Aux pays de mes ancêtres

Châtel-Censoir

 

Chatel censoir 89 adm

 

Chatel censoir 89 carteLe village est situé au bord de l’Yonne à la rencontre de deux vallées, celles de l’Yonne et du ruisseau Ausson, dominées par un promontoire rocheux.
L’Yonne et le canal du Nivernais ont fait de cette cité un port, qui, s’il ne voit plus passer les trains de bois vers Paris, est toujours en activité avec ses bateaux de plaisance.
Dans la ville haute, la citadelle entourée de remparts et d’une porte fortifiée protège les maisons du XVIIIème siècle encadrant la collégiale. 

Chatel censoir 89 blason Héraldique 

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : D'azur à un château d'or posé sur une terrasse d'argent.

 Toponymie 

Le nom de la ville vient de saint Censure, 9ème évêque d'Auxerre de 472 à 502, d’une famille romaine puissante il est le propriétaire de nombreuses terres sur le territoire et fait construire le château de Censoir, dont il fait don au Chapitre d'Auxerre.
En 575, le village se nomme Castrum Censurii, au XIIème siècle Castrum Censurium puis Chasteau-Censor, Chasteau- Censoy,  Chasteau-Saussoy, Châtel-sans-Souef en 1547 pour l'arrivée à Paris du premier train de bois flotté mené depuis la ville. Ce nom, encore mentionné en 1825 dans l’annuaire de la Nièvre, provient du fait que le château de la ville ne possède pas de point d'eau et qu'il faut être sans soif pour y habiter. En 1793, il prend le nom de Censoir-sur-Yonne et depuis le 1er Empire, il est Châtel-Censoir.

 Hydrographie 

Le village est traversé par l’Yonne, le ruisseau Ausson et le Canal du Nivernais.
La source Saint-Fiacre
dans le bourg, la source de Mauge près du hameau de La Place, la source de Réchimé,  la source Saint-Gervais au hameau de Lichères, la source Etran dans la vallée de l’Ausson qui se jette dans l’étang du moulin du Batour (ou des Alouettes).
La source Saint-Potentien
prend le nom de ce martyr chrétien du IIIème siècle, qui, selon la légende, s’y est abreuvé. Sa renommée médicinale est réputée et le pèlerinage de la fête patronale très fréquenté.

Drapeau francais fond blanc Histoire 

Le village est cité dans les écrits dès le VIIème siècle. Il fait partie du territoire des Eduens.
Un premier château fortifié, appelé château d’en haut, est construit au sommet de la butte sur l'emplacement d'un ancien lieu de culte païen.
Au IXème siècle, le village est un bourg important.
Durant le Moyen Âge, ce château devient l'une des sept châtellenies du Donziois. Il est détruit au XIIème siècle par le comte Guillaume III de Nevers (1148/1161) puis reconstruit au XVIème siècle pour devenir la résidence des gouverneurs des ducs de Nevers.
De nos jours, subsistent la porte d’entrée et une tour d’enceinte sur les sept que comptait ce château.
Un chapitre de chanoines, sous l’autorité de l’évêque d'Auxerre, est fondé dans l'église qui devient collégiale. Il est dissout à la Révolution Française. 
Des vestiges de l'ancien château de saint Censure, appelé château d’en bas, subsistent encore aujourd’hui. Une maison privée abrite une cave datant du XIIème siècle.
La ville est le point de départ du premier train de bois de chauffage ayant flotté en aval sur l'Yonne et la Seine jusqu'à Paris, où il arrive le 20 avril 1547 mené par Charles Leconte, charpentier nivernais travaillant à Paris comme maître d’œuvre de l'Hôtel de Ville. Le commerce de bois flotté, depuis le Morvan jusqu'à Paris via l'Yonne et la Cure, perdure jusqu'au XIXème siècle.

Seigneurs et gens de la noblesse

Saint Censoire (+502) fait bâtir le château, puis en fait don au Chapitre d'Auxerre. Le seigneur de la chatellenie devient alors l'évêque d'Auxerre au début du VIème siècle et les titulaires du fief sont les sires de Vergy, les barons de Semur et de Donzy et les comtes de Nevers.

 Patrimoine 

L’abbaye bénédictine, fondée dans l'enceinte du château avant la fin du XIIème siècle, est si endommagée qu'en 1448 et 1490 elle doit être entièrement reconstruite.

L’église Saint-Potentien est une collégiale dirigée par un chapitre de chanoine qui s’y installe du IXème siècle jusqu’à la Révolution Francçaise.
Elle se compose de trois parties : le chœur roman surmontant une crypte du XIème siècle ; la nef Renaissance construite au XVème siècle ; la sacristie et la salle capitulaire, attenantes au bâtiment principal, construites au XVIIIème siècle. Le clocher est édifié dans la seconde moitié du XVIème siècle. Un second clocher pointu à la croisée du transept est détruit au début du XIXème siècle et figure sur certains documents anciens. Un reste de peinture murale à l'ocre reste sur la voûte de la crypte.
L’église abrite des reliques de saint Potentien.
L'édifice est classé au titre des Monuments Historiques en 1908.

La Maison natale d’Achille Tenaille de Vaulabelle (voir § personnages liés à la commune) est construite vers 1742.
Le colombier, la terrasse, l'élévation et la toiture sont protégés aux Monuments Historiques en 1991.

La Maison natale d'Edmé Champion (voir § personnages liés à la commune).

La fontaine commémorant l’adduction de l’eau sous pression est construite en 1938.

La grotte aux Fées est située à quelques kilomètres du cœur du village, sur le chemin du Crot des fées, dans les bois de Vaulabelle. Selon une légende, les fées l'habitaient et empruntaient des souterrains pour s'abreuver à la fontaine de Réchimé.

 Personnages liés à la commune 

Achille tenaille de vaulabelle 1799 1879Achille Tenaille de Vaulabelle (1799/1879 portrait de droite) né à Châtel-Censoir, est un journaliste et homme politique. Issu d'une famille de notables de la Nièvre, il est employé par le préfet de l’Yonne puis gagne Paris en 1818. Il fait reparaître Le Nain jaune en 1824 et participe à la fondation du journal Le Pour et le Contre, qui prend, après 1830, le titre de Révolution de 1830. Il collabore au Messager et au National en 1838. Représentant de l’Yonne à l’Assemblée constituante en 1848, il est ministre de l'Instruction publique et des Cultes en 1848.

Edme champion 1766 1852Edmé Champion (1766/1852 portrait de gauche), né à Châtel-Censoir, fils d’un flotteur de bois sur l’Yonne. Orphelin à 7 ans et totalement démuni, il part à Paris et est recueilli par une vieille dame. Ses voisins pourvoient à son éducation et il se fait remarquer par son intelligence et son bon cœur. Il suit ensuite un apprentissage de bijoutier, puis succède à son maître au moment où la Révolution éclate. Sous le Directoire, le Consulat et l’Empire, ses affaires prospèrent. Installé au Palais Royal, orfèvre renommé, il se retrouve à la tête d'une importante fortune et s'attache alors à soulager la misère en venant en aide aux nécessiteux et en créant les premières soupes populaires. Il est surnommé l’homme au petit manteau bleu.
Le roi Louis Philippe Ier (1773/1850) lui accorde la croix de la Légion d’Honneur.

Constantin rozanoffConstantin Rozanoff dit Kostia (1905/1954 portrait de droite), né à Varsovie, est un des premiers français à piloter un avion à réaction. Colonel en 1945, il commande la base aérienne de Mont-de-Marsan. En 1946, après avoir quitté l’armée, il devient directeur d'essai chez Dassault. En1954, il est le premier pilote français à franchir le mur du son en vol horizontal sur un avion français, le Mystère IV B 01. Il se tue quelques semaines plus tard aux commandes du même appareil.
Un monument à sa gloire est érigé à Châtel-Censoir où il possédait une maison.

François Alexandre Berthier de Grandry (1745/1832), colonel français de la Révolution et de l’Empire, chevalier des ordres royaux et militaires de Saint Louis et de Notre-Dame du Mont Carmel, Grand Officier de la Légion d'honneur, est né et décédé à Châtel-Censoir.

Claude Berthier de Grandry (1776/1860), né à Châtel-Censoir, chevalier de Saint-Louis et chevalier de la Légion d'honneur.
Il est fait prisonnier le 21 juillet 1795 avec les troupes de la désastreuse expédition de Quiberon, condamné à mort le 29 août et conduit au supplice avec 19 de ses compagnons d’armes qui ont tous péri, il en est rescapé (voir Source en bas de page).

 Hameaux, lieux dits, quartiers et écarts 

Pertuis, Le Moulin des Alouettes, La Place...

 Evolution de la population 

Chatel censoir 89 demo

 Nos lointains ancêtres de la noblesse de Châtel-Censoir ... 

Naissance/baptème :
de VERGY Aglaé (sosa 120 754 577 537G37) en 922, fille de Manassès II de Chalon (866/922) et d'Aldegonde d'Avallon (876/935).
Elle est dame de Vergy et épouse Iton de Seignelay (912/979), seigneur de Seignelay dont elle a au moins 1 enfant, Boson Ier de Seignelay (940/1002).

 Carte Cassini 

Chatel censoir 89 cassini

 

 


 

Sources
Sites et photo : Wikipedia
A lire : 

- Le bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles de l’Yonne, 34ème volume, par E. Pallier, 1880.
- Récit sommaire de la déplorable affaire de Quiberon, par M. le Chevalier Berthier de Grandry, 1860 (BNF, Gallica)

Date de dernière mise à jour : 11/07/2019