Saint-Hippolyte-du-Fort

St hippolyte adm

Bien abritée au pied du versant Sud des Cévennes, à 50 kms de Nîmes comme de Montpellier, la commune se situe sur la faille cévenole qui délimite les Cévennes de la zone des Garrigues. Au-delà de l'abrupt Pic du Midi, elle est dominée par la masse imposante de la montagne calcaire de la Fage, alors que sur la rive gauche du Vidourle commencent les Cévennes constituée de schistes et de granites, offrant un contraste végétal (chênes, sapins et châtaigniers) en seulement quelques kilomètres en direction de Saint-Roman-de-Codières ou bien de Lasalle par le col du Rédarès.
Le fleuve Vidourle traverse la ville au débouché des Cévennes pour se perdre, un temps, dans le massif calcaire karstique très perméable de Conqueyrac avant de ressurgir à Sauve.

Blason st hippolyteHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
De gueules au château d'argent donjonné de deux tours du même, celle de dextre plus élevée que l'autre, ouvert et ajouré d'azur, posé sur une montagne aussi d'argent.

Drapeau francais fond blancHistoire

Les vestiges retrouvés sur le territoire permettent de dire qu'au Paléolithique, beaucoup de grottes des environs étaient habitées par des chasseurs nomades et autres peuplades. A l'époque du Néolithique (voir « Echelle des Temps »), des immigrants apportent l'art de travailler le silex et de fabriquer la céramique. Plus tard, les races dites "des dolmens", élèvent des huttes ou des cabanes à proximité des cours d'eau (dolmen de la Galaberte, du Néolithique récent, âge du bronze, inscrit aux Monuments Historiques en 1990).
L'âge du cuivre, l'âge du bronze et celui du fer nous amènent de millénaire en millénaire, à la période Protohistorique qui voit les Ibères refoulés par les Ligures, et l'installation de nouveaux conquérants, les Volces Arécomiques, qui se soumettent à Jules César.
Les premières maisons de Saint-Hippolyte sont bâties pour servir de relais, au bord de la route des Rutènes (qui relie la Provence au Rouergue). Le faubourg de Mandiargues et le hameau de Malataverne sont construits autour.
En 1208, peu après la Croisade des Albigeois, Saint-Hippolyte change de nom pour devenir  La Planquette (parce qu'on y traverse la rivière sur une planche), puis Saint-Hippolyte de la Planquette.
En 1227, Santi Ypolite de Rupe Furcata (de la Roche Fourchue ou de la Roche Fourcade).
Le village s'accroche au flanc de la colline de Pié de Mar, autour du château féodal, refuge pour les habitants aux temps des grandes invasions  des Burgondes, des Sarrazins en passant par  les Wisigoths qui ravagent le pays. Quand les temps deviennent plus sûrs, les manants descendent du château pour s'établir d'abord au pied de la montagne de Pié de Mar puis tout près du Vidourle, un peu en amont de son confluent avec l'Argentesse.
Le fort est construit en 1685, la citée est fortifiée par la construction des remparts munis de cinq portes et d’un fort Vauban qui sera à l’origine du nom actuel.  Point stratégique de passage, la ville devient  un carrefour pour le commerce entre plaine et montagne.  
Vers a soieLe Vidourle traverse la cité, sur son cours des béals sont construits afin de permettre l’irrigation des jardins, l’eau alimente un canal, l’Agal, qui permet de faire tourner les roues des moulins à farine et drapiers, répondant ainsi aux besoins des ateliers de tanneurs et teinturiers. Des manufactures spécialisées dans la confection des cadis, serges et autres étoffes de laine se développent. De nombreuses tanneries contribuent à développer le commerce avec l’Auvergne. Les tanneurs, alors  puissants représentants de la ville, vont la transformer aisément. La soie avec les filatures, les fabriques des bas, les bonneteries tiennent une place importante jusqu’au début du XIXème siècle (ci-contre : vers à soie).
Saint-Hippolyte-du-Fort est chef-lieu de district de 1790 à 1795. En 1794, le Conseil d'Administration du district "pour repousser le fanatisme par tous les moyens qui sont en lui, arrête qu'à dater du premier vendémiaire prochain (22 septembre 1794, 1er jour de l'an III) le district nommé district de Saint-Hipolite portera le nom de Mont Hipolite". Le nom de Saint-Hippolyte est repris dès 1795. Le nom de Saint-Hippolyte-du-Fort n'est employé couramment qu'à partir du milieu du XIXème siècle.
Au XIXème siècle, la ville est prospère, l’activité agricole et industrielle est importante, on y vient s'approvisionner de tous les villages et hameaux de la montagne ainsi que des mas les plus éloignés de la plaine de Pompignan. Ses foires, ses marchés sont renommés.
En 1856, un Institut d’accueil pour les enfants sourds est ouvert.
Louis pasteurEn 1866, Louis Pasteur séjourne quelques temps dans la ville pour ses travaux sur la maladie des vers à soie, la Pébrine.
En 1885, l’ Ecole Militaire des Enfants de Troupes voit le jour. Elle assure la formation des cadres de l’Infanterie jusqu’en 1934, date de son transfert à Epinal.  A sa fermeture, ses bâtiments sont occupés par les gardes mobiles.
Au début du XXème siècle, la majorité de la population vit dans les murs. Les commerces sont prospères : la modiste, le chapelier, le tailleur, le bourrelier, la laitière, le boulanger cuisant son pain dans le four à bois… Des villages voisins, on vient le dimanche, à pied ou en char à bancs voir défiler les enfants de troupe sur le Plan ou, dans les plaines de Mandiargues admirer les aéroplanes.

Saint-Hippolyte-du-Fort, de 1940 à 1944
De nombreuses familles cévenoles, contre le régime de Vichy et les nazis, voulant retrouver une France Libre, aident les maquisards des maquis environnants. Des réunions secrètes sont tenues chez des partisans, comme chez Armand Gaillardon. La plupart du temps, elles se passent le soir, à l’abri des regards indiscrets, car l’endroit est très surveillé. Parfois, les habitants nouent des liens avec des soldats allemands antinazis, qui leur apportent un peu de nourriture (boule de pain noir, paquet de beurre, tabac…), comme le soldat « Paul » à la famille Guiraud. Certaines familles cévenoles apportent des provisions aux maquisards, avec la complicité des gendarmes qui ont connaissance de ce trafic mais ne disent rien. Les résistants comptent aussi sur ces habitants pour les prévenir au cas où les SS  viendraient essayer de les arrêter. Chacun à sa manière aide les maquisards, par exemple, des médecins comme les docteurs Roman ou Laget,  montent au maquis pour leur donner des soins, des artisans mettent leurs services à la disposition des résistants, comme des cordonniers en réparant leurs chaussures ou en leur fabriquant des ceinturons.
Enfin, pour assurer la liaison avec les autres maquis, des habitants des villages cévenols servent d’intermédiaires pour transmettre des messages, comme Pierre Guiraud qui cache des messages dans sa pompe à vélo  (Source : témoignage Pierre Guiraud, 2009).

Saint-Hippolyte-du-Fort en 2012
(extraits de l’article de Benoît Hopquin, Journal Le Monde « Une année en France », photo de Julien Goldstein )

« On passe à Saint-Hippolyte. On ne s’y arrête plus trop. »
… On gare la voiture devant l’ancienne école militaire, un long bâtiment austère. En face, se trouve le musée de la soie. Il rappelle que la ville a longtemps vécu des filatures et, plus généralement, du textile. Usines ou ateliers ont fermé les uns après les autres au fil du XXème siècle. Restent les fantômes de cette époque, cette ambiance propre aux vieilles cités ouvrières, à la fois dignes et impécunieuses. Les boutiques sont souvent dans leur jus des années 1970, aux derniers temps de la prospérité. Certaines sont fermées, parfois depuis longtemps. On parcourt les rues qui portent des noms de Résistants, puisqu’ici les maquisards furent chez eux pendant les années noires. Le village donne tous les signes de la tranquillité, voire même de l’ennui. Quelques habitants rasent les murs à la recherche d’ombre, se saluent quand ils se croisent. Tout le monde connaît tout le monde.

Saint hippolyte du fort gard en 2012On passe devant le temple … Derrière se trouvent les usines Jallatte… ou ce qu’il en reste… de cession en plans sociaux, il ne reste plus que 135 employés aujourd’hui. En 2007, quand le nouvel actionnaire, un groupe italien tenu par un fond d’investissements américain, a décidé de délocaliser la production en Tunisie, Pierre Jallatte n’a pas supporté, il s’est suicidé…
Le boulot est parti. Les travailleurs immigrés sont restés. Ils vivent dans les petits immeubles à l’entrée de la ville, ornés d’antennes paraboliques. Des fenêtres ouvertes partent des bribes de conversations en arabe ou des airs de musique orientale. Saint-Hippolyte est également devenu l’ancre d’un certain nombre de jeunes marginaux. Ils viennent ici à la recherche de la liberté, vivent d’expédients, chichement mais à leur convenance.
On déambule. Boulevard du Temple, un restaurant a mystérieusement brûlé une nuit de mars… l’incendie serait criminel. Le propriétaire aurait eu une altercation avec des jeunes, la veille, des dealers qui tenaient le trottoir, assurent la vox populi. Ils se seraient vengés. Plus loin, sur un banc, une adolescente discute avec une amie. "Une voiture pleine de beurs. Ils s’arrêtent, ils me regardent. Ils me font un signe comme ça (elle fait un geste obscène) et puis ils repartent… Il fait chaud.
On s’arrête prendre un verre sur la place de la ville, une placette en fait, ornée d’une jolie fontaine dont le glouglou tout à la fois rafraîchit et donne soif. A une table, des commerçants discutent, surveillant du coin de l’œil leur pas de porte. "Quand ils m’ont volé ma voiture", commence l’un… A côté, sont attablés trois trentenaires, deux hommes et une femme. La femme a la base du crâne rasée. L’un des hommes porte des vieilles fringues, traîne une dégaine néo-punk. Il a posé sur la table un grand pot de tabac avec du papier à rouler. Ils sont attablés devant un demi, parlent à voix mesurée et surveillent le bébé qui les accompagne. A deux mètres, sur un banc, quatre Maghrébins discutent. L’espace est minuscule. Les trois groupes sont à se toucher mais ne s’adresseront pas la parole, ne se regarderont même pas.
On repart, on marche et on n’avance pas… il est temps de quitter la ville. » 

Chroniques communales

L’entreprise Jallatte
En 1947, Pierre Jallatte reprend une fabrique de galoches dans les Cévennes et installe la société Jallatte à Saint-Hippolyte-du-Fort, dans le fort construit par Vauban pour repousser la rébellion huguenote. Au cours d'un voyage aux Etats-Unis, il découvre les premières chaussures de sécurité pour le travail et est le premier à importer l'idée en France. L’entreprise devient leader mondiale. Elle est le véritable poumon économique de la ville durant près d'un demi-siècle.
Mais Pierre Jallatte perd son fils unique et commence à baisser les bras en vendant d'abord une partie de ses actions en 1967, puis en laissant ses meilleurs commerciaux lui faire concurrence. En 1983, il revend l'entreprise au Groupe André, mais en reste presque jusqu'au bout le directeur. A cette époque l’entreprise est forte de trois usines et de 900 employés.
En 1984, un an après la vente, les ouvriers connaissent leur première grève. Le changement culturel est brutal. Confrontés dès la première année  à un projet de 190 licenciements secs, les salariés des usines d'Alès et de Saint-Hippolyte descendent  jusqu'à Nîmes pour y manifester devant la préfecture et les magasins du chausseur afin d'obtenir que les départs se fassent de façon uniquement volontaire, sous forme de préretraite. Et cela fonctionne... de mises à pied non remplacées en préretraites encouragées, les ateliers se vident peu à peu.
Depuis 1983, l'entreprise ne cesse  de changer d'actionnaires : des industriels, puis des financiers. Avec, à chaque fois, de moins en moins d'états d'âme vis-à-vis de la main-d’œuvre locale. Jusqu'au plan social du 30 mai 2007 qui prévoit la fermeture des deux usines d'Alès et de Saint-Hippolyte, entraînant le licenciement de 285 ouvriers.
Le 8 juin 2007, Un coup de fusil claque dans un quartier résidentiel de Nîmes : Pierre Jallatte, 89 ans, qui ne cessait de répéter depuis des semaines «Pourvu que je meure avant que mes usines ne ferment» vient d'exaucer son vœu. Face à l'émotion suscitée par le suicide du vieil entrepreneur, un «plan B» est annoncé : 132 emplois sont préservés sur Saint-Hippolyte. Installé dans un fort historique, magnifiquement restauré par Pierre Jallatte et détenu pour moitié par la municipalité, le site de «Saint-Hippo» n'a été choisi au détriment de celui d'Alès que parce qu'il est invendable; il ne devrait pas tarder à se vider lui aussi de ses derniers ouvriers pour ne plus servir que de siège social prestigieux, exposant des produits entièrement fabriqués en Inde, au Pakistan ou en Tunisie.
La lutte est impossible : un ouvrier de chez Jallatte gagne en moyenne 1 350 euros net par mois pour 35 heures de travail par semaine. Contre 132 euros pour 48 heures, ou 115 euros pour 40 heures en Tunisie. Et beaucoup moins en Inde. Après la bonnetterie, la tannerie et la coutellerie, le département du Gard paraît donc condamné à perdre ses dernières usines, alors que son taux de chômage dépasse déjà les 12% et qu'il abrite un nombre record de 26 000 RMIstes.

Les Vidourlades des 17 et 18 septembre 2014
Des précipitations diluviennes touchent les départements cévenols provoquant des inondations, des coulées de boue et la disparition de 5 personnes. Le caractère exceptionnel de cet épisode réside à la fois dans sa durée et les valeurs enregistrées.
Il débute le 16 septembre sur le Sud de l’Aveyron  et le Nord de l’Hérault avec des cumuls déjà importants atteignant les 200mm.
Le 17, la journée la plus arrosée, les quantités observées sont très fortes sur le Gard et l'Hérault : près de 400mm avec de très fortes intensités.
Le 18, les plus fortes pluies concernent les Cévennes ardéchoises avec 300 à 400mm.
Le 19,  les pluies reprennent le soir et la nuit suivante, une fois encore sur le Nord-Ouest du Gard et le Sud-Est de l'Ardèche. On mesure 100 à plus de 150mm.
A Saint-Hippolyte-du-Fort, c'est vers 21 heures que le Vidourle a atteint sa cote maximale, ramenant le souvenir des crues de 1995. L'eau est montée de 80cm dans certaines maisons du bas du village, quartier situé à proximité du Vidourle. Une cinquantaine d'habitations, au total, ont été sinistrées. 144 personnes ont été accueillies dans la salle des fêtes. Plus de 600 sapeurs pompiers ont été mobilisés. Des pompiers des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et du Var sont venus en renfort, renforts qui ont permis des évacuations, notamment par hélicoptère.
L'accalmie générale se produit en fin de nuit du 19 au 20 septembre.

Extrait d’un récit (de Vincent Lhermé)
"...18h30, un orage à propagation rétrograde stationne sur les premiers contreforts des Cévennes, de la région de Ganges à Alès.
18h43, entre Quissac et Sauve, en périphérie Sud du monstre : ciel irréel, teinté d'une couleur verdâtre et illuminé par des flashs. A Sauve, il ne pleut pas encore mais dès Conqueyrac c'est le déluge, les fossés sont pleins et les vignes gorgées d'eau. Le Vidourle, au niveau du pont submersible de Conqueyrac, est encore à sec mais à l'entrée Sud de Saint-Hippolyte-de-Fort,  la scène est surréaliste, l’eau monte à vue d'œil.

19h05, l'Argentesse (affluent du Vidourle) franchit la route en une cascade improvisée.
19h10, la rivière se déchaine et continue de monter à une vitesse folle.
A Saint-Hippolyte, l'Argentesse passe par dessus le pont de la départementale et ruisselle sur la chaussée. Il déluge et des coups de foudre violents tombent parfois à quelques centaines de mètres de la voiture. Ambiance vraiment apocalyptique. Les camions de pompiers confluent vers le village en plein cœur de la tourmente.
19h45 : Du pont situé au niveau de la zone d'activités au Sud ou le fleuve était à sec il y a une heure, un torrent se déchaine sur  plusieurs centaines de mètres de large.
A 18h30, le Vidourle était à 0,25m et à 19h30, il est à 5,25m.
19h54, il passe par-dessus le pont ...
Une soirée et une nuit de folie ! L'orage de Saint-Hippolyte-du-Fort est le plus impressionnant qu'il m'ait été donné de vivre étant donné sa puissance et surtout sa durée.
.."

Légendes
Les habitants de Saint-Hippolyte-du-Fort se nomment depuis des siècles Cigalois. Une ancienne légende affirme que les Sauvains, moqueurs, proposent à leurs voisins de leur acheter des cigales qui chantent, mais seulement des femelles. Les Cigalois en ont ramassé tant et plus, mais toutes sont refusées par les Sauvains car il n'y a que les mâles qui chantent.

Il y a longtemps, Blanche de Castille de passage à Saint-Hippolyte aurait voulu se reposer sous un arbre et n’aurait pu trouver le sommeil à cause du chant incessant des cigales. De ce jour, les habitants auraient été baptisés cigalois.

Le rapprochement entre sigala et cigalois, deux mots dont la même consonance amène à penser que ce nom n’aurait rien à voir avec cigale mais plutôt avec seigle. Le ségala est une région pas très éloignée entre le Tarn et l’Aveyron, ainsi appelée parce qu’on y cultivait autrefois du seigle. Or, à la même époque la plaine de Saint-Hippolyte était aussi plantée en seigle et il est permis de penser que les habitants du pays de seigle, les ségalais, puissent avoir été appelés, par un glissement vers un nom plus chantant, des « Cigalois » (source Fernand Léonard).

Patrimoine

L'église paroissiale Saint-Hippolyte est reconstruite en 1687 par Augustin-Charles d'Aviler au même emplacement que l’ancienne église détruite. Sa voûte en pierre meulière, son dallage en bandes, ses vitraux et son tableau représentant Sainte Cécile du XIXème siècle sont remarquables.  Elle est très remaniée au milieu du XIXème siècle avec, notamment, l'adjonction d'un clocher surmonté d'une flèche couverte d'ardoises.

La chapelle réformée évangélique date de la seconde moitié du XIXème siècle.

Un ancien petit clocher terminé par une flèche en ardoises est situé non loin de la chapelle précédente, de l'autre côté du pont sur l'Argentesse, marquant la présence d'un ancien édifice religieux.

Le temple protestant est très grand (la salle mesure plus de 600m2), certainement un des plus grands de France, comparable à celui d'Anduze, édifié en 1822 dans le style néoclassique, avec colonnade en façade et grand fronton encadré de deux tours-clochers avec portique, inhabituelles pour ce type d'édifice, renforçant encore plus l'aspect monumental. L'intérieur est entouré de toutes parts de galeries sur colonnes et la vaste et haute nef couverte d'une voûte en berceau brisé. Il possède un grand orgue d'esthétique franco-allemande construit en 1853 par Beaucourt & Voegeli et restauré en  1992.

L'ancien viaduc de chemin de fer, construit à proximité de la tour Saint Jean, est doté d'arcades de pierres lancées de manière courbe par-dessus le Vidourle.

La tour Saint-Jean (parfois appelée Saint-Louis) ancienne tour à signaux et ouvrage défensif à la porte de Cros, point névralgique des fortifications du XVIIème siècle face aux vallées cévenoles, elle surmonte le Vidourle d’une vingtaine de mètres. Elle est composée de trois étages qui n’ont aucune relation entre eux. Elle servira essentiellement de prison.

Le beffroi communal, installé dans une ancienne tour accolée à l'Hôtel de Ville au style très sobre néoclassique, est surmonté de son campanile en fer forgé dans la partie haute en forme de bulbe. Il renferme la cloche des heures.

Le Fort, sans doute le monument le plus remarquable de la ville avec le grand temple. Construit en 1688 par François Ferry (comme ceux de Nîmes et d'Alès) pour « contenir » les protestants des Cévennes. Aujourd'hui privé de ses principaux éléments défensifs, il reste cependant d'une magnifique homogénéité architecturale.

Les Casernes construites en 1725 pour loger les troupes sous Louis XV, elles deviennent en 1860 une garnison de Napoléon III. En 1885, le Général Boulanger y fonde une École Militaire qui ferme en 1934. Vaste ensemble de bâtiments imposants, chacun d'entre eux porte le nom d’une victoire : Marengo, Isly… la façade principale est surmontée d'un clocheton abritant un ancien carillon de trois cloches, aujourd’hui occupé par des locataires privés, par l’Office de Tourisme et diverses associations.

La maison, ou immeuble Dugas, située sur le Plan, elle abrite la fondation du même nom ainsi que la bibliothèque Roure-Sarran. Elle est la propriété de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français. À l'intérieur, deux cheminées monumentales sculptées complètent un décor original. Elles sont inscrites au titre des Monuments Historiques en 1941.

Le Musée de la soie retrace le passé séricicole dans les Cévennes et s'attache à mettre en valeur un patrimoine qui participe du XIIIème au XXème siècles à l'identité cévenole (Saint-Hippolyte-du-Fort était autrefois le siège des contrôleurs de soie des Cévennes).

L'ancienne Institution des sourds et muets protestants de France, fondée en 1856, est installée dans des locaux vétustes du vieux quartier de la ville. En 1875, le pasteur Paul Bouvier (1829/1879) est nommé directeur de l'établissement et entreprend son installation en pleine campagne, dans des bâtiments neufs baignés de lumière.

Les treize fontaines construites entre 1623 et 1776 exceptionnelles par leur nombre, fleuries et éclairées la nuit, apportent un charme particulier au village.

La ville possède la plus importante collection de cadrans solaires contemporains du Languedoc. On en compte vingt trois disposés le long d’une promenade.

Les façades des XVIIème et XVIIIème siècles.

Le château des Graves construit au début du XIXème siècle, aujourd’hui propriété privée, dont plusieurs parties sont inscrites aux Monuments Historiques en 2007: les façades et toitures du moulin et de la ferme, la maison de maître en totalité,  le jardin, le parc et le domaine agricole en totalité et son mur de clôture.

Le château de Figaret date de la fin du XVIIIème siècle. Il abrite aujourd'hui une maison de retraite.

Personnalités liées à la commune

La famille Bousquet de Florian, anoblie sous l'Ancien Régime, est une ancienne famille de filateurs de Saint-Hippolyte-du-Fort, qui entre en possession au XVIIIème siècle de la terre de Florian (vendue par la famille du célèbre fabuliste Jean Pierre Claris de Florian, voir les pages sur la ville de Sauve).
Au XIXème siècle, cette famille s'implante en Cévennes à Aulas au château de La Capelle.

Felix bonfilsFélix Bonfils, 1831/1885 (portrait de gauche), né à Saint-Hippolyte-du-fort, est photographe. Il s’installe à Beyrouth au Liban avec sa femme et leurs enfants en 1867 et fonde un atelier photographique qui produisit une documentation photographique extrêmement abondante sur l'Égypte et le Moyen-Orient de la fin du XIXème siècle au début du XXème siècle.

Chaussures jallattePierre Jallatte, 1918/2007, reprit en 1947 l'entreprise familiale de galoches sise à Saint-Hippolyte-du-Fort pour la transformer, après un voyage d'étude aux États-Unis, en l'une des plus grandes fabriques de chaussures de sécurité de France. Comme patron,  il est connu pour sa grande générosité et pour avoir partagé avec ses ouvriers les bénéfices de son entreprise. En 2007, Pierre Jallatte,  apprenant que la majorité des ouvriers de son usine va être licenciée pour cause de délocalisation en Tunisie, se suicide.

Andre bourguetAndré Ferdinand Jules Bourguet, 1876/1836 (portrait de gauche), homme politique né et décédé à Saint-Hippolyte-du-Fort, était député du Gard, président de l'Association Départementale des Officiers de réserve de l'arrondissement du Vigan et Chevalier de la Légion d'honneur.

Victor bousquetVictor Bousquet, 1839/1890 (portrait de droite), né à Saint-Hippolyte-du-Fort est conseiller général du Canton de Lasalle, député du Gard de 1876 à 1889 et sous-préfet du Vigan en 1870 et 1871.

Marcellin pelletMarcellin Pellet, 1849/1942 (portrait de gauche), journaliste auteur d'ouvrages sur la Révolution française, avocat au barreau de Paris, député républicain du Gard de 1876 à 1885 et diplomate. Il favorisa l'exploration spéléologique des Cévennes et a été décoré de la Grande-Médaille d'Argent du Club Cévenol.

David et cathy guettaCathy Guetta, 1967/- (portrait de droite avec son époux), née d'un père militaire camerounais et d'une mère française, Cathy Lobé passe son enfance à Toulon et à Saint-Hippolyte-du-Fort. Organisatrice de soirées et de spectacles, elle épouse en 1992 le DJ David Guetta, avec lequel elle a deux enfants. Le couple divorce en 2014.

ApetitjeanArmand Marcel Petitjean, 1913/2003 (portrait de gauche), est un écrivain, essayiste, journa­liste, éditeur et philosophe dont la carrière littéraire s'arrête à sa participation à la Collaboration entre 1940 et 1943. Il décède à Saint-Hippolyte-du-Fort. Il est le fils d'Armand Petitjean, ingénieur commercial qui crée, avec ses deux frères, une société d'import-export au Chili. Proche collaborateur du parfumeur François Coty, Armand Petitjean père devient le directeur général de la société Coty, puis crée lui-même l'entreprise Lancôme, en février 1935. Son fils reprendra quelque temps la direction de la société, dans les années 1960.

Evolution de la population

St hyppolite du fort demo

Hameaux, lieux dits et écarts

Figaret, Fleury, La Bélèze, Les Trouillas, Le Maffre, Espaze, Mandiargues, Malataverne, La Masselle, Les Graves, Labric

Nos ancêtres de Saint-Hippolyte-du-Fort…

Naissance/baptême :
TESSIER Claude (sosa 24793G15) à une date inconnue

Unions :
GRANIER Guillaume (sosa 24792G15) avec TESSIER Claude (sosa 24793G15) avant 1530.

 


 

Sources
Sites et photo : Wikipedia, Wikimedia (Cathy Guetta), J.C. Griebel, Office du Tourisme du Piémont-Cévenol, Communauté de Communes du Piémont-Cévenol, Pescofi, Vincent Lhermé, journal Le Monde, Panoramio/Guy Bourras

 

Date de dernière mise à jour : 28/09/2015