Saint-Gilles-Croix-de-Vie

Adm

Ville située sur la Côte de Lumière, née en 1967 de l'unification de deux communes situées de part et d'autre de l'embouchure du fleuve la Vie : Saint-Gilles-sur-Vie et Croix-de-Vie.
Elle est bordée par les communes de Saint-Hilaire-de-Riez au Nord, Le Fenouiller au Nord-Est, Givrand au Sud-Est et Brétignolles-sur-Mer au Sud.
L'ensemble formé par Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Saint-Hilaire-de-Riez est parfois désignée sous le nom de Le Havre-de-Vie.
L'embouchure du fleuve côtier la Vie sépare la ville en deux parties. Son affluent, le Jaunay, se jette dans la Vie au niveau du port, côté Saint-Gilles.
Réputée pour son important port de pêche spécialisé notamment dans la sardine, Saint-Gilles-Croix-de-Vie est également classée station balnéaire depuis 1982.

Blason st gilles croix de vieHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
Parti : au premier, d'azur à l'ancre d'or ; au second, de gueules semé de fleurs de lys d'or.

Histoire

Le nom Vie est vraisemblablement dérivé du mot Via (voie en latin, dans le sens de rivière navigable).

Saint-Gilles-sur-Vie
Sur la rive gauche de la Vie, Saint-Gilles-sur-Vie est créée dans l'Antiquité comme colonie phocéenne.
Au IXème siècle, des moines de Saint-Gilles-du-Gard s'implantent dans ce qui s'appelle alors Sidunum en construisant un prieuré ainsi qu'une église fortifiée. Jules cesarLe village pourrait être le célèbre Portus-Secor d'où Jules César (buste ci-contre) lance sa conquête de l'Ouest de la Gaule au milieu du 1er siècle avant J.-C.
Mais on ne retrouve les traces de l’existence de Saint-Gilles qu’au XIIIème siècle.
Au Moyen Âge, la cité, organisée autour de la grande rue, connait un essor important, notamment grâce à une activité commerciale florissante (sel et blé) et un port capable d'accueillir des navires d'une capacité de cent tonneaux.
Au milieu du XVIème siècle, une église réformée soutenant la Réforme protestante, et plus particulièrement Jean Calvin, est dressée  à Saint-Gilles-sur-Vie avant d'être démolie en novembre 1665 parmi les 17 temples du Bas-Poitou.
En 1622, lors du combat de Riez pendant les rébellions huguenotes, le roi Louis XIII dîne à Saint-Gilles.
Durant la Révolution, la commune porte le nom de Port-Fidèle.
Les troubles vendéens de 1793 touchent peu la région.
Par contre, la seconde révolte de 1815 provoque des affrontements entre les Giras de Saint-Gilles-sur-Vie (républicains) et les Croixdeviots de Croix-de-Vie (fidèles à la couronne). Louis de la Rochejacquelin, frère d’Henri, débarqué à Croix-de-Vie, meurt durant la bataille des Mathes (voir lien page sur Le Perrier).
À cette séparation idéologique entre les deux localités vient s’ajouter une séparation naturelle que constitue la rivière la Vie.
Bien que reliées par un gué  et des barques qui permettent de rares échanges entre les deux communes, il faut attendre 1836 pour qu’un pont soit créé.

Croix-de-Vie
apparaît sur la rive droite de la Vie au XVIème siècle, lorsque le duc de Montausier accorde aux marins de Saint-Gilles des parcelles de terrain dans la  petite île  pour qu'ils puissent y construire leurs habitations.
Autographe marie de beaucaire 1595Entre 1601 et 1610, Marie de Beaucaire (son autographe en 1595 ci-contre) fait construire le grand môle  et le quai neuf de Madame, puis une chapelle de 1611 à 1613 qui est utilisée jusqu'à la construction de l'église Sainte-Croix en 1896.
Croix-de-Vie devient paroisse en 1690.
Durant la guerre de Vendée de 1793 à 1796 puis la tentative de soulèvement durant les Cent-Jours en 1815, la Vie matérialise l'opposition entre les adversaires (Blancs) et les partisans (Bleus) de la Révolution Française : les marins et autres personnes de condition modeste de Croix-de-Vie sont des royalistes tandis que les négociants et armateurs de Saint-Gilles-sur-Vie intègrent plutôt le camp républicain avant de soutenir Napoléon Bonaparte.
Durant la Révolution, Croix-de-Vie est rebaptisé Le-Hâvre-de-Vie.

Seigneurs et gens de noblesse

Saint-Gilles, cette châtellenie sans seigneur propre, parait avoir appartenu primitivement aux vicomtes de Thouars. On retrouve leur sceau invariablement au bas des contrats passés à Saint-Gilles à partir du XIVème siècle. La Vicomté d’Amboise succède aux Thouars en 1399.
C’est au nom de Jean de Rochechouart, seigneur d’Apremont, que le titre de seigneur de Saint-Gilles apparaît pour la première fois en 1433.
Sa fille, Isabeau de Rochechouart porte Apremont et Saint-Gilles à son époux Renaud Chabot, seigneur de Jarnac qui meut en 1476. Suivent : Louis Chabot mort en 1491, Jacques Chabot mort en 1520, Philippe Chabot (favori du roi François 1er) mort en 1543.
Jean de la brosseEn 1542, Jean IV de la Brosse (photo ci-contre, époux d’Anne de Pisseleu, favorite de François 1er) est seigneur de Saint-Gilles, en 1552, il vend la seigneurie à Pierre Daniau.
En 1598, Josias Daniau, fils de Pierre et de Jehanne de la Poëze, habite avec sa mère dans son hostel de Saint-Gilles. Il épouse Anne de Maupéou.
En 1684, son fils, Nicolas Daniau, époux de Madeleine Choart, fait construire le château de Saint-Gilles à l’emplacement de l’ancien hostel de sa mère Anne de Maupéou. « … en souvenir du château de Versailles, il fait ouvrir une vaste et longue avenue quasi princière, sous les majestueux ormeaux, des petites et grandes allées où plus tard la population de Saint-Gilles après y avoir longtemps célébré les processions de la Fête-Dieu y est convié aux saturnales de la Révolution… ».   Il meurt en 1696.
En 1696, Nicolas François-de-Sales Daniau de Saint-Gilles est propriétaire de la seigneurie, il meurt 2 ans plus tard laissant la place à sa fille Catherine Magdeleine Daniau de Saint-Gilles qui épouse de Nicolas de la Brousse de Verteillac. Elle meurt en 1731.
La fille de cette dernière, Marie Madeleine Angélique Daniau 1689/1751, épouse son cousin germain, Thibaud de la Brousse de Verteillac,  en 1727.
Vers 1737, la seigneurie de Saint-Gilles est à Jean Piou, puis en 1773 à son fils Louis Gabriel Piou qui meurt en 1778.
En 1785, Robert Joseph Marie Cahouet de Marolles l’achète... Et la Révolution Française est là.
En 1834, le château de Saint-Gilles est à M. Cibot, négociant de Nantes, puis la famille de Bourgues s’y installe un certain temps. (1)

Chroniques communales

Le tourisme
Au début des années 1860, le tourisme devient une activité importante au sein des deux communes.
En juillet 1863, le premier établissement de bains de mer voit le jour, côté Saint-Gilles, un an après les premières baignades sur la plage de la Garenne de Retz. Les premières chalets sont construits en retrait de la mer près de la Grande Plage et au niveau de la corniche, côté Croix-de-Vie, près de la Plage de Boisvinet.
Le développement du chemin de fer, à partir des années 1880, permet aux vacanciers de rejoindre les deux cités. À l'été 1907, le nombre d'estivants est estimé à 2 000, puis grimpe à 6 000 en 1934.
Les premières colonies de vacances s'installent en 1912. Un syndicat d'initiatives est créé en 1922. L'instauration en juin 1936 des premiers congés payés dope encore davantage l’activité touristique. La Seconde Guerre mondiale l'interrompt, le canton se trouve dans la zone côtière interdite.
En 1941, à Saint-Gilles-sur-Vie, le quartier de la plage est évacué pour procéder à l'installation de zones de tirs dans les dunes de la Garenne.
À la Libération, le tourisme reprend de plus belle avec le succès du camping.
À l'été 1946, la station accueille 20 000 vacanciers, elle compte 900 résidences secondaires en 1962.

La fusion
Évoquée dès la Révolution Française, la fusion des deux cités est rejetée par Croix-de-Vie dans les années 1830 puis 1860. En 1895, l'idée est relancée lors de la construction d'un hôpital commun sur le territoire de Saint-Gilles-sur-Vie, mais le projet avorte. Défendu dans les années 1920 par Marcel Baudouin, fondateur du Syndicat d'Initiatives, qui y voit un atout pour la prospérité de la station balnéaire, la fusion est refusée par Saint-Gilles-sur-Vie.
Il faut attendre les élections municipales de 1965 pour que les deux municipalités organisent la fusion des deux communes.

L’activité portuaire, la construction navale et la pèche
Une installation portuaire, le quai de la Barre, est évoquée pour la première fois dans des documents de la fin du XVIème  siècle.
Après la construction dans les années 1600 du grand môle et le quai neuf de Madame, long respectivement de 32 et 39 m, un éperon (ouvrage en pointe qui sert à rompre le cours de l’eau) de 97 m est bâti à la fin du XVIIème siècle puis le petit môle en 1805.

Le port de pêche est modernisé vers 1990, avec notamment la mise aux normes européennes de la criée d'une surface de 3 000 m2. Il a une longue tradition de pêche à la sardine qui remonte au XVIIIème siècle.
Avant 1630, les pêcheurs pratiquent surtout la pêche à la morue mais ce poisson se fait plus rare et les pirates deviennent plus nombreux à menacer les marins.
Dans la première moitié du XVIIème siècle, à  l’arrivée de 200 Maures, bannis d’Espagne, les pêcheurs locaux apprennent de nouvelles techniques : la pêche au filet droit très fin et la méthode dite de l’araignée, mur de mailles permettant la capture en grandes quantités de sardines.
Le XIXème siècle constitue l'apogée de cette activité avec l'arrivée d'une nouvelle technique de conservation mise au point par Nicolas Appert. La première conserverie mettant en boîte principalement des sardines apparait entre 1828 et 1832, la première usine en 1847.
En 1852, la commune compte deux conserveries, quatre en 1870, dix en 1880 et treize en 1888 avant le déclin de cette activité, six conserveries en 1909 et deux en 1999.
En 2001, la conserverie Gendreau, créée en 1903, obtient le label rouge, la sardine est le premier animal sauvage en boite à obtenir cette distinction et Saint-Gilles-Croix-de-Vie devient alors site remarquable du goût.
Après une série de mauvaises campagnes de pêche entre 1879 et 1887, les marins se reconvertissent dans la pêche au thon. Cette activité connaît son apogée vers 1960 où 147 marins travaillent dans 26 thoniers. Quatorzième port français en 2007, Saint-Gilles-Croix-de-Vie compte près de 70 navires de pèches, dans lesquels travaillent près de 160 marins. En 2009, la sardine fait toujours vivre 300 familles.

Le port de plaisance Port la Vie voit le jour en 1974, il est aménagé dans l'embouchure de la Vie, alors occupée par une vasière, en eau profonde accessible à toute heure de la marée.
Géré par une capitainerie, il compte en 2009 onze pontons, neuf situés du côté de Croix-de-Vie, deux du côté de Saint-Gilles.

La construction navale est une activité économique importante dans la commune, incarnée par la présence du siège et des chantiers du groupe Bénéteau, spécialisé dans la construction de bateaux de plaisance, de voiliers de luxe et de mobile-homes.
Les premiers bateaux de la marque sont fabriqués à Croix-de-Vie en 1884.

Le 23 juin 1917 … premier jour de grève des ouvrières sardinières

Ce mouvement prend fin 9 jours plus tard, après l'obtention par les ouvrières de la revalorisation de leur salaire. Cette grève rassemble l'ensemble des ouvrières des six conserveries que compte alors Croix-de-Vie, soit 339 femmes, auxquelles s'ajoutent 69 enfants et un homme.

Les festivités

Depuis 1984, le festival international de jazz Saint-jazz-sur-Vie  se déroule durant le week-end de Pentecôte.
Depuis 1993, la ville est animée au printemps et en été par le festival La Déferlante.

L’extraordinaire aventure de Narcisse Pelletier 1844/1894

Marin né dans la commune, embarque en 1856 aux Sables-d'Olonne avant de rejoindre Bordeaux puis Marseille où il devient mousse sur un trois-mâts en juillet 1857.
En août 1858, après le naufrage du Saint-Paul près de l'île Rossel (Yela) en Nouvelle-Guinée, le capitaine Pinard prend la décision de laisser sur un îlot plus de 300 Chinois destinés aux mines d’or australiennes (ils seront tués par les habitants de l’île peu après) et l’équipage européen, qui a subi l’attaque prolongée des insulaires, s’enfui en chaloupe.
Endurant maintes épreuves, les marins traversent la mer de Corail pour aborder le littoral dans la région Nord-Est de la péninsule du Cap York dans le Queensland en Australie. Au cours d’une expédition pour chercher de l’eau, Narcisse Pelletier se trouve séparé de ses compagnons.  La chaloupe part sans lui, et le marin se trouve abandonné.
Retrouvé prêt à mourir par une famille aborigène du peuple Uutaalnganu, il est recueilli dans leur clan et rebaptisé Amglo. Il mène pendant 17 ans la vie d’un jeune homme Uutaalnganu.
En 1875, âgé de 31 ans, il est ramené, contre son gré, sur le littoral par un navire australien, le John Bell. Le capitaine, Joseph Frazer, l’emmène à Somerset, établissement de la colonie de Queensland d’alors, à la pointe extrême du Cap York. Le magistrat responsable de l’établissement, Christopher d’Oyly Aplin, ancien géologue, arrange le passage de Narcisse à Sydney sur un autre navire, le SS Brisbane, où le naufragé fait la connaissance du lieutenant John Ottley des Royal Engineers qui devient son protecteur et son guide lors du voyage à bord du Brisbane. Ottley,  ayant suivi une partie de sa scolarité en France, parle français, et aide Narcisse  à retrouver sa langue natale et transcrit leurs conversations dans une lettre en 1923.
Arrivé à Sydney, Narcisse est remis au consul de France et  rapatrié en France via la Nouvelle-Calédonie, d’où il adresse trois lettres à ses parents qui le considéraient comme mort.
Celui que la presse australienne surnomme le sauvage blanc revient à Saint-Gilles-sur-Vie en janvier 1876, ovationné par la population.
Il se marie en 1880 avec Louise Mabileau et devient gardien du phare de l’Aiguillon. (2)

Paul Imbert et la légendaire Tombouctou

Tombouctou, ville mythique, cité mystérieuse et inconnue mais imaginée ruisselante d'or, située près du fleuve Niger. Elle passe pour une ville d'une importance considérable, mais elle n'est grande que dans l'imagination des Arabes. En réalité, elle héberge environ cinq mille habitants.
Tombouctou a longtemps été interdite aux Européens. C'était "la cité mystérieuse" !
Vers 1580 nait un jeune vendéen du nom de Paul Imbert. On ne sait pas grand chose sur sa jeunesse sinon qu'il devient à 25 ans pilote et capitaine de navire.
TombouctouVers 1610, il navigue vers le Maroc et son bateau est intercepté et attaqué par des corsaires du Bou Regreg, petit fleuve côtier entre Rabat et Salé. Il est fait prisonnier et emmené au Maroc où il est esclave du maître de Marrakech, le pacha Ammar el Feta. Celui-ci se rend rapidement compte que son prisonnier a une grande intelligence et beaucoup de connaissances.
Le sultan du Maroc, Moulay Zidan, monte une expédition et en 1628 envoie le pacha Ammar et Paul vers la ville des sables pour tenter de percer le mystère de la belle Tombouctou. Quatre cents soldats escortés par une centaine de chevaux et des dizaines de chameaux  s'élancent à travers les dunes, pour une marche qui va durer plusieurs semaines. On se dirige d'après les astres car à cette époque n’existent que quelques rares pistes recouvertes par les vents de sable. Paul, grâce à ses connaissances en navigation, fournit de nombreux conseils sur les étoiles et facilite la longue marche de ses compagnons.
La colonne marocaine arrive à Tombouctou le 28 mars 1618. Paul est le premier français à pénétrer dans la ville. Avec le pacha Ammar, ils demeurent une dizaine de semaines au cours desquelles se trament des transactions, des négoces, des échanges entre Maroc et Soudan. A part, le commerce, Paul est un peu déçu de ne pas voir la ville riche qu'il imaginait mais un amas de maisons en terre, mal construites.
Après plus de deux mois, la caravane revient vers Marrakech. Paul suit car il est toujours prisonnier et le reste à son retour au Maroc. En 1628, il lui est demandé de se convertir à l'Islam, on le frappe même pour obtenir sa conversion, mais il refuse et reste fidèle à sa religion.
En 1630, l'escadre du chevalier de Razilly se présente en rade de Safi. Paul fait parvenir une lettre au chevalier pour attirer sa compassion et lui demande de s'employer à la délivrance des esclaves. En vain.
Il meurt vers 1640, toujours en captivité et ne revoit jamais ni la France ni la Vendée, mais il est le premier français à avoir percé le mystère de la légendaire Tombouctou.

Eau de vie de singeLe 14 janvier 1912 …. eau de vie de singe !

La dernière tempête de décembre 1911 a fait échouer sur la plage près de Saint-Gilles, un fût contenant 150 litres d’eau de vie.
Des marins trouvant ce fût plein, s’empressent d’y percer un trou pour en goûter le contenu. Chacun boit et trouve le breuvage excellent. L’épave est ensuite chargée sur une charrette attelée d’un âne, mais, en route, la sous-ventrière coupe, et la charrette part en arrière, déchargeant le fût avec une telle force que celui-ci se défonce, laissant apparaître un superbe chimpanzé en parfait état de conservation.
On peut imaginer la surprise des dégustateurs et le mal de cœur qui suivit à la grande joie des curieux qui les accompagnaient.

Personnages liés à la commune

Charles atamianCharles Garabed Atamian, 1872/1947 (portrait ci-contre), artiste peintre né à Constantinople,  est nommé citoyen d'honneur de la ville en 1992. Une avenue porte son nom depuis 1993 et une plaque commémorative sur le mur de la villa Mariette mentionne qu'il y séjourne de 1923 à 1939. Peintre de la vie, qu'il anime de son dessin et de son pinceau, peintre de la lumière, qu'il capte dans ses couleurs, observateur insatiable de l'expression des visages, du sens des gestes et des attitudes, il est reconnu comme l'un des petits maîtres de la peinture du XXème siècle.

Edmond Mathurin Baudouin, entrepreneur de Travaux Publics,  fonde le premier établissement de bains à l'eau de mer dans la deuxième moitié du XIXème siècle.

Marcel baudouinMarcel Baudouin, 1860/1941 (portrait ci-contre), fils du précédent, né et décédé à Croix-de-Vie, médecin, journaliste, archéologue, ethnographe et historien.  Il est maire de La Barre-de-Monts et candidat malheureux de la Fédération Républicaine du Pays de Monts à la Chambre des Députés en 1906 et 1910. Cofondateur en 1904 puis trésorier et secrétaire général de 1906 à 1919 de la Société Préhistorique de France, il crée la revue L'Homme préhistorique. En 1906, il découvre un menhir couché à Saint-Hilaire-de-Riez dans l'actuel quartier des Tonnelles et entreprend de le faire classer. Pour le sauver de la destruction, il le rachète et le met en 1920 sur le caveau familial dans le cimetière de Croix-de-Vie (image ci-contre).Il est le fondateur du Syndicat d’Initiatives en 1922.

Benjamin beneteauBenjamin Bénéteau 1859/1928 (portrait ci-contre), né à Saint-Gilles dans une famille nombreuse et peu fortunée, il est adopté à l'âge de 6 ans par l'un de ses oncles, François Houyère, navigateur au long cours. Ses récits de mer font rêver l’enfant qui, à l’âge de 12 ans, embarque comme mousse à bord de la chaloupe Elisa.
Fin 1879, il effectue son service militaire à Rochefort et réalise son rêve en devenant architecte naval. Andre et annette beneteau
En 1884, à Croix-de-Vie, près du pont sur le quai des Greniers, il fonde les chantiers Bénéteau, spécialisé dans la construction de bateaux.
En 1928, après sa mort, André Bénéteau, son fils, et son épouse Georgina reprennent le chantier. Ils ont tous les deux 21 ans. Puis, leur fille, Annette (photo ci-contre avec son frère André) développe les chantiers qui deviennent le groupe Bénéteau.

Marie de Beaucaire 1535/1613, baronne de Rié, princesse de Martigues et duchesse de Penthièvre. Mariée en première noces à François Authier, elle se remarie en 1556 avec le vicomte-prince de Martigues, Sébastien de Luxembourg comte puis duc de Penthièvre.  Ils ont deux filles : Marie de Luxembourg 1562/1623 mariée à Philippe-Emmanuel de Lorraine en 1579 et Jeanne décédée à l’âge d’un an.
Elle œuvre pour l'essor de la cité de Saint-Hilaire-de-Riez en Vendée et de sa dépendance Croix-de-Vie. Elle a une solide réputation de bâtisseur : elle est à l'origine de la création du premier port de pêche de Croix-de-Vie. Elle y fait construire une chapelle puis une seconde (aujourd'hui dans le vieux cimetière de Saint-Hilaire-de-Riez) en 1610 à la mémoire de son défunt époux.Pierre desproges

Pierre Desproges 1939/1988 (photo ci-contre), est un humoriste français réputé pour son humour noir, son anticonformisme et son sens de l'absurde. Il séjourne dans la commune.Garcie dit ferrande

Pierre Garcie dit Ferrande 1430/1520 (buste ci-contre), mort à Saint-Gilles, est un marin, hydrographe et cartographe. Il est considéré comme le premier hydrographe français.
Un buste en son hommage est réalisé en 1992 : initialement installé au pont de la Concorde, il est ensuite déplacé à la promenade aménagée côté Saint-Gilles entre ce même pont et le casino.Charles francois de la rochefoucauld bayers

Charles François de La Rochefoucauld-Bayers 1753/1825 (portrait ci-contre), fils de Jacques Louis Ier de La Rochefoucauld, seigneur de Beaulieu, et de Suzanne Poictevin du Plessis-Landry de La Rochette, il est avant la Révolution Française, curé de Saint-Gilles, abbé commendataire de Preuilly, puis vicaire général d'Aix. Il est élu, le 26 mars 1789, par le bailliage de Provins, député du clergé aux États généraux.
Sous le Premier Empire, il est chanoine titulaire de la métropole de Bourges. Il est décoré de la Légion d'honneur en mars 1811.

Adeline boutainAdeline Boutain 1862/1946 (portrait ci-contre), est une photographe et éditrice de cartes postales française. Après la mort de son époux et cousin germain, Yves Gaspard Boutain, en 1895, elle ouvre à Croix-de-Vie une boutique d'articles de plage et de pêche, le Grand Bazar de la Tentation.  La diffusion de ses premières cartes postales date de 1902. Des années dix-neuf cent aux années vingt, elle sillonne, avec sa chambre photographique, le pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie dont les paysages et les gens lui inspirent les clichés qu'elle commercialise en cartes postales dans sa boutique.
En 1936, ses petits-fils, Yves et Marcel Boutain, céramistes, transforment le Grand Bazar en faïencerie.

Henry simonHenry Simon 1910/1987 (photo ci-contre), artiste peintre, céramiste et décorateur. Né à Saint-Hilaire-de-Riez, il établit son atelier à Saint-Gilles-Croix-de-Vie.  Après sa disparition une association loi 1901 est créée par des amis. Plus de 20 ans après cette association existe toujours et fait vivre l'homme et son œuvre. Saint gilles croix de vie vendee rimajures la bourrine atelier d henry simon
Sa bourrine-atelier les Rimajures (ci-contre) a été entièrement restaurée par l'une de ses filles. Bien plus qu'un lieu d'exposition et de mémoire, c’est un voyage au cœur de l'œuvre de cet artiste peintre céramiste et décorateur. On y retrouve son atelier, son environnement culturel, artistique et familial. Ses œuvres sont également exposées dans les églises Sainte-Croix et Saint-Gilles ainsi que dans la piscine de la Soudinière.

Marina tsvetaievaMarina Tsvetaïeva 1892/1941 (photo ci-contre), est une poétesse russe née à Moscou. En 1926, d'abord à Paris, ensuite à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, elle écrit un long texte (452 vers) avant-gardiste qui a pour titre Le Poème de l'escalier, sa première œuvre majeure créée en France.
En juin 2012, une statue de bronze de la poétesse, due au sculpteur russe d'origine géorgienne Zourab Tsereteli, est inaugurée quai Garcie-Ferrande, en présence de l'ambassadeur de Russie.Bernard virat

Bernard Virat 1921/2003 (photo ci-contre), vétérinaire et biologiste français, il est diplômé de l’Ecole Vétérinaire d’Alfort en 1943. En 1959, tout en continuant son travail de chercheur, il se tourne vers des activités administratives et devient trésorier de la Caisse de retraite du personnel scientifique de l'Institut Pasteur puis il est nommé sous-directeur de l’Institut Pasteur en 1966.  Il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1973. En 1981, il se retire à Saint-Gilles-Croix-de-Vie où il meurt en 2003.

Patrimoine

Le château des seigneurs de Saint-Gilles, un édifice discret en plein cœur de Saint-Gilles, à quelques pas de l’église.
Ce bâtiment daté du XVIIème siècle, constitue un élément patrimonial historique de première importance pour la commune. C’est Nicolas Daniau, seigneur de Saint-Gilles et conseiller au Parlement, qui le fait construire en 1684 sur l’emplacement d’un ancien hôtel familial et probablement sur d’anciennes fortifications du Moyen Age. Le château reste propriété de la famille Daniau jusqu’en 1737, année où le nantais Jean Piou, secrétaire du roi, en fait l’acquisition.
Un plan du port, dressé en 1690, fait nettement apparaître le château, avec sa futaye d’ormeaux allant jusqu’à la Cour Rouge, comme siège de la justice. Cette double rangée d’arbres (de près de 500 m de long sur 40 m de large) avait une grande importance maritime puisqu’elle servait de marque de reconnaissance pour l’atterrage des navires, qui l’ont utilisée comme repère jusqu’au XVIIIème siècle.  S’il est aujourd’hui condamné, un important souterrain va du château jusqu’à la Vie et servait au débarquement des navires.
A la Révolution, le château appartient à Joseph Cahouet de Marolles. Puis, plusieurs propriétaires se succèdent à partir de 1834, il est transformé en hôtel puis en colonie de vacances par les Houillères d’Auvergne.
Les transformations successives et l’absence d’entretien ont contribué à défigurer le bâtiment principal. Cependant une superbe charpente, un escalier remarquable et une porte avec ouverture plein cintre retiennent l’attention. En 1996 la municipalité achète le bâtiment aux Houillères d’Auvergne
En 2006, l’association des Amis du Château de Saint-Gilles est créée.

L’église Saint-Gilles
Une première église fortifiée est construite au IXème  siècle par les moines de Saint-Gilles-du-Gard. Elle  est détruite pendant les guerres de religion, à l'exception du clocher et du côté droit de la nef qui sont classés aux Monuments Historiques en 1926.
Elle est reconstruite en 1883, restaurée en 1903 puis en 1977.
Dans le bas-côté Nord, un vitrail du XVIIème siècle, Victoire de Louis XIII sur l'armée de Soubise près de Saint-Gilles – 16 avril 1622, est classé en 1927 puis déclassé. L'église contient aussi une copie du tableau La Vierge au Lapin de Titien exposée au musée du Louvre  peinte en 1900 par Charles Atamian (voir § Personnages liés à la commune) puis donnée par la famille du peintre en avril 1993. Un chemin de croix, composé de quatorze tableaux et d'une fresque en plaque de lave, est réalisé en 1979 par l'artiste local Henry Simon (voir § Personnages liés à la commune).

L’église Sainte-Croix
La première chapelle bâtie de 1611 à 1613 sous l'impulsion de Marie de Beaucaire est agrandie au XIXème  siècle avec la construction de deux chapelles latérales et d'un clocher. Selon les plans de l'architecte Mesnard,  d'architecture néo-byzantine, elle est bâtie sur un axe Nord-Sud afin de dégager la place du marché. Le cimetière est alors déplacé vers son emplacement quai Gorin.
Elle est restaurée en 1983.
Elle comporte un orgue construit en 1982 par Philippe Emeriau, une imposante chaire réalisé par Léon des Ormeaux, le tableau La déposition de croix peint à l'huile en 1895 par Charles Milcendeau 1872/1919 et classé aux Monuments Historiques en 1985, une croix et sa hampe de procession datant du XVIIème siècle et classé en 1975, un tableau La Vierge et l'enfant Jésus adorés par les Saints par De Bury d'après Titien envoyé par l'État en 1898, tout comme une statue en bois de Notre-Dame-du-Bon-Port, sauvegardé de l'ancienne chapelle.

Josephine de beauharnaisLa petite tour Joséphine, en hommage à Joséphine de Beauharnais 1763/1814 (portrait ci-contre), impératrice des Français, est le premier phare de la ville. De 8 m de haut, il comporte une lanterne de 3,5 m.
Construite au début des années 1850 après une demande formulée en 1837 par 16 capitaines du port de Croix-de-Vie, cette tour est mise en service en 1852 jusqu'en 1880, puis restaurée en 2001 par le Conseil général de la Vendée.
Un jardin public autour de cette tour est ouvert en 2003.
Outre cette tour, la commune compte le feu de Grosse-Terre au Nord, un phare blanc surmonté d'un balcon rouge en centre-ville, ainsi qu'un phare au bout de la jetée de la Garenne.

Le menhir de la Tonnelle situé dans le cimetière de Croix-de-Vie, date du Néolithique. Il a été découvert par Marcel Baudouin à Saint-Hilaire-de-Riez et installé sur le tombeau de sa famille. Il est classé par arrêté en 1921.

La Maison du pêcheur reconstitue l'habitation typique d'une famille de marins des années 1920.
Bâti en 1913 et ouvert au public en 1993, ce bâtiment de deux pièces, auquel s'ajoute une cour, est équipé de meubles, vaisselles et vêtements d'époque.

La Maison des écrivains de la mer au cœur de la ville face à la mer.

Les Thermes du Dr Abelanet, premier établissement de thalassothérapie de Vendée, s’ouvrent en 1888 à Boisvinet puis sont transférés en 1894 à la Villa Notre-Dame, actuel centre de réadaptation fonctionnelle.

Les Casinos
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Saint-Gilles-sur-Vie et Croix-de-Vie comptent chacun un casino, respectivement La Pierrette  près de la Grande Plage  et le casino Cosson  près de la Plage de Boisvinet. Ouvert en 1997, le casino Le Royal Concorde est situé sur le quai Garcie-Ferrande, le long de la Vie côté Saint-Gilles.

Les moulins du XIXème siècle : le Moulin Burnaud, le vieux Moulin, le petit Moulin, le Moulin de la Chapelle.

Evolution de la population

Au recensement de 1610, Croix-de-Vie compte environ 500 habitants, soit 180 familles (160 catholiques et 20 protestantes).

Demo 2

Hameaux, lieux dits et écarts

La Bouchère, La Chênelière, La Jalonnière, La Jaubretière, Burnel, Le Longeais, Le Pigeon Blanc, les Epinettes…

Le quartier de la petite île de Croix-de-Vie appelé aussi le quartier du Maroc car au XVIème siècle il est peuplé par les descendants des Maures d’Espagne surnommés les Marocains. Proche du port, un dédale de ruelles étroites, des murs de pierres de lest, construit par des marins.

Le vieux quartier de Saint-Gilles
La  rue Abel Pipaud : et ses maisons basses en pierre de lest autrefois habitées par les marins pêcheurs. Les pierres étaient déchargées des bateaux qui repartaient avec des marchandises locales.
La rue Torterue : autrefois la rue principale, située dans le quartier le plus ancien de la ville.

Nos ancêtres de Croix-de-Vie …

Barranger josephNaissances/Baptêmes :
BARRANGER Georgette Joséphine Aimable (sosa 11G4) Mémé Georgette notre grand-mère maternelle, le 27 mars 1896.

Unions :
BARRANGER Jean Joseph (sosa 22G5) (photo ci-contre) et CHENEAU Louise Rose (sosa 23G5) le 4 juin 1883. Leurs 11 enfants y  naissent.

Décès/inhumations :
BARRANGER Jean Joseph (sosa 22G5), époux de CHENEAU Louise Rose (sosa 23G5), le 14 janvier 1908 à l’Hôpital de Saint-Gilles à l’âge de 48 ans. Il était marin.Cheneau barranger louise 2 1912
CHENEAU Louise Rose (sosa 23G5) (photo ci-contre), veuve de BARANGER Jean Joseph (sosa 22G5), le 15 mai 1932, à l’âge de 71 ans. Elle était ravaudeuse.
CHENEAU Charles Jacques (sosa 46G6), veuf de FRADET Aimable Joséphine (sosa 47G6), le 5 mai 1878. Il était roulier, laboureur, cultivateur, charretier.
FRADET Aimable Joséphine (sosa 47G6), épouse de CHENEAU Charles (sosa 46G6), le 6 novembre 1876. Elle était cultivatrice.

Domicile :
BARRANGER Jean Joseph (sosa 22G5) en 1874.

Carte de Cassini

Carte cassini

 


 

Sources
Sites et photo :
Wikipedia, Mairie,
Que le monde est beau et Le blog de Tricotdamandine.

Documents :
(1) Archives départementales de la Vendée « La châtellenie de Saint-Gilles-sur-Vie et ses seigneurs » par l’Abbé Pontdevie, 1885, (BIB PC 16/15).
(2)
Chez les Sauvages : dix-sept ans de la vie d'un mousse vendéen dans une tribu cannibale (1858-1875), Ed. Cosmopole/La Roche-sur-Yon,

 

Date de dernière mise à jour : 23/01/2017