Laneuville-sur-Meuse

Laneuville adm

Laneuville est un village-rue typique situés le long de deux artères se coupant perpendiculairement, dont l’importante route Reims/Stenay/Luxembourg.
Sa partie habitée est située dans la plaine alluviale, rive gauche, du fleuve Meuse dont le lit mineur ne traverse pas le territoire de la commune. La partie basse du village subit assez fréquemment des débordements lors des crues du fleuve. Le village est coupé en deux parties par la Lieuse, le ruisseau qui le traverse avant de se jeter dans la Wiseppe sur le territoire de la commune. Cette rivière que l’on franchit au lieu-dit le Pont Rouge, sert de limite avec le village de Beauclair. Elle arrose le village de Wiseppe et revient sur Laneuville avant de se jeter dans la Meuse à Stenay. La limite avec le département des Ardennes est matérialisée par la petite rivière de la Wame que l’on traverse au lieu-dit le Pont Gaudron.
Le centre du village est organisé autour de la place : église, mairie, bureau de poste, école et lavoir.
Plusieurs habitations conservent encore les vitrines d'anciens magasins, fermés plus ou moins récemment, le dernier étant la boulangerie-épicerie en 2007.
Le château est situé en contrebas du village.
La partie haute de la commune est en grande partie boisée par les forêts de Dieulet et de Jaulnay.
La commune est classée Natura 2000.

Drapeau francais fond blancHistoire

Ancien faubourg de Stenay au-delà de la Meuse, la Ville neuve devant Stenay  voit le jour en 1244.
En 1797, la famille de Lapisse de la Mothe acquière le château de Laneuville à l'occasion d'un mariage. Ils font souche dans la région par des alliances notamment avec les comtes d'Herbemont de Mouzay.
Le village a subi des destructions au cours de la Première Guerre Mondiale, puis a vécu les combats de 1940. Malgré ces destructions, Laneuville conserve un patrimoine architectural intéressant.

La 1ère Division d'Infanterie Coloniale

Initialement implantée à Bordeaux, elle est envoyée sur le front lorrain de décembre 1939 à mars 1940, pour ensuite être mise en réserve en Argonne. Au mois d'avril, les Sénégalais, qui passent le rigoureux hiver dans le Sud, réintègrent la division.
DicSuite au franchissement de la Meuse à Sedan, le 13 mai, la 1ère DIC est appelée en toute hâte. Le 14 et le 15, elle contre-attaque au Nord de Beaumont, afin de repousser les Allemands à la Meuse. Le repli de la Chiers à Inor entraîne, le 16 mai, un retrait d’Inor/Forêt de Jaulnay/Beaumont. Le 17 mai, avec l'appui de chars du 3ème Bataillon de Chars de Combat, l'avance ennemie, bien que soutenue par l'artillerie et les Stuka, est stoppée. Le 18 mai, une contre-attaque est lancée sur Beaumont par le 12ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais, le 3ème Régiment d'Infanterie Colonial et une compagnie de chars. De violents combats ont lieu autour du village, en particulier aux fermes de Pont Gaudron et des Tuileries. Les Tirailleurs sont accueillis par des feux nourris d'armes automatiques parfois appuyés par des raids de Stuka. Malgré le courage des assaillants, cette puissance de feu inflige de si lourdes pertes que l'ordre de repli sur la ligne de départ est donné. Le 19 mai, l'infanterie allemande, soutenue par l'aviation et des chars, réussit à s'infiltrer en plusieurs points dans la position française. Mais les Sénégalais engagent de violents corps à corps ; ils combattent en poussant des cris terrifiants, armés de leur coupe-coupe et de grenades. De nombreux assaillants se rendent. Du 15 au 19 mai, les tentatives de percée allemande échouent. Les 23 et 24 mai, une nouvelle offensive allemande a lieu dans tout le secteur. La 1ère DIC soutient le 5ème Régiment Mixte d'Infanterie Coloniale mis en difficulté. Jusqu'au 8 juin, les positions sont stabilisées, chacun organisant ses positions ; des coups de main ont lieu régulièrement. L'aviation reste active. La division qui a perdu plus de 1500 hommes, reçoit des renforts, officiers et sous-officiers avec 1500 soldats, dont la moitié de Sénégalais (du 44ème Régiment d'Infanterie Coloniale Mixte Sénégalais). Le 9 juin, dès 5h du matin, les Allemands déclenchent un pilonnage progressif sur nos lignes, entraînant des pertes sérieuses. Des obus fumigènes dissimulent la progression de l'infanterie allemande vers la Wame et la Fontaine aux Frênes. Les Tirailleurs résistent, occasionnant de lourdes pertes à l'ennemi. Cependant, en fin de journée, le 3ème Régiment d'Infanterie Coloniale est enfoncé. Des renforts permettent de rétablir la situation, d'encercler et d'anéantir divers groupes trop avancés. La situation est rétablie en soirée, de nombreux prisonniers ont été faits. L'ordre de repli arrive à 22h le 11 juin afin d'échapper à l'encerclement, des divisions blindées allemandes ont percé l'Aisne, près de Rethel.
La 1ère DIC couvre la retraite jusqu'au 23 juin puis est  dissoute après 40 jours de combat.
Un monument est inauguré le 12 juin 1966 à Pont Gaudron par M. Messmer, ministre des Armées, lieutenant au 12ème RTS en mai 1940 (voir dans le diaporama photo).

Seigneurs et gens de noblesse

La famille de Lapisse de la Mothe

Mathieu de Lapisse de la Mothe, est mentionné comme garde du corps de Louis XVI.
Anne Pierre Nicolas de Lapisse de la Mothe 1773/1850, maréchal de camp, officier général du Génie, Commandeur de la Légion d’Honneur, époux de Marguerite Joséphine de Failly, décède au château de Laneuville.
Charles Antoine de Lapisse de la Mothe 1817/1892, fils du précédent, percepteur et receveur des Contributions directes, époux d’Albertine de Bruneteau de Sainte Suzanne et de Louise de la Chapelle de Croizel, décède également à Laneuville.
Charles Alexandre de Lapisse de la Mothe 1809/1881, frère du précédent, colonel du Génie, commandeur de la Légion d’Honneur, époux de Jenny Missa, décède au château de Cervisy (hameau de Stenay).

Chronique communale

Activités industrielles

Une brasserie existe au XVIIIème siècle ; il en subsiste la malterie, aujourd’hui transformée en appartements. L’activité de brassage cesse en 1851 ou 1852 et les bâtiments disparaissent.  La maison du brasseur, construite vers 1830, sert aujourd’hui de mairie.
Une fabrique de savon existe également avant 1914.
Depuis plus d’un siècle, l’activité se porte vers Stenay, avec la proximité de la gare et de la Papeterie.

Patrimoine

L’église Saint-Nicolas, construite en 1697 est bénie en 1704. Elle a été endommagée lors de la Première Guerre de 1914-1918 puis restaurée. La nef est de 1779 et l’autel majeur de 1735. Elle contient un tableau du XVIIIème siècle, l'Annonciation, classé aux Monuments Historiques en 1994 et du mobilier ancien des XVIIème et XVIIIème siècles d’une variété et d’une qualité exceptionnelles.
Elle est inscrite aux Monuments Historiques en 1981.

Le château est reconstruit au XVIIIème siècle sur l’emplacement d’un château plus ancien. Les communs portent la date de 1730. Il est propriété de la famille de Lapisse de Lamothe, installée depuis la fin du XVIIIème siècle. Modifié au XIXème siècle, il conserve son mur d’enceinte encadré par deux tours servant de colombiers et bordé par des vestiges de fossés alimentés par la rivière. C’est un bâtiment trapu, surmonté d’une haute toiture à lucarnes, à la façade percée de trois rangées de fenêtres et dont la porte d’entrée est surmontée d’un fronton triangulaire. Les dépendances, plus basses, sont disposées de chaque côté de la cour, un colombier et un parc l’agrémentent.

Le colombier est probablement un ancien élément défensif du château, une tour d’enceinte sert de colombier. Jadis le droit d’élever des pigeons était réservé aux maisons nobles).

La maison des sires de Boulain, près de l’église, reste méconnue.

De nombreuses maisons et fermes, aujourd’hui restaurées, sont datées des XVIIème, XVIIIème et XIXème siècles.

La mairie est une ancienne maison de brasseurs construite vers 1830. Des bâtiments industriels existent toujours à l'arrière (malterie transformée en habitations). L'activité de brassage s'est terminée dans la première moitié du XXème siècle.

L’ancien four à pain, près du château, a été reconstruit et une fête du pain est organisée tous les ans autour.

Le lavoir à impluvium près de l’église.

Un petit oratoire, à la sortie du village vers Beaumont, a été construit après la deuxième Guerre Mondiale avec des pierres provenant de l’ancienne chapelle Saint-Dagobert de Stenay. Cette chapelle ayant elle-même été édifiée à l’emplacement d’un cimetière gallo-romain, plusieurs pierres de Laneuville portent des inscriptions latines du IIIème siècle.

Un monument, érigé en 1966, sous la forme d’une baïonnette géante émergeant du sol, commémore les combats de mai et juin 1940 qui se sont déroulés sur la rive gauche de la Meuse. Il est dédié aux morts de la 1ère Division d’Infanterie Coloniale et aux régiments qui ont combattu jusqu’au 10 juin. Il est situé à la limite des départements de la Meuse et des Ardennes au lieu dit Pont Gaudron.

La forêt de Dieulet, très grand massif forestier qui a valu de nombreux procès entre les communes de Laneuville, Cesse, Beaufort et Stenay à cause de l’usage commun. Ces communes en sont propriétaires depuis le XIXème siècle. Le Dieulet constitue une extraordinaire réserve d’eau douce, avec de nombreuses sources, le ruisseau du Juvenu et surtout la Lieuse, qui se jette dans la Meuse.
 

Hameaux, lieux dits et écarts

Des fermes isolées : la Fontaine aux Frênes et le Pont Gaudron.
Le Faubourg situé sur la rive droite.

Evolution de la population

Laneuville demo

Nos ancêtres de Laneuville-sur-Meuse…

Naissances/baptêmes :
FRANCOIS Jean (sosa 2798G12) avant 1663.
FRANCOIS Marguerite (sosa 1399G11) vers 1680.
GEORGE Anne (sosa 2799G13) vers 1663.
GRAMMONT Jean (sosa 1384G11) vers 1665.
GRAMMONT Jean Claude (sosa 2768G12) vers 1630.
JACQUEMIN François (sosa 698G10) vers 1695.
JACQUEMIN Marguerite (sosa 349G9) vers 1732.
LAMBERT Elisabeth (sosa 1385G11) vers 1664.
RAVIGNAUX Françoise (sosa 699G10) le 2 mars 1706.
RAVIGNAUX Nicolas (sosa 2796G12) vers 1633.

Unions :
FALALA Nicolas (sosa 702G10) 1er mariage le 11 janvier 1735 avec MARTINCOURT Elisabeth (sosa 703G10).
GRAMMONT Jean (sosa 1384G11) le 7 janvier 1692 avec LAMBERT Elisabeth (sosa 1385G11).
JACQUEMIN François (sosa 1396G11) le 15 février 1689 avec LAMBERT Marie (sosa 1397G11).
JACQUEMIN François (sosa 698G10) 1er mariage le 17 janvier 1730 avec RAVIGNAUX Françoise (sosa 699G10).
JACQUEMIN François (sosa 698G10) 2ème mariage le 12 septembre 1745 avec DUPUIS Anne (hs).
RAVIGNAUX Thomas (sosa 1398G11) 1er mariage le 6 février 1703 avec FRANCOIS Marguerite (sosa 1399G11).

Décès/inhumations :
COLLET Sandrine (sosa 2797G12) épouse de RAVIGNAUX Nicolas (sosa 2796G12) le 8 septembre 1699.
FRANCOIS Marguerite (sosa 1399G11) épouse de RAVIGNAUX Thomas (sosa 1398G11) le 13 janvier 1738.
GRAMMONT Jean (sosa 1384G11) veuf de LAMBERT Elisabeth (sosa 1385G11) le 17 avril 1755.
GRAMMONT Jean Claude (sosa 2768G12) veuf de RAVIGNAUX Françoise (sosa 2769G12) le 19 juin 1705.
JACOB Anne (sosa 1407G11) veuve de MARTINCOURT Jean (sosa 1406G11) épouse de ROUSSEL Balthazard (hs) le 2 juillet 1734.
JACQUEMIN François (sosa 1396G11) époux de LAMBERT Marie (sosa 1397G11) le 29 mars 1706.
JACQUEMIN François (sosa 698G10) veuf de RAVIGNAUX Françoise (sosa 699G10) époux de DUPUIS Anne (hs), le 24 février 1769.
LAMBERT Elisabeth (sosa 1385G11) épouse de GRAMMONT Jean (sosa 1384G11) le 2 janvier 1739.
LAMBERT Marie (sosa 1397G11) veuve de JACQUEMIN François (sosa 1396G11) épouse de LEFEBVRE Louis (hs) le 3 mars 1733.
MARTINCOURT Jean (sosa 1406G11) époux de JACOB Anne (sosa 1407G11) le 16 novembre 1722. Il était laboureur.
RAVIGNAUX Françoise (sosa 2769G12) épouse de GRAMMONT Jean Claude (sosa 2768G12) le 24 février 1694.
RAVIGNAUX Françoise (sosa 699G10) épouse de JACQUEMIN François (sosa 698G10) le 6 janvier 1744.
RAVIGNAUX Nicolas (sosa 2796G12) veuf de COLLET Sandrine (sosa 2797G12) le 9 octobre 1723.
RAVIGNAUX Thomas (sosa 1398G11) veuf de FRANCOIS Marguerite (sosa 1399G11) époux de GUYOT Françoise (hs), le 5 novembre 1760.

 


 


Sources
Sites et photos :
Wikipedia, Communauté de Communes du Pays de Stenay, Patrimoine du Nord-meusien, La 1ère DIC.
Livre/revue : "Les gardes du corps de Louis XVI, étude institutionnelle, sociale et politique" par Gilbert Bodinier, 2005.

 

 

Date de dernière mise à jour : 13/12/2015