Thonne-les-Prés

Thonne adm

La commune, située à 2Kms au Nord-Ouest de Montmédy, est traversée par la rivière La Thonne et fait partie de la Lorraine gaumaise.

Drapeau francais fond blancHistoire

Autres noms : Todenna en 1049, Tonetra en 1239, Thone-les-Preys en 1465, Tone-les-Prez  en 1641, Tonne-le-Prez en 1656, Tonne-les-Prés en 1700.

Des découvertes faites dans les environs permettent d’affirmer que, dès l’époque gallo-romaine et au moins à l’époque gallo-franque, des habitations importantes existent sur la Thonne.
L'existence du village remonte au XIIIème siècle. Il est probable que le territoire n’est sécularisé qu’après que le comte de Bar, Thiebault II, est acquis Brouenne et Nepvant en 1247.
Le premier inféodataire connu est Hugues d’entre Tonnes.
Les conflits qui ont eu lieu dans la ville sont nombreux, depuis le siège par les troupes françaises de Montmédy en 1657,  où le tout jeune roi Louis XIV  assiste au siège depuis un pré (nommé depuis le Pré du Roi) jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.
Le pays de Montmédy est sous domination espagnole de 1555 à 1659. Un traité, signé le 7 novembre 1660, permet à Thonne-les-Près et à tout le pays de Montmédy, de passer à la France et de demeurer possession française.
Thonne-les-Près dépend de la prévôté de Marville jusqu’en 1603. Le 25 novembre 1603, le village est rattaché à la prévôté de Montmédy.
De 1659 à 1790, Thonne-les-Près fait partie du Luxembourg français, dans la prévôté bailliagère de Montmédy, et est rattaché au diocèse de Trèves.
Lors de la Révolution française, si l’arrestation de Louis XVI n'avait pas eu lieu à Varennes-en-Argonne, il aurait fait étape à Thonnelle, le village voisin de Thonne-les-Près, juste avant de passer la frontière.
La capitulation de Montmédy en 1815 est signée à Thonne-les-Près le 19 septembre 1815.
Lors de la première Guerre Mondiale, les Allemands installent un atelier de réparation d’avions accidentés, un aérodrome et un quai avec 5 lignes de chemin de fer pour le déchargement des avions et des blessés, entre Thonne-les-Près et la Chiers.
Pendant la seconde Guerre Mondiale, Le village est occupé également.
Lors de ces deux dernières guerres, le château, qui appartient à la famille de Benoist est occupé et souvent pillé.

Seigneurs et gens de noblesse

1214, Huart de Tassigny (sous le comte Louis IV de Chiny).
1239, Hugo de Tonetra (sous le comte Arnoult III).
1285, Hugues de Harre (Tournoi de Chauvency, sous le comte Louis V).
1301, Huon de Theil (sous les comtes Henry II de Luxembourg et Thiebault II de Bar) noble personnage, homme de fief de la châtellenie de Marville, qui chaque année doit trois mois de garde au château de cette ville dans l’intérêt de ses suzerains (Henry III, comte de Bar et Henry IV, comte de Luxembourg) .
1337, Hue d’Autel, gouverneur de Montmédy, époux de Jehanne d’Apremont.
Au milieu du XVIIème siècle, la Haute Justice appartient à la Maison de Pouilly (branche des barons  de Quincy-Ginvry) par Aubertin X, chevalier, époux d’Hélène de la Cour de Nepvant.
1681, le domaine est démembré au profit de :
Nicolas de Beauclin, écuyer.
Christophe de Brioleux, lieutenant prévôt de Montmédy, époux de Catherine Hazard inhumée dans l’église de Thonne-les-Près en 1719.
L’abbé Pierre de Brioleux, fils du précédent, inhumé dans l’église de Tonne-les-Près.
Gabriel Jehannot, époux d’Anne Catherine de Brioleux, sœur du précédent inhumée dans l’église de Thonne-les-Près en 1756.
1787, Pierre Jehannot de Crochart, écuyer, ancien commandant des guerres de Nancy, seigneur de Thonne-les-Près, décédé en son château de Thonne-les-Près.
Charles Jehannot de Crochart, trésorier principal à Nancy, fils du précédent et  père de Frédéric Jehannot de Crochart, chevalier de l’Ordre de Saint-Louis, maire de Thonne-les-Près de 1813 à 1828.

Patrimoine

Le château de la seigneurie de Laval date de 1662, il appartient au seigneur foncier Jean de la Falloize, écuyer, seigneur de Pouilly, Luzy, Thonne-les-Près, etc…  Il disparait pendant la tourmente révolutionnaire, un puits est encore témoin de ce lieu.
Tulipier de virginieLe second château est daté du 1er août 1667. Nicolas de Beauclin, chevalier, seigneur de la Grange, en est propriétaire. Sa dernière habitante est Marie Thérèse Jehannot, dame de Thonne-les-Près qui meurt en 1810. Le château  disparaît.
Il est reconstruit au début du XIXème siècle par Frédéric de Crochart,  intendant de Napoléon 1er, et embelli en 1890 sous la direction du baron Albert de Benoist, maire du village. Son architecture est inspirée des constructions italiennes. Le bâtiment face au château était une écurie pour les chevaux de chasse à courre qui fut occupé par les Haras Nationaux pendant plusieurs années. Le long de la Thonne s’élève un bâtiment en forme de croix,  est une chiennerie composée de quatre boxes. Le bâtiment vitré de l’ancienne orangerie est orientée plein Sud pour capter les rayons du soleil.
Le château est vendu en 2004 à une famille Luxembourgeoise.
Il est situé dans un parc de 5ha où se rencontrent les essences d’arbres les plus rares : hêtre pourpre, platanes, ifs… et les dimensions les plus spectaculaires : un noyer noir d'Amérique d'une circonférence de 2,70m, un tulipier de Virginie (ci-contre) d'une circonférence de 3,10m, deux platanes, au bord de la Thonne ; l'un à proximité du château, d'une circonférence de 6,40m, et l'autre, à proximité de la grille d'entrée (son jumeau a été abattu) de 4,80m dont il ne reste que le tronc toujours vivant.

L’Eglise Saint Georges. Une première église est construite en 1587. Elle est détruite puis reconstruite en 1723, puis brûlée par les Prussiens en 1871 et reconstruite en 1874 avec l’aide des Compagnons du Devoir et des habitants du village. Les pierres ocre jaune proviennent d’une carrière locale.
A l’intérieur, le mobilier : bancs, confessionnal, meubles de la sacristie, du chœur, chaire à prêcher néo gothique datés de 1890, ont été fabriqués par le menuisier ébéniste Xavier Manceaux habitant la commune, et offerts par la famille de Benoist.
Un monument aux morts de la guerre 1914-1918 est érigé dans la petite nef de droite sous le vitrail représentant le Sacré Cœur protégeant d’une main un soldat, offert par la famille de Benoist.
Une Vierge à l’enfant date du XVIIIème siècle.
En 1916, les Allemands confisquent les cloches de l’église pour les fondre. Les habitants et la famille de Benoist les font remplacer en 1920. Les cloches sont électrifiées en 1929.

Le viaduc  ferroviaire cintré à 16 arches enjambe la vallée de la Thonne et la partie basse du village. C’est un ouvrage monumental de la ligne Mohon/Thionville, suivi d'un tunnel de 756m sous la colline de Montmédy, à 1km de la gare. Sa construction a été terminée en 1862. Thonne-les-Près est une des rares localités que le chemin de fer coupe en deux, sans s’y arrêter.
Le Chemin de Fer des Ardennes  est construit en 1860 par les Compagnons du Devoir et est électrifié en 1955.

La statue de Jeanne d’Arc,  près du viaduc, est érigée en 1909. En Meuse, le culte de Jeanne d’Arc est assez répandu, car c’est à Vaucouleurs qu’elle débute son épopée. En son honneur, l’abbé Lemoyne fait ériger sa statue, l’inauguration a lieu le 7 novembre 1909.

Le lavoir-fontaine en pierre de taille du pays est construit en 1768. Les lavandières y lavent leur linge, le bac extérieur permet aux vaches de s’abreuver en partant et en rentrant du pâturage.

Le calvaire, près de l’arche du viaduc qui chevauche la Grande Rue, est niché dans le mur de soutènement d’une maison. Son fût mesure1,40m. Les inscriptions ne sont plus lisibles. Il aurait été édifié en souvenir d’un prêtre, assassiné pendant la Révolution Française.

Le calvaire, situé en bas de la ruelle Bauclin, date de 1765. Il est formé d’un autel incrusté dans le mur d’enceinte d’un jardin. De chaque côté de la croix se trouvent Marie et Marie Madeleine.

La Croix de Mission datée de 1891, se situe le long du viaduc entre la route de Thonnelle et le pont qui enjambe la Thonne. Sur la plaque fixée en-dessous de l’autel, il est écrit  « O crux Ave -Souvenir des Missions - De 1898 et 1899 ».

Beaucoup de constructions datent de la IIIème République : école, presbytère.

L'eau courante arrive en ville le 31 mars 1907 avec la construction d'un réservoir d'eau dans la ruelle qui conduit au cimetière.

L’ancien cimetière jouxtait l’église, le nouveau est situé après la ruelle Bauclin et l’allée aux tilleuls avec une jolie vue sur les méandres de la Thonne, Vigneul-sous-Montmédy et les routes qui mènent à Montmédy et à Stenay. Au fond du cimetière, se trouve  la réplique du clocher de l’ancienne église, détruite par les Prussiens, qui commémore les victimes des 16 novembre et 11 décembre 1870. Le monument aux morts de 1939-1945 se dresse au centre du cimetière.
Au milieu du chemin central, sont enterrés les prêtres Cardon et Lemoine.

En sortant du cimetière, dans la forêt sur le chemin forestier principal, la croix Nicaise (ou Croix Vincent) dont l’histoire est gravée dans la pierre  « Ici fut tué Jean Vincent le 9 novembre 1630 - Priez Dieu pour lui - Ledit trépassé était âgé de 18 ans - N . V. »

Personnages liés à la commune

Victor de benoistLe baron Marie Victor Albert de Benoist  1843/1923, conseiller municipal, maire de Thonne-les-Près, conseiller général du canton de Montmédy,  député de la Meuse de 1901 à 1906, fils de Victor Louis, baron de Benoist 1813/1896, député au Corps Législatif de 1858 à 1870 (photo ci-contre) et petit-fils de Ghislain Adrien Henri de Benoist 1787/1829, connu pour avoir découvert le testament de la reine Marie Antoinette (dernière lettre écrite à sa belle-sœur, Marie Elisabeth, le 16 octobre 1793, 6h avant son exécution).
Ses trois frères, Henri, Jules et Paul de Benoist sont tous les trois généraux.
Il se retire et meurt à Thonne-les-Prés.

Emile Marchal 1886/1966, général de brigade, a été maire de Thonne-les-Près.

Hameaux, lieux dits et écarts

Le Moulin

Evolution de la population

En 1738, le village compte 50 habitants. En 1836, 323 habitants…
En 1848, on compte 76 maisons.

Thonne demo

Nos ancêtres de Thonne-les-Près…

Naissance/baptême :
NOEL Catherine (sosa 2811G12) vers 1660.

 


 

 

Sources
Sites et photos :
Wikipedia, Office de Tourisme Transfrontalier du Pays de Montmédy, Communauté de Communes du Pays de Montmédy.
Livres : Manuel de la Meuse, histoire de Montmédy et des localités meusiennes de l'ancien comté de Chiny, par Jean François Louis Jeantin, Ed. Imprimerie veuve Raybois, 1863.

 

Date de dernière mise à jour : 02/01/2016