Pargnan

Pargnan adm

Village troglodyte et corniche à la fois avec d'un côté, des maisons édifiées à même la falaise qui pénètrent en partie dans la roche calcaire de la "montagne" et de l'autre, des maisons qui dominent un ravin abrupt menant à la vallée de l'Aisne.
Des grottes, d'où les carriers ont extrait la pierre jusqu'au XIXème siècle, ont servi de refuges pendant la guerre et ont formé des logements troglodyliques encore occupés.
La Rivière L'Aisne et le Ruisseau Saint-Pierre sont les principaux cours d'eau qui traversent la commune.

Drapeau francais fond blancHistoire

Les vestiges préhistoriques mis en évidence par des fouilles archéologiques témoignent d’une occupation ancienne du site.
Une maladrerie autrefois rattachée à Cerny-en-Laonnois existait.
En 1914, le village sert d’abri aux soldats français dès septembre. Pour les retarder, les Allemands avaient mis en scène une barricade avec casques à pointe et fusils pour faire croire à leur présence, alors qu’ils avaient déjà abandonné le village (Source : RG Nobécourt).
Le 5 juin 1917, une mutinerie éclate au sein du 75e RI, en repos à Pargnan après de très lourdes pertes dans les semaines précédentes près de la Caverne du Dragon. Le 10, plusieurs mutins sont jugés par le Conseil de guerre. Le caporal Albert Truton est condamné à mort et exécuté le 18 juin.
Le village est sérieusement endommagé, mais pas détruit, par les combats.

7 juin 1917,  une mutinerie dans les creutes de Pargnan

Deux compagnies du 75e RI refusent de sortir des creutes pour remonter aux tranchées…

Crise du moral
L’accumulation des douleurs physiques et morales des combattants au printemps 1917 est telle que les actes d’indiscipline ou de désertions individuelles se multiplient dans de nombreux régiments français.
Au début du mois de mai, le régiment qui n’a pas participé à l’offensive du 16 avril, est dirigé du sud de Saint-Quentin vers le Chemin des Dames. Il doit prendre positon entre Vassogne et Hurtebise. Dès cet ordre communiqué à la troupe, plusieurs cas de désertions sont relevés. Ces cas de désertions sont autant de refus individuels qui attestent une crise profonde au sein de régiments épuisés. Le phénomène va s’accentuer après les combats particulièrement meurtriers des jours suivants.

Terrain truqué
Le 75e RI est déployé sur l’éperon situé autour du monument d’Hurtebise, le 20 mai alors qu’il tient la tranchée Fichou, le régiment essuie une vigoureuse attaque allemande devant laquelle il recule, seuls 10 hommes en reviennent. Terrés dans les tranchées à l’aplomb de la Caverne du Dragon, les hommes sont attaqués de partout. Plusieurs entrées permettent aux Allemands de pénétrer et de sortit de la creute et de prendre à partie les Français dans leur ligne. Ce même jour, à proximité de la ferme d’Hurtebise, Henri Reynet de la 5e compagnie est accusé d’abandon de poste. Alors qu’il est de corvée d’eau, il est surpris par la violence du bombardement allemand. Il racontera plus tard avoir perdu la tête et marché jusque Fismes, puis avoir pris le train des permissionnaires pour rentrer chez lui à Vals-les-Bains, en Ardèche. En 10 jours, le régiment perd 20 % de son effectif, avec 310 morts, blessés et disparus dont 20 officiers, selon l’officier rapporteur du journal de marche, qui indique cependant que « la réalité doit dépasser ce chiffre ».

Agitation dans les creutes de Pargnan
Lieux propices à l’isolement, elles permettent aux hommes de discuter et parfois de contester. Le 75e RI est mis à la disposition du commandant de la division pour des travaux d’aménagement en retrait du Chemin des Dames. Epuisé et touché par de très lourdes pertes après les combats de la fin mai, le régiment trouve un repos précaire à seulement quelques kilomètres du front : un bataillon loge à Pargnan, un bataillon aux creutes de l’Yser, un autre aux creutes de Champagne, le PC à la ferme de Bellevue. Le 5 juin, des territoriaux du 24e RIT viennent combler les pertes du 75e et plusieurs officiers font également leur arrivée. Le lieutenant-colonel Pierlot, qui a perçu la baisse du moral des hommes, tente de rendre plus agréable ce repos en organisant une petite fête avec les musiciens du 8e RIT. Le 7 juin, le concert tourne très vite à la contestation et les musiciens sont chahutés et traités « d’embusqués ». Vers 16h, l’ordre est donné de se préparer pour remonter aux tranchées à 22h. Le point de ralliement est fixé sur la route de Cuissy-et-Gény.
Vers 21h, plusieurs discussions prennent une tournure revendicative : les hommes veulent un repos prolongé et le droit de partir en permission. Le bruit court que le second bataillon ne va pas remonter aux tranchées. Dans la creute du milieu, qui communique avec les deux autres, l’agitation se fait de plus en plus vive entre les hommes. S’ensuit un enchaînement de faits qui amènera les fantassins à manifester clairement leur refus de rassembler leurs affaires et de se diriger vers le point de ralliement. Plusieurs se postent à l’entrée des abris, certains munis de pistolets automatiques, afin d’empêcher toute sortie. A l’intérieur, les bougies sont soufflées et l’on attend la venue des officiers. Le caporal Fontès s’emploie à raisonner les hommes mais « les lumières se sont éteintes, le vacarme a commencé, je n’ai pu distinguer personne ». Dans son rapport, le sergent-fourrier Glaizes, qui parle dès le lendemain d’« esprit de mutinerie », invoque l’obscurité, facteur qui, selon lui, aurait empêché le retour à l’ordre. Le lieutenant-colonel Pierlot pénètre lui-même dans la creute muni de sa lampe de poche, vers 23h mais ses  exhortations sont sans effets. Vers 2h du matin, le calme revient dans les creutes et les hommes prennent finalement le chemin de la relève.
Le lendemain, 9 soldats sont arrêtés, une vingtaine d’autres le seront ensuite, ramenés des tranchées et conduits à la prison du quartier général de la division à Oeuilly, 12 passent en conseil de guerre dès le 10 juin : les caporaux Albert Truton , Joseph Mathais, François Boyer, les soldats Fernand Leblanc, Edouard Blanc, Lucien Villain, et Maurice Pommey, le caporal Robert Martin, les soldats Sylvain Bœuf, Clément Duchêne, Gabriel Dedieu et Elie Saurel. L’enquête s’attache en priorité à identifier les meneurs qui se sont portés à la tête de la contestation et qui devront être « impitoyablement frappés » selon le colonel Husband, commandant l’infanterie divisionnaire.

Pargnan aisne vue panoramique marquee

Le caporal Albert Truton (photo ci-contre avec son épouse et sa fille)
Pargnan aisne albert trutonPlusieurs témoins le désignent comme l’un des meneurs figurant parmi les gardiens de l’entrée de la grande creute. A la différence des autres accusés qui s’accordent pour minimiser les faits qui leur sont reprochés en faisant valoir un phénomène d’entraînement mutuel, Truton nie toute participation à l’agitation et déclare avoir dormi au moment des faits.
Incorporé en 1914, blessé par un éclat d’obus en  1916 dans le secteur de Verdun, il est cité à l’ordre du régiment comme « bon gradé courageux ». Il est marié et père d’un enfant, cependant, ni sa situation de famille ni ses états de service ne suffisent à infléchir le jugement du conseil de guerre qui le condamne à la peine capitale «  pour refus d’obéissance étant commandé pour marcher contre l’ennemi ». Cinq des accusés sont condamnés à 20 ans de travaux forcés, les autres à des peines de prison. Le 15 juin, le conseil de révision rejette sa demande de recours et le général Maistre demande l’exécution. Poincaré rejette la grâce le 16 juin.
Les mutineries de 1917, qui ont concerné entre 30 000 et 40 000 hommes ont été suivies de 26 exécutions pour des « faits collectifs » et de 31 exécutions pour des « faits individuels » auxquelles s’ajoutent plusieurs dizaines de condamnations à des peines de prison et de travaux forcés. Les acteurs de la mutinerie de Pargnan n’imaginaient pas se retrouver devant un peloton d’exécution, à en croire Albert Truton : « Pargnan aisne albert truton tombe a cerny en laonnoisJe pense être aquitté mais je sui cassée de caporal et de grande chance que nous allons être changé de régiment [...] Enfin cher petite femme ne te fait pas de mauvais sang, ce nempeche pas de avoire ma permission car ces un droit quand mon tour sera arrivé je partirai comme les autres, mes si tu savais cher femme que je pleure car mois qui a jamais été punis jent ai gros sur le cœur » (orthographe originale).
Pour « réparation du crime commis », l’exécution d’Albert Truton a lieu à Pargnan, là-même où s’est déroulée la mutinerie. Le passage par les armes se déroule dans un large champ, en contrebas du village, le condamné attaché à un poteau face aux compagnies désignées pour assister à la fusillade, dans lequel un peloton d’exécution est formé. Le décès du caporal est constaté à 4h du matin. Une fosse a été creusée non loin du poteau d’exécution.
Aujourd’hui, sa dépouille se trouve dans la nécropole française de Cerny-en-Laonnois. La croix d’Albert Truton porte la mention « Mort pour la France » mais le terme exact ne serait-il pas « Mort par la France » ?...
A la grande boucherie de 14-18 s’est ajoutée la barbarie des tribunaux militaires. Des soldats ont été « fusillés pour l’exemple », exécutés par leur propre pays comme ce fut le cas pour ce caporal.

Seigneurs et gens de noblesse de Pargnan (source : dictionnaire historique de Melleville)

1660, Pierre de Crécy de la famille de Crécy-Cerny, seigneur de Pargnan et Bligny.
Vers 1670, Pierre Maynon, seigneur de Pargnan par acquisition qui légua cette terre en 1679 à Claude Maynon, son frère.
1679, Claude Maynon, frère du précédent, seigneur de Pargnan.
Vers 1685-1692, François de Crécy-Cerny, seigneur de Pargnan. Sa femme est Elizabeth de Hédouville avec qui il aura au moins 2 enfants, Valérien et Louise (qui épousa Louis de Guiscelin, seigneur de La Barre, fils de Louis Tristan de Guiscelin, seigneur de Malval). Il fut homme d'église d'abord, abbé d'Orbais en 1678, se démit, embrassa le métier des armes, et prit du service en Allemagne où il commanda une compagnie de cent hommes.
1750, N. de Guiscelin, seigneur de La Barre et Pargnan, garde du corps.
1750, Famille de Guiscelin jusqu'à la Révolution.

Patrimoine

Les creutes sont encore utilisées. Dans l’une d’elles une fresque représentant un avion français.

L’église Saint Rémi possède des fronts baptismaux en pierre bleue sculptée du XIVème siècle, mais ses célèbres peintures furent détruites pendant la Première Guerre Mondiale.

Le château, ancienne demeure de Bignicourt de Chambly, ancien vendangeoir du XVIIIème siècle, est acheté en 1906 par Gabriel Hanotaux.

Le cimetière communal contient les sépultures de guerre de 6 combattants du Commonwealth, dont 2 inconnus, ainsi que 4 combattants français tombés en 1914. Il  est situé sur le côté de l’église, sur une petite colline qui domine le village.

Personnalité liée à la commune

Gabriel Albert Auguste Hanotaux (1853/1944), diplomate, historien et homme politique français né à Beaurevoir dans l'Aisne (Voir sa biographie dans l'onglet "Beaurevoir"). En 1906, il acheta l’ancienne maison seigneuriale de Bignicourt de Chambly qui domine la vallée de l’Aisne. Il aimait passer l’été à Pargnan à évoquer les grands souvenirs d’histoire. Cette demeure sera endommagée pendant la Première Guerre Mondiale.

Evolution de la population

Pargnan demo

Nos ancêtres de Pargnan …

Naissances/baptêmes :
LAURENT Guillemette(sosa 3497G12) vers 1639.
LEROUX Nicolas (sosa 876G10) vers 1716.
LEROUX Pierre (sosa 438G9) vers 1744.

Décès /inhumations :
LEROUX Antoine(sosa 1752G11) avant 1738.
Leroux nicolas 1738LEROUX Nicolas(sosa 876G10) vers 1745. Sa signature ci-contre en 1738.
POIDEVIN Marie Françoise (sosa 1753G11) épouse LEROUX, après 1763.

 

Date de dernière mise à jour : 29/03/2015