Montreuillon

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Montreuillon est situé sur la bordure occidentale du Morvan dans le Parc Naturel Régional, à l'entrée des gorges de l'Yonne et sur la ligne de partage des eaux entre le bassin-versant icaunais et celui de la Loire, entouré par les communes de Blismes, Mouron-sur-Yonne et Aunay-en-Bazois.
A l'Ouest, des plaines calcaires et à l'Est un relief granitique en creux couvert de forêts. Historiquement, c'est la limite entre le Nivernais et la Bourgogne, position très délicate lors des querelles de Princes …
Lors du passage à l'Euro en l’an 2000, la ville devient le centre géographique de l'Europe.

 Hydrographie

Situé au fond d'une étroite vallée, le bourg est arrosé par le ruisseau du Bruys, à proximité de la rive gauche de l'Yonne, à 250m au-dessus du niveau de la mer. L'aqueduc, le Grand Pont, le domine de ses 13 arches et 170m de long.
A l'époque du flottage, l'Yonne draine les ressources des milliers d'hectares de forêts qui entourent la ville. A la saison, le petit flot ou le grand flot emporte vers Clamecy, puis Paris, les monceaux de bûches déposés sur les ports.

Drapeau francais fond blanc Histoire

Dans les régions vallonnées, les lignes de partage des eaux ou lignes de crêtes sont privilégiées comme voies de communications, par les Eduens, les Romains et les médiévaux car elles permettent une surveillance des environs et ne croisent aucune rivière ou ruisseau nécessitant la construction de ponts.
En 52 avant J.-C., la fuite des Helvètes devant César passe par Montreuillon.
En 1190, Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion, partant pour la croisade, traverse la ville.
Les Routiers et les Grandes Compagnies des XIIème et XIIIème siècles, les Ecorcheurs des XIVème et XVème siècles qui pillent les marchés, prennent aussi le même itinéraire.
Plusieurs maison-fortes sont progressivement transformées en château-défensifs : Chassy, Saint-Maurice-Chambrun, Champ et Eguilly.
Les luttes incessantes entre féodaux ravagent le Morvan occidental. Pendant plus d'un siècle les rois de France et les ducs de Bourgogne ont des relations difficiles, ponctuées d'assassinats, de trahisons, d'alliances douteuses. Un point d'orgue est atteint le 20 juin 1475 lors de l'affrontement armé qui oppose le roi Louis XI (1423/1483) au duc de Bourgogne Charles le Téméraire (1433/1477).

Seigneurs et gens de noblesse

La baronnie de Chassy, seigneurie en toute justice, mouvante du Duché de Nevers, s’étend sur trois paroisses, Montreuillon, Montigny, Mhère.
En 1305 cette terre appartient à Robert de Compont dit d'Auxois, écuyer, seigneur d'Aringes, dont une fille la porte en dot à Hugues de Varigny, seigneur du Deffend en 1374.
Les deux filles de ce dernier, Mahaut et Jeanne, épousent Jean et Pierre du Bois, écuyers, qui se disent seigneurs en partie de Chassy en 1406.
En 1424, Jean de Varigny et Jean de Caroble reprennent le fief.
En 1475 la maison-forte, alors propriété d'Antoine de Varigny, chambellan du comte de Nevers, subit de lourdes représailles, suite à l’échec du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, qui avait compté sur le seigneur de Chassy pour fomenter une rébellion contre le roi Louis XI.  
En 1504, Philippe de Varigny, sieur du Chemin, et Dieudonné de Caroble, écuyer, en sont possesseurs. Lorette de Varigny porte Chassy en partie à Claude d'Esguilly, tandis que les autres parties passent à Guillaume de Monsaulnin, écuyer.
En 1575, Jacques d'Esguilly, fils du précédent, et son épouse Claude de Chastellux,  rachètent les droits sur Chassy de Guillaume de Montsaulnin.
En 1605 un incendie ravage la maison du greffier.
Le château est reconstruit en 1649 pour Jacques Ier de Choiseul (1590/après 1669), comte de Chevigny, baron de Chassy, seigneur de Bussy et autres lieux, et son épouse Magdeleine de Malain (1598/1669), baronne de Lux.
Chassy est, au XVIIIème siècle, le siège d'une des 32 châtellenies du Duché de Nevers de laquelle mouvaient 116 fiefs. Les revenus de cette châtellenie se composent du produit de la glandée de L'Haste-le-Comte, de la prévôté, du greffe, des amendes, du péage par terre dans le bourg. En 1790, la châtellenie et la prévôté sont supprimées.Augustin marie helie de talleyrand perigord 1788 1879Cesar gabriel de choiseul chevigny 1712 1785
César Gabriel de Choiseul-Chevigny (1712/1785 photo de gauche), duc de Praslin, pair de France, baron de Chassy, est propriétaire du château jusqu’en 1785.
Puis en 1807, Augustin Marie Hélie Charles de Talleyrand-Périgord (1788/1879 photo de droite), duc de Périgord, époux d’Appoline Marie Nicolette de Choiseul-Praslin (1789/1866), en est possesseur.
Le château est revendu vers 1870 à Henri Parent, notaire et peintre. Georges Parent, fils du précédent, le loue puis le vend à Balthus, artiste-peintre franco-polonais, qui s’y installe de 1953 à 1961 (voir § Personnages liés à la commune).

 Chronique communale 

Les cafés de Montreuillon

Au début du XXème siècle, les petits estaminets de campagne sont l’annexe de l’église, les seuls lieux de convivialité existants où se fait la vie du village.
Leur salle est vaste et bien chauffée par un poêle en fonte, on s’y retrouve, on y parle fort, on y boit sans modération surtout du vin rouge, mais aussi du blanc, de la bière, un café‑rhum ou un marc, on y joue aux cartes, on y raconte des histoires, on y traite les affaires, on parle de ses misères, on y fait circuler l'information... bien sûr,  les patrons de ces petits bistrots doivent, de temps à autres, sortir énergiquement un ivrogne mais cela fait partie du folklore.
Il y en a 6 dans le bourg, 2 à Montchanson, 1 à Saint-Maurice, 1 à Montcheru, 1 à Marigny, 1 à La Roche-Ménard.

 Patrimoine 

Le château de Chassy est posé sur la rive gauche de l'Yonne dans un joli vallon qui porte son nom.
A l’origine, ce château-fort est très important car il contrôle l’accès à Château-Chinon par la vallée de l’Yonne. De sa période médiévale ne subsiste que les quatre tours rondes percées de meurtrières et de petites fenêtres gothiques.
Reconstruit en 1649, les fossés de l'ancienne maison forte subsistent, ils sont asséchés au XIXème siècle. Il est constitué d'un seul bâtiment à un étage carré, avec quatre tours rondes. Les façades possèdent des fenêtres larges à petits carreaux. Le comble possède des lucarnes à frontons triangulaires. La couverture est en tuile brune. Une des tours a sa base percée d'embrasures de canonnières. Elle abrite une salle voûtée en coupole datant de la maison forte. Une chapelle intérieure à voûtes d'arêtes semble avoir des éléments antérieurs à la reconstruction du château.
À l'intérieur, des lambris du XVIIème siècle sont toujours existants. Le salon et la salle à manger possèdent chacun une cheminée monumentale qui semblent être plus anciennes que la reconstruction.
Les communs sont datés de 1743. Au Sud-Est, un  petit bâtiment semble dater de XVIIème siècle.
Bernard de fontaine abbe de clairvaux 1090 1153La cour, devant le château, est close par une grille en fer forgé de grande taille.
La chapelle est dédiée à Saint Bernard, en souvenir du passage à Chassy en 1146 de Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux (1090/1153 photo de droite). Elle est séparée du château par un simple chemin et se trouve sur le territoire de Montigny-en-Morvan. Elle est reconstruite par Hubert de Choiseul (1664/1727) au début du XVIIIème siècle et a fait l'objet d'une restauration en 1824.
Au-dessus de la porte principale est sculpté un écusson, très abîmé, aux armes de Jacques Ier de Choiseul.
Au XVIIIe siècle, le domaine fait partie d’une des 32 châtellenies du Duché de Nevers de laquelle mouvaient 116 fiefs.
Les façades et toitures du château et des communs, ainsi que les murs de clôture, les terrasses et les étangs entourés de murs, font l’objet d’une inscription au titre des Monuments Historiques en 1975

L’église Saint Maurice et Saint Jacques actuelle a été reconstruite à la fin du Second Empire sur  l'emplacement d’une première église dédiée à Saint Jacques, du XIIème siècle, de style roman.
Ancien prieuré-cure, l'ancienne église présentait de chaque côté du transept une chapelle ajourée d'une fenêtre à meneaux surmontée d'une quartefeuille, une chapelle Sud datée de la fin du XVème siècle, et une autre chapelle dédiée à la Sainte Vierge, appartenant aux seigneurs de Chassy, une nef surmontée d'un clocher en bois. Sous l'abside se trouvait un caveau pour la sépulture des prieurs.
Augustin crosnier 1804 1880Theodore auguste forcade 1816 1885La première pierre de la nouvelle église est posée le 11 mai 1870 par Mgr Augustin Crosnier (1804/1880 photo de gauche), vicaire général, elle est consacrée le 5 octobre 1872 par l’évêque Théodore Augustin Forcade (1816/1885 photo de droite) et dédiée à Saint Maurice. L'architecte Baudouin d'Avallon a repris les plans et substructures de la première église.
Véritable cathédrale en pleine campagne dont la flèche avoisine les 33m de hauteur,  elle est voûtée en ogives, dans le style du XIIIème siècle. La nef comporte 5 travées et un déambulatoire enserre le chœur. Les colonnes, aux chapiteaux sculptés de motifs végétaux sont en calcaire blanc. Une chapelle marque l'emplacement de l'ancien caveau de la famille de Choiseul dont les armes surmontent la porte de la tourelle. Le clocher porche central, est coiffé d’une petite flèche en bardeau. Une tourelle d’escalier est accolée au clocher.
L'église est située sur le chemin du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle.
Des travaux de restauration sont entamés en 2015.

Le Couvent des sœurs de la Providence de Portrieux, situé à la sortie du village sur la route d’Avallon, est fondé en 1855 par le duc Marie Elie Charles de Talleyrand-Périgord et le comte Albéric César Guy de Choiseul-Praslin (1787/1868).
Dirigé à l’origine par trois sœurs de la Providence de Portrieux qui assure l'instruction d’une centaine de jeunes filles et la visite aux malades.
Il ferme en 1902 et sert de presbytère jusqu’en 1950.
Aujourd'hui propriété de la commine, il se compose de deux bâtiments perpendiculaires couverts en tuiles plates, séparant deux cours fermées, avec une chapelle et des dépendances.

L’aqueduc, le Grand Pont, a été construit en pierres de taille entre 1841 et 1843 pour permettre le passage de la rigole d’Yonne, longue de 28 Kms, alimentant le canal du Nivernais depuis le barrage de Pannecière à 6 Kms en amont. Il est  haut de 33 m et long de 152 m et possède 13 arches larges de 8 m.
Sur le pilier de l'aqueduc, implanté entre l'Yonne et la route, sont gravées les niveaux des terribles crues de 1866 et 1910. La construction du barrage de Pannecière, mis en eau en 1949, a permis de réguler ces catastrophes.

Le lavoir ouvert sur les deux faces, dont les parois latérales sont en bois, est recouvert de tuiles. Il est situé à l'entrée du village, au bord de l'Yonne.

Une stèle en granit rouge représente le centre géographique de la zone euro.

Des fermes et maisons de maîtres des XVIIIème et XIXème siècles sont toujours visibles sur le territoire de la commune.

 Personnages liés à la commune 

Jean severin 1911 1998Jean Séverin (1911/1998 photo de droite), enseignant, traducteur et écrivain, né Antonin Bondat à Montreuillon. Il commence une carrière d’enseignant à l’École Saint-Martin-de-France et obtient une licence de lettres classiques. Il est successivement surveillant, professeur, puis directeur des études durant 25 ans en charge de propédeutique à l’Institut Catholique de Paris. Ses publications se succèdent à partir des années 1950, presque annuellement, exceptionnellement sous son nom, en général sous son pseudonyme.
Il prend sa retraite en 1980 à Montreuillon. En 1981 il obtient le Grand Prix catholique de littérature, pour Une vie peuplée d'enfants.
Il décède en 1998 et est inhumé dans le cimetière de la commune

Balthus (1908/2001 photo de gauche), peintre franco-poloBalthus 1908 2001 et frederique tisonnais, le comte Balthasar Michel Klossowski de Rola dit Balthus, descend d'une ancienne dynastie aristocratique polonaise. Un autre titre aristocratique, qu'il affectionne particulièrement, lui est donné Le roi des chats.
Au printemps 1953, il fait un voyage d'agrément dans le Morvan avec ses amis, l'écrivain philosophe George Bataille et sa femme Diane, et découvre l'ancien château de Chassy.  Bien que dégradé celui-ci émerge encore fièrement avec ses 4 tours sur la rive gauche de l'Yonne. Il quitte son atelier parisien pour trouver une nouvelle inspiration dans cet endroit paisible et isolé pour se consacrer à son œuvre.
Une partie du château est restaurée entre 1954 et 1961, juste assez pour pouvoir pérenniser l'ambiance d'antan.
Sa cousine par alliance, Frédérique Tison (sur photo de gauche), fille de la femme de son frère devient sa muse et compagne, à 14 ans, pendant les 7 ans qu’il passe au château de Chassy.
En 1961 le Ministre de la culture et écrivain, André Malraux, le nomme Directeur de l'Académie de France à Rome qui siège à la Villa Médicis, c’est la fin de son séjour au château de Chassy. Frédérique Tison reste habiter le château et l'obtient en concession en 1966.
En 1962, en mission artistique au Japon, il rencontre la japonaise Setsuko Ideto qu’il épouse en 1967, en 1973 nait leur fille Harumi.
Au début de l'année 2001, il meurt à l'âge de 93 ans en Suisse.

 Hameaux, lieux dits et écarts 

L’Huis Seuillot, La Grignon, La Planche, Aignault, Champ, Champvé, La Roche-Ménard, le château de Chassy, Les Bretauches, Les Chaumes, Marigny, Montcheru, Montchanson, Releure, Romont, Saint-Maurice, Vauviau, Oussy...

 Evolution de la population 

Montreuillon demo

 Nos lointains ancêtres de la noblesse de Montreuillon ... 

2 individus, 2 naissances/baptêmes, 1 décès/inhumation y sont enregistrés :

Montreuillon ancetres

 Carte Cassini 

Montreuillon cassini

 


 

 

Sources
Sites et photo : Wikipedia,
Le Morvan au coeur de l’Europe, Patrimoine du Morvan, Petit patrimoine.

 

Date de dernière mise à jour : 11/03/2019