Saint-Jean-de-Maurienne

Saint jean de maurienne adm

La ville est située au confluent de l'Arc, rivière qui a modelé la vallée de la Maurienne, et de l'Arvan qui descend de la vallée des Arves (col de la Croix-de-Fer).
La ville est jumelée avec :   Bad Wildungen (Allemagne) depuis 1991 ; Dzolo (Togo) depuis 1986 ; Tessalit (Mali) depuis 2005 ; Giaveno (Italie) depuis 2013.

Blason saint jean de maurienneHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : D'azur à la main bénissant d'argent, vêtue de même.

Ce blason est d'abord celui du chapitre de la cathédrale, avant de devenir celui de la ville.
Il a pour origine les reliques de saint Jean-Baptiste, apportées au VIème siècle : trois doigts de la main qui baptise le Christ.
Ce blason est répandu dans une large partie du monde.

Toponyme

Le nom de la ville trouve son origine dans la référence à son saint patron, Jean le Baptiste le Précurseur, auquel est ajouté le déterminant complémentaire -de-Maurienne en référence à sa situation dans la vallée de la Maurienne.
Les premières mentions du nom Maurienne apparaissent vers le VIème siècle avec l'édification de la cathédrale primitive dédiée à saint Jean le Baptiste dans la ville de Maurienne.
La Maurienne sous sa forme Maurogenna désigne la ville jusqu'au Xème siècle, où on lui accole celui du saint.

Drapeau francais fond blancHistoire

La Maurienne est la plus méridionale des grandes vallées transversales de la Savoie, passage facile entre la France et l’Italie. Au cœur de la vallée de l’Arc, s’ouvre un large espace dont les versants offrent toute la variété des paysages alpestres avec, en toile de fond, les emblématiques Aiguilles d’Arves. C’est là que se situe une petite bourgade nommée Maurienne.
Au VIème siècle, une femme, sainte Thècle, originaire de Valloire, rapporte d’Alexandrie (Egypte) les reliques (trois doigts) de Jean le Baptiste, où une partie du corps (sans la tête) a été transférée après la profanation du tombeau au IVème siècle à Sébaste en Samarie (Israël).
Au VIème siècle, Gontran Ier (528/592), roi mérovingien de Bourgogne, petit-fils du roi Clovis Ier, conquiert la région, qui reste sous l’autorité religieuse de l’évêque de Turin, et élève la ville au rang d'évêché. Les reliques font de la bourgade la capitale de la vallée.
En 753, mon ancêtre Griffon (726/753), comte du Vexin, du Mans, de Paris et duc de Bavière, se rend en Italie pour rejoindre le roi des Lombards, Aistolf, le plus puissant adversaire de son demi-frère, le roi des Francs, Pépin III dit le Bref (715/768), mais il est tué à Saint-Jean-de-Maurienne par les hommes de Pépin.
Capitale d’un diocèse la ville se dote de monuments religieux dont il reste le plan d’ensemble, avec une cathédrale double. Ces premiers édifices sont reconstruits après les désordres de l’An 1000, en réutilisant les matériaux trouvés sur place, des fragments de sculptures d’époque carolingienne sont utilisés en ré-emploi.
Humbert ier dit aux blanches mainsL’ordre est rétabli par mon ancêtre, Humbert Ier dit aux Blanches Mains (portrait de gauche), premier comte de Maurienne, fondateur de la Maison de Savoie. Il est enseveli sous le parvis de la cathédrale, comme plusieurs de ses descendants, Amédée Ier de Maurienne dit la Queue (1016/1051), Boniface de Savoie dit le Rolland (1244/1263). La cathédrale est la première nécropole de la Maison de Savoie.
La Maurienne fait de ses princes les portiers des Alpes.
Au Moyen-Âge, des conflits éclatent entre le comte et l'évêque. En 1326, après une révolte des habitants des Arves (voir § ci-après) contre l’évêque, celui-ci et le comte de Savoie se partagent le pouvoir, nommant un juge commun, le corrier.
En 1857, la ligne de chemin de fer Aix-les-Bains/Saint-Jean-de-Maurienne est ouverte.
Dans les années 1900, les progrès technologiques de l'hydroélectricité suisse sont à l'origine d'intenses spéculations boursières sur les sociétés hydroélectriques, qui profitent aux implantations industrielles en Maurienne, tandis que le tourisme prend son essor.

Saint Jean le Baptiste
Il est le fils de Zacharie, un prêtre qui assure des fonctions au Temple de Jérusalem, et d’Elisabeth son épouse et parente (sœur ou cousine) de Marie, mère de Jésus.
Jean le baptisteIl mène une vie d'ascète, caché dans le désert, se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage et pratiquant le jeûne. Vers l'an 29, il commence à prophétiser, installé sur les bords du Jourdain, où il pratique le baptême de repentance par immersion dans l'eau.
Jésus vient le voir pour être lui aussi baptisé. Jean lui dit : C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et Jésus lui répond : Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Jean baptise donc Jésus et c'est au sortir de l'eau que ce dernier voit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui, tandis qu'une voix venue des cieux dit : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. Jean (portrait de gauche) guide ses meilleurs disciples vers Jésus et s’efface pour lui laisser la place.
La colère d'Hérode Antipas (-21/39), tétrarque de Galilée et de Pérée, s'abat sur Jean, lorsque celui-ci lui reproche son union avec Hérodiade, l'épouse de son demi-frère Hérode Boëthos. Cette union choque en raison de l'interdiction légale de mariage avec la femme de son frère. Hérode Antipas le fait jeter en prison puis décapiter quelque temps plus tard.
D’après l'Évangile selon Marc les circonstances de la mise à mort de Jean sont les suivantes : Hérode Antipas, à l'anniversaire de sa naissance donne un banquet pour les Grands de sa Cour, les officiers et les principaux personnages de la Galilée. La tete de jean le baptisteLa fille d'Hérodiade, Salomé, danse et plait à Hérode et à ses convives. Le roi lui dit : Demande-moi ce que tu voudras… ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume. La fille d'Hérodiade demande, pour sa mère, la tête de Jean le Baptiste présentée sur un plateau. Hérode, envoie un garde décapiter Jean dans sa prison, placer sa tête sur un plateau et la présenter à la jeune danseuse qui l'offre à sa mère (photo de gauche).Damas syrie la grande mosquee des omeyyades reliquaire
Plusieurs textes anciens font état au IVème siècle de l'existence du tombeau de Jean à Sebaste en Samarie (Israël). Sa tête n'aurait pas été inhumée avec ses os. Un tombeau pouvant contenir la tête se trouve dans la Grande Mosquée des Omeyyades de Damas (photo ci-contre), construite à partir de 705 sur l'emplacement de la basilique byzantine dédiée à Saint-Jean-Baptiste.
Selon Grégoire de Tours, une femme, nommée plus tard Sainte Thècle, originaire de la ville de Maurienna (Saint-Jean-de-Maurienne), part à Alexandrie en Égypte vers 550, pour rechercher des reliques de Saint Jean le Baptiste et en rapporte les trois doigts de la main droite. Ces reliques sont conservées dans un reliquaire dans la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Maurienne.

1326, la révolte des Arves
Préambule du traité y mettant fin : Les hommes et sujets d'Aymon, évêque de Maurienne, poussés par un instinct diabolique, ont formé des ligues, des complots, se livrant à des attentats homicides, à des coups et blessures sur la personne des officiers et familiers de l'évêque. Ces habitants des Arves, allant plus loin dans la révolte, attaquèrent à main armée le seigneur évêque et son frère, firent le siège de la maison forte qu'il possède en Arves dans l'intention de le tuer avec toutes les personnes de sa maison. Ils se sont soustraits au paiement des servis et anciens usages qu'ils devaient à l'évêque, à l'église de Maurienne et au chapitre... Enfin, ils mirent à mort plusieurs officiers et familiers de l'évêque dans l'église et le clocher dudit lieu (Saint-Jean) qu'ils ont pris d'assaut avec une grande armée... Ils brisèrent les maisons de quelques chanoines".
Réfugié à la collégiale Sainte-Catherine de Randens en Basse Maurienne, l'évêque n'a d'autres ressources que d'appeler à l’aide le comte, Edouard de Savoie dit le Libéral (1284/1329). La seule démonstration d'une force armée imposante suffit à faire revenir l'ordre.
Le comte est le bénéficiaire de l'opération et prend pied dans le fief épiscopal.
Le Traité de Randens signé le 2 février 1327, est un contrat entre le comte de Savoie et l'évêque de Maurienne qui se partagent l'autorité sur les territoires rebelles, appelés Terre commune, tandis que les communes restées fidèles à l'évêque ne dépendent que de lui et portent le nom de Terre limitée.

Patrimoine

De la période médiévale, Saint-Jean-de-Maurienne garde son plan en croix que l’on retrouve dans son axe Nord-Sud, la pittoresque rue Saint-Antoine prolongée par la rue du collège et ses boutiques des XVème et XVIème siècles qui tire son nom du collège Saint-Joseph installé dans l’ancien couvent des Bernardines fondé en 1534, et sa chapelle baroque.

Le grand clocher de l’église Notre-Dame, tour-clocher du XIème siècle.
Au XVème siècle, une galerie flanquée de quatre clochetons et une grande flèche en porte la hauteur à près de 80m. Cette partie est abattue par les révolutionnaires français en 1794, détruisant du même coup une partie de l’église Notre-Dame, désormais séparée de son clocher par une rue. Elle a conservé son chevet ainsi qu'un beau portail roman.
Son état actuel ne permet pas de l'ouvrir au public, elle héberge quelquefois des expositions visibles depuis les vitrines situées sur le bas.
Il est classé aux Monuments Historiques en 1933.

La cathédrale Saint-Jean-Baptiste, édifiée au VIème siècle, reconstruite au XIème, recèle dans ses murs quelques éléments de sculpture de l'édifice primitif.
La cathédrale possède l’une des plus vieilles charpentes de France, plusieurs poutres de sa toiture datent de 1074.
Sous le chœur de la cathédrale, une crypte, redécouverte en 1958, permet de découvrir les techniques de l’art roman naissant.
Son porche néo-classique est ajouté en 1771 pour abriter le tombeau des trois premiers princes de la Maison de Savoie, Humbert Ier dit aux Blanches Mains (le fondateur), Amédée dit la Queue et Boniface Ier dit le Roland.
Un cloître de 1450, situé entre la cathédrale et le réfectoire des chanoines, renferme un exceptionnel ensemble de stalles en bois de noyer, achevées en 1498, l’un des treize groupes de stalles dites du credo savoyard, que l’on peut encore voir en Europe. Il est classé aux Monuments Historiques en 1933.
La cathédrale est classée aux Monuments Historiques en 1906.

Le palais épiscopal, en face de la cathédrale, est dû, pour l’essentiel, aux embellissements de Mgr de Martiniana, dans la seconde moitié du XVIIIème siècle.
Il est classé bâtiment communal depuis 1905.
Il a retrouvé aujourd’hui sa splendeur et abrite l’Office du Tourisme, ainsi qu’un musée d’archéologie, d’art religieux, d’arts et traditions populaires, présentant une exceptionnelle collection de costumes mauriennais, les plus originaux des Alpes françaises. Le grand salon est un bel exemple d'art baroque.

La chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, de style baroque,  est construite au XVIème siècle par le chanoine Antoine Poliac. A l'origine un chapelain, logé dans un bâtiment adjacent au sanctuaire, dessert un petit hameau d'une quinzaine de maisons. Ce dernier est incendié par la foudre en 1628.
La chapelle est détruite puis rebâtie quelques années plus tard. Vendue en 1795 comme Bien National et vidée de son mobilier et de ses ornements intérieurs, la chapelle sert alors de grange.
Rachetée par le clergé en 1820, elle abrite un nouveau chapelain qui crée dans les locaux adjacents (aujourd'hui démolis) une classe de latin regroupant une quinzaine d'élèves.
Le dernier gardien du sanctuaire, Victor Mottard, ancien page à la Cour des rois de Piémont-Sardaigne, est inhumé en 1895 dans le petit cimetière de la chapelle.
La chapelle est toujours ouverte au culte, mais celui-ci ne s'y célèbre plus que rarement.

Le Tabellion ou Correrie, maison-forte du juge ou corrier, construite après la révolte des Arves en 1326,  toujours visible à quelques mètres du grand clocher.

La tour carrée de la Fournache, autrefois intégrée dans le système d’observation et de défense de la vallée de la Maurienne, elle est aujourd’hui propriété privée vraisemblablement habitée.

Le théâtre Gérard Philipe à l’architecture typique des années 1930 est rénové en 2014.

Le musée Opinel
Opinel 4Le couteau Opinel est inventé par Joseph Opinel (1872/1960, portrait de gauche) en 1890. À l'origine taillandier de métier, le jeune homme fabrique parallèlement pour ses amis des couteaux de poche. Puis, il se lance dans la fabrication industrielle de couteaux et son invention dépasse le cercle familial.
Joseph opinelEn 1909, il dépose la marque Opinel. La Main couronnée ou main bénissant (ci-contre), présente sur toutes les lames, rappelle l'origine du couteau, la couronne ducale signifie qu'il est désormais produit à Chambéry, capitale des ducs de Savoie.
La bague de sécurité, Virobloc est inventé en 1955 par Marcel Opinel.
Au début de la Seconde Guerre Mondiale, 20 millions d'exemplaires sont vendus, et en 2009 ce chiffre est porté à 280 millions.
En 1989, Jacques Opinel transforme en musée l'atelier de Saint-Jean-de-Maurienne de son grand-père, Jean (frère de Joseph). Le Musée Opinel devient l’un des tous premiers sites visités en Savoie. En 2013, il subit une rénovation et un agrandissement.
L'Opinel est fabriqué en Savoie de 1890 à 1916 dans le lieu-dit de Gevoudaz, près de Saint-Jean-de-Maurienne, puis dès 1915, à Cognin dans la banlieue de Chambéry. L'activité s'est progressivement délocalisée vers une usine à Chambéry construite en 1973.

Personnages liés à la communePierre balmain

Joseph Opinel (1872/1960), issu d’une vieille famille de taillandiers, est le créateur du célèbre couteau qui a conquis le Monde (voir § ci-dessus).

Pierre Balmain (portrait de droite), y nait le 18 mai 1914, couturier français, il ouvre sa propre maison de couture à Paris en 1945 et la dirige jusqu’à sa mort en 1982.

Hameaux, lieux dits et écarts

Les quartiers de Saint-Jean-de-Maurienne : Le forum, les nouvelles arcades et les Clapeys.
Les hameaux : Bonne Nouvelle, Crochet Long, La Chevalière, La Combe des Fourneaux, La Combe des Moulins, La Combe Fallet, La Combe Paillarde, La Fournache, La Grange Gonthier, La Thioulaz, La Tour, Le Coin du Lièvre, Le Frédière, Le Plan des Thibaud, Le Tilleret, Les Chaudannes, Les Combes, Les Cours, Les Oulles et les Rippes.

Evolution de la population

Saint jean de maurienne demo

Nos lointains ancêtres de Saint-Jean-de-Maurienne ...

Naissances/Baptêmes :
De SAVOIE Humbert Ier dit Aux Mains Blanches (sosa 7 547 161 936++G33), premier comte de Maurienne, fondateur de la Maison de Savoie, y nait vers 975.
Voir « Visages de Savoie ».

Décès/inhumations :
De SAVOIE Humbert Ier dit Aux Mains Blanches, décède à Hermillon (Savoie) et est inhumé sous le parvis de la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne.

De FRANCE Griffon (sosa 1 932 073 379 960++G41) comte du Vexin, du Mans, de Paris et duc de Bavière, y est assassiné par les hommes de son demi frère Pépin III dit Le Bref en 753.
Voir « Visages de Savoie ».

 

 

 


 

Sources 
Sites et photo : Wikipedia,
La Compagnie de Savoie...

Date de dernière mise à jour : 15/12/2017