Vittefleur

Vittefleur seine maritime adm

Situé le long de la Durdent à 5 kms de la plage de Veulettes-sur-Mer, ce village est labellisé Station Verte de Vacances depuis 2006.
Il possède une architecture typique du Pays de Caux conjuguant l’utilisation des colombages, du torchis, des briques, du silex et du grès.

600px blason vittefleur svgHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
D’argent à l’écusson de gueules chargé d’une molette d’éperon d’or, accompagné de huit fleurs de gueules ordonnées en orle.

Drapeau francais fond blancHistoire

Vittefleur, formation toponymique médiévale. Traditionnellement, le r final, non étymologique, ne se prononce pas.
Le nom de la localité est attesté sous les formes Witeflue en 1130 et 1164, Witeflo en 1180.
Au début du Moyen-Age, les Saxons connaissent déjà l’endroit qu'ils nomment Whit Flow signifiant flot blanchi. Les Vikings utilisent le suffixe  floch  pour désigner un flot, une marée ou une étendue d'eau. Cette terminologie évolue pour donner fleur. Le nom de Vik Fjord, signifiant une baie envahie par la mer, est également donné par les Vikings.
L'ensemble de ces dénominations permet de penser que la mer remonte à l’époque jusqu'à Vittefleur.

La commune est traversée par une voie romaine qui conduit à la mer. Le sol est riche en débris romains de tonte sorte : médailles, murailles, tuiles et mosaïques.
La paroisse est fondée à l'époque mérovingienne par le Comte Warreng, fondateur de l'Abbaye de Fécamp en 664.
En 988, Richard Ier de Normandie restitue à l’Abbaye de Fécamp les prairies, vignes, bois, églises et moulins situés sur le domaine de Vittefleur.
Richard II, duc de Normandie, pour se conformer aux dernières volontés de son père, établit dans ce monastère des moines de Saint Benoit qu’il place sous la direction de Guillaume de Dijon, religieux de cet ordre. L'abbé de Fécamp récupère ainsi les droits et devient le haut justicier sur la commune, entre autres, de Vittefleur.
En 1096, le seigneur de cette ville se croise pour la première expédition en Terre-Sainte.
En 1147, Robert Dyel, chevalier banneret, baron de Vittefleur, part pour la 2ème croisade avec le roi Louis VII.
Au XIIème siècle, Paluel et Vittefleur ne forme qu’une seule paroisse. Les religieux jouent un rôle important dans le développement du village. Sous leur protection, la paroisse prospère.
Parmi les curés de Vittefleur, sont cités Guillaume Manchon et le chroniqueur Pierre Cochon, deux des 12 notaires apostoliques de Rouen au procès de Jeanne d’Arc.
Le village est probablement fortifié suivant la tradition locale, et il est possible qu’une abbaye y existe.
En 1259, Richard de Tregos, onzième abbé de l’Abbaye de Fécamp, achète de Nicolas Hutot, les vallées de Vittefleur, Paluel et Veulettes.
Pendant la Guerre de Cent ans, l'Ostel de Vittefleur sert de refuge aux habitants du pays ; il est défendu par une compagnie d'hommes d'armes avec Jacques d'Orival à sa tête.
En octobre 1623, le Parlement de Cany est transféré à Vittefleur pour raison que les habitants ont quitté et abandonné leurs maisons à cause de l’extrême contagion et maladie de peste dont le bourg est affligé depuis deux mois.
Au recensement des activités en 1793, on dénombre onze moulins à blé, un moulin à huile, un autre à tan et une filature de lin, seul deux d’entre eux subsistent aujourd’hui.
En 1806, la paroisse de Crosville est réunie à celle de Vittefleur, en exécution d'un décret impérial.
En 1824, la commune elle-même est rattachée à celle de Vittefleur, après de nombreux palabres et une scission au sein du Conseil de Crosville, qui a cette époque compte environ 200 habitants.

Crosville :
Vers la fin du XVIème siècle, l’Abbaye de Saint-Ouen y possède un manoir et une grange.
Le village est érigé en fief en 1712.
De nombreuses antiquités romaines y sont retrouvées.
Un tertre fort élevé est nivelé en 1833, il recèle un édifice romain pavé en mosaïque, sur lequel on découvre un certain nombre de squelettes. Des médailles et autres menus objets de bronze ont été conservés. Un ancien four à chaux, encore rempli de chaux vive, y est également mis à jour.

Seigneurs et gens de noblesse

Jusqu'à la Révolution, Vittefleur est une Baronnie.
Robert Dyel, chevalier banneret, baron de Vittefleur, seigneur de Cailleville et d’Enneval, époux de Guillemette Philippine de Clerc, part en 1147 pour la 2ème croisade avec le roi Louis VII.

Pour l’Hôtel de la baronnie, on trouve :
Antoine du Val, fils de Dominique du Val et de Catherine de Bourbel, seigneur d’Amonville et des Guerrots, épouse en 1678 Marie Le Chevallier et décède en 1727.
Antoine Louis du Val d’Amonville, fils du précédent, chevalier, seigneur d’Amonville, les Guerrots et Bournichel, épouse en 1717  Catherine de Verduzan.
Pierre Antoine Louis Duval d’Amonville, fils du précédent, seigneur d'Amonville et des Guerrots, épouse en 1749 Marie Elisabeth Amable Grandin de Mesnil. Marie Elisabeth Amable Duval d’Amonville, fille du précédent, dame des Guerrots, épouse en 1774…
Jean Charles Le Filleul de la Hélinière 1740/1789, chevau-léger de la garde du roi, seigneur de La Hélinière, des Monts et de La Moissonière, seigneur de Longthuit et des Guerrots en 1775.
Désiré François Le Filleul des Guerrots 1778/1857 dit Florian de Normandie, fils du précédent qui, à la mort de son père, hérite du fief des Guerrots et prend le nom de Le Filleul des Guerrots. Il est chevau-léger de la garde du roi, seigneur des Guerrots, chevalier de Saint-Louis et de  l'Eperon d'Or de Rome, poète et fabuliste, membre de l'Académie de Rouen, époux de Charlotte de Giverville et en 1818 de Louise Armande de la Flèche.
Stanislas Alexandre Amable Le Filleul des Guerrots 1820/1893, fils du précédent, époux de Louise Marie Varin de Beautot en 1851.*
Aymar Le Filleul des Guerrots 1859/1939, fils du précédent, époux de Marie Emilie Thérèse Allard en 1890.
Marie Huguette Le Filleul des Guerrots 1891/1985, fille du précédent, épouse …
Jean Le Bon, baron de Lapointe 1887/1965, dont la descendance est toujours propriétaire du château de Vittefleur.

Pour le Manoir de la Motte, on trouve :
Jean de La Cour, grand argentier du Prince de Condé, qui achète le terrain en 1577.
Robert de La Cour, fils du précédent, qui construit le manoir en 1632.
Catherine Françoise Hélène de La Cour de Merville de Vittefleur épouse Jean Jacques Louis Bréant 1714/1804, greffier criminel au Parlement de Normandie en 1737, avocat et greffier du Parlement de Rouen puis au Parlement de Normandie, conseiller du Roi, qui devient  par alliance, seigneur du manoir de la Motte.
Nicolas Louis Bréant 1758/1844, fils du précédent, greffier en la Grande Chambre du Parlement de Rouen en 1790, maire de Vittefleur en 1814, épouse Marie Anne Rose Langlois en 1790.
Catherine Adèle Bréant 1798/ ?, fille du précédent, épouse en 1827, Amable Louis Varin de Beautot 1788/1844, capitaine d'Artillerie en 1827, chef d'escadron commandant l'Artillerie à Dieppe en 1844.
Louise Marie Varin de Beautot 1819/1897 *, fille du précédent, épouse en 1851 Stanislas Alexandre Amable Le Filleul des Guerrots qui est propriétaire du château des Guerrots et du manoir de la Motte.

Personnages liés à la commune

Louis César Lamauve 1762/1821, chirurgien né à Vittefleur, fils d’un minotier, remporte en 1784 trois prix décernés par l’Académie aux étudiants en anatomie et chirurgie. Il poursuit ses études à Paris et devient prévôt d’anatomie. Il est reçu au collège de médecine et nommé chirurgien des armées à Reims en 1791 puis chirurgien-chef à l’hôpital de Valenciennes. Enfin, il se fixe à Rouen en 1797. En 1815, il est chirurgien-chef à l’hospice de Rouen.
Mort prématurément, il est inhumé à Rouen. Par testament, il fait de sa dame de compagnie, Jeanne Victoire Durand, sa légataire universelle, qui fait don, elle-même, de ses biens au Consistoire pour qu’il fonde un petit hôpital pour les pauvres, malades, infirmes, membres de l’église réformée, l’hôpital Lamauve, établi en 1852 dans sa maison puis transféré plus tard rue Renard. Dans la seconde moitié du XXème siècle, cet hôpital est converti en maison de retraite.

Rose Burel, poétesse locale, dont les écrits sont aujourd’hui introuvables.William sailly

William Sailly (photo ci-contre), né à Vittefleur, ancien élève du Petit Conservatoire de Mireille, remarqué en 1972 dans le rôle de l'apôtre Pierre dans la version originale française de la comédie musicale Jésus-Christ Superstar.
En 1973, il enregistre son 1er disque La terre où je suis né. Il est lauréat de la Rose d'Or d'Antibes en 1976 avec la chanson Toi ma princesse en blue jean. Il arrête la chanson en 1976 pour revenir en 1983 avec un autre succès Au clair d'une femme. Il décède en 2003.

Patrimoine

L’Hôtel de la Baronnie, ancienne place forte, est édifié au XIVème siècle, sa façade en grès et silex est agrémentée de tuffeaux (calcaire crayeux renfermant notamment des grains de quartz ou de mica). 
Transformé en citadelle pendant la Guerre de Cent Ans, il est ensuite rattaché à l'Abbaye de Fécamp jusqu'à la Révolution avant d'être vendu comme bien national et acheté par un ancêtre des barons de Lapointe, dont les descendants sont toujours les actuels propriétaires.
Jusqu’à la dernière guerre, la geôle du vieux château sert de prison. Elle est divisée en trois étages, ses murailles épaisses sont recouvertes d’inscriptions et de dessins gravés dans la pierre à la pointe du couteau, les nombreux navires qui y sont représentés autorisent à croire qu’elle a été occupée par des marins.

Le manoir de la Motte est construit en 1632 par Robert de La Cour qui possède le privilège royal de pouvoir présenter les armes de son suzerain sur les grilles d’entrée, et d’être exempté d’accueillir les gens d’armes en campagne dans le pays.
En 1577, son père, Jean de La Cour, achète 22 acres à Vittefleur. 55 ans après, Robert fait édifier le corps central du manoir dont la partie Nord est en colombage.
Les deux ailes datent de 1777.
Lors de la Révolution, Jean Jacques Louis Bréant 1714/1804, époux de Catherine Françoise Hélène de La Cour,  devient par alliance, seigneur du château. Il est assigné à résidence dans son propre manoir, mais ne souffre pas trop des excès révolutionnaires et le manoir échappe à la vente des biens nationaux. Les deux pavillons latéraux sont édifiés à sa demande.
En 1827, sa petite fille, Catherine Adèle Bréant, épouse Aimable Louis Varin de Beautot qui sert trois régimes : La Révolution, l’Empire et la monarchie de Juillet. En 1848, en tant que commandant de la place de Dieppe, il doit hisser le drapeau tricolore et retirer l’emblème royal.
En 1851, le manoir devient, par mariage, propriété de la famille Le Filleul des Guerrots (voir § Seigneurs et gens de noblesse).

L’ancienne chapelle Saint Thomas, appelée aussi la chapelle de l'hôpital, est la chapelle d'une léproserie fondée en 1311 par les seigneurs d'Auberville-la-Manuel. Au XVIIème siècle, la léproserie devient hôpital. Cette chapelle existe encore au XVIIIème siècle mais  il n’en reste rien aujourd’hui.

La Mairie est l'ancienne demeure des vicaires.

L’église Saint Martin. La première mention de cette église date de 988 (donation de Richard II de Normandie en faveur de l’Abbaye de Fécamp). En 1114, le Pape Pascal II confirme cette donation.
L’église primitive comporte deux nefs entre lesquelles s’élève la tour du clocher.
Le chœur est du XIIIème siècle et la nef actuelle est restaurée en 1740 (date figurant au- dessus du portail). Une jolie contretable en bois avec colonne et tabernacle date également de cette époque et provient de l'église de Crosville.
En 1573, Thomas Goujard, curé de la paroisse, fonde la Confrérie de Saint Sébastien, constituée de douze frères servants, qui perdure jusqu’en 1939.
St joseph benoit cottolengoSur l’un des piliers intérieurs, un bas-relief dont la tête couronnée entourée de grappes de raisin et de feuilles de vigne, représente, selon la légende, un roi des Francs.
Une chapelle, tapissée d'ex-voto, est dédiée à Saint Joseph Benoist Cottolengo 1768/1842 (portrait ci-contre), dont le culte, peu répandu dans la région, aurait pour bénéfice d'obtenir la réussite à divers examens.
En 1646, un acte est conclu entre l’argentier du Prince de Condé et Pierre de Mouchy, curé de Vittefleur, pour l’édification, à hauteur du transept Sud, d’une chapelle dédié à Saint Pierre.
WilgeforteUne statue de Sainte Wilgeforte (vierge forte, miraculeusement barbue et martyre crucifiée, gravure ci-contre), que l’on invoque pour reprendre des forces et pour diverses maladies incurables ou désespérées, attire jadis plus de 3000 pélerins chaque 14 septembre.
Pendant la Révolution, l’église prend le nom de Temple de la raison. Bien qu’un détachement de gardes nationaux procède à la destruction des calvaires, croix et statues, les emblèmes religieux existent encore en 1793. L’église est de nouveau ouverte au culte en 1802.
En 1806, la Municipalité fait fondre une cloche de remplacement grâce à la générosité de la population, les trois cloches ayant été réquisitionnées.
En 1850, une seconde sacristie est construite.
En 1914, des lambris sont posés sur les murs.
En 1999, une nouvelle restauration est entreprise.

L’église Saint Pierre de Crosville.  La première église de Crosville se situe au lieu dit La Fontaine Saint Pierre, dans la vallée de la Durdent, et date du début du XVIème siècle. Elle a été édifiée sur une première église de l'époque romane qui datait du XIIème siècle. Le site est vénéré (existence d'une source) dès la Préhistoire (traces de vestiges gaulois et gallo-romains à proximité).
Elle est démolie en 1782 pour cause d'insalubrité  et notamment d’humidité dans les murs et à l'intérieur (la rivière coule à ses pieds).
L’église actuelle est édifiée de 1782 à 1789 en réemployant une partie des matériaux de l’ancien édifice. La tour du portail de 1549 est démontée pierre par pierre et forme encore le portail actuel.
L'église, soutenue par des contreforts, est construite sur un plan allongé à vaisseau unique. Le clocher-porche à flèche polygonale est flanqué d'une tourelle sur sa partie Nord. La nef est construite en brique et en pierre et percée de larges baies en plein-cintre.

La croix du cimetière en grès, érigée en 1647, possède un fût sculpté de fleurs, de fruits et de dessins religieux. La croix est en pierre, découpée en forme de soleil, dont les rayons constituent une roue.
Elle est classée aux Monuments Historiques en 1913.

Le monument aux morts est le premier édifié dans le département. L’inauguration a lieu en juin 1920.

Les moulins, à l’origine il y en a deux à proximité du manoir de Vittefleur, propriété de l’Abbaye de  Fécamp avant la Révolution, on peut  lire sur une pierre d’un des deux moulins « AN VI »  (1798).
Au début du XIXème siècle, ils sont gérés par Jacques Lamauve. Ce domaine passe  ensuite entre  plusieurs mains : MM. Leseigneur en 1837, Varin en 1872, Filleul des Guerrots en 1900, puis  Leboucher.

La minoterie, après la Première Guerre Mondiale, approvisionne les boulangeries de la région en sacs de farine.
Aujourd'hui cette usine, toujours en activité, conserve deux roues à eau pour le fonctionnement des meules et autres systèmes et utilise encore l'énergie hydraulique de la Durdent. C’est l'une des plus petites minoteries de la région.

L’hermitine, usine de fabrication d’un produit désinfectant après la Première Guerre Mondiale. A partir de 1930, elle commercialise de l’eau minérale. Les installations sont ensuite transformées pour produire de la farine de poisson. Les bâtiments abandonnés sont rasés dans les années 1970.

Evolution de la population

Vittefleur seine maritime demo

Hameaux, lieux dits et écarts

Crosville - La Chapelle de Crosville - La Folie - La Petite Folie - La Récréation - Le Hamel - Les Carpentiers - Moulin Neuf.
Anciennement : Saint Thomas (Hôpital de Vittefleur).

Le lac de Caniel, lac naturel, ancienne ballastière (carrière de pierres) ayant servi entre autres à la construction de la voie ferrée Le Havre/Dieppe, situé entre les communes de Vittefleur, Clasville et Cany-Barville, comporte une base de loisirs permettant la pratique de nombreuses activités nautiques :  dériveur, canoë-kayak, planche à voile et téléski nautique ainsi que luge d'été et minigolf.

Nos ancêtres de Vittefleur …

Naissance/Baptême :
TALLEBOT (TALBOT) Françoise (sosa 2043G11) le 24 mars 1696.

Unions :
TALLEBOT Romain (sosa 4086G12) 1er mariage avec SELLES Françoise (hs) le 1er juin 1683, dont deux fils,  François et Jean, nés, baptisés, décédés en bas-âge et inhumés à Vittefleur entre 1684 et 1690, 2ème mariage avec DUMESNIL Françoise (sosa 4087G12) vers 1695.

Décès/inhumation :
TALLEBOT Romain (sosa 4086G12), veuf de SELLES Françoise (hs) époux de DUMESNIL Françoise (sosa 4087G12) le 30 octobre 1727.

Carte de Cassini

Vittefleur seine maritime carte cassini

 


 

Sources
Sites et photo :
Wikipedia, La minoterie, La mairie, Blog sur Vittefleur, Cercle Généalogique du Pays de Caux, Le manoir de la Motte.
Livres, revues et documents :
Les Hôpitaux de Rouen du Moyen-Age à nos jours, sous la direction de Yannick MARREC (Pr d’histoire contemporaine à l’Université de Ro
uen).
Géographie du département de la Seine-Inférieure, par Joseph Prudent Bunel  et Albert Eugène Ernest Tougard, 1876.

Date de dernière mise à jour : 01/08/2016