Sassetot-le-Mauconduit

Les Grandes-Dalles

Voir diaporama "Les Petites-Dalles" sur la page de Saint-Martin-aux-Buneaux.

Sassetot le mauconduit seine maritime adm

Situé sur un plateau, resserré entre deux vallons, bordé par la Manche, cette charmante station balnéaire est devenue célèbre en accueillant durant l'été 1875 l'Impératrice Elisabeth d'Autriche dans son magnifique château ainsi que l'orateur catholique Albert de Mun, chaque été jusqu'en 1914.
Situé à une quinzaine de kilomètres à l'Est de Fécamp, ce village se trouve sur la falaise entre deux valleuses les Petites-Dalles et les Grandes-Dalles.

Blason sassetot le mauconduit svgHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
D’or au fer de moulin d’azur, cantonné de quatre croisettes du même, au chef aussi d’azur chargé de deux ancres d’or.

Drapeau francais fond blancHistoire

Sassetot, à l'époque reculée des invasions saxonnes, est Saxe-topt, Saxetot  qui signifie le refuge, le domicile, le home du saxon.
Le village est établi suffisamment près du littoral  (par les 2 valleuses ou  dahl) pour profiter des ressources de la mer, et sur le plateau, pour les cultures.
En 1327, Michel Mauconduit fonde un prieuré-hospitalier-léproserie à Briquedalles qui perdure pendant 4 siècles.
La Guerre de Cent Ans et l'expédition d'Henri IV désolent le pays.
Les troupes de Louis XI et de Charles le Téméraire, après leur échec devant Beauvais en 1472, refluent sur le Pays de Caux. Après une tentative sur Saint-Valéry, après avoir vainement battu les solides murailles du château de Valmont, elles se répandent dans les campagnes. Les abords immédiats de Sassetot, et peut-être le village lui-même, sont visités par des éléments isolés de ces bandes.
Durant les Guerres de Religion, les villes protestantes comme Dieppe, alternativement ligueuses ou huguenotes, comme le Havre, soumis au flux et reflux incessants des doctrines, le pays est ravagé. Enfin, pour couronner une époque mouvementée, la campagne d'Henri IV dans le Pays de Caux achève de ruiner les campagnes et de décimer les populations.
En 1725, Le village s'appelle Moncel-Sassetot.
En 1743, à l'emplacement du Prieuré, J.F. Le Chevalier, maître des comptes au Parlement de Normandie, fait construire l'actuel château de Briquedalles puis la chapelle Saint Jean Baptiste, terminée en 1762.
A cette même époque, la famille Bigot, célèbres parlementaires de Haute-Normandie, seigneurs de Sassetot, fait construire l'actuel château de Sassetot.
Le dernier membre de cette famille seigneuriale illustre et bienfaisante a failli être assassiné dans l’église de Sassetot-le-Mauconduit durant la Révolution. De cette période, terriblement agitée, ne reste que les arbres de la liberté et de l’égalité plantés sur l’ancien cimetière.
En 1881, une terrible épidémie de variole s'abat sur le bourg. Pour en conjurer les effets, deux vœux sont émis par les habitants : rétablir le calvaire du Haitre, et rétablir à la place qu'elle occupait autrefois la statue de Saint Sébastien. Ces vœux sont homologués par l'archevêché. Les cas mortels de variole cessent dans le bourg.
10 juin 1940, le garde-champêtre, Charles Déportes, arrête un motocycliste de l'armée allemande et le conduit à la mairie mais le maire le fait relâcher. Le motocycliste revient avec des soldats de son unité, ils font regrouper les hommes du village, le motocycliste en désigne quatre : Charles Déportes, né en 1869 à Sassetot-le-Mauconduit, Germain Blondel, né en 1903 à Ancretteville-sur-Mer, Edouard Avenel, né en 1880 à Nointot et Jean Hervieu, né en 1865 à Sassetot-le-Mauconduit. Ils sont fusillés sur place.

1875, l’impératrice d’Autriche Sissi

Monsieur Perquer, très riche armateur du Havre, fait l'acquisition en 1872 du château de Sassetot-le-Mauconduit qu’il achète à Jean Deschamps  marquis de Boishébert. Ce dernier, ruiné par de grosses dettes de jeu, se trouve dans l'obligation de le vendre et de s'exiler. Son titre nobiliaire et une fonction diplomatique lui permette d'être reçu à la Cour d'Autriche à Vienne.
La petite archiduchesse Marie Valérie 1868/1924, fille de  l'impératrice Elisabeth, est de santé fragile. Le médecin de la Cour, le docteur Widerhofer, conseille à la mère un séjour au bord de la Manche, ou l'air est le plus iodé.  Jean Deschamps de Boihébert surprend cette conversation et évoque son ex-propriété à proximité de la mer et d'une petite plage encore inconnue à l'époque : les Petites- Dalles. L'Impératrice s'enthousiasme aussitôt et décide d'envoyer en France son intendant, Carl Linger, afin qu'il se rende compte sur place du château et de son environnement, afin de le louer du 31 juillet au 26 septembre 1875.
Carl Linger vient donc à Sassetot et découvre le château fermé. Revenant à Fécamp, il contacte le vice-consul qui le met en rapport avec Monsieur Perquer. Le nom que porte l'Impératrice lorsqu'elle est incognito ne lui dit rien, et il refuse de louer sa propriété. Carl Linger se trouve dans l'obligation d'avouer que la Comtesse Hohenems est en réalité l'Impératrice Elisabeth d'Autriche. Monsieur Perquer, qui s'est vu refuser ses invitations par les châtelains des environs, comprend immédiatement que la présence de l'Impératrice va changer la réaction de son voisinage, il accepte la location moyennant 30 000 francs or, ou un dédommagement en cas d'annulation de 10 000 francs or.
L'Impératrice est précédé, 48h avant sa venue, par un train amenant de nombreuses caisses qui permettent l'installation des pièces du château et des appartements privés. Un grand nombre de personnes de sa suite l'accompagne : le Grand Maître de la Cour, le baron Nopesza, deux dames d'honneur, deux chambellans, un majordome, un domestique nègre, un boulanger viennois, trois cuisiniers de la Cour, un chef parisien, son médecin, et son professeur d'équitation. On compte aussi quatre landaux avec 8 chevaux carossiers et 3 chevaux de selle, bientôt rejoints par un nouveau venu Zouave.  
L'Impératrice est très sportive et cavalière accomplie, elle fait du manège au Bosquet, dans le parc du château, elle affectionne particulièrement les longues courses solitaires en pleine campagne, droit devant elle. Elle monte à califourchon, parfois sans selle, très hardie et parfois téméraire. Le 11 septembre, alors qu'elle essaye le nouveau cheval Zouave, elle manque un obstacle. Le cheval fait panache et elle heurte un tronc dans une chute qui la laisse inanimée. Sa convalescence est rapide.
Le propriétaire d'un yacht à vapeur, à quai à Rouen, le met à sa disposition. Ce qui lui permet de faire de petites croisières le long de la côte et d'en découvrir certains ports. Le père Poret, pilote du port de Fécamp, est responsable du yacht. L'Impératrice est une excellente nageuse depuis sa petite enfance, mais lors d'un bain ou la mer descendante est forte, elle se trouve entraînée vers le large. Le père Poret se porte à son secours et elle échappe de peu à la noyade.
Lorsqu'elle quitte Sassetot-le-Mauconduit, elle n'oublie personne tant elle est généreuse. Elle ne laisse que des regrets et on trouve encore des souvenirs précieusement conservés.

Seigneurs et gens de noblesse

Les premiers seigneurs de Sassetot connus sont la famille d’Harcourt, dont l'ascension remonte à une époque indéterminée, antérieure à 1172.
Dans la première moitié du XIIIème siècle, la terre est concédée en sous-fief à la famille Mauconduit, qui laisse son nom au bourg.
Pendant le temps de cette concession, la suzeraineté du fief passe à la famille d'Estoutteville.
Luce d'Harcourt (pour laquelle on disait encore des prières à Valmont au siècle dernier), fille de Jean 1er d'Harcourt et d'Alix de Beaumont, épouse en 1280 Jean de Hotot. Elle reçoit en dot la terre de Sassetot.
En 1292, les Mauconduit, vassaux des d’Harcourt sont convoqués à l'ost (terme désignant l'armée à l'époque féodale). Sans postérité, cette branche de la famille de Hotot s’éteint au cours du XIVème siècle.
En 1311, Marguerite de Hotot, sœur et belle-sœur des précédents, épouse Robert d'Estoutteville. A la génération suivante, les fiefs de Jean de Hotot et ceux de son épouse à Sassetot, sont réunis sur la tête des descendants d’Estoutteville.
Les Mauconduit deviennent alors les vassaux des d’Estouteville et seigneurs directs de Sassetot durant un siècle et demi.
Michel Mauconduit, établit un prieuré en 1327.
Dès 1401, la seigneurie de Sassetot est détenue par la famille de Saint-Maards, qui tient également le vicomté de Blosseville, comme les derniers Mauconduit.
Le suzerain est toujours un d’Estoutteville, sire de Valmont, baron de Hotot et Berneval.
La maison de Saint-Maards, comme ses prédécesseurs, tient Sassetot comme seigneurie secondaire,  Blosseville étant son principal établissement féodal, pendant un siècle, et s'éteint par Guillaume de Saint-Maards au milieu du XVIème siècle. Mais à la différence des Mauconduit, les Saint-Maards ne laissent au pays aucun souvenir.
A la fin du XVème siècle, vers 1480,  après le décès de Michel d'Estoutteville et le remariage de sa veuve, un partage des biens intervient mais n'entraîne aucune conséquence pour Sassetot qui reste dans le patrimoine de Jacques d'Estouteville comme dépendance de Hotot et de Berneval.
Francois de bourbonLes possessions des deux branches d’Estoutteville se réunissent en 1509, par le mariage des deux cousins (héritiers respectifs) pour se concentrer sur la tête d'Adrienne d'Esttouteville, unique héritière, née en 1521. En 1534, les terres de la maison d'Estoutteville sont érigées en duché au bénéfice de cette dernière, une des plus riches héritières du royaume, et de son époux, François de Bourbon, comte de Saint-Pol (portrait de gauche), prince du sang et cousin de François 1er.
Marie de bourbonLa seigneurie est vendue en 1598 par Marie de Bourbon (portrait de droite), duchesse de Longueville, dame de Saint-Pol et d'Estoutteville, veuve de Leonor d'Orléans, à Louis du Moncel, sire de Sassetot et de Mellomont. On doit à cette famille l'école qui porte son nom, destinée à remplacer la maladrerie de Briquedalles en 1725.
C'est en faveur de Louis de Moncel qu'Henri IV érige la terre de Sassetot en plein fief de Moncel-Sassetot.
Marie du Moncel, fille du précédent, épouse vers 1643, Robert Bigot, baron de Monville, avocat au Parlement de Rouen en 1652, conseiller aux requêtes en 1654.
La famille Bigot, grande famille de parlementaires de la Haute-Normandie, conserve la seigneurie jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.
Jean Robert Bigot 1724/1790, seigneur de Saint-Martin-aux-Buneaux, Vinnemerville et Sassetôt vers 1772, est l’époux de Françoise Duhamel de Melmont. Il fait construire le château.
Françoise Louise Bigot 1757/1811, fille du précédent, épouse en 1774 Charles Gabriel Deshommets, marquis de Martainville 1740/1800, maître de camp de la Cavalerie, chevalier de l’ordre de Saint Louis.
Adrien Charles Deshommets, marquis de Martainville 1783/1847, fils des précédents, meurt au château de Sassetot-le-Mauconduit (voir § Personnages liés à la commune).
Le château est légué à son neveu Paul Adrien Simon des Champs de Boishebert 1812/1862, qui le lègue ensuite à son fils unique Jean des Champs de Boishébert. Celui-ci, très joueur, fréquente les cercles de jeux de Paris et vend par morceaux les 3000 ha de la propriété. Ruiné, il vend le château avec ce qui reste de terre, soit 80 ha, à Albert Perquer (voir § ci-dessus) dont la fille Marie a épousé Henri, comte de Mun, fils d'Albert.

Personnages liés à la commune

Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach 1837/1898, surnommée Sissi, duchesse de Bavière puis par son mariage impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, séjourne durant l'été 1875 dans le château du village (voir § « Histoire » et « Patrimoine »).

Adrien Charles Deshommets, marquis de Martainville 1783/1847 (voir § ci-dessus), gentilhomme de la chambre du roi sous la Restauration, maire de Rouen, président du conseil général de Seine-Inférieure et député de l'arrondissement d'Yvetot de 1824 à 1828, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1821.
Il épouse Marie Belhomme de Glatigny en 1815 .Albert de mun

Adrien Albert Marie, comte de Mun 1841/1914 (photo de gauche), député français et théoricien du corporatisme chrétien. Siégeant à l’extrême-droite, adversaire du libéralisme comme du socialisme, il défend nombre de réformes sociales dans un esprit inspiré du corporatisme d’Ancien Régime. Anti-dreyfusard, il fonde l’Action Libérale Populaire après la victoire du Bloc des Gauches en 1902. Il s’oppose de façon virulente à la loi de séparation des Églises et de l’État, puis défend le réarmement de la France.
Il séjourne de nombreuses fois au château, propriété de son fils Henri.Georges cuvier

Jean Léopold Nicolas Frédéric Cuvier dit Georges 1769/1832 (portrait de droite), anatomiste français, promoteur de l'anatomie comparée et de la paléontologie au XIXème siècle, a demeuré 7 ans en Normandie de 1788 à 1794. Il y réalise d’intéressantes observations, prélude d’un renouveau décisif dans l’étude des sciences naturelles. C'est au Grandes Dalles qu'il étudie les fossiles retrouvés dans la craie des  falaises.

Patrimoine

Le château de Sissi, au milieu de son vaste parc, nous parle de l’impératrice Elisabeth d’Autriche venue passer ici, l’été 1875. Tout près : la plage des Petites-Dalles et les Hautes Falaises.

Jean Robert Bigot lance la construction de ce château en 1772, à la fin du règne de Louis XV.
Il est construit sur deux niveaux. Son corps central est encadré de deux pavillons formant des ailes, reliés par une terrasse ajoutée au XIXème siècle. L’entrée est située dans un avant-corps surmonté d’un fronton triangulaire. Le comble est couvert d’un toit à deux pentes à la Mansart. Cette demeure est typique de l’architecture monumentale du XVIIIème siècle.
Les façades et toitures du château et de l'orangerie, ainsi que le colombier font l’objet d’une inscription au titre des Monuments Historiques en 1975.
A l’aube du XXème siècle, le château appartient à la famille de Mun qui le possède encore en 1958.
Il est aujourd’hui transformé en hôtel-restaurant.

L’église Notre-Dame-de-la-Nativité se dresse au centre du bourg. L'ancienne église construite au Xème siècle, ne pouvant accueillir que 80 personnes, est détruite en 1852 pour être reconstruite grâce à la générosité du marquis de Martainville, dans le style néo-roman très en vogue au XIXème siècle.
Elle conserve les fonts baptismaux du XIIème siècle et la grille du chœur du XIIIème siècle est restaurée et complétée en 1859 par le ferronnier d'art Pierre Boulanger. Le chœur, flanqué de deux chapelles en absidiole, présente les 12 apôtres. L’église conserve une importante statuaire du XVIème au XVIIIème siècles. La chaire de 1891, due aux ébénistes sculpteurs sassetotais, Levieux et Libey, possède un socle original et l'orgue romantique Cavaillé Coll est remarquable.
En façade, le clocher est encadré de deux tourelles.
Le caveau de la famille Bigot est refermé en 1840 par le marquis de Martainville. Il contenait 3 cercueils de plomb.

La croix de cimetière possède un fût torsadé en grès.

La Maison des Croyances, vie d'Antan et Traditions du terroir. Ce musée propose un saut dans le passé, de l'agriculture de nos grands parents en passant par l'école d'autrefois et son écriture à la plume, l'histoire des saints guérisseurs car autrefois en Pays de Caux, la méfiance à l’égard des médecins et le manque de moyens financiers amenaient les cauchois à se tourner vers la personne du village spécialisée dans les maux de saints, la fabrication du beurre, du cidre et une salle d'exposition est dédiée au séjour au château de l’Impératrice d’Autriche.

Le château de Briquedalles est construit en 1745, à l’emplacement de l’ancien prieuré, par J.F. Robert Le Chevalier, doyen de la Cour des Aides et Finances de Normandie.
Ses héritiers le revendent en 1799, à la famille Lachèvre où plusieurs générations se succèdent :
Nicolas Raoul Lachèvre 1771/1806, président de la Fabrique de Sassetot-le-Mauconduit, époux de Marguerite Manoury de Franqueville.
Raoul Théodore Lachèvre 1796/1873 (photo 1 ci-dessous), fils du précédent, époux d’Elisabeth Arnois de Saint Philbert.
Nicolas Raoul Gabriel Edgar Lachèvre 1829/1877 (photo 2 ci-dessous), fils du précédent, époux de Marie Duvergier de Belay, est juge au Tribunal d’Evreux et maire de Sassetot-le-Mauconduit.
Léon Lachèvre 1865/1932 (photo 3 ci-dessous), fils du précédent, époux de Marie Rocquigny, est maire de Sassetot-le-Mauconduit.
Jacques Henri Lachèvre 1898/1968 (photo 4 ci-dessous), lieutenant colonel d’artillerie, après la mort de sa mère, il reprend le château et s'occupe de la commune de Sassetot-le-Mauconduit comme conseiller municipal.
Le château arrive  par succession féminine à Lucien Savatier 1924/2015 (photo 5 ci-dessous), capitaine au Long Cours, pilote maritime de Dunkerque, lieutenant de vaisseau honoraire, Président des Pilotes de Dunkerque, chevalier du Mérite Maritime, époux d’Odile Lachèvre et maire de Sassetot-le-Mauconduit de 1989 à 1995.
                                   Raoul theodore lachevre 1796 1873  Edgar lachevre 1829 1877  Leon lachevre 1865 1932  Jacques henri lachevre 1898 1968  Lucien savatier

Le manoir de Briquedalles, bâti en 1825, à 3 kms de la mer face au château au bout du parc, typique des constructions du Pays de Caux, en briques de Saint Jean et silex taillés, est la résidence du régisseur du château. Il est vendu lors d'une succession vers 1970.
En 2010, lorsque les propriétaires du château de Briquedalles (la famille Savatier) ont l'occasion de racheter cette propriété, l'état de l'édifice laisse à désirer : au hasard des réparations successives, pas une fenêtre n'a gardé sa taille ou sa morphologie initiale,  le jardin, piétiné par les vaches, n'est plus qu'un champ de chardons au sol irrégulier… D’importants travaux s’imposent  donc pour restaurer cette maison dont la construction d'un fronton orné d'un œil de bœuf, ainsi que l'ajout de lucarnes permettant d'optimiser l'éclairage naturel du 1er étage.
Aujourd’hui ce manoir, joliment restauré,  est une accueillante maison d’hôte.

La chapelle Saint Jean Baptiste est construite en 1762 par J.F. Robert Le Chevalier.

La chapelle de Petites-Dalles construite, en 1892, sur les plans de l'architecte Camille Albert, rendu célèbre par la réalisation du Palais Bénédictine, est nichée dans la verdure.
Sa façade polychrome typique de la fin du XIXème siècle est composée de silex et de brique rose. Les boiseries en pitchpin, la voûte ogivale en forme de carène renversée et l’ornement des vitraux par des motifs géométriques fleuris, en vogue à la Belle Époque, font le charme de son intérieur.

Le calvaire d’Houlgate, érigé le 25 Juillet 1948, à l'initiative de l'Abbé Lemaître, curé de la paroisse, pour remercier Dieu d'avoir protégé la population de Sassetot-le-Mauconduit pendant la guerre de 1939-1945 et d’avoir ramené sains et saufs tous les prisonniers sassetotais d’Allemagne.

Evolution de la population

Au XIIIème siècle, Sassetot-le-Mauconduit compte 80 paroissiens. Au XVIIIème siècle, on dénombre 190 feux.

Sassetot le mauconduit seine maritime demo

Hameaux, lieux dits et écarts

Anneville 
Autrefois Anslecvilla.  Ansleikr, nom d'homme scandinave et du latin Villa, domaine : Le domaine d’Ansleikr.
Briquedalles
Autrefois Bruck qui signifie pont et Thal vallée, soit un pont entre les vallées des Petites-Dalles et des Grandes-Dalles.
Outre le château et sa chapelle bénite en 1762 (voir § Patrimoine) :
Un puits à marée et un calvaire dont le socle porte l'inscription suivante : Priez Dieu pour les Trépassés M.et P. Chevalier qui ont fait faire ce socle le 2ème jour de Mars 1558.
Les Bruyères
Ce hameau doit son nom tout simplement au nombre important de bruyères qui y poussaient.
Criquemanville
Origine du nom 1210, transposition  romane de  Kirkja, signifiant église
et du latin Villa, domaine.  Crique aurait désigné un endroit élevé et garde encore ce sens en patois cauchois.
Le Hêtre
Autrefois Haitre ou Aitre,  du latin Atrium qui désigne la cour extérieure d'une habitation.
En 1881, alors qu'une épidémie de variole sévit dans la région, les hameaux du Hêtre, Grandes-Dalles et Petites-Dalles sont les plus touchés. Les morts ne passent même pas à l'église, on les transporte directement au cimetière. Pour essayer d'enrayer l’épidémie, on émit le vœu le 26 Mai 1881, d'ériger une nouvelle croix au hameau du Hêtre et de s’y rendre en procession chaque année l'après-midi du lundi de Pentecôte.
Cette procession est très importante et magnifique, beaucoup de croix en mousse sont fabriquées par les habitants tout au long de la route. Elle cesse en 1954 à cause de la circulation intense de voitures automobiles.
Houlgate
Autrefois du latin Holgata. Hohl d'origine germanique signifie creux, profond. Gat se dit en langage marin d'une descente. Gatte se dit en patois cauchois petit ruisseau ou rivière.
Houlgate se traduit donc par chemin creux.
Au milieu de ce hameau, un chemin mène au bois des Petites-Dalles. Les allées de ce bois sont dessinées par M. Gondoin, architecte paysagiste de Paris.
Les Malaizes
Une côte très abrupte, très fatigante… autrefois gravir la côte des Grandes-Dalles n'était pas une partie de plaisir, elle met mal à l’aise.
Les Deux Pierres
Les Grandes-Dalles et les Petites-Dalles
La racine Dalle signifie vallée dans la langue saxonne ou scandinave. Contradiction géographique, la vallée des Petites-Dalles est la plus grande.
- La plage des Petites Dalles (voir diaporama haut de page sur Saint-Martin-aux-Buneaux) : Etroite valleuse, où un habitat homogène fait de maisons typiques en grès et silex pour la plupart, s’ouvre sur une jolie petite plage. Des cabines en bois blanc, implantées en arc de cercle, prolongent cette harmonie d’ensemble.
- La plage des Grandes Dalles (voir diaporama haut de cette page) : Valleuse, où coule une source ferrugineuse et où l’air marin, très iodé, a permis la création au XIXème siècle d’un centre hélio-marin. De nombreuses villas sont de la fin du XIXème siècle et une jolie plage de galets.

Nos ancêtres de Sassetot-le-Mauconduit …

Décès/inhumations :
CAUVIN Jacques (sosa 1986G11), veuf de CRIBLIER Marie (sosa 1987G11), époux de LECOQ Charlotte (hs), le 148 septembre 1752. Il était batteur en chaume.

Domicile :
CAUVIN Jacques (sosa 1986G11) en 1732, avec sa seconde épouse, au moment du mariage de sa fille Marie.

Carte de Cassini

Sassetot le mauconduit seine maritime carte cassini

 


 

Sources
Sites et photo :
Wikipedia, Château de Sissi, Manoir de Briquedalles, Maison des Croyances, Famille Lachèvre, Les églises du Pays de Caux, Seine76.
Livres, revues et documents : Sassetot le Mauconduit, histoire d'une commune cauchoise, de Frédéric GREMONT.

Date de dernière mise à jour : 16/07/2016