Héricourt-en-Caux

Hericourt en caux seine maritime adm

A mi-chemin entre Yvetot et Cany-Barville, niché aux sources de la Durdent entre bois et moulins, le village est dominé par l'imposante église Saint Denis.
La Durdent a toujours été une source d’activités, contribuant à l’essor du bourg dans la Vallée. Longtemps, le petit fleuve a été utilisé et aménagé pour alimenter cressonnières, piscicultures, moulins.
Au début du XXème siècle, le commerce y est déjà florissant : épicerie, modiste, cordonnier, forgeron, photographe, coiffeur, tabac, quincaillerie, mercerie, café, hôtel... Ils sont près d’une trentaine sur la place.

Blason ville fr hericourt en caux seine maritime svgHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
D'azur au pal diminué ondé d'argent, chargé de trois grenades de sinople ouvertes de gueules, accosté de quatre crosserons [têtes de crosse] d'argent, l'un au-dessus de l'autre, ceux de senestre contournés (validées en 2013).

Drapeau francais fond blancHistoire

Héricourt, du latin cohors qui s'est transformé en ancien français en court (domaine rural) et qui est précédé du nom d'un individu germanique Hérulfus.

A l’époque Gallo-Romaine, c’est un site important, installé au carrefour de grandes routes, probablement le Gravinum mentionné au IIIème siècle.

Au cours de la Révolution française, la commune, alors nommée Saint-Denis-d'Héricourt, porte provisoirement le nom d’Héricourt-en-Caux et reprend ensuite son nom initial.
En 1857, la commune absorbe une partie du territoire communal de celle voisine de Saint-Riquier-d'Héricourt, sur la rive gauche de la Durdent, avec Hautot-Saint-Sulpice et adopte le nom d’Héricourt-en-Caux.
Un vaste marais s’étend alors de la colline du Boscol jusqu’à Gréaume. La création des premiers ponts en 1857 bouleverse la vie des deux paroisses qui coexistent sur chaque rive de la Durdent...
En 1973, la commune absorbe celle voisine de Rocquefort et change de nom pour devenir Rocquefort-sur-Héricourt ; en 1976, cette absorption est annulée et la commune reprend son nom d’Héricourt-en-Caux.

Seigneurs et gens de noblesse

Pierre de Normanville, chevalier seigneur du Boscaule, chevalier de l'Ordre du Roi (ordre de Saint Michel), gentilhomme ordinaire de sa Chambre, fils de Guillaume de Normanville et de Magdelaine de Bouquetot, épouse, vers le milieu du XVIème siècle, Magdelaine de Montmorency-Laval.
Abraham de Normanville, chevalier, seigneur du Boscaule, Hautot-Saint-Supplix, le Miffant, La Puisaye, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, épouse Julienne d'Angennes, fille de François d'Angennes, marquis de Monlouet, maréchal de camp des armées royales, ambassadeur en Suisse, favori de Catherine de Médicis, puis de Henri IV, député général des églises réformées auprès de celui-ci.
François de Normanville dit Monsieur du Boscaule, fils du précédent, seigneur du Boscaule, Hautot Saint Sulpice, Vyfaut, Salenelles et Bennetot, épouse en premières noces Catherine de Normanville puis en 1627 Claude de Combaut, fille de Robert, baron d'Arcis-sur -Aube, premier maitre-d'hôtel du roi et de Louise de La Béraudière.  Sans descendance, les biens de la famille passent à son frère Isaac.
Isaac de Normanville, frère du précédent,  chevalier, seigneur du Boscaule,  de Cliponville, Hardenville, Hautot-Saint-Supplix, La Geôle, Ganzeville, chevalier de l'Ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa Chambre, lieutenant civil et criminel au bailliage de Caux pour le siège de Cany,  épouse en 1ères noces en 1660, Reine Elisabeth de Mailly, puis en seconde noces en 1664, Madeleine Boivin de Bennetot puis en troisième noces, Jourdaine du Hamel.
Jourdaine Charlotte de Normanville, fille du précédent, épouse Jacques DESMARES, seigneur de Rohan et de Bellefosse, fils de Louis et de Marguerite de Roncherolles. Ils héritent de la seigneurie du Boscaule.

Il semble que la famille de Normanville ait été protestante des origines de la Réforme jusqu’au milieu du XVIIème siècle.

Charlotte Jourdaine Desmares, fille des précédents, rétablit la chapelle seigneuriale du château du Boscol au début du XVIIIème siècle. Elle épouse en 1731 Charles Hébert de Beauvoir, écuyer, conseiller au Parlement de Rouen en 1724, conseiller honoraire au parlement de Normandie.
Charles Louis Hébert de Beauvoir, fils des précédents, Seigneur de Boscol, chevalier de Beauvoir, contre-amiral de la marine royale, membre des Cincinnati, épouse Marie Anne Jeanne Hue.
Amable Hippolyte Charles Hébert de Beauvoir, comte de Beauvoir du Boscol, fils du précédent, épouse en 1800 Angélique Elisabeth Louise Desponty du Plessis-Avoye.
Louis Hébert de Beauvoir, comte de Beauvoir, fils du précédent, épouse  en premières noces vers 1835, Emilie Canteil de Condé, puis en secondes noces en 1850, Marie Desponty du Plessis-Avoye. Il est maire d’Héricourt-en-Caux. Il décède en 1874 au château du Boscol.

Patrimoine

Le château du Boscol à l'extrémité d'une superbe allée de hêtres d'un kilomètre, le château a été construit au XVIème siècle puis remanié au XVIIIème siècle.
Au Sud-Ouest, donnant sur le parc, la longue façade du château et la petite tour d'angle sont caractéristiques, tout comme le colombier, de l'architecture cauchoise du XVIème siècle. L'appareil qui alterne bandeaux de brique et damiers de silex, encadre de belles ouvertures à meneaux, dans l'esprit de la Renaissance.
Le domaine n'a apparemment jamais été vendu, et s'est transmis par alliances successives depuis le XVème siècle (voir § seigneurs et gens de noblesse).
Plusieurs éléments sont protégés aux Monuments Historiques en 1981 : les façades et toitures du château, de la chapelle et du colombier, les murs de clôture du parc avec les sauts-de-loup, les pièces suivantes avec leur décor : grand salon du rez-de-chaussée, chambres Est et Sud-Ouest du 1er étage de l'aile Sud.

La chapelle du château du Boscol est construite en 1767 et bénie le 17 mars 1769. Elle est en brique et pierre, de plan allongé et possède un pignon découvert percé d'un portail simple en plein cintre.
Elle est édifiée avec la permission de Madame de Beauvoir.

L’église Saint Denis édifiée au XIXème siècle dans le style roman à l'emplacement d'une ancienne église romane, sous l’impulsion du chanoine Robert, elle est dotée de fonds baptismaux remarquables au XIIIème siècle et  possède un double chemin de croix à la fois sur ses vitraux et sur des bas-reliefs. Elle domine le village et est le modèle réduit de la magnifique église de Saint-Martin de Boscherville
A la fin du XIXème siècle, le Chanoine de Beauvoir, lègue la somme de 15 000 francs à la commune pour l’achat de trois cloches, mais le clocher ne peut supporter qu’une cloche.
Le beffroi est érigé en 1923 devant l’église.
A l’intérieur, la pierre tombale de Jehan de Trouville, mort en 1305, et la châsse de Saint Mellon.

Une crypte très ancienne qui remonterait à la fin du 1er siècle et dont le pèlerinage a perduré jusqu’en 1969.

La chapelle Saint Riquier est construite en 1715 à l'emplacement d'un édifice antérieur remontant au XIIème siècle, constituée de pierres et de silex. A l'intérieur sont conservées trois statues : la Vierge à l'enfant du XIVème siècle, la statue de Saint Riquier du XVème siècle  et celle de Saint Gilles du XVIème siècle.
Dans l'enceinte de la chapelle, un calvaire du XVIème siècle en pierre présente sur ses faces quatre statues du XIème siècle.
La chapelle abrite aujourd’hui des expositions artistiques et des manifestations culturelles. Elle est inscrite aux Monuments Historiques.

La croix de cimetière date du XVIème siècle.

La chapelle Saint Gilles est construite en 1766. Elle s'élève à l'emplacement d'une chapelle qui desservait une léproserie en 1248.
En 1793, elle est vendue comme Bien national, et demeure aujourd'hui à l'abandon.
Le chœur est orné d'un décor peint représentant un soleil à dix-huit branches. Six litres, partiellement identifiables, sont également conservées.

Le colombier du Petit Veauville, exceptionnel avec sa toiture en chaume, est l'un des rares à être bâti sur un plan dodécagonal. Au niveau de la corniche de belles arcatures en pierre lui donnent belle allure et permettent une élégante transition pour passer du plan dodécagonal au plan circulaire de la corniche et y asseoir un toit conique aujourd'hui couvert en roseau.

Le château Saint Denis devenu un préventorium au début du XXème siècle.

Le château du Pival, anciennement pension de famille, est aujourd’hui un élevage de chiens et chats.

Saint mellonLa fontaine Saint Mellon à la sortie du village, située au bord de la pittoresque route de la vallée de la Durdent, doit son nom au premier évêque de Rouen (vers 260 et mort à Héricourt-en-Caux en 311, portrait ci-contre). L'inscription suivante peut être lue sur la fontaine « Au IIIème siècle, Saint Mellon, premier évêque de Rouen, baptisait dans cette fontaine ».
La source, ancien lieu de pèlerinage, a la réputation de guérir les enfants malades. A la pentecôte s'y déroulait une procession à l'issue de laquelle les malades y étaient baignés.
Les marches d'accès proviennent des tuiles d'un ancien amphithéâtre romain de Rouen.

Le Grand Moulin appelé aussi moulin de Quetteville, du nom de son dernier propriétaire, date de 1508. Ancien moulin à blé, il est modernisé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Il cesse toute activité dans les années 1960.

Le moulin bleu construit tel l’habitat traditionnel normand, en grès, brique, bois et silex, il doit son nom aux ardoises bleutées qui remplacent en 1875 le toit de chaume. Il est l’un des plus anciens moulins à blé d’Héricourt-en-Caux.

CressonLes cressonnières, ces bassins d’eau courante servent à cultiver le cresson qui est devenu sauvage. Ses vertus médicinales en font un légume vert très peu calorique, des plus riches en minéraux, en anti-oxydants, en vitamines et un fortifiant naturel en raison de la combinaison de fer et d’acide folique.

Les cours d’eau et les sources. Les sources de la Durdent, se  trouvent à 65 m d’altitude.
La vallée est formée des confluences du vallon de Rocquefort (source du Vert Buisson) et du vallon d’Anvéville (source de la Valette).
Autres cours d’eau : le Saint-Riquier, la Valette et le Saint-Denis.

Le coteau du Boscol surtout connue pour son fleuve jalonné d’anciens moulins, la vallée de la Durdent est la plus encaissée du Caux Maritime. Elle révèle des milieux naturels diversifiés (marais, berges, haies champêtres, forêt) tout au long du chemin des sources, le long du coteau du Boscol.

Personnage lié à la commune

Alfred Ambroise Gauvin, 1836/1892,  né à Héricourt-en-Caux, est un sculpteur français. Fils d'un meunier normand, il quitte jeune sa Normandie natale pour Paris où il épouse Elisa Victorine Sedilot en 1868. Lorsque celle-ci meurt en 1869, à l'âge de 20 ans, il se présente comme artiste peintre et non sculpteur. Veuf depuis 15 ans, il épouse en 1884, une très jeune femme, MLeon gambetta medaillon d alfred gauvinarie Mathilde Frogère, 21 ans, dont il fera au moins un portrait exposé au Musée des Beaux-arts de Rouen. Le 1er janvier 1888, il est cité parmi les officiers d'Académie, comme ciseleur-damasquineur, dans la liste des décorations universitaires.
A son décès, on pouvait lire dans les journaux « Le Temps » et « Le Gaulois » : "On annonce la mort d'Alfred Gauvin, un artiste qui fut un maître dans l'art de la damasquinerie. Alfred Gauvin était un ardent républicain. Son art le passionnait et il exécuta à ses frais les portraits de Victor Hugo et de Gambetta notamment (voir médaillon ci-contre). Alfred Gauvin meurt, au moment où il termine un travail qui lui a été commandé par la Ville de Paris…". Il est incinéré au columbarium du cimetière du Père-Lachaise.

Evolution de la population

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Hameaux, lieux dits et écarts

Le Pival, Le Petit Veauville, Le Moulin du Trou, Le Bois Lambert, Le Bel Event, La Sécheresse, La Belle Hélène, Gréaume, Le Château du Boscol, La Chapelle Saint Gilles, Le Bercail Saint Denis.

Nos ancêtres de Héricourt-en-Caux …

Unions :
LEMERCIER Robert Nicolas (sosa 504G9) avec TALBOT Magdeleine (sosa 505G9) le 25 novembre 1766.

Domicile :
GRANSARD Marcelle Renée (sosa 7G3) y vit de 2008 à 2015 dans la résidence pour personnes âgées « Les Sources ».Gransard marcelle 2001

Créé en 1978, ce foyer-logement public géré par le CCAS d’Héricourt-en-Caux, installé au cœur de la commune, propose aux personnes âgées de plus de 60 ans, valides et autonomes, un ensemble d’une trentaine de petits pavillons de type T1bis d’environ 33m2, vides de meubles, mais équipés d'une kitchenette, d'une salle de bains et d’une petite terrasse/jardinet sur l’arrière. Un club du 3ème âge y  propose des animations régulières. C’est dans un de ces pavillons que Marcelle Renée Gransard-Bourrié termine sa vie à 94 ans en 2015, non loin du village où elle a passé son enfance, Ancourteville-sur-Héricourt-en-Caux.

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Sources
Sites et photo :
Wikipedia, Mairie d’Héricourt-en-Caux, Plateau de Caux Maritime, Base Mérimée, Seine76,

 

Date de dernière mise à jour : 20/06/2016