Saint-Georges-de-Luzençon

St georges adm

Luzençon, bâti sur un promontoire formé de gros blocs calcaires, domine Saint-Georges. Ce belvédère étroit occupe une position stratégique exceptionnelle et une vue panoramique à 360° notamment sur le viaduc de Millau.
Le village s'étend côté Ouest sur le plateau montueux du Lévézou, côté Nord sur l'entrée des Gorges du Tarn et côté Est sur les contreforts rocheux du Causse du Larzac.
Le cœur de l'agglomération est constitué de bâtiments en pierre de type moyen-âgeux épousant les formes de l'ancienne forteresse. L'avenue principale, de construction plus tardive, accueille la totalité des commerces de la commune
Distant  d'une dizaine de kilomètres de Millau, il est également non loin de Saint-Affrique et  des caves de Roquefort.
Saint-Georges-de-Luzençon est traversée par deux principales rivières, le Tarn et le Cernon et des ruisseaux, le Lévéjac, de Lavencou, d’Issis et de Valos.

Blason st georges de luzenconHéraldique

Les armes de la commune de Saint-Georges-de-Luzençon se blasonnent ainsi :
Bandé de gueules et d’argent de huit pièces à l’aigle de sable brochant sur le tout.

Drapeau francais fond blancHistoire

Saint-Georges-de-Luzençon portait auparavant le nom de Saint-Georges de Valserena. Les révolutionnaires l'appelèrent la Vallée Pure, vallée dans laquelle coule le Cernon.
L’histoire de Saint-Georges-de-Luzençon remonte au IVème siècle avec l’existence de différents peuples sur le territoire attestée par dolmens, tessons et cimetière barbare à Briadels.
Vers 1140, les Templiers y ont des possessions.
Vers 1250, Saint-Georges passe dans la mouvance du royaume de France.
En 1360, comme tout le Rouergue, il tombe sous la dépendance anglaise pour quelques années.
Le domaine est échangé entre l'évêque de Rodez et le comte de Toulouse.
Il est dévasté par les protestants de Las Ribes au XVIème siècle, puis du duc de Rohan au XVIIème siècle. Durant les guerres de religions toutes les églises des environs ont été pillées ou ruinées, Compeyre, Creissels, Saint-Georges, Luzençon, Creyssac, Peyre, Comprégnac, Saint-Rome de Cernon, Tiergues, Olonzac, La Bastide Pradines, Saint-Pierre de Gourgas, Lapanouse de Cernon mais pas celle de Saint-Geniez. Le seigneur fait remarquer que cette défense de l'église n'a été possible que parce qu'elle était toute proche du château.
Au XIXème siècle, une nouvelle et vaste église est construite, une fontaine publique est érigée. La vieille église romane de la placette est démolie.
Lors de la Seconde Guerre mondiale 1939-1945, la maison des Tilleuls est un lieu de décisions importantes de la Résistance. La Croix Rouge s'y établit. Aujourd'hui, elle est transformée en gîte et accueille des touristes.

Saint-Geniez-de-Bertrand

Son ancien nom était Saint-Geniez de Vertenan, on l'appelait aussi  "St-Geniez des Pérous", à cause de l’abondance de petites poires en ces lieux.
A l'époque féodale, l’hommage et les droits de toute justice, appartiennent à l’Evêque de Rodez, puis celui à de Vabres, après la création de l'évêché en 1317.
A la Révolution, la commune est maintenue mais son nom, trop chrétien, est remplacé par celui de Lavencou, emprunté au ruisseau qui arrose la localité. Elle appartient alors au canton de La Cavalerie. En 1800, la réorganisation administrative du premier Consul fait disparaître le canton et la commune de Lavencou. Saint-Geniez recouvre son nom traditionnel et est rattaché à Saint-Georges.
Comme toute localité possédant un cours d’eau, Saint-Geniez avait un moulin. En 1562, c’était un moulin bladier à deux meules, dont le meunier était Pierre Baldoyn, du village de Sénil. Ce moulin appartenait au seigneur, qui le louait au meunier.
Saint-Geniez de Bertrand semble avoir été anciennement un prieuré dédoublé (le prieur et le curé sont distincts) : le prieur administre, perçoit les revenus, assure l’entretien du temporel mobilier et immobilier, et celui du curé, logement et nourriture. Le curé a la charge de l’administration spirituelle de la paroisse. Il en était encore ainsi en 1562, au début de la crise protestante. A partir du XVIIIème siècle, la paroisse a un prieur-curé qui assure les fonctions de prieur et de curé.
Sous l’ancien régime, il y avait  une école, dont le local était loué et son régent appointé aux frais de la communauté. On payait aussi un sonneur de la cloche et l’entretien de l’horloge.
En 1911 la construction d’une école communale publique et laïque est commencée, elle s’achève en 1918.  Le bâtiment de facture classique, très typée Troisième République, est construit au pied du château du village. Le rez-de-chaussée est occupé par deux salles de classe (une pour les filles et une pour les garçons), le premier étage et les combles sont destinés au logement des instituteurs. Elle devient une école à classe unique à partir des années 1930 et ferme en 1960 pour devenir « La Communale » après avoir été durant de nombreuses années  une colonie de vacances.
Il n’y a plus de curé depuis plusieurs dizaines d’années.
La vigne, qui occupait une grande partie de la vallée, a aujourd’hui disparu, en grande partie à cause du Phylloxéra en 1907. 

Son château
Il est mentionné dans les actes dès 1239.
En 1389, les routiers s'en emparent. Il est reconstruit aux XIVème et XVème siècles.
Le splendide corps de logis date du XVème siècle. Sa façade longue de 10m est profonde de 23m. L'église occupe le côté gauche, et en arrière un bâtiment moderne a remplacé une construction plus ancienne.
La porte centrale était défendue par des mâchicoulis et une archère canonnière datée de la fin du XVème siècle. Une ceinture de ces mâchicoulis avec reliefs trilobés, dont le parapet percé d'ouvertures rectangulaires, est pratiquement intact, couronne l'édifice, cernant les échauguettes d'angle. Cette porte est en arc brisé, surmontée de ce qui reste d'un écu armorié totalement mutilé.
Des fenêtres et croisées Renaissance ont été ménagées, au XVIème siècle, dans le premier étage du corps de logis, le rez-de-chaussée ne possède que de petites ouvertures.
Le château est typique du château-repaire, c’est une maison seigneuriale fortifiée construite sur un site dépourvu de défense naturelle et non entourée d’une enceinte propre. Les bâtiments s’ordonnent autour de la cour centrale. La tour de gauche remplit la fonction symbolique de donjon. Le château comporta un fossé, alimenté par les eaux du torrent du Théron, affluent de l’Avencou.

Ses seigneurs
La famille de Creissels, qui fût peut-être la première à posséder la seigneurie et le château de Saint-Geniez, ne doit pas être confondue avec les vicomtes de Creissels...  Lui succède au XVème siècle, les nobles Ricard  venus de Peyrelade, puis au XVIIème siècle, les Garceval. Un siècle plus tard, les biens des Garceval, suite au mariage de leur dernière héritière, passent aux Lastic Saint-Jal, dont la dernière héritière, par son mariage avec François de Levezou de Vezins, apporte tous ses biens y compris Saint-Geniez, à la famille de Levezou de Vezins, qui les possèdent encore à la Révolution. Cette famille, n’ayant pas émigré, ne fut pas spoliée de ses biens de droit civil et ne perdit que ses droits et redevances de droit féodal. Elle vendit le château, entre 1850 et 1860, à M. De Gissac qui le revendit en 1920 à la famille Maury, qui l’habite toujours en 2015.

Chroniques communales

Les mines de Saint-Georges et de Sérals
Le bassin du Larzac est le seul secteur en France où la houille stipite a été exploitée et il figure aussi parmi les régions où l’exploitation a été la plus ancienne. Le charbon pauvre (lignite) qu’on en extrayait,  à une époque ou tout le monde se chauffait au bois, était destiné surtout aux forges, fours à chaux et autres artisanats. La mine de Sérals a été exploitée au moins depuis 1377, on y recherche d’abord la couperose ou vitriol. Elle fait l’objet à la fin du XVIIIème siècle d’une véritable activité industrielle.
Une société de Secours Mutuels fut instaurée pour les ouvriers et les employés des mines de Saint-Georges-de Luzençon le 8 septembre 1895.
Les charbonnières de Serals et de Saint-Georges ne paraissent pas avoir enrichi leurs exploitants successifs. Elles ont fonctionné  jusqu’après la guerre de 1914-1918 et ont repris un semblant d’activité pendant la guerre de 1939-1945.

« La Communale »
Après la fermeture de l’école publique de Saint-Geniez-de-Bertrand, puis quelques travaux d’aménagement, le bâtiment accueille de 1969 à 2007, tous les étés, un centre de vacances pour enfants et adolescents organisé par la Ligue de l’Enseignement (Fédération des Œuvres Laïques de l’Aveyron) puis est mis en vente en 2007 par la commune.
Attirés par la beauté et la qualité environnementale du site et pour préserver la destination sociale et la vocation éducative du bâtiment, un groupe d’anciens animateurs et colons du centre de vacances décide de l’acquérir. Gérée par une association loi 1901, la Communale, centre d’accueil modeste et populaire, accueille  les enfants, en centres de loisirs et séjours de vacances ainsi que les adultes en associations, clubs de loisirs, ou groupes.

La fromagerie de Saint-Georges va-t-elle disparaitre ?
Le groupe Lactalis va-t-il reconstruire la fromagerie de Saint-Georges qui compte cent trente salariés, ou abandonner toute production fromagère (Pecorino, Brousse, Pérail, Tomme de brebis) notamment sous la marque Lou Pérac ? C’est bien la crainte  après les nouvelles inondations du 28 novembre 2014 qui ont mis hors d’état l’usine de fabrication fromagère, les quatrième en trente ans.
L’unité de fabrication pourrait être transférée sur un site appelé Vergonhac 2 mettant ainsi un terme définitif à de nouvelles inondations mais la difficulté serait d’attendre les deux ans de travaux…

Personnalité liée à la commune

MarcantoinecharrierMarc Antoine Charrier 1755/1793, fils d'un avocat a suivi lui-même des études de droit. Il devient notaire royal dans son village de Nasbinals-sur-l'Aubrac (Aveyron). Lors des Etats Généraux de 1789, il est élu pour représenter le Tiers Etat. Fervent catholique, il est très attaché à la monarchie et s'oppose aux idées des Lumières. Il mène l'insurrection en Gévaudan contre les révolutionnaires. Il est capturé, avec sa femme et son serviteur le 4 juin 1793, enfermé à Rodez où il est guillotiné le 17 juillet 1793 à l'âge de 38 ans.
Le conventionnel Châteauneuf-Randon permet à son épouse de se retirer à Saint-Georges-de-Luzençon au château des Valettes où Marc Antoine Charrier s’était réfugié plusieurs fois.

Patrimoine

Les ruines du château des Comtes de Toulouse du XIIIème siècle et la chapelle romane Saint-Martial de Luzençon qui fut érigée à la fin du XIème siècle. Le chevet pentagonal fut refait au XIIème. Au XVIIème siècle la chapelle fut ouverte au peuple et des mariages y furent célébrés. Elle est classée aux Monuments Historiques en 1996.

La statue de la fontaine située sur la place de l'église est un don du Maire de 1880. C'est une œuvre de Carrier Belleuse qui était le professeur du grand sculpteur Rodin.

Le château de Saint-Geniez-de-Bertrand, et son église paroissiale, en partie restaurée à la fin du XXème siècle et inscrite aux Monuments Historiques en 1978 (voir texte ci-dessus).

Le château des Valettes du XVIIIème siècle, situé à Vergonhac (voir texte ci-dessus).

Le château de Cabanous construit en 1563 par Charles de Tubières, seigneur d'Arbussel, gouverneur protestant de Saint-Rome-de-Tarn. Sa fille le vendit à Jacques Joly, ministre protestant, qui se convertit au catholicisme. Les calvinistes le pillèrent en 1625. La Sainte Messe latine traditionnelle, dite de Saint Pie V, est assurée deux dimanches par mois dans la chapelle du château néo-gothique du XIXème siècle.

L’ancien prieuré de Saint-Gilles situé à Craissac, qui dépendait au Moyen-âge de l'Abbaye Saint-Gilles-du-Gard.

La ferme fortifiée des Brouzes, déployée en rectangle et composée de trois cours. L'accès à la cour principale se fait par un portail et comporte, au fond, un bâtiment à un étage avec un escalier en pierre débouchant sur une loggia à arcades. A droite, une aile voutée comme toute la ferme est transformée en appartement, salon, chambres aménagées dans la tour du pigeonnier et le four à pain. L'autre aile qui borde cette cour  est entièrement voutée. Au sud, une autre cour flanquée à l'Ouest d'une étable avec des meurtrières. Deux tours flanquent au Sud le pignon d'une étable  (Source : Base Mérimée-Monuments Historiques).
Possession de Huc Ricard, elle est acquise en 1490 par Brenguier Bourzès et se transmet  dans cette famille jusqu’en 1700. C’est à l'origine du nom Mas de Brouzes. Elle appartient ensuite à la famille Refregier de 1700 à 1832 (peut-être issus de mes ancêtres de Saint-Jean d’Alcas…), puis à la famille Aldebert de 1832 à 1919, qui la vend à un exploitant agricole voisin qui s'en sert de remise. De 1922 à 1970, la ferme inhabitée est pillée, cheminées, dallages, blasons en pierres de taille disparaissent ainsi que le toit principal, le seul sur charpente s'effondre vers 1945.
En 1969, deux artistes Elisabeth et Claude Baillon ont un coup de cœur pour ces bâtiments et les achètent, les restaurent et s'y installent. En 1971, ils participent activement à la lutte contre l’agrandissement du camp militaire du Larzac qui arrive en lisière de Brouzes, le projet est abandonné en 1981.
La ferme est classée aux Monuments Historiques en 1990 puis  revendue à nouveau.

Le cimetière  barbare de Riadels a été exploré en 1902.

Les grottes de Lavencou.

Des maisons à tourelle et une porte d'entrée subsistent de la vieille ville.

Evolution de la population

Sur l’importance de la population de Saint-Geniez, on sait qu’en 1349 la paroisse comptait 57 feux.

St georges demo

Hameaux, lieux dits et écarts

Luzençon qui domine le village, Saint-Geniest-de-Bertrand son château et son église, Briadels et son cimetière barbare, Brouzes-du-Larzac et sa ferme fortifiée, Cabanous et son château, Craissac et son prieuré, Craissaguet, Vergonhac son château et sa chapelle, Serals, gisement de Charbon exploité dès le XVème siècle, Segonac ancien domaine celte et gallo romain, puis petite seigneurie avec sa ferme noble et sa chapelle, Lavencas, mines d'Alun et de Couperose qui furent exploitées dès la fin du XVIIIème siècle, Labro (signifiant le bord en Occitan) ferme typique en bordure du Larzac surveillant le site de Saint-Geniez, Sénil aujourd’hui simple quartier de Saint-Geniez, Virazels, Las Pauses

Nos ancêtres de Saint-Georges-de-Luzençon...

Naissances/baptêmes :
PERSEGOL Raymond (sosa 1576G11) à une date inconnue.
PERSEGOL Raymond (sosa 788G10) le 8 mars 1646.

 


 

Sources
Les sites :
Wikipedia, Mairie de Saint-Georges-de-Luzençon, Vivre au pays, Observatoire du patrimoine religieux, La Communale,
Cercle Généalogique de l'Aveyron
 

 

Date de dernière mise à jour : 14/08/2015