VISAGES DU CHER

Quelques lieux de résidences

 

 

Du XIème au XVIème siècle

8 familles de lointains ancêtres de la noblesse ou notables urbains
ont vécu dans ce département
14 individus dans 4 communes ou 24 actes (connus) ont été enregistrés :
10 naissance °
2  mariage x
12  décès + ou inhumation (+)

 

 

Les familles par villes

 

Cher par villes 2

voir détails pour chacun d'entre-eux en bas de page de chacune des villes

 

Quelques détails historiques

 

  Les Chambellan, une famille de marchands * 

Cette famille est connue en Berry dès 1325. Elle s’y est maintenue par des emplois considérables qui ont relevé la noblesse.

Héraldique : D'azur à deux pattes de griffon d'or posées en chef et une tête de léopard du même lampassée et arrachée de gueules en pointe.

330px duc de berryCharles viiLe duc Jean (1340/1416, portrait 1 de droite) a contribué à stimuler par ses commandes fastueuses l’activité économique du Berry du Moyen-âge. Il a construit une véritable cour à Mehun-sur-Yèvre et à Bourges et bâti les bases d’une structure administrative.
Le dauphin Charles (1403/1461, portrait 1 de gauche) se réfugie à Bourges en 1418, permettant à la ville de devenir la capitale de la résistance à l’anglais et aux Bourguignons. Mais à partir de 1423 l’insécurité des plaines berrichonnes amène la Cour de Charles à s’installer en Touraine. C’est Tours qui devient la capitale du royaume de la reconquête. Bourges n’a été que le bref refuge d’un prince en fuite. Néanmoins, Charles VII reste attaché au Berry et à ses hommes.
Louis XI (1423/1483, portrait 2 de droite) en garde rancune à la cité. Il montre cette rancune au grand jour lors de l’émeute de 1474.
Louis xi le prudent 1423 1483Jacques CoeurJacques Cœur (1400/1456, marchand, négociant, banquier, armateur et grand argentier du roi, statue de gauche) a, sous Charles VII, donné une seconde chance à la ville de Bourges, mais les affaires de l’argentier sont trop vastes pour la cité. Bien que berruyer lui-même, il transfère dès 1448 ses entrepôts à Tours avant de s’intéresser à Lyon ou Montpellier. Néanmoins, quelques familles marchandes, s’appuyant sur une fabrication drapière importante, profitent de la présence de Jacques Cœur pour construire et asseoir leur fortune. Les Chambellan sont de ceux-là.
Ces familles s’efforcent de développer la prospérité de Bourges, se battent pour avoir une université, des foires et semblent bien prêtent de réussir la construction d’une métropole commerciale quand l’incendie ravage la ville en 1487 et en détruit une bonne partie.
Nos notables s’attèlent avec courage à la reconstruction mais n’évitent pas un coup d’arrêt mortel pour la ville… et pour eux-mêmes.
La grande période des Chambellan c’est le règne de Louis XI. Jusqu’au début du XVIème siècle la famille vit sur sa lancée. Après 1520, l’assoupissement de Bourges ne permet pas à ses notables de se hisser plus haut. Les Chambellan restent à Bourges.
Les Chambellan sont un temps propriétaires du Palais Jacques Cœur et de plusieurs maisons à pans de bois encore visibles rue Coursalon.
Ils ont leur place au premier rang dans la cathédrale Saint-Etienne et donne un doyen au chapitre cathédral de Notre-Dame de Paris.
De Guillaume Ier Chambellan qui trouve la mort vers 1300 à Jérôme Chambellan qui essaie de sauver la ville des tumultes religieux en 1565, des générations de Chambellan ont essayé de faire face au changement, de construire une famille prospère, de contribuer au développement de Bourges et du Berry, de défendre une idée du pouvoir royal.

C’est par leurs démêlés avec la Justice que mes ancêtres Chambellan de Bourges sont connus. Le 26 mai 1335, le Parlement ordonne la saisie de Jean Ier et de ses biens. En 1349, David Ier est en procès contre Agnès de Fains, dame de Mennetou-Salon, et l’emporte en obtenant saisi et profit. En 1353, il est impliqué dans un conflit important entre Regnault Fournier, avocat du roi, et ses proches Jean de Clamecy (son beau-père) et Guillaume Pelourde (de la famille de son gendre).  Une altercation oppose les 4 hommes, David brise la mâchoire de l’avocat. Il obtient rémission de cet acte le 23 avril 1353 en payant une amende de 500 Livres ce qui est peu au regard des 3000 Ecus que doit payer Regnault Fournier. Mais l’affaire devient vendetta puisque l’avocat royal est condamné le 16 août 1354 pour le meurtre de Jean Pelourde et que David, et ses deux compères l’attaquent peu après chez lui en pleine nuit …

 Guillaume Ier Chambellan 

Famille : Fils de Pierre.
Mon arbre généalogique : n° sosa 14 740 544++ en 24ème génération.
Biographie : Il est le premier mentionné dans les Archives avec la date de sa mort vers 1300.
Union et descendance : D’une épouse inconnue, il a au moins 1 fils :
-  Jean qui suit.

 Jean Ier Chambellan 

Famille : Fils du précédent.
Mon arbre généalogique : n° sosa 7 370 272++ en 23ème génération.
Biographie : Il est seigneur du Verger (paroisse de Bourges).
Le 26 mai 1335, le Parlement ordonne la saisie de sa personne et de ses biens, dont la seigneurie du Verger.
Union et descendance : D’une épouse inconnue,  il a au moins 2 enfants :
-  David Ier qui suit,
- Marie, qui épousera Louis de Pleix.

 David Ier Chambellan 

Famille : Fils du précédent.
Mon arbre généalogique : n° sosa 3 685 136++ en 22ème génération.
Biographie : Il est seigneur de la Tour de Clamecy par son 1er mariage avec Marguerite de Clamecy.
En 1349, son procès gagné contre Agnès de Fains, dame de Mennetou-Salon, lui permet d’accroitre ses biens.
Union et descendance : Il épouse en premières noces, Marguerite de Clamecy, dame de La Tour de Clamecy et de Villemenard (1319/1400), fille de Jean II de Clamecy et de son épouse Marie d’Apremont. Alliance avec une famille de même milieu que la sienne mais dont l’antériorité des assises terriennes le fait monter sur les marches du patriciat.
Le couple a au moins 3 enfants :
- Etienne Ier qui suit,
- Marie Jacquette (1370/1411) qui épousera en premières noces Philippe Pelourde, fils de Jean III, riche famille déjà présente dans le patriciat urbain et le monde des offices de Bourges, dans les dernières années du XIIIème siècle, et de son épouse Marguerite Le Roy, sœur de sa belle-mère.
Elle épouse en secondes noces, en 1392, Jean de Bar, vicomte de Villemenard, premier valet de chambre puis apothicaire du duc de Berry.
- Marguerite (-/1413) qui épousera Jean Ier de Rupy de Cambray, valet de chambre du duc de Berry puis de Charles VI (1368/1422).

Il s'allie en second mariage avec Jacquette Le Roy, fille de Guillaume Ier et de son épouse, issue d’une famille de marchands comparable à la sienne, qui s’illustre dans le monde des changeurs, les Bouer.

 Etienne Ier Chambellan 

Famille : Fils du précédent.
Mon arbre généalogique : n° sosa 1 842 568/++ en 21ème génération.
Biographie : Il est vicomte du Péron, fief de dignité à Saint-Eloi-de-Gy (7Kms de Bourges).
Union et descendance : Il épouse vers 1371, Jehanne de Chantelle (1370/1415), fille d’André de Chantelle, seigneur du Péron et de nombreuses seigneuries à Bourges et dans les environs, et de son épouse Marguerite.
Jehanne teste le 9 avril 1415. Ce testament précise le nom de la paroisse habitée par les Chambellan à ce moment, Saint-Pierre-le-Gaillard, paroisse Sud de la ville à la limite des faubourgs. Ils n’habitent pas encore dans les paroisses des notables qui se trouvent au Nord.
Le couple a au moins 4 enfants :
- Etienne II, qui suit,
- Jean,
- Jacquelin, qui sera exécuteur testamentaire de sa mère en 1415,
- Regnault, qui sera religieux du diocèse d’Autun puis prieur de Bony-sur-Loire.

 Etienne II Chambellan 

Famille : Fils du précédent.
Mon arbre généalogique : n° sosa 921 284++ en 20ème génération.
Biographie : Il est le premier à accéder à l’Office en étant receveur des Aides de Bourges en 1417, ce qui laisse présager d’une fortune déjà bien assise. Qualifié de bourgeois de Bourges en 1427, il est le premier également à voir son nom suivi de l’épithète d’honneur honorable homme et sage maître, auparavant il était homme distingué. Tous les Chambellan qui suivent l’auront de même.
Son mariage le fait entrer dans le milieu des officiers du duc de Berry. Pierre Sathenat, lieutenant de la sénéchaussée de Mehun-sur-Yèvre en 1405 et Guillaume Ier Sathenat, lieutenant particulier du duc Jean en 1401 et 1403 sont ses beaux frères ou ses cousins. Le duc disparu, ses serviteurs forment l’ossature de l’administration royale en Berry.
Les Chambellan, au tournant du siècle, sont par leurs alliances au cœur des serviteurs royaux. Lorsque le dauphin Charles fuit Paris et les Bourguignons et fait son entrée à Bourges le 21 juin 1418, des officiers fidèles sont en place : Jean de Bar, Jean II de Cambray, les Sathenat et dans leur mouvance, les Chambellan.
Le 3 mai 1427, il achète des maisons, grange et appartenances à Neuvy-sur Barenjon, qui deviendra bientôt le lieu privilégié des acquisitions des Chambellan.
Union et descendance : Il épouse vers 1416, Ponon de Sathenat (1395/-) fille de Jean, seigneur du Mont et du Launoy, et de son épouse Jeanne Breuillard.
Le couple a au moins 6 enfants :
- David II, qui suit,
- Marie II, mariée avec Nicolas du Breuil,
- Etienne III (1426/1486), seigneur de Millandres. Bachelier dans la nation de France à Paris. Il rentre ses études terminées, vers 1455 et épouse Annette Baston.
Il est bourgeois de Bourges en 1461, élu aux affaires du gouvernement de la ville en 1464, contrôleur de l’argenterie du roi en 1471, prévôt du roi à Bourges en 1473, panetier en 1474, et siège au Conseil du roi de 1474 à 1479.
- Marguerite II, mariée avec Pierre de Refuge, gouverneur d’Asti
- Jeanne II,
- Guillaume II, seigneur de Milandres. Il rend hommage en 1462 pour les seigneuries de La Garenne et de Chanteloup, deux hôtels près de Neuvy-sur-Barenjon, un hôtel et le four banier de sa mère, Yvonne de Sathenat, à Mehun-sur-Yèvre, l’hôtel de Pisseleu à Quincy, une maison à Issoudun, une maison, grange et bergerie à Neuvy-sur-Barenjon. Il achète en 1453, un moulin à blé avec tous les prés pastis et landes.
Il devient échevin en 1483 et maire en 1494. Il épouse Guillemette Lallemant, fille de Guillaume, marchand de draps de soie et de textile de luxe, grand notable de Bourges. Son beau-frère, Jean Ier Lallemant fait construire l’Hôtel Lallemand à Bourges en 1467.

 David II Chambellan 

Famille : Fils du précédent.
Mon arbre généalogique : n° sosa 460 642++ en 19ème génération.
Biographie : Il est né vers 1417 et décédé vers 1465 à Allaines-Mervilliers (Eure-et-Loir).
Il est lieutenant général au baillage de Bourges de 1444 à 1465, garde des Sceaux en Berry du duc Charles en 1463.
Il est le premier Chambellan à être licencié en lois. Ses deux frères, Etienne III et Guillaume II, entreprennent les mêmes études ainsi que tous les autres Chambellan jusqu’au XVIème siècle.
Avec son frère Etienne III, il est élu au gouvernement des affaires de la ville.
En 1462, il rend hommage pour la seigneurie du Péron, pour les hôtels et manoir de Milandres (commune de Saugy) et pour des cens en la paroisse de Vasselay (à l’Est de Saint-Eloy-du-Gy). Il possède une maison rue des Arènes à Bourges.
Il perd sa charge de lieutenant général en 1465 à la suite de la Ligue de Bien Public lorsque la ville se range aux côtés du duc et se dresse contre le roi Louis XI. Les Chambellan sont aux premières loges.
La Ligue met ainsi fin à sa carrière et c’est Etienne III qui remettra la famille en selle.
Union et descendance : Il épouse vers 1440 à Bourges en premières noces, Pérette Thaumiers de la Porte (1425/1450) fille de Jean, seigneur de La Forêt-Thaumiers.
Le couple a au moins 6 enfants :
- Agnès qui suit,
- Gaston,
- Marie,
- Jean,
- Jacques Ier, baron de Vatimbourg, seigneur de Compans, conseiller au Parlement de Paris, marié le 19 juillet 1468 avec Denise de Longeil, fille de Jean III et de son épouse Marie de Morvilliers. Il décéde à Paris.

Il épouse en seconde noces vers 1455, Colette Gaucher, fille de Nicolas, seigneur de La Gauchère et de son épouse Agnès Voulzy, avec qui il a au moins 3 enfants :
- David III (-/1518), seigneur de la Veuvre, avocat de Bourges qui défend les intérêts de Paris, marié avec Hélène de Paris.
- Martin Ier dit l’Ainé,
- Anne

 Agnès Chambellan 

Famille : Fille du précédent.
Mon arbre généalogique : n° sosa 230 321++ en 18ème génération.
Biographie : -
Union et descendance : Elle épouse Claude de la Vallée (1415/1504), seigneur de la Croix des Fougères, notable et premier échevin de la cour de justice de Bourges nommé par Louis XI, fils de Jean et de son épouse Idatte Olry.
Le couple a au moins 2 enfants :
- Grand-Jean,
- Anne.

Quelques unes de leurs résidences (voir diaporama)

Difficile aujourd’hui de retrouver photographies ou descriptifs des hôtels, manoirs, maisons ou châteaux mentionnés. Les plus anciens édifices subsistant dans les villages sont généralement les églises.

Le château de Quincy, construit pour Charles Pinon, maître des requêtes et intendant de Berry en 1637, sur l'emplacement d'un château médiéval, peut-être celui pour lequel Guillaume II Chambellan rend hommage en 1462, nommé hôtel de Pisseleu.
Le fils de Charles Pinon, intendant général de Bourgogne en 1705, fait élever vers 1708 deux ailes latérales, exécuter des aménagements intérieurs et probablement dessiner les jardins.
Le château se compose d'un corps de logis rectangulaire flanqué sur ses côtés Nord et Sud de deux ailes en retour d'équerre. Deux pavillons carrés sont reliés aux ailes. Une cour d'honneur s'étend devant le château, à l'Ouest. En avant de cette cour, deux pavillons d'entrée sont disposés de part et d'autre de l'allée d'accès. Du côté Est, le jardin descend par trois terrasses successives. Un parc boisé s'étend au Sud et les bâtiments de l'ancienne ferme se développent au Nord.
A l'intérieur, l'édifice conserve des plafonds peints du milieu du XVIIème siècle et des lambris exécutés au XVIIIème siècle.
Le château, aujourd’hui propriété privée, est classé aux Monuments Historiques en 1992.

Le Palais Jacques Coeur ou encore L'hôtel Lallemant à Bourges (voir page sur "Bourges")

 

 

 

 

 

 

 


 

Sources
Sites et photo : Wikipedia,
Châteaux de France, Google Maps.
Livres : « Histoire de Berry » par Gaspard Thaumas de la Thaumassière, écuyer, seigneur de Puy-Ferrand, avocat au Parlement, 1689.
« Une famille de notables ordinaires aux XIV, XV et XVIème siècles : les Chambellan de Bourges, 1300-1585. Alain Collas, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest » 1996, Vol. 103 N° 4 p. 25-57.

Date de dernière mise à jour : 25/09/2017