Aux pays de mes ancêtres

Varzy

Varzy adm

Varzy geoSitué à mi-chemin entre Nevers et Auxerre (Yonne), niché au creux d’un vallon, ce village du Haut Nivernais est entouré de 6 buttes témoins (les monts Charlay, Châtelet, Lidoux, Montmay, Grand Montois et Petit Montois) émergeant au milieu de plaines agricoles, de bois et forêts.

Varzy blason Héraldique 

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : D'azur aux deux clefs passées en sautoir, l'une d'or et l'autre d'argent, à la filière aussi d'or.
Les clés de saint Pierre, l'une en or, symbole du pouvoir sacerdotal, l'autre en argent symbole du pouvoir temporel.

 Hydrographie 

Le ruisseau de Cœurs traverse du Sud au Nord le côté Ouest de la ville et devient en aval la Sainte-Eugénie. C'est un affluent du Sauzay et un sous-affluent de l'Yonne.
Un plan d’eau de 4ha.

Drapeau francais fond blanc Histoire 

Le Mont Châtelet est occupé par périodes depuis le Néolithique jusqu'au Haut Moyen Âge (voir page Echelle des Temps).
Il est fortifié probablement à l'époque gallo-romaine, puis le site est abandonné jusqu'au XIIème siècle.
Varzy est un lieu de pèlerinage à sainte Eugénie de Rome ou d'Alexandrie (+257 portrait ci-dessous), à saint Regnobert de Bayeux (+627 vitrail ci-dessous) et une étape sur le chemin de Compostelle (Via Lemovicensis).

Sainte eugenie d alexandrie 257Saint ragnebert de bayeux 627


L’église collégiale Sainte Eugénie du Vème siècle est citée comme la plus ancienne de toutes hormis celle de Notre-Dame-de-la-Cité. Le flot de pèlerins y est important. En 596 le règlement de l’évêque saint Aunaire (+603), inclut Varzy (Varziacum) dans les trente principales paroisses du diocèse.
Vers 923, l'évêque Gaudry (+933) visite les tombeaux des Apôtres à Rome, sous le pontificat de Jean X (860/929). Le pape lui fait présent de quelques reliques de saint Laurent et de sainte Eugénie qui sont déposées dans la cathédrale. L’évêque d’Auxerre, Geoffroy de Champallement (1052/1076) souhaitant être enterré au prieuré de La Charité  à seulement quelques lieues, se fait porter à Varzy pour y mourir.
Vers la fin de l'épiscopat d’Hugues de Chalon (975/1039) le seigneur de Saint-Vérain s'empare de Varzy, rançonne les habitants et garde la ville pendant 7 ans. Pour prévenir contre de telles attaques, l'évêché fait fortifier Varzy avec des murs. Mais l'histoire se répète avec Geoffroy III de Donzy (1100/1157), excommunié par l’évêque  Humbaud d’Auxerre (+1114), qui esquive cette infortune en partant en croisade en Palestine  ne rendant la ville qu'à son retour 20 ans après.
En 1152, l’évêque Alain de Larrivour (+1182) rencontre des difficultés avec le comte de Nevers, Guillaume III (1110/1161) qui refuse de faire son hommage au nouvel évêque ; certains gentilshommes l'imitent et abusent du désordre ambiant. Le pape charge Hugues de Toucy, archevêque de Sens, de régler l'affaire  et en 1157 Guillaume III et les gentilshommes de moindre rang à sa suite, font hommage à l’évêque.
Guillaume IV, fils du précédent, entre en guerre contre les comtes de Joigny et de Sancerre, prend Varzy dont les terres sont ravagées. En 1164, un jugement du roi est rendu pour la restitution de Varzy par  Guillaume IV à l’évêché.
Vers la fin du XIIème siècle, Varzy une fois de plus menacée, l’évêque Hugues de Noyers (+1206) fait réparer les murs de la ville et y ajouter de grosses tours et de profonds fossés. Il fait également bâtir le château épiscopal.
Au début du XIIIème siècle, l'évêché d'Auxerre fonde la léproserie de Vaumorin, dont la chapelle Saint Lazare est le dernier vestige.
Le baron Reynaud de Saint-Vérain  dit Renaud Rongefer, enlève des vassaux, emprisonne le concierge des maisons épiscopales de Varzy, force et saccage le château. Gaucher de Joigny (1165/1237) fait construire une place forte depuis laquelle ses troupes harassent les habitants alentour. En 1225, le bailliage de Villeneuve-le-Roi  ordonne de raser le fort, mais la tour n'est complètement rasée qu'en 1364 sous l'évêque  Pierre Aymon d'Auxerre (1310/1372).
En 1239, l’évèque Bernard de Sully (+1245) achète sur Varzy la mouvance de terres et de vignes appartenant à Odon de Châtillon-en-Bazois (1202/1250), et les attache à la terre de Varzy.
Guy de mello 1212 1270L’évêque Guy de Mello (1212/1270 médaillon ci-contre) réunit le bourg de Conches  à la terre épiscopale de Varzy, fait rebâtir le château épiscopal, détruit dans un incendie.
Le baron de Saint-Vérain, Reynaud Rongefer, fait une nouvelle tentative d'aliénation des biens ecclésiastiques en faisant élever et fortifier sa maison de Saint-Pierre-du-Mont à 6,5 Kms de Varzy. La coutume ne permet pas de bâtir un château dans la châtellenie d'un autre seigneur supérieur et reconnu comme tel, sans sa permission. Guy de Mello fait appel au bras séculier, assiège la maison, la prend en quelques jours et rase toutes fortifications tant anciennes que nouvelles. Reynaud Rongefer tente à plusieurs reprises, d'assassiner l'évêque mais n’y réussit pas.
En 1358, les Anglais ravagent la Bourgogne. Robert Knolles (1325/1407) pille la région.
En 1473, l’évêque Pierre de Longueil (1398/1473) qui affectionne particulièrement Varzy, y meurt. Il est enterré dans l’église Sainte Eugénie avant que sa sépulture soit transportée à la cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre.
En 1587, les princes calvinistes envoient des troupes au secours du roi de Navarre ; les troupes du duc de Guise et du duc de Mayenne harcèlent celles-ci jusque sous les murs de Varzy. Trois ans plus tard en 1590, les protestants de Sancerre prennent Varzy et mettent la ville à sac.
Durant la Révolution Française de 1789, l’église est détruite.
En 1792, le trésor et les reliques de la collégiale Sainte-Eugénie sont abrités dans l’église paroissiale Saint-Pierre. En 2002, le trésor et les reliques de la sainte sont volés puis retrouvés et installés dans un local fermé par de solides barreaux.
En 1972, des sarcophages mérovingiens sont trouvés à l'occasion de travaux de la voirie sur la place du Marché et dans les rues voisines, à l'emplacement de l'ancien cimetière Saint-Pierre.

 Seigneurs et gens de la noblesse

Au Xème et XIème siècle, mes ancêtres portant le nom de de Varzy sont seigneurs de ce village (voir § nos lointains ancêtres de Varzy en bas de page).
Ensuite Varzy appartient aux évêques d'Auxerre jusqu’en 1790.

 Chroniques communales 

Varzy au cinéma
En 1974, le film Mes petites amoureuses, de Jean Eustache, avec Martin et Caroline Loeb, Ingrid Caven, Jacqueline Dufranne, Dyonys Mascolo, Maurice Pialat... est partiellement tourné à Varzy.Velorail

Le cyclorail
Sur une ancienne ligne de chemin de fer, un parcours de 31 Kms, aller et retour, entre Varzy et Clamecy, arrêt au lieu-dit Le Moulot. Ce vélo-rail est un curieux engin à mi-chemin entre le vélo et le wagon qui peut transporter jusqu'à quatre personnes, pour la découverte de paysages authentiques et le cadre bucolique de la vallée de Sainte-Eugénie puis du Sauzay.

 Patrimoine 

La collégiale Sainte Eugénie
Cette église est fondée par saint Germain d'Auxerre (418/449). Au Xème siècle, l’évêque Gaudry d’Auxerre la fait entièrement rebâtir jusqu'aux fondations, l'enrichit de vitraux, de plafonds peints, d’autels pourvus de reliques, de livres, d’ornements et de cloches. Il fait aussi construire proche de l'église un logement pour ses successeurs, à l'emplacement du futur château de Varzy. Enfin, il trouve deux autres églises tombant en ruines, Saint Pierre et Saint Saturnin, et les fait réparer à ses frais.
Moins d’un siècle plus tard, l’édifice est de nouveau très délabré et les prêtres n'osent plus y faire office. Hugues de Chalon la fait réparer et embellir, et y fonde un chapitre de dix chanoines.
Elle est détruite en partie sous la Révolution Française.

L’église Saint Pierre
Une première église existe bien avant le Xème siècle.
Trois ans de vacance du siège épiscopal de 1084 à 1087 amènent un certain désordre dans les affaires de l'évêché. Nombre de laïcs prétendent à des droits sur l'église. Le vénérable, Humbaud d’Auxerre (+1114) reprend Saint-Pierre des mains des laïcs.
Pierre de broc 1601 1671En 1202, Hugues de Noyers (+1206) fait don de la cure de Saint-Pierre au chapitre de Sainte Eugénie de Varzy.
Unie au chapître de Varzy par François Ier de Dinteville (+1530), la cure de Saint-Pierre en est séparée de nouveau en 1660 par Pierre de Broc dit l'Abbé de Saint-Mars (1601/1671, portrait de droite).
Cet édifice est caractéristique de l'art gothique rayonnant, avec deux tours clochers ayant une disposition typiquement romane, et une nef à trois étages et six travées. Au XVIIème siècle, la sacristie et le sépulcre accolés à l’abside sont construits, au XVIIIème siècle, les grandes arcades du chœur, servant de contre butée aux clochers sont percées. Claude Poirier, sculpteur ordinaire du roi, réalise le principal autel entre 1728 et 1729. Au XIXème siècle, les dernières fresques ornant la nef et les bas côtés disparaissent sous le badigeon. Entre 1862 et 1864, les chapiteaux et la base des piliers sont restaurés et le dallage retrouve son aspect primitif. Les sacristies sont reconstruites en 1869. Une est aménagée en chambre forte en 1975. Une grille monumentale, portant les clés de Saint-Pierre, assure la séparation de la nef et du transept, elle est datée de 1730.
L’église abrite une sculpture de Sainte Eugénie en pierre polychrome du XVIème siècle qui provient de la collégiale Sainte Eugénie de saint Germain d’Auxerre ainsi que le bras reliquaire et d'autres reliques et trésors récupérés lors de la destruction partielle de l’église en 1792.
L'édifice est classé au titre des Monuments Historiques en 1862. La statue de Sainte Eugénie est classée en 1903.

La chapelle Saint-Lazare
dernier vestige de la léproserie de Vaumorin du début XIIIème siècle, est inscrite aux Monuments Historiques en 1931.

Le château de Varzy des évêques d'Auxerre
La première mention d'une construction à l'endroit du château date du 42ème évêque d'Auxerre, Gaudry (+933) qui porte une affection particulière pour Varzy.
Les ossements de saint Regnobert de Bayeux et de son diacre saint Zenon, provenant de Bayeux, sont mis à l'abri au château dans un cercueil de pierre.
L’évêque d’Auxerre, Robert de Nevers (1076/1084), meurt en 1084. Le siège épiscopal d'Auxerre est vacant pendant 3 ans, au cours desquels des seigneurs, tenant leurs baronnies de l'évêque, s'emparent de terres de l'évêché.
L’évêque Guillaume de Toucy (1167/1181) achète un terrain destiné à la construction d’une maison épiscopale.
Vers 1183, l’évêque d’Auxerre, Hugues de Noyers (+1206) fait construire cette maison sur l'emplacement de la demeure précédemment bâtie par l'évêque Gaudry d’Auxerre au Xème siècle.Robert ii de lenoncourt 1510 1561
Au XIIIème siècle, le château est détruit dans un incendie. L’évêque Guy de Mello (1212/1270) fait rebâtir les salles et réparer les murs de clôture, le long desquels il fait construire des logements.
Nicolas colbert 1628 1676Au XVIème siècle, le portail du château est construit par l’évêque d’Auxerre, Robert II de Lenoncourt (1510/1561 portrait 1 de gauche) aux frais de la succession de son prédécesseur François II de Dinteville (1498/1554).
Nicolas Colbert (1628/1676 portrait 1 de droite), évêque d'Auxerre, l'un des frères de Jean Baptiste Colbert (1619/1683) ministre de Louis XIV, fait combler les fossés et aménager les grandes promenades de la porte de Marcy. À cette époque la propriété inclut une chapelle dédiée à saint Regnobert. Venu se reposer des fatigues de ses voyages et tâches épiscopales, Nicolas Colbert meurt au château en 1676.
Jean baptiste marie champion de cice 1725 1805En 1764, le dernier évêque d'Auxerre, Jean Baptiste Marie Champion de Cicé (1725/1805, portrait 2 de gauche) fait entreprendre des travaux importants : démolition d'une aile, reconstruction du portail d'entrée et construction de l'actuel bâtiment central. Les bâtiments du XVème siècle sont conservés pour l'usage du fermier.
Joseph fouche 1759 1820À la Révolution, le château est vendu comme Bien National à Messieurs Thoulet Vauvardin et Edme Rollin. En 1794, Edmé Rollin, alors seul propriétaire, soutenu par Joseph Fouché (1759/1820 portrait 2 de droite) en mission de propagande pour l'esprit révolutionnaire, y ouvre une faïencerie dans l'aile du XVème siècle. La manufacture à son apogée fournit du travail à 26 employés, puis ferme en 1803.
En 1823, le château devient la propriété de la famille Givry, puis de la famille Petit en 1867. Vers 1900 son état s'est nettement dégradé. Un négociant en vins y installe son négoce.
En 1929, il est acheté par Messieurs Gilles et Pointeau qui y font effectuer les réparations les plus urgentes et y ouvrent la colonie de vacances Jacques Amyot pour la municipalité de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) qui loue le château à partir de 1938 et l'achète en 1946, le faisant alors restaurer.
En 2008, la municipalité de Varzy rachète le château et le loue en gestion libre pour divers événements publics ou privés.
Il est inscrit aux Monuments Historiques en 1946.

Un lavoir à double pans sur le ruisseau de Cœurs joue le rôle de lavoir, d’abreuvoir et de pédiluve. Canalisées sous la collégiale, les sources jumelles de la rivière Sainte Eugénie alimentent les bassins de puisage Saint Roch et Sainte Eugénie avant de déverser leurs eaux dans un vaste bassin.  Les laveuses disposent de margelles protégées par des auvents à deux pans, édifiés en 1776 par Claude Rousset, charpentier à Metz-le-Comte, rénovés au début du XIXème siècle puis rallongés en 1893. 

Un puits couvert public du XVIIIème siècle, avec une superbe margelle, son dôme et son lanternon, qui recouvre depuis 1853 une citerne de récupération d'eau pluviale, est inscrit aux Monuments Historiques depuis 1946.

 Personnages liés à la commune 

Trois évêques d’Auxerre sont décédés à Varzy : Geoffroy de Champallement (1052/1076), Pierre de Longueil (1398/1473) et Nicolas Colbert (1672/1676).

La famille Dupin, qui a donné à la France de nombreux magistrats, administrateurs, hommes politiques et hommes de science sous l'Ancien Régime et au XIXème siècle, est originaire de Varzy :
André Dupin (1783/1865), avocat et homme politique français,
Charles Dupin (1784/1873), mathématicien, ingénieur et homme politique français,
Philippe Dupin (1795/1846), avocat et homme politique français.

Mais aussi :
Claude Alphonse Delangle (1797/1869), magistrat et homme politique, né à Varzy.
Auguste Grasset (1799/1879), conservateur du musée et de la bibliothèque, mort à Varzy.
Louis Oppepin (1831/1915), poète, né à Varzy.Maggy dussauchoy 1924 2012
Émile André Boisseau (1842/1923), sculpteur, né à Varzy.
Alfred Garcement (1842/1927), artiste-peintre, né et décédé à Varzy.
Alban Chambon (1847/1928),  décorateur et architecte actif à Bruxelles, né à Varzy.
Romain Baron (1898/1985), homme de lettres et écrivain, qui passe beaucoup de temps à Varzy et écrit quelques essais. Une rue de la ville porte son nom.
Paul Galleret (1902/2001), amiral, né à Varzy.
Rex Barrat (1914/1974), artiste-peintre, né à Varzy.
Maggy Dussauchoy (1924/2012 portrait de droite), comédienne, née à Varzy.

 Hameaux, lieux dits et écarts 

Ardeaux, Chiry, La Bordafaux, Pouilleux, Chantemerle, Charlay, Cœur, Fly, Migny, La Tuilerie, Le Paradis, Les Haleines, Pouilleux, Vauvardin,  Villaine...

 Evolution de la population 

Varzy demo

 Nos lointains ancêtres de la noblesse de Varzy ... 

11 individus connus, au moins 8 naissances/baptêmes et 5 décès/inhumations y sont enregistrés :

Varzy ancetres 1Varzy ancetres 2

 Carte Cassini 

Varzy cassini

 

 


 

Sources
Sites et photo : Wikipedia, Mairie de Varzy, Les amis du vieux Varzy, Inventaire du patrimoine, Nièvre Passion,  Bourgogne Tourisme...

 

 

Date de dernière mise à jour : 10/09/2019