Lintot

Lintot seine maritime adm

La voie romaine de Lillebonne à Fécamp traverse le territoire de Lintot en diagonale.
Le village est situé au centre du territoire de la commune, d'où partent des rues en étoile desservant les hameaux à la périphérie.
Ce territoire appartient au plateau du pays de Caux et est bordé au Sud par la vallée de la rivière de Lillebonne.

Blason lintot svgHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
d’argent au chevron d’azur chargé d’une merlette d’or, accompagnée en chef de deux léopards de gueules et en pointe d’un aigle aussi d’azur.

Drapeau francais fond blancHistoire

Gruchet le valasse seine maritime abbaye du valasseEn 1143 est mentionnée la Haie de Lintot, donnée à l'abbaye du Valasse (photo ci-contre, cette abbaye est née de vœux croisés : Mathilde, petite fille de Guillaume le Conquérant, retenue captive à Oxford, fait le voeu de fonder une abbaye si elle parvient à s’échapper saine et sauve et Galéran de Meulan, au retour de la Seconde Croisade, pris dans une tempête à bord de son navire, fait lui aussi le voeu de fonder une abbaye s’il en réchappe sain et sauf. Sur les conseils de l’archevêque de Rouen, tous deux unissent leurs vœux et en 1156, le pape Adrien IV consacre définitivement l’Abbaye du Valasse sous le nom de Notre Dame du Vœu. L’ensemble est achevé en 1218).
La Haie de Lintot est un parc de chasse qui comprend encore au XVIIIème siècle plus de deux lieues en terre et bois.
En 1484, il existe 3 fiefs : Lintot (correspondant au château), la Haie de Lintot (correspondant au parc) et la Moissonnière.
Lintot, plein fief de haubert relève directement du roi avant 1541, est le centre de rassemblement de la communauté protestante de cette partie du Pays de Caux. L’exercice du culte réformé (interdit en 1681) s’y fait depuis 1596.
En 1578, un prêche est attesté au manoir du Montcriquet (lieu-dit de Saint-Jean-de-Neuville), interdit en 1639, comme construit sur une terre dépendant de l'abbaye du Valasse, et démoli en 1659.
En 1595, Pierre de la Haye et son voisin M. de Beuzevillette, s’étant prévalus de l’article 7 de l’Edit de Nantes, sollicitent l’autorisation de faire le culte chez eux.  Un prêche est fondé dans le manoir du premier qui le supprime en 1623 en donnant une pièce de terre au centre du village, sur laquelle est transportée une grange, remplacée en 1659 par le temple actuel, suite à la destruction de celui du Montcriquet. C'est l'un des rares bâtiments de ce type conservé après l'arrêt du Parlement de Paris de 1685 ordonnant la destruction de tous les temples subsistant en province.
Les derniers pasteurs de Lintot sont Ephaïm de Rallemont, réfugié à Flessingue en Hollande où il meurt en 1694, et Simon Felles, réfugié à La Bille où il meurt en 1689.  En 1708, cinq réfugiés de Lintot à Londres créent une société de secours mutuel, dite de Lintot, dissoute seulement en 1964.

Seigneurs et gens de noblesse

Guillaume de Frémont, aveu pour le fief de Frémont, situé dans la paroisse de Lintot, en 1551, dont N… de La Haye est seigneur.
Jean de Frémont, fils du précédent, écuyer, avocat en la cour du Parlement de Rouen, époux en 1534 d’Isabeau le Cordier, renonce à la succession de son père par acte de 1557.
Robert de Frémont, fils du précédent, écuyer, premier huissier de la Chambre des Comptes de Normandie, rend aveu à Claude de Hellenvillier, seigneur du Busc et de Lintot en partie, pour le huitième de fief noble de Frémont en 1575. Il épouse Marguerite Jehan.
Michel de Frémont, fils du précédent, premier huissier du roi en sa Chambre des Comptes de Normandie, rend aveu en 1603 à noble homme Jean Suzanne, seigneur de Lintot, pour le huitième de fief noble de Frémont.
Jacques de Frémont, frère du précédent, écuyer, épouse en 1613 Marie Baduel.
Nicolas de Frémont, fils du précédent, écuyer, marquis de Rozay, seigneur de Frémont, Auneuil, Orgueil, Mazy, Andainville et autres lieux…, trésorier général des finances, grand audiencier de France en 1674, cède par échange en 1675 à Nicolas de La Haye, écuyer, seigneur de Lintot, le huitième de fief noble de Frémont. Il est l’époux en 1648 d’Isabeau Catelan et en 1655 de Geneviève Damond.

Au XVème siècle, le plein fief de Lintot, relevant du roi, appartient à la famille de Régneville.
Puis se succède les familles :

  • de Lintot (Jean +1456, Pierre +1546)Livre d heures de jacques de la haye
  • de la Haye (Jacques, son livre d’heures fin du XVème siècle ci-contre, 1503 Thomas, 1551 N…, Jacques +1584, son 1er fils Pierre qui embrasse la Réforme et son 2ème fils Isaac qui reconstruit le château au début du XVIIème siècle +1675, 1675 Nicolas seigneur de Lintot et du fief de Frémont, Marie sa fille qui épouse Charles Le Macon).
  • le Macon (1682 Charles +1740).
  • de Hellenvillier (Pierre, seigneur du Busc et de Lintot en partie, et Claude son fils en 1575).
  • Suzanne (1603 Jean).

En 1675, Aymar de la Mare, seigneur de Lintot, est propriétaire de la ferme de la Mare qu’il vend ensuite à la famille le Boullenger, qui passe par héritage à Charles Lecoq de Villeray.

Patrimoine

L'église Saint-Samson, première mention dans les écrits en 1225, est bâtie dans la première moitié du  XIIème siècle.
En 1531, Nicolas Leroux, curé de Lintot, fait restaurer l'église et le presbytère. Les baies de la nef sont percées au XVIème siècle et au XVIIème siècle. En 1829 un devis est présenté pour réparation de la charpente et pour des travaux de maçonnerie, menuiserie et vitrerie, les arcades de la croisée sont mutilées.
En 1836 la flèche est frappée par la foudre et est réparée. En 1862 des travaux sont effectués aux croisées du chœur. En 1896 l’église est réparée. En 1850, deux verrières disparaissent. En 1860, une cloche est fondue.
Le plan de l’église est en croix latine à 1 vaisseau, elle est couverte en ardoise.
Le clocher et le chœur sont inscrits au titre des Monuments Historiques en 1926.Lintot seine maritime armoiries

Le château construit au XVIème siècle et vraisemblablement détruit pendant les Guerres de Religion (Pierre de Lintot ayant embrassé la Réforme), il est reconstruit au début du XVIIème siècle pour Isaac de Lintot. Il subsiste une porte du logis d’origine.
Le château comporte une maison de ferme du XVIIème siècle. A l'entrée de ce corps de ferme s'élève un porche monumental en pierre à l'ouverture demi-sphérique qui porte les armoiries d'Isaac de Lintot et Françoise de Thiboutot (photo ci-contre).
La grange, en assises alternées de silex et brique et plan de bois, avec abri à manège couvert en chaume, est construite au milieu du XIXème siècle.
En 1822, un colombier, représenté sur le plan cadastral,  est aujourd’hui détruit.
L’ensemble est caractérisé par ses pans de bois, son talus planté et son étang.

Le manoir de Frémont. Le huitième de fief de Frémont, relevant du plein fief de Lintot, est mentionné en 1503, tenu par Pierre Le Mercier. Le logis est construit au XVIème siècle et  remanié au cours du XXème siècle. La lucarne de l'escalier en vis, la demi-croupe débordante et la couverture en chaume ont été supprimées. Un jardin potager, la mare, la charreterie et la grange figurent sur le cadastre de 1822.
Une grange à manège et des étables en assises alternées de silex et de brique sont construits au milieu du XIXème siècle.

Les maisons anciennes. Une maison au lieu-dit La Fosse à Perroquets date de 1811, une autre dans le village, construite au XVIIème siècle sur encorbellement, a été remaniée au XIXème siècle.

La ferme du lieu-dit La Fosse à Perroquets, construite au XVIème siècle, dont le logis a conservé une cheminée de cette époque, a été reconstruite à la fin du XVIIIème siècle et les baies agrandies.  

La ferme de la Mare, au lieu-dit Les Mares,  est bâtie au XVIIème siècle. En 1675 Aymar de la Mare, seigneur de Lintot, en est propriétaire. Il la vend en 1702 à Robert le Boullenger. Elle passe par héritage à Charles Lecoq de Villeray, qui fonde en 1729 une manufacture de faïence de Rouen dans le faubourg Saint Sever à Rouen. En 1866, est signalée la présence dans le logis d'une salle recouverte de faïence de Rouen, pavage, cheminée, revêtement de mur. Ce logis est aujourd'hui très remanié, le décor en a été dispersé. Les dépendances agricoles, visibles sur le cadastre de 1822 ont été détruites.

La ferme du lieu-dit Huchamptot. Le logis et l'étable en pan de bois ainsi que la charretterie en charpente ont été construits au XVIIIème siècle, la grange en silex et brique au XIXème siècle. La couverture en chaume existe encore en 1971 mais a aujourd’hui disparu.

La ferme du lieu-dit L’Epine. Les étables en assises alternées de brique et de silex avec surcroît en pan de bois et chambre haute sur poteau ainsi que la grange en pan de bois essenté de planche datent du XVIIIème siècle, le logis en brique actuel de la seconde moitié du XIXème siècle. Le puits couvert en charpente et le jardin potager figurant sur le plan cadastral de 1826 sont aujourd’hui détruits.

Le temple est attesté à Lintot depuis 1578. Le culte protestant est célébré par le pasteur Vallandry, puis par les pasteurs du temple de Montrcriquet. En 1595 Pierre de la Haye, sieur de la Moissonnière, crée un prêche dans son manoir. En 1623, les protestants de Lintot achètent une grange, qu'ils transportent sur une pièce de terre donnée par le sieur de Lintot, pour édifier un prêche en remplacement de celui de son manoir. En 1639, un arrêt du conseil interdit le temple de Montrcriquet, qui est détruit en 1659. Est alors construit à la place de la grange un temple mais  suite aux contestations de la communauté catholique du village et à la révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV en 1685, un arrêt du Parlement de Normandie condamne le temple dont la porte est murée.
Le bâtiment n'est pas détruit, il est transformé en 1702 en logis de ferme, accompagnée de bâtiments agricoles. Une grange à manège est construite au milieu du XIXème siècle.

Le manoir, presbytère. Le presbytère est construit au XVIIème siècle, en calcaire, silex et brique, avec un étage en pan de bois, adossé à un manoir médiéval du XIIIème siècle en calcaire et silex.
L'ensemble fait l'objet en 1792 d'une campagne de restauration, concernant les élévations extérieures et le décor intérieur, l'écurie, le portail, la barrière entre le bucher et le jardin potager, le puits.

La mairie-école est construite à la fin du XIXème siècle sur un plan symétrique en L à un étage et couverte en ardoise.

Le Puits est du XVIème siècle.

La forge artisanale du maréchal-ferrant est du XIXème siècle.

La croix de cimetière en ferronnerie date du XVIème siècle.

Personnalités liées à la commune

Isaac de Larrey 1638/1719, sieur de Grandchamp et de Courménil, né à Lintot, est un historien français.
Pour exercer librement ses croyances religieuses, il était protestant, il s'exile en Hollande après la révocation de l'Edit de Nantes. Ses travaux historiques lui valent le titre d'historiographe des États Généraux.
L'électeur de Brandebourg (roi de Prusse) lui offre le titre de conseiller aulique (conseil de la Cour) et l’attire à Berlin, où il meurt.

Jean godefroy de lintotJean Godefroy 1607/1678 (portrait ci-contre), sieur de Lintot, interprète, fils de Pierre Godefroy, écuyer, et de demoiselle Perrette Cavelier, de Lintot,  épouse en 1636 Marie Leneuf.
Il émigre en Nouvelle-France (Québec) vers 1626. Il sert sous Champlain en qualité d’interprète.  Après la prise de Québec par les Kirke, en 1629, il demeure au pays, vivant dans les bois avec les Indiens. Peu après le retour des Français, il s’installe à Trois-Rivières en même temps que Monsieur de Laviolette, fondateur de la ville. Il y reçoit une seigneurie en 1637. En 1636, il épouse Marie Leneuf de Caen qui s’installe à Trois-Rivières avec lui.
De ce mariage naissent, entre 1637 et 1658,  11 enfants dont 8 garçons qui s’illustrent presque tous au service de la Nouvelle-France.
Dès 1646, il est, avec son parent Jean Paul Godefroy, membre de la Communauté des Habitants.
Devenu seigneur-colonisateur, l’ancien interprète s’intéresse au défrichement, sans négliger le commerce des fourrures. Cependant sa participation à cette traite et l’exploitation de sa seigneurie ne l’enrichit pas. En 1672, le gouverneur de Buade de Frontenac le recommande à la générosité du roi : « l’un des premiers qui soient venus en ce pays [...], chargé d’une très grande famille, ayant plusieurs filles et six garçons  qui sont tous gens de cœur et les premiers prêts à aller à toutes les expéditions [...], n’y ayant point de meilleurs canoteurs dans tout le pays [...], le sieur Godefroy n’est pas trop accommodé dans ses affaires, ayant une fille qu’il ne peut marier, faute d’avoir de quoi lui donner ». Le roi resta sourd à cette requête.
Le roi, en 1718, reconnut officiellement à la famille Godefroy ses quartiers de noblesse.
Jean Godefroy et Marie Leneuf sont les ancêtres des Godefroy de Tonnancourt du Québec.

Evolution de la population

Le village comptait 80 paroissiens en 1245.

Lintot demo

Hameaux, lieux dits et écarts

Hattentot – Huchamptot - L’Epine – La Fosse à Perroquets - La Grande Moissonnière – La Petite Moisssonnière – La Mare du Verre – La Mare Dupuis – Les Mares - La Pointe – Le Château – Les Faux Buissons – Les Côtes .

Nos ancêtres de Lintot …

Naissance/baptême :        
LEVILLAIN Marie Anne (sosa 503G9) le 18 décembre 1736.

Décès/inhumation :
LEVILLAIN Jean (sosa 1006G10), époux de LEFEBVRE Anne (sosa 1007G10) le 22 juillet 1758. Il était laboureur et toilier.

Domicile :
JOUTEL David (sosa 8078G13) avec son épouse PERMANEL Rachel (sosa 8079G13) en 1671.

 


 

Sources
Sites et photo :
WikipediaClochers de France, Base Mérimée.
Livres/revues/documents
 : Le protestantisme dans le pays de Caux - Paris : Fischbacher, 1906.
Mémoires inédits d’Isaac Dumont de Bostaquet 1632/1709, Ed. Paris Michel Lévy Frères, 1864.

Date de dernière mise à jour : 02/07/2016