Vendières

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Vendières est érigé sur un plateau élevé qui s'infléchit d'un côté sur le Petit Morin et de l'autre sur l'Épine-aux-Bois. Il est dispersé sur une vaste étendue et compte une vingtaine de hameaux dont deux d'entre eux possèdent un château avec chapelle : Courbetin et Pomesson.
On atteint le village par une petite route sinueuse, en haut d'un vallon, permettant d'apprécier un magnifique panorama. Il est caractérisé par un habitat typique en pierres meulières.

Drapeau francais fond blancHistoire

Vendières est un village très ancien, appelé Vinderia sous Rome.
Au VIème siècle, il fut donné à Théodoric fils de Clovis, à Saint Rémi, Archevêque de Reims.
Dès 1110, la paroisse de Vendières appartenait aux moines de l'abbaye de Saint-Jean des Vignes de Soissons.
Au XVIème siècle, Nicolas Colbert, le père du ministre des finances et secrétaire d'état, était seigneur de Vendières. La ferme de Courbetin lui appartenait.
En 1783, à l'exception du hameau de Courbetin, toute la paroisse de Vendières appartient au Marquis de Courtanvaux, seigneur de Montmirail. Le hameau de Courbetin est sous la seigneurie de M. Chapon. Un ancêtre, Charles MAILLARD (sosa 1086G11) était Garde des plaisirs de M. le Marquis de Courtanvaux.
En 1843, c'est le comte Auguste de Colbert (petit-fils du précédent) qui devient propriétaire de la ferme de Courbetin.
En janvier 1871, Jules Leroy, instituteur de Vendières, a été fusillé à Châlons-en-Champagne, par les Prussiens, accusés avec deux autres de ses collègues, Jules Debordeaux et Louis Poulette, d'avoir secondé la Défense Nationale

Vendières pendant la guerre de 1870

La guerre franco-allemande, ou guerre franco-prussienne de 1870, opposa le Second Empire français au royaume de Prusse et ses alliés. Le conflit, qui dura du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871, marqua le point culminant de la tension entre les deux puissances, résultant de la volonté prussienne d'unifier l'Allemagne, qui était alors une mosaïque d'États indépendants. Il se termina par une défaite française qui entraîna la chute du Second Empire français et de Napoléon III ainsi que la perte du territoire français de l’Alsace-Lorraine. Côté allemand, ce fut un élément primordial de l'unification allemande, initiée par Bismarck, et le point de départ de la création de l'Empire allemand.
Cette guerre engendrera longtemps un sentiment revanchard français, notamment au début de la Première Guerre mondiale.

Les trois instituteurs fusillés pendant cette guerre
Les Prussiens s’apprêtent à attaquer Soissons par la rive gauche de l’Aisne. Seul, Crouy sur la rive droite est occupé. Le 8 octobre 1870, quelques soldats explorent la rivière près de Pommiers : ils veulent établir un pont de bateaux. L’alarme est vite donnée dans le village mais personne n’a reçu d’armes.
Jules debordeauxJules Debordeaux est instituteur à Pasly. Il a 27 ans. Il se rend sur les lieux pour se rendre compte de la situation. Les habitants décident, avec l’accord de l’instituteur, de retarder les Prussiens dans leur tâche. Ils interpellent l’ennemi, Debordeaux fait mine de tirer avec un fusil, les Allemands préfèrent se retirer en disant qu’ils vont vite revenir. Les gens de Pommiers remercient l’enseignant qui file sur Vauxrezis rencontrer son collègue, Louis Poulette, qui a lui aussi organisé la garde nationale : il faut à tout prix empêcher la construction du pont. Le commandant de Soissons promet d’envoyer dès le lendemain des hommes, on doit les attendre avant d’engager la lutte.
Comme promis, les Allemands reviennent.  Aussitôt, Debordeaux fait semblant de commencer l’attaque en criant « En avant bataillon ! » A  ces mots, les Allemands se cachent dans les caves, les hangars. Les renforts ne sont toujours pas là. Les Prussiens franchissent l’Aisne le dimanche 9 octobre à 3h du matin. Les habitants sont réveillés à grands coups de crosses dans les portes, ils doivent dénoncer les coupables s’ils ne veulent pas voir le village incendié. Debordeaux et le maire, M. Deschamps, doivent remettre, sous la menace, la liste des gardes nationaux et apporter les fusils ainsi que les cartouches.
Louis pouletteLe lendemain, trois habitants vont dénoncer l’instituteur et deux de leurs compagnons : cinq otages de Pommiers vont être fusillés, le village incendié. Debordeaux essaie de fuir mais il est rattrapé et emmené à l’école, interrogé, frappé puis fusillé sur la montagne entre Pasly et Cuffies. Les trois cadavres sont abandonnés par l’ennemi, ce n’est que le lendemain que les habitants osent leur donner une sépulture.
Les Prussiens exigent que M. Deschamps les conduise à Vauxrezis, village qui a été désigné par les dénonciateurs de Pommiers. Ce sont les mêmes scènes de violence et de pillage.
L’instituteur, Louis Poulette, a pris soin de détruire la liste des gardes nationaux avant l‘arrivé des prussiens mais le garde champêtre a une copie de cette liste, il la remet aux allemands, elle comporte les noms de Letoffe et Dequiret. Tous deux et l’instituteur sont aussitôt arrêtés avec une trentaine d’habitants de Vauxrezis, et gardés à vue dans la cour de la mairie. On oblige la femme de l’instituteur à préparer le repas des trois chefs allemands. Puis les otages sont entassés sur une charrette et emmenés derrière le château. Après un rapide jugement, les trois hommes sont fusillés, des otages sont remis en liberté et d’autres sont prisonniers enfermés dans les caves du château.
Jules leroyJules Leroy est la troisième victime, 25 ans, il enseigne depuis  2 ans à Vendières où s’est installée une compagnie de francs tireurs chargés de retarder le ravitaillement de l’armée prusse. Le 18 janvier 1871, une colonne ennemie arrive à Vendières, les francs tireurs abandonnent le village, ils ne sont pas assez nombreux. Les maisons sont pillées. Leroy est considéré comme étant le chef avec 9 autres personnes, ils sont emmenés à Nogent- l’Artaud, puis vers Châlons le 20 janvier 1871. Le 22, vers 7h du matin, 4 hommes dont  Leroy sont traînés derrière le manège et adossés au mur. Quatre trous ont été creusés et au bord de chacun d’eux, une bière. A sept heures et quart les quatre prisonniers tombent et sont enterrés sur place. Ce ne sera que le 9 octobre 1871, neuf mois plus tard que Mme Leroy pourra transporter le corps de son mari dans le cimetière de Vendières. (Source et photo Maryse Trannois).

Seigneurs et gens de la noblesse de Vendières (source : Dictionnaire historique de Melleville)

1210,  Aélide de Vendières, dame de Beaune et Vendières. Elle fonde avec son fils Jean, comte de Beaumont, deux chapelles, une à Beaune e t l'autre à Vendières.
1316, Erard de Vendières, chevalier de Vendières. Il est l'époux d' Isabeau de Cuiry.
15..., Guy de Condé, seigneur de Vendières.
1575, Ancelot de Condé, Fils du précédent. Il est seigneur de Vendières et Limé.
16..., Nicolas Colbert, écuyer, seigneur de Vendière, capitaine des villes et tour de Fismes, secrétaire du roi, maître d'hôtel ordinaire de Sa Majesté, et enfin conseiller d'État. Il est l'époux de Marie Pussort dont il a au moins trois enfants : Jean Baptiste (ministre et secrétaire d'état), Marie (femme de Jean Desmarets, natif de Laon et trésorier de France), Charles (seigneur de Croissy, premier président au parlement de Metz et ambassadeur).
1670, Charles de Bertrand, seigneur du fief de Pomesson.
1780, M. Capron, seigneur du hameau de Courbetin.
1780, le marquis de Courtanvaux, seigneur de Montmirail, Marchais, Courboin, Vendières.
En dernier lieu, le duc de Doudeauville, seigneur de Vendières, Marchais, Courboin.

Patrimoine

L’église Saint Jean-Baptiste du XVIIème siècle abrite une poutre de Gloire en bois peint polychrome datée de 1627. Classée aux Monuments Historiques en 1928.

Le pavillon de Colbert du XVIIIème siècle, au hameau de Courbetin a été construit sur caves.

Le médaillon de Colbert est placé actuellement dans la salle polyvalente. Il se trouvait dans le pavillon du château de Courbetin.

L'ancien presbytère sur cave date également du  XVIIème siècle.

La ferme de Courbetin du XVIIème siècle comporte un logis à tourelle carrée et des contreforts.

Les moulins au hameau de Villiers sur l'Eau et l'Oie, dont l'un marchait encore au milieu du XXème siècle.

Le lavoir illustré par une fable de La Fontaine « Le lion et le moucheron ».

Evolution de la population

Vendieres demo

Nos ancêtres de Vendières …

Domicile :
FAGOT Antoine (sosa 266G9) et ARNOULT Marie Louise a une date inconnue.

 

Date de dernière mise à jour : 29/03/2015