Inor

Inor adm

Inor, c'est un village neuf, et pourtant, chargée d'histoire. Pourtant, il ne reste rien, ou peu de choses, pour se souvenir de ce passé glorieux.
De la côte à 326m de hauteur, un des plus beaux paysages du canton se déroule avec une vue sur toute la vallée de la Meuse vers le Sud, vers l’Argonne et les Côtes de Meuse et  les Ardennes.
Les ponts enjambent la prairie et facilitent l’écoulement des crues.
Le Ruisseau du Fond de Noue traverse également la commune.

Drapeau francais fond blancHistoire

Autres noms : Inortum en 1157 ; Inorum en 1253 ; Ynor en 1564 ; Inort en 1591 ; Ino en 1648 ; Inoi  en 1756 ; Inor en 1793.
Inor était autrefois rattaché au diocèse de Trèves (archid. de Longuyon, doy. d'Yvois).

Louis xivEn 1657, à la fin du Siège de Montmédy, alors que le roi Louis XIV (portrait ci-contre) quitte Stenay pour Sedan, ses carrosses sont attaqués par 25 à 30 soldats dits espagnols, venant du château d'Herbeumont  en Belgique. Cette attaque se déroule au lieu-dit Trou des Souris, non loin de la ferme de Soiry, hameau d'Inor. Le roi est miraculeusement épargné ; les soldats ennemis sont graciés, mais le château d'Herbeumont est rasé par les Français.
En 1914, les troupes allemandes installent un Lazaret (hôpital) dans le château, il permet de soigner les soldats allemands blessés ou malades. Situé à l'arrière-front allemand, ce Lazaret a été opérationnel à partir du 15 octobre 1914 et a accueilli plus de 1700 individus.
En 1940, les destructions sont très importantes : le château d'Imécourt et presque tout le village, situés derrière la ligne Maginot sont rasés.Le village est reconstruit après la guerre.

L'occupation allemande en août 1914

Charles Collignon, témoin des premiers temps de l’occupation allemande à Inor, publie en 1964 « Inor, mon village ». Voici comment il la décrit : « Le lundi 24 août 1914 vers 15h, on voit descendre par le chemin de Montmédy des équipages de pont du génie. Ils traversent Inor se dirigeant sur Beaumont… puis ce sont des fourgons d’artillerie puis des canons qui eux se dirigent sur Stenay, Casque a pointepuis des soldats isolés, de tous les régiments sans armes, débraillés, ce sont les fuyards, puis voici des civils, des femmes, des enfants, des vieillards, puis les Croix Rouge… beaucoup de personnes partent cette nuit là et le lendemain… un silence de mort règne partout. Le mercredi 26, vers 4h du matin, une formidable détonation réveille les habitants puis une seconde, la passerelle et le pont qui viennent de sauter. À 5h, les derniers hésitants partent vers Martincourt. Il n’y avait plus que 80 personnes dans le village, presque tous des vieillards ou des infirmes… Vers 7h, deux cavaliers débouchent par le chemin de Malandry. Ce sont deux uhlans, d’autres arrivent au compte-gouttes, puis l’infanterie. La colonne se met en marche vers Moulins. Quand la tête de la colonne dépasse le mur des basses vignes, la fusillade éclate. Les Français sont dans les champs de la ferme de Prouilly dans une tranchée, mais ils sont peu nombreux… La bataille continue… Les habitants sont dans leur cave à l’exception de quelques ivrognes qui, ayant dévalisé les caves du Familistère, cuvent leur vin dans les greniers… La nuit venue, une bande de pillards s’abat sur le village alors que Luzy flambait. Le lendemain la fusillade recommence derrière Luzy et Cesse et le soir encore le pillage. La peur règne. »

Mai 1940, dans le bois d'Inor

Dans la nuit du 14 au 15 mai 1940, les troupes de forteresse, dont le 136e RIF, qui étaient position dans leurs casemates le long de la Chiers, reçoivent un ordre de repli immédiat et doivent aller prendre position dans les Bois d'Inor. Là le 2e Bataillon du 136e RIF retrouve notamment les 2e et 3e Bataillons du 14e RTA et des éléments du 12e Zouaves. 
Les combats à partir du 15 mai sont féroces, mais les bois, ceux d'Inor, de la Hache ou de Soiry, sont tenus jusqu'à la relève de ces unités le 21 mai par la Légion qui poursuit le combat.
Le 22 mai, le 11e Régiment Etranger est en position à la lisière des bois d'Inor et de Neudant. Le 1er bataillon est en position à droite, le 2e à gauche. Les effectifs réduits ne permettent pas d'établir une ligne continue. On constitue une série de points d'appui, mais le terrain de bois et de broussailles ne permet pas une liaison à vue. Il existe quelquefois des intervalles de plus de 200m entre chaque poste. On ne peut faire mieux faute d'homme et de matériel.
Le 27 mai, à 3h du matin, l'ennemi attaque. Deux divisions allemandes se ruent sur le secteur tenu par le 11e Etranger. Les points d'appui de la 5e Compagnie sont bousculés, mais le reste du régiment tient. Cependant l'infiltration ennemie s'accentue dans le secteur de la 5e Compagnie. L'ennemi progresse encore et met en danger la liaison entre les deux bataillons. Il est 5h du matin.
Soldat allemand en 40Le Capitaine de Closmadeue, averti, groupe au poste de commandement de son bataillon une trentaine de légionnaires et se lance à la contre-attaque. A 5h15 il prend contact. Son groupe est arrêté par une mitrailleuse ennemie. Le Capitaine est tué net. Son petit groupe se replie.
Prévenu de la mort de son chef, le Capitaine Brochet, adjoint au chef de bataillon rassemble à son tour une quinzaine d'hommes et se lance à travers le bois. Il arrive à l'emplacement où son chef a été tué, descend au fusil les servants de la mitrailleuse, les tirailleurs ennemis refluent vers le Nord en retraite. Rassemblant ses légionnaires et ceux du Capitaine de Closmadeue, le Capitaine Brochet pousse en avant. Il espère rejoindre et dégager la section Bertot, complètement encerclée, qui se défend en avant de lui et dont on entend les coups de feu. Arrêté par le manque de munitions, le Capitaine Brochet organise sa section défensivement et part en arrière chercher du renfort.
Au poste de commandement du 1er Bataillon, on est également averti du danger. Le Lieutenant Sautour avec deux sections est chargé de nettoyer le bois et de rétablir la situation. Pendant ce temps les vagues d'assaut allemandes qui se ruent sur les positions du régiment sont arrêtées partout par un feu d'enfer.
Mais dans la brèche ouverte sur la 5e Compagnie, la section installée par le Capitaine Brochet ne tient pas. De nouveau l'ennemi s'engouffre dans le bois. Il tombe sur les deux sections du Lieutenant Sautour qui, livre quatre engagements successifs, mettant chaque fois l'ennemi en fuite et lui prenant des prisonniers. De son côté le Capitaine Brochet rassemble ses hommes. Il rejoint le Lieutenant Sautour. Toutes forces réunies, on organise la contre-attaque.
A 9h elle progresse. A 10h les sections du Lieutenant Sautour sont en lisière du bois, le trou est bouché, l'ennemi arrêté. Pendant toute la journée les deux sections réduites à une quinzaine d'hommes tiennent l'ennemi en échec. Le Lieutenant Sautour est blessé.
Le Capitaine Brochet réussit à lancer une autre contre-attaque grâce à l'arrivée d'éléments ralliés de la 5e Compagnie et au renfort apporté par une compagnie du 3e Bataillon. Il est grièvement blessé en arrivant sur l'objectif final.
La section Bertot, complètement encerclée pendant plus de 8h, résiste dans son point d'appui jusqu'à ce que la contre-attaque réussisse à la délivrer. Elle a subi de nombreuses pertes.
Au soir l'ennemi est arrêté sur tout le front du 11e Régiment Etranger. Les légionnaires, se battant un contre six, sous un déluge d'artillerie et de bombes, ont rempli la mission qui leur a été confiée.

Seigneurs et gens de noblesse

La famille de Pouilly produit les seigneurs d’Inor avant la famille de Vassinhac d’Imécourt par le mariage de Louise Claude de Pouilly, dame d’Inor, avec Gédéon de Vassinhac d’Imécourt en 1653 (voir page Martincourt).

Patrimoine

L’église Saint-Pierre est consacrée le 9 septembre 1722, jour anniversaire de louis XV. Très touchée par les combats de 1940, elle est restaurée en 1954. Derrière sa façade austère ou figure un cartouche de 1719, elle conserve un autel et un retable anciens, peut-être sculptés en 1765 par le sculpteur Bandeville de Stenay né à Inor.
La chapelle funéraire de la famille de Vassinhac d’Imécourt, édifiée à droite du chœur en 1818, sert aujourd'hui de fonts baptismaux.
Une statue de la Vierge participait jadis aux trois processions du 15 août, de la Saint-Martin et de la Saint-Vincent.

Le château d’Inor, à l’origine un château médiéval remplacé en 1688 par un nouveau château, plus résidentiel, par Gédéon II de Vassinhac d'Imécourt (voir page sur Martincourt). Le château constitue un ensemble très important, comme nous le montrent encore quelques vieilles cartes postales. Ses bâtiments en U sont disposés autour d'une cour centrale orientée à l'Ouest, vers la Meuse. Il occupe en permanence 17 ménages.
Il est détruit en mai 1940, comme tout le village et ne fut jamais reconstruit.

Le cimetière n’a guère d’intérêt mais il offre une jolie vue sur la campagne et les collines ardennaises toutes proches. Il est situé face aux bois d’Inor, devenus tristement célèbres en mai et juin 1940, quand les troupes françaises résistent avec héroïsme à l’invasion de l’armée allemande.

Les stèles commémoratives devant le cimetière et le bois où ont eu lieu les combats de 1940.

Le moulin, présent dans presque toutes les communes de Meuse jusqu'à la fin du XIXème siècle, fait partie des activités passées.

La vigne. Inor fut surtout reconnu pour son vin. La vigne couvrait 78ha vers 1830. Pourtant, nous ne sommes pas sur les Côtes de Meuse mais sur la rive droite très escarpée de la Meuse, bien exposée au Sud. Le cépage traditionnel, le petit Pinot Noir,  produisait les vins les plus fins et les plus corsés de la basse Meuse. Il fut remplacé presque entièrement après 1850 par Meunier et Gamet, plus courants. La crise du phylloxera et la Première Guerre Mondiale entraînent la disparition presque totale du vignoble.

La source du Trou du loup, située sur le territoire de la commune voisine de Martincourt, alimentait autrefois le moulin-banal à grains d'Inor jusqu'à la Révolution.

Hameaux, lieux dits et écarts

Soiry , accueille aujourd'hui une ferme-auberge au milieu du bois du même nom. 

Evolution de la population

Inor demo

Nos ancêtres à Inor…

Naissances/baptêmes :
FALALA Marie Henriette (sosa 351G9) le 20 janvier 1746.
PONSIN Jean (sosa 5630G13) vers 1629.

Union :
DEBOUT Ponce (sosa 350G9) avec FALALA Marie Henriette (sosa 351G9) le 2 mars 1767.

Décès/inhumations :
MARTINCOURT Elisabeth (sosa 703G10) épouse de FALALA Nicolas (sosa 702G10) le 23 novembre 1747, suite à la naissance le 19 de son 9ème enfant, Jean, qui décède le 21 novembre 1747.
PONSIN Jehan (sosa 11260G14) le nom de son épouse n’est pas connu, le 26 décembre 1673.
THIERY Françoise (sosa 1405G11) veuve de FALALA Lambert (sosa 1404G11) le 23 mars 1748.
FALALA Lambert (sosa 1404G11) époux de THIERY Françoise (sosa 1405G11) 23 janvier1743.

Domicile :
FALALA Nicolas (sosa 702G10) et sa 1ère épouse MARTINCOURT Elisabeth (sosa 703G10) entre  1735 et 1747 car leurs 9 enfants y naissent.

 


 

 

Sources
Sites et photos
 :
Wikipedia, Communauté de Communes, Qui repose à Inor ?, Inor 1914, Inor en 1940

 

 

Date de dernière mise à jour : 29/11/2015