont de bois puis reconstruit vers 1840.

La Tour Berold de Saxe ou Tour du Châtel est le donjon d'un château aujourd'hui disparu.
La Tour de Bérold apparaît dans les textes en 887, les romains occupent déjà le site et pourraient en être les constructeurs.
Mise à mal par les Sarrasins au Xème siècle, la tour est rénovée par Bérold de Saxe, père du premier comte de Maurienne, Humbert Ier dit aux Blanches Mains.
Charles felix de savoieLes Comtes y résident parfois.
Elle est prise plusieurs fois à la fin du XVIème siècle, avant d'être rendue à la Maison de Savoie par le Traité de Lyon en 1601.
Abandonnée dans le courant du XVIIème siècle, elle est rénovée en 1828 par Charles Félix Ier de Savoie dit le Bien Aimé (1765/1831, portrait de droite).
Lors de la libération de la Savoie en 1944, elle est occupée par les Allemands qui y retiennent même des otages. Elle n’est libérée que le 30 août 1944.
Diverses légendes ont encore cours à son sujet : on parle d'un caveau contenant des vases emplis d'une liqueur délicieuse et surtout d'un passage secret de plusieurs kilomètres à travers le rocher rejoignant la Tour de la Fournache.
Elle est classée aux Monuments Historiques.

Les eaux de l'Echaillon
Au pied des rochers de l'Echaillon jaillissent des sources d’eaux thermales connues dès l'époque romaine, elles sont utilisées comme boisson en Piémont à la fin du Charles emmanuel iiiXVIIIème siècle.
Vers 1685, le docteur Dominique Favre révèle leurs vertus.
Vers 1740, le roi de Sardaigne et duc de Savoie, Charles Emmanuel III (1701/1773, portrait de gauche) fait construire à ses frais un réservoir. Il fait usage lui-même de ces eaux.
En 1818, un établissement provisoire est construit.
En 1829, une centaine de personnes les fréquentent. On considère ces eaux comme efficaces contre la gravelle, les affections des articulations et de la peau.
En 1885, La ville est autorisée à exploiter les eaux. La fréquentation n’est pas bien forte et décline encore après la crise économique de l'entre-deux guerres.
Aujourd’hui, un centre de réadaptation fonctionnelle s’y est installé, mais les eaux ne sont qu’un des éléments de soins.

La cascade d'Hermillon est une cascade majeure de la vallée de la Maurienne qui se voit très bien du centre du village d'Hermillon.

Personnages liés à la commune

Saint Bénezet (1165/1184), né à Hermillon, constructeur du pont d'Avignon ou Pont Saint-Bénezet, dont le souvenir dit qu'il garde ses chèvres et ses moutons au-dessus du hameau de Montandré dans la combe des fourneaux, aujourd’hui Pierre Saint-Benezet.
Une peinture à son effigie, due au peintre Jean Baptiste Jomard est visible dans l'église du village.

Mon ancêtre, Humbert Ier de Savoie dit Aux Blanches Mains (970/1047) y est mort.

Hameaux, lieux dits et écarts

Montandré, hameau inhabité depuis 1950. Son territoire abrite une espèce endémique de tulipes, les tulipes de Montandré, emblème de la commune.
Champessuit, habité de manière temporaire, suivant les saisons, à l'automne et au printemps, principalement pour l'élevage du bétail, jusqu'au début du XXème siècle.
Le problème principal rencontré par les habitants de l'époque est le manque d'eau.
Les Grangettes et les ruines des Salamonières.

Evolution de la population

Hermillon demo

Un lointain ancêtre d’Hermillon ...

Décès :
de SAVOIE Humbert Ier dit Aux Blanches Mains, comte de Maurienne et de Savoie (sosa 7 547 161 936++G33), considéré comme le fondateur de la Maison de Savoie, meurt le 19 juillet 1047.
Voir « Visages de Savoie ».

 

 

 


 

 

Sources 
Sites et photo :
Wikipedia, Savoie/archives,   
Le lac de l’Echaillon, linternaute.com, photo Claude Garnier.

Date de dernière mise à jour : 15/12/2017