Craonnelle

Craonnelle adm

Craonnelle se situe au Centre-Est du département de l'Aisne, au Sud du plateau du Chemin des Dames. Le nom de ce village indique qu’il fut construit après Craonne et au voisinage de cette commune : Craonnelle, le petit Craonne.
Après la guerre de 1914-1918, le village est reconstruit selon les principes en vigueur dans la région, avec des bâtiments à l’architecture typique de ces années d’après-guerre.

Drapeau francais fond blancHistoire

L’existence de Craonnelle (Craonella) est attestée dans les textes dès 1207. La vigne y était alors cultivée. Avant 1263, Craonnelle dépendait au spirituel de Craonne, le village fut cette année là érigé en cure.
Le village appartenait autrefois à l’abbaye d’Origny-Sainte-Benoîte qui l'affranchit en 1216. Le chapitre de la cathédrale de Laon y possédait une maison. L’ancien village bénéficiait d’un habitat massé, beaucoup plus aéré aujourd’hui.
Envahie par les Allemands, pendant la Première Guerre Mondiale,  Craonnelle est reconquis difficilement par les Français. Le front se stabilise à sa proximité. Encore presqu’intact en 1915, le village est entièrement détruit lors des combats liés à l’offensive Nivelle, au cœur de l’offensive du 16 avril 1917. Le 10 juillet 1922, l'Etat classa 8,6% de la surface du village en Zone Rouge, soit 51 hectares sur 591.

Situation militaire en avril 1917 et Offensive Nivelle

Joseph joffreLa décision d'une offensive de grande ampleur est prise par le général Joffre quand il est encore à la tête de l'armée française : attaque conjointe avec les troupes anglaises sur le front entre Vimy et Reims. Le front a la forme d'un angle droit  d'orientation Nord-Sud et Ouest-Est entre Soissons et Reims. Tandis que les Anglais attaqueront sur la ligne entre Vimy et Soissons, les Français le feront entre Soissons et Reims afin d'affronter les Allemands selon deux directions différentes.
Nivelle 1En décembre 1916, Nivelle remplace Joffre à la tête des armées et reprend le projet : concentrer un maximum de forces sur cette partie du front afin de l'enfoncer. Pour prévenir une telle offensive, dont l'ampleur ne permet pas de garder le secret absolu, les Allemands se replient du 15 au 19 mars 1917 sur la ligne Hindenburg. Leur front est réduit de 70Kms, permettant d'économiser de nombreuses divisions. L'angle droit de la ligne de front est gommé : la ligne de défense s'étend désormais dans une direction Nord-Ouest et Sud-Est de Vimy à Reims en passant par le Chemin des Dames. Les Alliés mettent une semaine à se rendre compte de l'ampleur de ce retrait. Le plan initial de l'offensive est désormais caduc. Nivelle et ses généraux adaptent leur projet à cette situation nouvelle et dissocient l'attaque anglaise sur Vimy de l'attaque française qui se centrera sur le Chemin des Dames.
Le Chemin des Dames est un plateau calcaire et un bel observatoire. Les Allemands sont présents sur ce plateau depuis septembre 1914. Ils ont eu le temps de transformer cet observatoire en forteresse en aménageant les carrières souterraines (Caverne du dragon), en creusant des souterrains permettant de relier l'arrière aux premières lignes, en édifiant et camouflant de nombreux nids de mitrailleuses. Les Allemands tiennent la ligne de crête et les Français sont établis sur les pentes.
16 avril 1917, 6h du matin, c’est  le début de l’offensive sous les ordres du général Nivelle : « L'heure est venue, confiance, courage et vive la France ! ». Les conditions météorologiques sont terribles : il fait très froid et il neige. Les Sénégalais qui se sont entraînés sur la Côte d'Azur, ne sont pas préparés à de telles températures. Le mauvais temps gêne les préparations d'artillerie dont les objectifs visés ne seront pas toujours atteints. Les bombardements ont mis la terre à nu et ont sculpté un paysage lunaire (trous d'obus, absence de végétation). Cette terre boueuse est continuellement retournée par les obus : elle n'est donc pas stable, elle se dérobe sous les pieds si bien que le soldat ne cesse de tomber, pour se relever et tomber à nouveau.
La bataille livrée à 6h est perdue à 7h. Les hommes qui se sont lancés à l'assaut, échouent contre des deuxièmes lignes très peu entamées par les bombardements. Ils sont de plus pris en enfilade par des nids de mitrailleuses cachés et sont même parfois pris à revers par des soldats allemands qui sortent des souterrains comme à Hurtebise. Le terrain est très favorable aux défenseurs : situation en surplomb, réseau de souterrains desservant des carrières souterraines (creutes) et abris bétonnés, alors que les assaillants ne peuvent pas se protéger, doivent grimper une pente souvent raide, progressant sur un sol très instable. Les pertes sont énormes parmi les troupes qui faisaient partie de la première vague d'assaut : 150 officiers et 5 000 soldats dont la moitié étaient des tirailleurs sénégalais. En fin de journée, les gains de terrain sont minimes. Sur le plateau du Chemin des Dames entre Cerny-en-Laonnois et Craonne, les forces françaises ont été repoussées.Petain Les pertes sont considérables : 134 000 hommes dont 30 000 tués pour la semaine du 16 au 25 avril.
Bien que le général Nivelle ait promis que l'offensive durerait 24 à 48h maximum, elle se poursuit durant des semaines.
Ce fut le début des fameuses mutineries de 1917, maîtrisées par le général Pétain qui remplace Nivelle en catastrophe en mai 1917, et fit fusiller quarante-neuf soldats, dont certains « fusillés pour l’exemple ».
Surnommé dès les premiers jours de la bataille du Chemin des Dames « le boucher », Nivelle voit sa disgrâce avérée, en décembre 1917, lorsqu'il est nommé commandant en chef des troupes françaises d'Afrique du Nord, loin du front.

Seigneurs et gens de noblesse de Craonnelle

1141, Adon de Craonnelle, seigneur de Craonnelle
1146, René de Craonnelle, frère du précédent
1184, Adon de Craonnelle, seigneur de Craonnelle
1217, Guillaume de Craonnelle, chevalier, seigneur de Craonnelle, mort vers 1250. Il a au moins 4 enfants : Nicolas, Guillaume, Henri et Jeanne.
1251, Nicolas de Craonnelle, fils du précédent, chevalier de Craonnelle.

Patrimoine

La nécropole nationale, créée en 1920, accueille les corps de 3 936 soldats tombés lors de la Première Guerre mondiale au cours des différentes batailles du Chemin des Dames.
D'après la monographie communale, l’ancien cimetière civil fut établi en 1855. Pendant la Première Guerre mondiale, Craonnelle possédait un poste de secours, expliquant ainsi le nombre impressionnant de victimes inhumées dans ce lieu. Ce cimetière militaire possède une surface de 10 897 m².

L'église Sainte-Benoite, datant de 1932, est inscrite à l'Inventaire général du patrimoine culturel en 2006.
Le plan en croix latine de l’église du XVIème siècle était composé de trois vaisseaux d'une longueur de trois travées chacun. De style gothique flamboyant, l'édifice, dédié à Sainte Benoîte, était entièrement construit en brique et pierre de taille pour les ouvertures. Le clocher-porche était coiffé d’un toit octogonal brisé. L’entrée de l’édifice, matérialisée par un portail surmonté d’une rose, était située en face du château ; les bourgeois pouvaient ainsi y entrer sans devoir passer par le village. Le chevet en pierre de taille à cinq pans était percé de baies hautes à arc brisé et remplages. La nef principale était surmontée de voûtes ogivales, flanquée de deux collatéraux. L’intérieur tout entier subit une ultime restauration au XIXème siècle (enduit au ciment blanc et faux appareillage) : l'un des collatéraux ainsi que le clocher furent reconstruits en 1875.
En juillet 1916, l’église est touchée par les bombardements. En juillet 1917, l’édifice est quasiment détruit. Seuls quelques pans de murs ont résisté.
D'après le dossier de dommages de guerre, un premier projet de construction est établi dès 1922, il prévoyait le remploi de la baie méridionale de l'abside du XVème siècle, un côté de la nef, le bas-côté Sud et une partie du clocher de 1875. Mais il semble être rapidement abandonné pour des raisons financières et la commune adhère à la coopérative de reconstruction des églises du diocèse de Soissons. Un nouveau projet en 1928 est accepté en 1929.  Le village disposait d'une baraque-chapelle afin de pouvoir assurer le culte pendant toute la durée des travaux. Le nouvel édifice voit le jour en 1931.
En mai 1940, au cours de la seconde guerre mondiale, une batterie allemande installée à une centaine de mètres de l’église est bombardée par l’artillerie française, située dans la trajectoire des obus, la nouvelle église est endommagée : la sacristie est entièrement détruite ainsi que les vitraux, une partie du clocher et la toiture.

Le château. L’actuel manoir fut reconstruit à l’emplacement exact de l’ancien château bâti en 1838 et transformé en 1899. Il possédait des dépendances agricoles imposantes. Entièrement en pierre de taille, il était long de sept travées et large de trois. Le corps principal était flanqué de deux parties latérales à pans coupés en saillie. La porte d’entrée, accessible par un escalier à double révolution, était surmontée d’une marquise en fer forgé. Il fut entièrement détruit pendant la Première Guerre mondiale.
Le projet de reconstruction fut établi en 1926. La propriétaire, Madame Jeanne Marie Descubes-Saint-Désir, écrit au comité central de préconciliation : « Il est exact que Monsieur Descubes-Saint-Désir vivait en rentier à Craonnelle avec un personnel de dix domestiques, mais dès 1920, avec l’insuffisance des crédits alloués par la Commission Cantonale, qui n’auraient pas permis la reconstruction du château à l’identique, le sinistré a remis ses formes en état, faisant les avances nécessaires de ses deniers, et contribuant ainsi à la renaissance économique d’une région particulièrement éprouvée. » La reconstruction à l'identique fut donc abandonnée.

Le château du Blanc Sablon. Il est cité dans les Cahiers de guerre de Vincent Constant en 1914 : «Tous les soirs nous couchons à Cuiry-lès-Chaudardes où nous sommes tranquilles. De là on monte au Château du Blanc Sablon où le patron du château fut fusillé par les Français. C'était un espion. ». Situé à proximité de la ligne de front lors de la Première Guerre Mondiale, il est le point de rassemblement des soldats français et le poste de secours avant l’offensive Nivelle. Il fut entièrement détruit et reconstruit au même endroit en plus petit.

Le réseau de tranchées et le tunnel Bugeaud situés à quelques kilomètres de la ligne de front lors des combats de 1917, resta aux mains des alliés du début de la guerre au 27 mai 1918. Il fut ensuite repris par les Allemands jusqu'en octobre de la même année. Le tunnel Bugeaud, permettant de traverser le Chemin des Dames à couvert, fut creusé par l'armée alliée et le Génie français sur les parcelles appartenant au village.

La mairie-école. D'après la monographie communale, il existait dans la commune avant 1914 une école primaire publique mixte, laïque : cette maison communale, achetée en 1834, située sur la place du village devant l'église, comprenait l’école, la mairie, le logement de l’instituteur composé de deux pièces d’habitation et d’une cuisine ainsi qu’une cour et un jardin.

Le monument des Basques érigé en 1928, restauré en 1967, entre Hurtebise et Craonne, a été élevé en mémoire de la 36e division d'infanterie en majorité composée de soldats mobilisés originaires des Basses-Pyrénées qui combat à plusieurs reprises sur le Chemin des Dames et fait figure de division martyre en raison de l'importance des pertes qu'elle subit. En septembre 1914, elle tente de conserver les positions françaises sur la crête du Chemin des Dames mais en vain. Du 4 au 6 mai 1917, elle prend d'assaut le plateau de Californie et réussit à l'occuper. Les pertes sont telles que deux brigades doivent être supprimées faute d'effectif. Après une courte période de repos, la 36e DI remonte en ligne et subit une forte contre-attaque allemande les 3 et 4 juin 1917.
Les souscriptions publiques et les subventions des communes basques ont financé sa construction. A la base d'un obélisque de 14m, réalisé en  pierre de Souppe, matériau utilisé pour la construction de l'Arc de Triomphe et du Sacré-Cœur, des couronnes de lauriers portent le nom des départements d'origine des combattants de la 36e DI. Les faces latérales sont ornées du monogramme de la division. Au pied de cette stèle, un basque en costume traditionnel embrasse du regard le théâtre des glorieux faits d'armes. Le terrain sur lequel a été érigé ce monument est don de Madame Jeanne Descubes-Saint-Désir, propriétaire du château de Craonnelle et appartient à la commune de Craonnelle bien que situé sur le territoire d'Oulches-la-Vallée-Foulon.

Le lavoir et la fontaine sur la place du village.

Hameaux, lieux-dits ou écarts

Plusieurs fermes isolées, le Blanc Sablon, la ferme de la Tuilerie, la fabrique de chicorée fondée en 1863 et quelques carrières de pierre à chaux à ciel ouvert.

Evolution de la population

Craonnelle demo

Nos ancêtres de Craonnelle …

Naissances/baptêmes :
GOUVERNEUR Jean Pierre (sosa 442G9) le 22 juin 1714.
GOUVERNEUR Marie Nicolle (sosa 221G8) le 7 juin 1752.

Décès/inhumations :
GOUVERNEUR Jean Pierre (sosa 442G9) le 23 février 1753. Il était vigneron.
PROTART Anne (sosa 885G10), épouse GOUVERNEUR, le 6 mars 1733 en son domicile, à l'âge de 48 ans environ. Son époux décède le lendemain.
GOUVERNEUR Louis (sosa 884G10) le 7 mars 1733 en son domicile, à l'âge de 60 ans environ. Son épouse est décédée la veille.

Domicile :
GOUVERNEUR Louis (sosa 884G10) et PROTART Anne, en 1744.

 

Date de dernière mise à jour : 29/03/2015