Dornecy

Dornecy adm

Dornecy est un petit village rural, à la limite Nord-Ouest du Morvan, entre Clamecy et Vézelay, situé entre deux monts : Brevois et Martin.

Hydrographie

Le village est traversé par l'Armance, affluent de l'Yonne.

Drapeau francais fond blancHistoire

L’occupation du site semble très ancienne.
Il est habité par les Celtes puis par les Romains, ainsi qu'en témoignent les nombreuses pièces et médailles découvertes.
Au cours du IXème siècle, Girart de Roussillon (810/877), duc de Bourgogne et comte de Provence, règne sur le Nivernais. Par acte royal, en 838, il fait don de Dornecy et de Vézelay au monastère féminin de la Sainte-Vierge située en bas de la montagne de Saint-Père. Après sa destruction, celui-ci est reconstruit en haut, pour des moines qui deviennent les véritables seigneurs de Dornecy. Durant 9 siècles, le village subit leur souveraineté.  Dornecy est vassal des comtes, puis des ducs de Nevers.
En 1147, la première église en pierres de Dornecy est construite ; la précédente, vraisemblablement en bois, était élevée sur l'emplacement du sanctuaire Gallo-romain, détruit par les barbares, et menaçait ruine.
Jusqu’au XIXème siècle, la principale richesse du village réside dans ses carrières et ses chenevières ; les vignes sont également exploitées jusqu'à l’arrivée du phylloxéra vers 1861.
Absinthe glassA la fin du XIXème siècle, une distillerie d'absinthe Fuchet & Fuchet Fils Ainé, spécialisée dans la fabrique de vermouth et de liqueurs, est construite.
Jusqu'en 1830, l'alimentation en eau potable de la population est essentiellement assurée par la fontaine de la place de l'église. En1923, un projet d'adduction d'eau est mis à l'étude. En 1939, l'adhésion à l'eau sur l'évier n’est pas immédiate : les frais à engager pour la pose d'un compteur, les changements d'habitude font durer encore plusieurs années la promenade des seaux.
En ce qui concerne l'électrification de Dornecy, elle est tardive. Un premier projet est mis à l'étude en 1913. En 1927, la construction du réseau de distribution est décidée, l'installation est terminée en 1931. En 1924, il y a à Dornecy 2 moulins, 2 ateliers de charrons-forgerons, 2 ateliers de maréchaux ferrants, 2 boulangeries, une scierie, une distillerie et 2 carrières pouvant être exploitées mécaniquement.

Patrimoine

Pape pascal iiL’église Saint-Martin, construite en 1147, est déjà dédiée à Saint Martin sous le pape Pascal II (1050/1118, portrait de droite).
Sous la Terreur, à la fin du XVIIIème siècle, elle manque être détruite pour être remplacée par un temple à la raison. En 1793, ordre est donné par Fouché, représentant en mission dans la Nièvre, de démolir les clochers et d'en descendre les cloches. Ces mesures ne sont pas appliquées.
En 1818, par ordonnance royale de Louis XVIII, autorisation est donnée à la commune de se rendre acquéreur de l'ancienne maison presbytérale, alors propriété de Dame Veuve Étienne Jean François Parent dit Bias-Parent (1754/1802, voir § « Personnages liés à la commune ») en vue d'y loger le desservant.
Sous Louis-Philippe Ier (1773/1850), sous prétexte d'une taille insuffisante et d'un état médiocre, le conseil municipal vote sa démolition. La nouvelle église est reconstruite en 1833 dans un style toscan mais conserve son clocher bourguignon du XIIème siècle et sa cloche de 1554.
Le curé, Clément Lépron, entre 1911 et 1924, fait aménager dans la petite salle gothique à la base du clocher, une chapelle à la mémoire des enfants du pays Morts pour la France pendant la Guerre 1914-1918.
En 1952, à la demande du curé, Etienne Virlojeux, le peintre-sculpteur de Clamecy, Robert Pouyaud (1901/1970), réalise une fresque derrière les fonds baptismaux représentant des scènes de la vie de Jésus. Il décore également les 4 piliers côté chœur, puis, en 1954, il sculpte le maître-autel en pierre pour remplacer l'ancien en bois, fort endommagé. Il fait également don du tabernacle.
L’église a trois cloches. L’une d’elle sonne l’Angélus et le Salut, matin, midi et soir. La plus grosse date de 1580, la seconde de 1614, la troisième, nommée Marguerite est bénie en 1733. Cette dernière, fêlée en 1934, est refondue et remplacée par une nouvelle sur laquelle sont gravés les noms des enfants de Dornecy Morts pour la France en 1914-1918, elle se nomme Bernadette, Anne-Marie, Alice.
Le clocher est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1971.

Les trois lavoirs : 
Le grand lavoir est construit en 1832, à la suite d’une épidémie de choléra, sur la place des fontaines. Il est déplacé en 1856, lors de la construction de la route d’Avallon. Il est couvert d’une toiture de petites tuiles plates en terre cuite, son bassin est rectangulaire et entouré de margelles en pierre calcaire, un petit bassin et une auge décorent le devant. Le derrière du lavoir est éclairé par une grande baie vitrée.
Le  lavoir de la Porte de Bourgogne est aussi  bâti en 1832 à proximité de l'une des portes de la ville, près de la maison des gardes. Sa charpente est entièrement chevillée. A l'extérieur du lavoir, le ru s'évacue sous d'imposants ponceaux monoblocs.
Le petit lavoir est privé, à ciel ouvert, situé près d’une grande maison. Ses margelles en pierre de taille plongent directement dans le lit du ruisseau.
Ils sont alimentés tous les trois par une source qui ne tarit jamais et qui rejoint l’Armance, ce ruisseau qui traverse le village le long de la rue des fontaines.

Le château Léger  est une maison bourgeoise de 1925. Son style est caractéristique de l'époque, avec une originalité qui la fait baptiser La Pagode par certains habitants.

Le château du Douée est la résidence d'été des abbés de Vézelay dès le Xème siècle. Dans ses dépendances est installé le pressoir banal où les vignerons ont obligation d’aller  presser leurs pommes et raisins en payant une redevance seigneuriale.
Après la Révolution, il est confisqué par la Convention et vendu comme Bien National à M. Tenaille-Delaure, alors maire de Dornecy, et aïeul de la femme d'Hippolyte Marié-Davy (voir § « Personnages liés à la commune »).

Le café du Tivoli est construit par Hippolyte Beaufils, tailleur de pierres originaire de Chevroches, qui prend  part au coup d'état de 1851 et fait partie des proscrits. En 1857, de retour à Dornecy où il se marie, il construit le Tivoli grâce à la rente que la République lui accorde en tant qu'ancien déporté.
Inoccupé depuis plusieurs années, ce bâtiment possède une façade ornée de symboles maçonniques.

Le pont de Brèves, pont-route de 95m de long, édifié au XVIIIème siècle, sur une ancienne voie en surplomb qui relie Dornecy à Brèves.

Le tilleul du Champ de la Ville est planté sous le règne d’Henri IV (1553/16910), d'où le nom d'arbre de Sully qui lui est parfois donné. Il symbolise la reconnaissance de la population envers le roi François Ier (1494/1547), qui a autorisé l'édification des fortifications de la ville au XVIème siècle, alors soutenu par Marie d'Albret (1491/1549) duchesse de Nevers.

Personnages liés à la commune

Etienne Jean François Parent dit Bias-Parent (1754/1802), élève du collège de Clamecy, étudie la théologie au grand séminaire d’Auxerre avant de passer maître ès arts à la Sorbonne. Il est d’abord vicaire à Corvol-l'Orgueilleux, chanoine à Levroux (Indre), puis est nommé curé de Rix en 1783. Il est le principal du collège de Clamecy de 1784 à 1785.
Gagné aux idées nouvelles, ce curé, poète et philosophe, fréquente la société littéraire de Clamecy et les Salons de la noblesse nivernaise.
En janvier 1790, les électeurs de sa paroisse de Rix le nomment maire. Au nom des habitants de sa commune, il lutte activement contre Guillaume d'Ennery, le seigneur de Rix, qui n’accepte pas les premières mesures de la Révolution. Il rédige en 1791 un Dictionnaire né des abus de la féodalité, du despotisme et de l’ignorance, à l’usage des habitants de la campagne. En 1792, il est élu au Conseil du district de Clamecy, en 1793, procureur-syndic du district de Clamecy, agent national et apôtre de la liberté de l’église de Clamecy, remplaçant le curé constitutionnel.
Croyant à la toute-puissance de la Raison, il développe les principes de la religion républicaine dans un catéchisme républicain.
Il se marie en 1793 et s’engage dans la voie de la persécution contre les prêtres restés non célibataires et fait fermer d’ailleurs chaque église du district de Clamecy qu’il fait transformer en Temple de la Raison.
La chute de Robespierre met provisoirement fin à son activité politique. Arrêté et emprisonné à Nevers, il bénéficie de l’amnistie générale du 4 brumaire an IV. Il devient membre jacobin du Directoire du département de la Nièvre de décembre 1795 à décembre 1796, puis membre du District de Nevers ainsi que professeur d’histoire au collège de Nevers.
Il fonde en février 1797 un quotidien satirique, férocement anti-modéré et anti-royaliste, Le Questionneur. Il s’agit du tout premier journal imprimé à Nevers. Le Journal de la Nièvre lui succède en novembre 1797.
Il s’installe à Paris en 1799 et y devient membre du Club du Manège. Joseph Fouché lui offre une place dans les bureaux de la police parisienne en 1801.
Il meurt en 1802 à Dornecy, village de son épouse.Mariedavy

Edme Hippolyte Marié-Davy (1820/1893, portrait de droite) est un scientifique et inventeur français né à Clamecy et décédé à Dornecy le 26 juillet 1893.
Il apporte de nombreuses contributions en météorologie, en électricité et est l'auteur de plusieurs inventions  (périscope, moteur électrique et surtout une pile encore utilisée).
En 1873, il est nommé directeur de l’Observatoire de Montsouris ou il poursuit ses travaux en météorologie jusqu'à sa retraite en 1888.

Georges hamacekGeorges Marion Pierre Hamacek (1923/1953, portrait de gauche), capitaine de l'armée française. Il nait à Paris en 1923 qu'il quitte pour la maison familiale de Dornecy au moment de la Guerre et de l'Occupation, pour poursuivre ses études au collège de Clamecy.
Il rejoint le mouvement de Résistance Turma-Vengeance en janvier 1944, avant de rejoindre le maquis Bernard dans le Morvan où il monte rapidement en grade, devient chef de section suppléant et obtient la Croix de Guerre avec deux citations.
En juillet 1945, il s'inscrit à l'École Militaire-major interarmes d’où il ressort diplômé avec le grade de sous-lieutenant. Il choisit d'intégrer la Légion Étrangère, et est envoyé au 1er Bataillon du 3ème Régiment Etranger d’Infanterie à Aubagne.
Il se porte volontaire pour servir en Extrême-Orient et débarque à Saigon en juin 1946. Fin 1947, il reçoit la Légion d'Honneur pour ses actes de courage répétés et le commandement de la 1ère Compagnie du 1er Bataillon du 3ème Régiment Etranger d’Infanterie. En 1951, il est transféré au 3ème Régiment Etranger de Parachutistes  puis au 2ème Bataillon Etranger de Parachutistes en 1952.
Il est tué au combat à Dong-Dahn (Laos) pendant la Guerre d’Indochine, le 11 Mai 1953.
La promotion 1989-1992 de Saint-Cyr est nommée Capitaine Georges Hamacek en son honneur.

Hameaux, lieux dits et écarts

Hautefeuille, La Manse, Le Foulon, Le Vieux Château.

Evolution de la population

Dornecy demo

Nos lointains ancêtres de Dornecy ...

2 naissances/baptêmes et 3 décès/inhumations y sont enregistrés :

Dornecy ancetres

Carte de Cassini

Dornecy cassini

 

 

 

 


 

Sources
Sites et photo : Wikipedia, Les lavoirs, Nièvre Passion.

 

Date de dernière mise à jour : 06/02/2018