Montfaucon

Montfaucon adm

La commune de Montfaucon fait partie de l'ancienne Brie Pouilleuse. Alors que les villages se forment habituellement autour des points d'eau, l'habitat, très disséminé qui caractérise cette commune est dû en partie à son sous-sol imperméable, l'eau étant presque présente partout à 6 ou 7m de profondeur.
Trois ruisseaux coulent au creux des vallées. Le principal est le ru des Charfions, qui prend sa source près de Rozoy-Bellevalle.
Le village est situé sur la "Route des Quatre Victoires".

Drapeau francais fond blancHistoire

Le village existait déjà à l'époque Gallo-Romaine (un ancien four à potier datant de cette période, fut mis à jour lors de la réfection d'un mur du cimetière).
Mons Falconis est cité en 1143.

Histoire de France et Montfaucon
 
En 1429, Charles VII à son retour de Reims, accompagné de Jeanne d'Arc, aurait emprunté ce qui est maintenant un bien modeste chemin, à la limite d'Essises et de Montfaucon, mais qui à l'époque allait jusqu'à Provins.

Les guerres de religion apportent leur lot de souffrance. Les protestants sont nombreux, leurs biens sont confisqués, ils doivent abjurer leur foi et sont regroupés à Monneaux.
En septembre 1544, la guerre contre les armées de Charles Quint occasionne une terrible famine.
Au moment de la Fronde, en 1652, l'occupation de la Champagne et de la Brie par les troupes du duc de Lorraine laisse d'atroces souvenirs. Par contre, la Révolution de 1789 n'a pas laissé beaucoup de traces dans la commune.
Au premier Empire, Montfaucon a surtout gardé le souvenir de la bataille des Caquerêts. Monsieur Charles Henri de Tillancourt (1775/1834), maire de Montfaucon, se distingue particulièrement pendant la Campagne de France. La nuit du 11 au 12 février 1814, après la bataille de Marchais, les débris de l'armée russe, sous les ordres du général Sacken, rejoignent, sur le plateau des Caquerêts, les Prussiens du général York, regroupés à la ferme des Noues, des Simons et de l'ancienne chaussée Brunhaut. Attaqué vigoureusement le 12, l'ennemi est mis en déroute et se disperse dans les petits bois alentour (voir lettre de Napoléon 1er le soir de cette bataille). Monsieur de Tillancourt rassemble alors les volontaires de Montfaucon, fait la chasse aux fuyards et conduit de nombreux prisonniers à Château-Thierry. Une stèle commémorative est placée devant l’église. Par la suite, il rassemble des partisans pour repousser les maraudeurs ennemis qui viennent par petits groupes semer la terreur dans les villages, brûlant, pillant et assassinant la population.
Le village a également subi les affres des deux Grandes Guerres.
(Source : d’après le livre de Mme Mireille DUPUIS, relatant l'histoire du village de Montfaucon.)

Lettre de Napoléon 1er au général Clarke, duc de Feltre, Ministre de la Guerre à Paris.
Le 12 février 1814 au soir, de la ferme de Lumeront où il passe la nuit :

« L’ennemi a passé la Marne à Château-Thierry et brûlé le pont ; j’ai été obligé de m’arrêter. Je suis logé près du faubourg de Château-Thierry.
J’ai enlevé aujourd’hui à l’ennemi toute son arrière-garde, composée de quatre bataillons russes, trois bataillons prussiens et trois pièces de canon. Tout a été pris, depuis le général jusqu’à la dernière voiture. Le nombre de pièces que nous avons prises ne doit pas s’éloigner de soixante à quatre-vingts. Le nombre de voitures est immense ; les prisonniers sont 8 à 10 000. Le corps de Sacken et d’York ne doit pas être aujourd’hui de 12 000 hommes.
Les prisonniers vont être envoyés à Paris. Je désire que vous les fassiez entrer avec un peu de pompe et de manière que le public en soit prévenu. Je suppose que l’ennemi se porte sur Soissons pour gagner Reims. J’ai donné ordre que Soissons fût mis en état de défense ; ainsi, j’espère qu’il tiendra.
L’Aisne est débordé, et ce sera un obstacle de plus pour l’ennemi. Si le mouvement des Autrichiens sur la Seine ne me rappelle pas, j’espère avoir le dernier homme de cette armée. Si le duc de Tarente s’était porté de la Ferté-sous-Jouarre sur la rive droite de la Marne, comme il devait le faire, pas un homme n’aurait échappé. Le général Sacken a été mortellement blessé. Cette armée de Silésie était de beaucoup la meilleure armée de l’ennemi. On peut compter que les Russes ont soixante régiments d’anéantis. C’était là la consistance de leur armée, car le général Sacken avait sous ses ordres le corps de Langeron. La quantité de fusils qui se trouve sur le champ de bataille est énorme. Il faudrait envoyer de Paris des entrepreneurs et des individus chargés spécialement de les ramasser. On a pris des voitures chargées de fusils ; on a recommandé à l’artillerie de les garder ; mais les paysans en sont avides.
J’ai donné le combat de Champaubert, la bataille de Montmirail et le combat de Château-Thierry en engageant quelques bataillons de ma Garde et la cavalerie de ma Garde. Les dragons se sont couverts de gloire. La vieille Garde a de beaucoup surpassé tout ce que je pouvais attendre d’une troupe d’élite. C’était absolument la tête de Méduse ! Le général Sacken, à Montmirail, s’était joint au général York et espérait la victoire. Malheureusement, j’ai fait venir la division Leval qui n’arrive que ce soir à Vieux-Maisons et qui ne m’aura servi de rien.
Il paraît que le duc de Reggio n’a point encore la division du général Boyer ; elle devait cependant arriver le 9, et il serait bien important qu’elle fût arrivée. Il faut que l’artillerie fasse ramasser les pièces dispersées sur le champ de bataille. »
(Source : D’après la minute. Archives de l’Empire.)

Chroniques communales

Le fabuleux héritage de Jean Thiery, né en 1611 à Montfaucon  de parents de condition modeste, choisit les routes  de l'aventure qui le conduisent en Italie, plus précisément à Brescia en Lombardie, où il se fait embauché comme garçon d'écurie à "l'Auberge de la Tour de Brest". Le marchand grec Athanase Tipaldi, que l'on disait immensément riche, y fait étape. D’un âge déjà avancé, il cherchait un second pouvant l’aider à gérer ses affaires et décela chez Jean Thiery une certaine intelligence et une prédestination au commerce ainsi que la souplesse nécessaire à une rapide formation. Les deux hommes partirent ensemble sur les routes italiennes pour un voyage, qui dura plus de dix ans, pendant lequel ils travaillèrent côte à côte. Tipaldi, n’ayant pas d’héritier, fait un testament auprès d’un notaire de Corfou en faveur de son protégé en 1636. Après son décès, et étant devenu à son tour très riche, Jean Thierry continua la même vie itinérante de négoces et d'affaires, trop absorbé à faire fructifier son patrimoine pour songer à se marier. En 1654, il rédigea un testament (ci-contre page 5) qui désigne comme légataires les Thiery de la branche de Champagne. C'est à dire les enfants nés du mariage de ses parents François Thiery et Françoise Bricot, à défaut les fils de ses oncles Pierre et Claude et à défaut les Thiery de Bâle et de Lorraine. Il se retira finalement à Venise, où il mourut en 1676 à l'âge de 97 ans, à la tête d'une énorme fortune.
Mais, son exécuteur testamentaire, tout comme l’Etat vénitien, mirent une extrême lenteur à rechercher les héritiers. Des commis malhonnêtes du roi de France tentèrent de se faire passer pour les ayant droits. Vers 1700, un descendant ayant eu vent de l'héritage, se présenta sans succès à Venise. Durant tout le XVIIIème siècle, on négocia. On en était toujours à ce stade, lorsque Bonaparte décida de régler la question en exigeant la remise des fonds, qu’il oublia de rendre aux Thiery, pour financer ses campagnes militaires.
Les Thiery eurent beau s'organiser, recruter les plus grands avocats, rien n'y fit, et au début du XXème siècle, une descendante qui voulut relancer la procédure dut assigner conjointement trois états français, italien et autrichien, et se heurta à une fin de non-recevoir. Aujourd'hui, les héritiers sont découragés : non seulement il leur est devenu difficile de prouver leur droits héréditaires, mais leur nombre évidemment n'a pas cessé de croître. Estimés à plus de 7000 en 1710, ils seraient des millions à présent. Par ailleurs, depuis 1676, les intérêts courent... solder cette succession aurait pour résultat de vider les caisses de l’Etat.

Le domaine de la Doultre
Essises et Montfaucon étaient cités ensemble et furent séparé à la Révolution.
Le domaine a varié en étendue et composition à travers les âges. Y ont été rattachés ensemble ou séparément :
- le château de Montfaucon en haut du plateau,
- les Brosses, à l’autre bout du plateau, au carrefour de chemins usités autrefois,
- Les Gillotins, où se trouvaient trois habitations et des bâtiments de ferme,
- Vifforteau, reconstruit en 1905,
- Les Simons dont la ferme a été  brûlée par les Russes en 1814 et  les arbres coupés par les Allemands à un  mètre du sol pour construire le pont provisoire de Château-Thierry pendant la dernière guerre,
- Vers les Caquerêts, la ferme des Prouelles  qui existait encore en 1848,
- Les grandes Noues, sur la route de Nesles-la-Montagne, en firent partie à une certaine époque,
- Les deux moulins de la Doultre et de Conjoly furent également rattachés. C’est dans ce dernier que vécut les premières années de sa vie Gaston Dardinet, auteur de l’ouvrage « La vallée du Dolloir ».
L’eau tient une grande importance pour ce terroir. Les deux moulins cités plus haut faisaient partie des 16 moulins à eau sur le parcours de 12Kms du rû du Dolloir qui se jette dans la Marne à Chézy. Il fallait régulariser le débit de l’eau par des barrages dans le rû, aménager des canaux de réserves, pour actionner les moulins.
Les Tillancourt (ci-contre Charles Edmond 1809/1880) avaient des viviers à truites dans le Dolloir.
En 1904, François Joseph Fournier devint propriétaire de la Doultre. Il creusa des étangs à eau courante pour la pêche et établit une chute d’eau alimentant une turbine qui produisait l’électricité pour le château et Vifforteau. Sur un autre canal, il faisait ramasser de la glace que l’on amenait par petits wagonnets dans une glacière mi-souterraine. Il fit de nombreux travaux dans le château et dans les fermes.
Les guerres : en 1814, il n’y eu pas d’occupation du château mais il n’en fut pas de même pour les deux suivantes. En 1914, les allemands, les français puis sur la fin les américains s’y installèrent. En 1939, les français passèrent, les allemands y vécurent 6 mois causant de nombreux dommages puis enfin l’armée du Général Patton. A 26 ans d’intervalle il fallut reconstruite le château, mais il n’avait pas été détruit !

Patrimoine

L’église Saint Antoine du XIème siècle, remaniée, possède deux tableaux datant de la seconde moitié du XIXème siècle, inscrits aux Monuments Historiques.

La ferme de Couzon du XVIème siècle  possède une double façade à colombages et des murs en torchis au niveau des greniers. Notre ancêtre Claude DESHAYES y était laboureur en 1750.

Le vieux calvaire du XVème siècle, colonne carrée monolithe de 2,70m de hauteur, est érigé dans le cimetière.

Une stèle devant l'église : "en hommage au dévouement de Charles Henri de Tillancourt et des volontaires de Montfaucon ».

L'Heurt Pleureur, petite source qui coule sur un rocher et à qui l'on attribue des effets bénéfiques. Depuis quelques années, les drainages ont détourné le filet d'eau, le rocher disparaît sous les broussailles et son pied qui n'est plus dégagé se comble avec le temps.

Le château de la Doultre ancienne demeure des seigneurs de Montfaucon et d’Essises (famille de Tillancourt) construit au XVIème siècle, a été remanié plusieurs fois. Il est situé un peu au-dessus du rû du Dolloir, dans un paysage vallonné, boisé et cultivé, agrémenté d’étangs à eau courante. Un grand portail en fer forgé s’ouvre sur une vaste cour de gravier, devant le Château, de jolies proportions, édifié en longueur. La partie centrale, haute, avec ses deux tours carrées couvertes d’ardoises, côté parc, serait du XVIIIème siècle, et plus ancienne que les ailes allongées, qui auraient été rajoutées fin XVIIIème, début XIXème siècle.  Les boiseries du salon sont Louis XVI d’époque, celles de la salle à manger et la fontaine en marbre gris sont d’époque Louis XV, provenant de l’église de Viffort au moment de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Evolution de la population

Montfaucon demo

Nos ancêtres de Montfaucon …

Naissances/baptêmes :
BARBE Félicité Angélique (sosa 33G6) le 17 septembre 1825 au hameau de La Madeleine.
BECHARD François (sosa 538G10) le 4 mai 1672.
BRETON François (sosa 134G8) le 3 juillet 1760.
BRETON Jean (sosa 268G9) le 2 août 1699.
BRETON Marie Angélique (sosa 67G7) le 20 avril 1800.
DESHAYES Claude (sosa 270G9) le 20 septembre 1719.
DESHAYES Marie Thérèse (135G8) le 2 octobre 1760.
NAUDE Anne (539G10) le 27 août 1681.
SALMON Anne (sosa 541G10) le 22 mai 1683.
SALMON Jacques (sosa 1082G11) le 6 février 1649.
SOUDAN Félix Antoine (sosa 16G5)  le 10 février 1852.

Unions :
SOUDAN Antoine Prudent (sosa 32G6) et BARBE Félicité Angélique (sosa 33G6) le 24 novembre 1847.
BARBE François Théodore Charles (sosa 66G7) et BRETON Marie Angélique (sosa 67G7) le 4 décembre 1824.
BRETON Jean (sosa 268G9) et BECHARD Marie Jeanne (269G9), 2ème mariage, le 19 janvier 1745.
BRETON Antoine (sosa 536G10), 2ème mariage, avec GRANDPIERRE Jeanne (sosa 537G10) le 9 janvier 1696.
BRETON François (sosa 134G8), 1er mariage, avec BRUNEAUX Marie Magdeleine (hs) le 7 février 1786.
BRETON François (sosa 134G8), 2ème mariage, avec DESHAYES Marie Thérèse (sosa 135G8) le 5 décembre 1791.
BARBE François Théodore Charles (sosa 66G7) et BRETON Marie Angélique (sosa 67G7) le 4 décembre 1824.
SALMON Jacques (2164G12) et CHAPELAIN Jeanne (sosa 2165G12) le 8 novembre 1645.
DESHAYES Augustin (sosa 540G10) et SALMON Anne (sosa 541G10) le 25 novembre 1704.
DESHAYES Claude (sosa 270G9), 2ème mariage, avec FAULQUES Marguerite Eulalie (sosa 271G9) le 26 janvier 1750.
NAUDE Antoine (sosa 1078G11) et HIERNARD Marguerite (sosa 1079G11) avant 1684.

Décès/inhumations :
BARBE François Théodore Charles (sosa 66G7) le 20 septembre 1854. Il était manouvrier puis propriétaire.
BECHARD François (sosa 538G10) le 28 octobre 1758.
BECHARD Marie Jeanne (sosa 269G9), épouse BRETON, le 16 septembre 1788.
BRETON Antoine (sosa 536G10) le 10 mars 1719. Ci-dessous sa signature (1) en 1696.
BRETON François (sosa 134G8) le 8 janvier 1828. Il était manouvrier puis propriétaire. Ci-dessous sa signature (2) en 1828.
BRETON Jean (sosa 268G9) le 24 février 1778. Il était manouvrier à La Ville Chambion.
CHAPELAIN Jeanne (sosa 2165G12), épouse SALMON, le 12 avril 1677.
DESHAYES Augustin (sosa 540G10) le 6 novembre 1730. Il était manouvrier.
DESHAYES Claude (sosa 270G9) le 4 décembre 1785. Il était laboureur à la ferme du château de Couzon.
DESHAYES Marie Thérèse (sosa 135G8), épouse BRETON, le 15 février 1838.
FAULQUES Marguerite Eulalie (sosa 271G9), épouse DESHAYES, à une date inconnue.
GRANDPIERRE Jeanne (sosa 537G10), épouse BRETON,  le 14 janvier 1747. Ci-dessous sa signature (3) en 1696.
GRANDPIERRE Nicolas (sosa 1074G11) le 8 septembre 1713.
GRIPPON Marie (sosa 1083G11), épouse SALMON puis HENRY, le 15 novembre 1694.
NAUDE Anne (sosa 539G10), épouse BECHARD, le 10 avril 1754.
REMIOT Anne (sosa 535G10), épouse ARNOULT, le 15 février 1780.
SALMON Anne (sosa 541G10), épouse DESHAYES, le 4 janvier 1735.
SALMON Jacques (sosa 2164G12) le 12 mai 1688.
SALMON Jacques (sosa 1082G11) le 10 janvier 1686.

Domiciles :
BRETON Antoine (sosa 536G10) et GRANDPIERRE Jeanne en 1692.
BRETON François (sosa 134G8) et DESHAYES Marie Thérèse probablement toute leur vie.
BARBE François Théodore Charles (sosa 66G7) et  BRETON Marie Angélique probablement toute leur vie au hameau Champ de Faye.
SOUDAN Félix Antoine (sosa 16G5) et BRETON Anaïs en 1889.

Breton antoine 1696
Breton francois 1829Grandpierre jeanne 1696

Date de dernière mise à jour : 29/03/2015