Aux pays de mes ancêtres

Beaulieu-lès-Loches

 

Beaulieu les loches 37 adm

 

Beaulieu les loches 37 geoLa cité de Beaulieu s’est développée sur le plateau qui domine la vallée de l’Indre, face à la ville de Loches et à sa citadelle.
Beaulieu est renommée Beaulieu-lès-Loches en 1957.

Beaulieu les loches 37 blason Héraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : D'argent à une fleur de lys de gueules, au chef d'azur chargé de trois étoiles du champ.

 Toponymie

Beaulieu, du latin bellus locus. L’antique cité est le champ clos où les seigneurs se battent en duel.
Le gentilé des habitants varie : Beaulieusard, Beaulieurois, Bellilocien, Bellieurain, Bellilocois, Belliloquois, Belliloqueteux, Belliquière, Berlugan, Beloudonien.

 Hydrographie

L'Indre traverse la commune. Ses crues sont le plus souvent de type inondations de plaine.
Sur le plan piscicole, l'espèce biologique dominante est constituée essentiellement de poissons blancs et de carnassiers (brochet, sandre et perche).
Le réseau hydrographique communal, d'une longueur totale de 3,94 kms, comprend en outre trois petits cours d'eau et trois zones humides.

Drapeau francais fond blanc Histoire

Vers l'an 1008, mon ancêtre le comte d'Anjou, Foulques III dit Nerra (965/1040 portrait 1 ci-dessous), au retour d’un premier pèlerinage en Terre Sainte et en expiation du meurtre de Hugues de Beauvais (970/1008), fonde une abbaye, dédiée à la Sainte Trinité et confiée aux Bénédictins à qui il concède la terre de Beaulieu avec toutes ses coutumes, un marché hebdomadaire, les droits de justice et de vente, et un droit d’usage dans la forêt Boisoger. L'abbaye, dont les biens sont considérables, bénéficie également d’un droit de battre monnaie. L’abbaye et la ville se développent harmonieusement jusqu’à la Guerre de Cent Ans.
Foulques III meurt à Metz en rentrant d’un voyage en Palestine. Sa dépouille est portée dans l'Abbaye et une nouvelle église de style roman est construite à la place de la première abbatiale pour lui servir de mausolée.
Au début du XIIIème siècle, Beaulieu possède trois paroisses, Saint-Pierre, Saint-Laurent et Saint-André.
Durant la Guerre de Cent Ans, la ville est occupée par les Anglais, en 1359 et en 1412 où les troupes du duc de Clarence, Thomas de Lancastre (1387/1421), mettent à feu et à sang l’abbaye, emmènent le père abbé en Angleterre et brûlent la rue qui conduit à Loches, depuis nommée la rue Brulée.
A la Renaissance, Loches devient Cité Royale et reçoit dans ses murs la Cour et les rois, de Charles VII (1403/1461, portrait 2 ci-dessous) jusqu’à François Ier (1494/1547, portrait 3 ci-dessous). Beaulieu profite de cette splendeur. Agnès Sorel (1422/1450, portrait 4 ci-dessous), favorite de Charles VII, y réside lors des séjours du roi au château de Loches.
Le déclin de la ville commence avec les Guerres de Religion qui opposent catholiques et protestants et en 1562 Beaulieu et son abbaye sont pillées par les Huguenots.
En 1575, Catherine de Médicis (1519/1589, portrait 5 ci-dessous) vient à Beaulieu retrouver son fils François (1555/1584, portrait 6 ci-dessous), duc d’Alençon, afin de tenter de le réconcilier avec son frère, le roi Henri III (1551/1589, portrait 7 ci-dessous). Les négociations aboutissent à un Traité signé à Etigny près de Sens, accord souvent appelé Paix de Beaulieu par les historiens.
En mai 1576, la 5ème Guerre de Religion prend fin par la signature de l’Edit de Beaulieu par le roi Henri III. Il répond favorablement aux revendications, accorde aux protestants la liberté de culte et des places de sûreté, crée dans les Parlements des Chambres où les protestants et les catholiques sont représentés à parts égales, indemnise toutes les victimes de la Saint-Barthélemy et s'engage à convoquer les États généraux. Mais les catholiques trouvant que les dispositions de la Paix de Beaulieu sont excessives, se préparent à la guerre qui recommence en mai 1577.
Le toit de l'église abbatiale est emporté deux fois par des ouragans. Le second, en 1598, fait de nombreux dommages, renversant le fait de la nef et la charpente du chœur mais laissant intact les murs.
Le déclin de la ville s’accentue lorsque la route d’Espagne est détournée par Tours. Beaulieu n’est plus alors qu’une petite ville vivotant d’une maigre industrie drapière et de la fabrication de chaussures, à l’ombre d’une abbaye où les moines, de moins en moins nombreux, ont du mal à entretenir les bâtiments et à survivre.
Lors de la Révolution Française, 5 moines assurent la survie de la communauté. L’abbaye est démembrée. Les 3 paroisses sont supprimées.
Au XIXème siècle, un artisanat varié assure la vie matérielle de la population. En 1885, on compte 4 tailleurs de pierre employant 30 ouvriers, 5 sabotiers, 3 charrons, 1 potier et 4 tanneries qui ont aujourd’hui totalement disparu.
Vers 1860, apparait une nouvelle activité, la culture des champignons qui perdure jusque dans les années 1970.

Foulques iii dit nerra 965 1040Charles viiFrancois ierAgnes sorel 1422 1450Catherine de medicis 1519 1590Francois d alencon 1555 1584Henri iii

Seigneurs et gens de la noblesse

Quelques écrits du XVIème siècle parlent des propriétaires de la Tour Chevaleau, résidence seigneuriale construite au XIIIème siècle dont Yves Frangeul dit le Moineton, valet de chambre de la reine Catherine de Médicis (1519/1589, portrait 5 ci-dessus).

 Patrimoine

La Mairie construite en 1700 par Charles Boileau (1648/1704), membre de l’Académie Française, abbé de Beaulieu, afin d’y installer certains services administratifs. Le bâtiment est vendu en 1793 avec les biens de l’abbaye et acquis par la municipalité l’année suivante.
La construction, de style classique, est conservée dans son état d’origine. La façade est flanquée de deux ailes d’équerre en tuffeau, taillé en grand appareil. L’étage est surmonté par des combles. Les fenêtres hautes du rez-de-chaussée sont surmontées de voussures.
Le bâtiment est classé à l’Inventaire des Monuments Historiques, ainsi que les boiseries et les voûtes intérieures.

L’Abbaye de la Trinité est fondée vers 1007 par Foulques III dit Nerra revenant d’un pèlerinage en Terre Sainte d’où il ramène des reliques du Saint Sépulcre. Il y est inhumé en 1040 dans la nouvelle église.

Geoffroy martel 1006 1060L’Eglise abbatiale Saint Pierre-Saint Paul, ancienne église de l’Abbaye de la Trinité, est construite par le fils de Foulques III, Geoffroy II dit Martel (1006/1060 portrait de droite) pour abriter le tombeau de son père. Cette église, l’une des plus grandes du XIème siècle subsistant en France, est consacrée vers 1052.   
Le grand clocher est accolé au mur Nord de l'abbatiale au milieu du XIIème siècle, il fait partie des plus hauts clochers de style roman en France. Il est composé d'une tour carrée surmontée d'une flèche octogonale en pierre et possède quatre lucarnes entourées par quatre clochetons dans les angles et trois cloches de volée. Le clocher est classé en 1852 sous le nom Tour Foulques Nerra.
Les deux poutres situées dans la flèche sont issues de deux arbres abattus entre les années 1160 et 1163.
L’église est partiellement détruite au cours de la Guerre de Cent Ans et reconstruite en partie sous l'abbatiat de Guillaume III Moreau de Beauregard (1442/1458) puis de l'abbé Hugues III de Fumée (1485/1494) et de son neveu et successeur Hardouin de Fumée (1494/1521). Seules quatre travées de la nef sont reconstruites.
La tour-lanterne barlongue de la croisée du transept renversée par un ouragan en 1451 est reconstruite à partir de 1452, aux frais de Jean de Cignory, curé de Saint-André de Beaulieu.
Autrefois, on accède au clocher en pierre par une porte unique située au-dessus de la deuxième rangée d’ouvertures. Un escalier en bois, abrité par un toit dont on peut voir encore l’emplacement triangulaire dans le mur, y monte. Le chœur possède la caractéristique d’une superposition de deux bâtiments d’époque différente, du chevet il est possible de déambuler entre les murs de l’église romane et de l’église gothique. Des stalles, utilisées par les moines lors des offices, sont garnies de miséricordes sculptées de motifs variés. Sur l’un des piliers du chœur, la chaire du prieur, de style baroque, est en bois polychrome. Plusieurs verrières éclairent le chœur et sur le vitrail central, Foulques III dit Nerra est représenté. Les différents abbés inscrivent leurs passages sur les clés de voûtes en y apposant leurs blasons. La pièce donnant accès à la sacristie possède une voute formée d’arcs croisés en forme de diamant taillé.
L'église devient paroissiale sous la dédicace à Saint-Pierre/Saint-Paul.
La façade actuelle est construite entre 1902 et 1906.
Des bâtiments conventuels, il reste aujourd’hui le bâtiment occupé par la mairie dont la première pierre est posée le 3 février 1700, et des arcades du cloître dans les jardins entourant l'abbaye.
En 1743, le clocher du Saint-Sépulcre qui menace ruine est abattu.
Le calcaire utilisé est transformé par le temps et est devenu rose par endroits. Les ouvertures sur le mur latéral de la nef sont d’origine.
L’église abbatiale est classée aux Monuments Historiques en 1862.
La galerie est restaurée après son classement aux Monuments Historiques en 1959 et le clocher est restauré en 2016.

Le logis prieural est édifié à proximité mais hors du mur de clôture du couvent. Le corps de logis appartient aux Bénédictins. Il fait aujourd’hui face à la Place de la Mairie.
L’essentiel des murs date du XIVème siècle, mais s’appuient sur des soubassements plus anciens.
Vendu comme Bien National à la Révolution Française, il est acheté par une famille de tanneurs.
Dans un angle rentrant, la trompe de Montpellier avec son encorbellement orne la façade.
Ce bâtiment est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

L’église Saint Pierre est construite au XIIIème siècle sur un édifice plus ancien. L’amorce d’un escalier, conduisant autrefois à l’ancien clocher, semble dater du XIème siècle.
En 1850, lors de la démolition de la façade, certaines parties de l’édifice sont conservées comme l’ancien chevet inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1949.

L’église Saint-Laurent est de style roman Plantagenêt des XIIème et XIIIème siècles.
L’ancienne église paroissiale, édifiée à quelques mètres de l’église abbatiale, est composée de deux bâtiments accolés, de plan rectangulaire. Son clocher carré est percé sur chaque face, d’une double baie en plein cintre, moulurée de tores tombant sur des colonnettes.
La nef se divise en deux travées, couverte de voûtes de style angevin Plantagenêt qui donne un aspect peu conventionnel. Les clés de voûtes sont ornées de médaillons sculptés.
Le chœur comprend également deux travées voûtées sur croisées d’ogive. Deux chapelles sont ajoutées au XVIème siècle par la famille Sauvage (armoiries à la clé de voûte de la chapelle).
Aujourd’hui, elle n'est plus utilisée pour le culte, mais pour des manifestations culturelles.

L’église Saint-André, de style roman, situé au Nord-Est de l'abbatiale, est construite au XIème siècle. Il ne reste aujourd’hui que des vestiges de ce monument.

Le Relai de Poste, situé hors du mur d’enceinte, dans la rue Basse, prolongement de la route baptisée autrefois le Grand Chemin, empruntée au temps où les diligences qui, partant de Paris, se dirigent vers l’Espagne.
Ce bâtiment, dit la Vieille Poste, s’ouvre par un porche d’entrée et possède deux logis inégaux dont les façades de tuffeau en petit appareil se terminent en pignons pentus. Les fenêtres du rez-de-chaussée ont gardé les décors du XVème siècle malgré les remaniements.
Cette maison est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

L’Hôtel Suzor, vaste bâtiment rectangulaire couvert de tuiles à double pente construit au XVIIème siècle, est composée d’un vaste ensemble ouvert par deux côtés, l’un par la porte charretière, l’autre par la cour d’honneur au Sud.
La Famille Suzor, fabricant de draps, marchand de bois et entrepreneur, est propriétaire de nombreux domaines acquis au cours des ventes des Biens Nationaux à la Révolution Française. Jean Suzor (1744/1807) épouse en l’église Saint Pierre, Anne Véronique Boistard.

La maison dite d’Agnès Sorel (1422/1450), favorite du roi Charles VII, est construite au milieu du XVème siècle, dans une petite ruelle.
L’arc brisé, encore visible surmonte une porte charretière. Le blason des propriétaires est apposé sur la façade et soutenu par deux animaux héraldiques.

La maison des Templiers est en partie détruite. Sur un des murs latéraux, un porche sculpté est situé au centre du bâtiment. Un passage étroit mène à une cour intérieure. De larges contreforts soutiennent les murs de la maison. Un escalier monte à l’étage, à une grande salle éclairée par trois fenêtres romanes qui sert aujourd’hui de salle d’expositions, de conférences ou de concerts.
Malgré son nom, il semble qu’aucun Templier n’ait jamais vécu dans cette maison.

La maison du Pilori, maison d’angle construite au XIIème siècle et transformée aux XVème et XVIème siècles.
Les murs de l’étage sont percés de fenêtre à meneaux. Le portail à fronton courbe est refait au temps du Roi Louis XIV (1638/1715). Un anneau de fer est suspendu à une sorte de potence métallique. Selon la tradition, les cadavres des individus coupables et pendus par le bourreau, y sont exposés.
Cette croyance conduit à inscrire le bâtiment à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1949.

La Maladrerie, bâtiment rectangulaire dépouillé et austère du XIIème siècle, est encore visible hors les murs de la ville.
Dès le règne de Louis IX dit Saint-Louis, l’épidémie est enrayée et la léproserie devient la maladrerie de La Madeleine dont il ne reste aujourd’hui que la chapelle.
Ce bâtiment est inscrit à l’Inventaire des Monuments historiques en 1949.

La chapelle de La Madeleine, chapelle de la maladrerie, date du XIIIème siècle. On y pénètre par une porte en plein cintre, aujourd’hui murée. La nef est voûtée par un berceau en arc brisé et en grande partie détruit. L’abside à trois pans est surélevée et épaulée par des contreforts au XVème siècle. Elle est éclairée par trois fenêtres en plein cintre. La chapelle est voûtée sur un doubleau et deux branches d’ogives, cette voûte a presque totalement disparu. Elle est achetée en 2013 et en cours de restauration.

La maison du Bourreau, située près de la chapelle, au lieu-dit La Butte.
Aujourd’hui, on y voit les ruines d’une ferme adossée à un énorme rocher creusé pour former une grange.

Les remparts sont encore visibles mais les portes disparaissent à la fin du XVIIIème siècle car elles gênent le transport du bois.

La tour Chevaleau est construite hors les remparts de la ville au XIIIème siècle sur un étroit promontoire rocheux, est la résidence seigneuriale.
La tour, seul bâtiment conservé, est associée à une basse cour située au Nord et en contrebas.
Le premier niveau de l’édifice, surmonté d’une voûte sur croisée d’ogives, est une vaste salle d’apparat où sont encore visibles des traces de peintures murales.
Un escalier, ménagé dans l’épaisseur du mur Nord, mène à la pièce unique de l’étage, les appartements privés. Ils sont éclairés par deux baies géminées, possèdent une cheminée ainsi que des latrines contenues dans une tourelle située à l’angle Sud-Est de la tour.
Dès la Guerre de Cent Ans, l’édifice est délabré. Il est transformé en bâtiment agricole.
Vers 1860, la tour est tronquée, le sommet de la partie Nord s’effondre.
La tour est inscrite en 1926 à l’inventaire des Monuments Historiques.
Récemment, la toiture à quatre pans est restaurée dans son état d’origine par son nouveau propriétaire, ébéniste spécialisé dans la fabrication de mobilier médiéval haute époque qui utilise le chêne de Bourgogne et le noyer de France, et fabrique lui-même les vitrages et une partie des ferrures.

Le couvent des Viantaises est fondé en 1643, par Catherine Angélique et Renée Thérèse de Boursault, filles de Charles de Boursault, marquis de Viantais, seigneur de Bridoré depuis 1641. Le fils de ce dernier Charles Pierre (1624/1704), maréchal de camp, hérite du domaine de Bridoré. Sa propre fille, Anne Louise, cède le domaine en 1717 aux religieuses viantaises de Beaulieu, fondées par les sœurs de Pierre.
Les nonnes qui y vivent sont les chanoinesses régulières de l'Ordre de Saint-Augustin, issues des plus grandes familles de la région. Isolé du monde par un mur de 5m de haut, toujours visible, le couvent est situé dans une zone marécageuse, néfaste à la santé des religieuses.
Le couvent est vendu comme Bien National à la Révolution Française.
Il est classé aux Monuments Historiques en 1911.

Le moulin de l’Aumônier, ancienne maison de maître de 1850 et son moulin du XVIIème siècle au bord du canal de l’Indre et dans un parc arboré, est aujourd’hui un gîte de charme.

 Personnages liés à la commune

Jean Mandé Sigogne (1763/1844), prêtre catholique canadien connu pour ses activités missionnaires auprès des Acadiens de la Nouvelle-Écosse, est né à Beaulieu.Plaque andre montoux eglise saint laurent
Il quitte son pays suite à la tourmente révolutionnaire et parvient en Angleterre avant d'émigrer vers les colonies britanniques du Canada. Esprit gallican, il faisait preuve d'une ferveur remarquable. Il est reconnu après sa mort pour avoir redonné vie à la communauté catholique néo-écossais.

André Montoux (1912/1991), instituteur de la commune, historien de Beaulieu-lès-Loches et de la Touraine (ci-contre plaque commémorative sur église Saint-Laurent).

 Hameaux, lieux dits et écarts

Le Pressoir, Guigné, Basile, Les Crêmes…

 Evolution de la population

Beaulieu les loches 37 demo

 Mon ancêtre lié à Beaulieu ...

Beaulieu les loches 37 ancetres

 Carte Cassini

Beaulieu les loches 37 cassini

 


 

Sources
Sites et photo : Wikipedia
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Date de dernière mise à jour : 15/12/2019