Lavilletertre

Lavilletertre adm

Commune du Vexin Français, traversée par la rivière La Viosne qui prend sa source à proximité et alimente un premier étang en contrebas du tertre. Le village est situé à 10Kms de Chaumont-en-Vexin.

Lavilletertre blasonHéraldique

Blasonnement de la commune :
D'azur à trois besants d'or; à la bordure componée d'argent et de gueules.

Drapeau francais fond blancHistoire

L’étymologie Lavilletertre signifie la ville du tertre, faisant référence à un tertre celtique (tombeau) ou à une motte castrale du temps des invasions scandinaves, comme à Saint Martin-du-Tertre (Val d’Oise). A l’origine Lavilletertre pourrait être une villa Gallo-romaine.

Lavilletertre a été chef-lieu de canton durant la Révolution (de 1790 au 8 Pluviôse an IX, 28 janvier 1801).
En 1823, Saint-Cyr-sur-Chars est réunie à Lavilletertre.

La guerre de Cent Ans (1337/1453)… deux ans après Azincourt

Le roi d’Angleterre revient en Normandie avec une armée de 10 000 à 12 000 hommes et une artillerie à feu considérable pour l’époque : il compte bien entreprendre la conquête du Duché de Normandie.
Armagnacs et Bourguignons s’opposent alors dans une véritable guerre civile et ne luttent guère contre les Anglais : Paris, et donc le roi, sont contrôlés par le comte d'Armagnac entre 1413 et 1418, Isabeau de Bavière doit fuir et est recueillie par Jean sans Peur. Les Armagnacs multipliant les exactions dans la capitale, les Parisiens ouvrent les portes aux Bourguignons qui ont su mener une politique accommodante de baisse des taxes dans les villes qu'ils contrôlent fin mai 1418. C'est un nouveau bain de sang : en juin 1418, les Armagnacs sont massacrés et le futur Charles VII que son père a nommé lieutenant du royaume se proclame régent en décembre 1418, et, prenant la tête du parti Armagnac, établit son gouvernement à Bourges. Henri V a les mains libres : en moins de deux ans, toutes les forteresses normandes, villes ou châteaux, tombent. C’est à cette époque que la forteresse de Lavilletertre est prise et détruite. Rouen, assiégée, est réduite à la famine. La ville accepte finalement d’ouvrir ses portes au roi d’Angleterre le 19 janvier 1419. À cette date, seul le Mont-Saint-Michel tient bon.
Les Anglais peuvent prendre Paris en 1419. Une médiation est tentée entre Armagnacs et Bourguignons, le duc de Bourgogne et le dauphin se rencontrent sur le pont de Montereau le 10 septembre 1419. Mais, lors de l’entrevue, Jean sans Peur est assassiné par des proches du dauphin pour qui un accord avec les Bourguignons est inacceptable. Le dauphin est accusé d’être le commanditaire et les conséquences sont catastrophiques pour les Armagnacs. Philippe le Bon, fils de Jean sans Peur, s’allie alors ouvertement aux Anglais, et fait signer le traité de Troyes de 1420 à Charles VI, définitivement fou. Le dauphin est déshérité, Henri V épouse la fille de Charles VI et devient l’héritier du royaume de France. Henri V  est régent de France en 1421. Les Armagnacs dénoncent ce traité, arguant du fait que la couronne possède le roi, et non le contraire. Ils s'appuient sur le précédent de la succession de Charles IV et sur la récupération de la loi salique pour refuser que la couronne puisse échoir au futur fils de la fille du roi. La France est partagée en trois influences : le Sud (régions au Sud de la Loire, moins la Guyenne) fidèle au dauphin, le Nord-Ouest tenu par les Anglais, le reste aux Bourguignons.
En 1422, Henri V et Charles VI meurent. Henri VI, fils d’Henri V, se retrouve roi de France et d’Angleterre, mais mineur, d’où une interruption momentanée du conflit.

Les seigneurs et gens de noblesse

Dans l’église de Saint-Cyr-sur-Chars, deux dalles tumulaires encastrées dans la muraille :
-  septentrionale du chœur, à l’intérieur, comporte l’épitaphe de :
Philippe de Garges, décédée en 1657 à l’âge de 55 ans. Elle était la  femme de René Mareul, seigneur de Saint-Cyr, Rosmesnil et Villers-Saint-Genest (arrt de Senlis), la fille de Jean de Garges et de Renée Gaillarbois (famille ancienne de la noblesse de Garges, près de Gonesse, aux armoiries « d’or au lion rampant armé et lampassé de gueules ».
- méridionale du chœur, à l’intérieur, vis-à-vis de la précédente, comporte l’épitaphe de :
Marie Françoise Fagnier de Montflambert, décédée en 1792 à l’âge de 62 ans, fille de Fagnier de Montflambert, conseiller au Châtelet de Paris et d’Anne d’Arboulin. Elle était la femme de Anne Nicolas Guillemeau de Saint Souplet, seigneur de Saint-Cyr et Romesnil, écuyer du roi, mousquetaire, capitaine de cavalerie, qui périt sur l'échafaud en 1794, avec son fils et son frère, prêtre et grand vicaire de Montpellier, dans la tourmente révolutionnaire,  parce qu'il avait participé à la défense des Tuileries et de la famille royale le 10 août 1792. Il était le fils de Joseph Guillemeau, seigneur de Fréval, conseiller au Châtelet de Paris et d’Elisabeth de Bragelongue. La famille Guillemeau est originaire de Paris.

Chroniques communales

La pierre-frite
Jacques Cambry, 1749/1807, écrivain breton, fondateur de l'Académie celtique porte la soutane quelques années avant de préférer une vie plus laïque. Il est précepteur chez Claude Denis Dodun, un directeur de la Compagnie des Indes dont il épousera plus tard la veuve. Durant sa jeunesse, en bon breton, il vit d'abord en mer, puis continue de voyager dans toute l'Europe où il se fait initier dans des sociétés secrètes.
Jacques cambryIl est receveur général des États de Bretagne, puis, en 1794, commissaire des Sciences et des Arts. Pétri d'une culture classique dont il émaille ses observations, Cambry se révèle un observateur curieux et scrupuleux, portant un intérêt à l'histoire et à la langue, à la musique et à la danse. Il est nommé, en 1799, administrateur du département de la Seine puis préfet du département de l'Oise par Napoléon. Il y effectue une profonde réforme des circonscriptions cantonales et écrit notamment vers 1803, un livre «Description du département de l’Oise en deux volumes».
Dans le tome 1, ce texte consacré à Lavilletertre et plus particulièrement à la pierre-frite :
«… J’allai voir une pierre de grès nommée pierre-frite par les villageois ; on me l’avoit indiquée comme un de ces monuments dédiés au soleil, que les Bretons nomment ar men hir, les Saxons, hir men sul ; elle n’a point la forme de ces aiguilles qui, comme les pyramides, comme les obélisques, représentaient, dit-on, les rayons du soleil ; c’est une pierre de grès de neuf pieds de large à sa base, de huit pieds d’élévation, et de quatre pieds de large à son sommet ; elle n’a pas plus d’un pied d’épaisseur ; elle est couverte de lichen. Cette pierre est fort dure, blanche dans quelques fractures, prenant ailleurs une teinte rougeâtre que lui donne l’oxyde de fer ; elle est placée au centre d’une vaste plaine, d’où l’on voit s’élever en amphithéâtre le village de la Ville-Tertre, dominé par la masse imposante du château. En se rapprochant du village on retrouve à mi-côte le banc de galets sur lequel il est placé : ces galets sont gris-blanc, et recouverts de lignes d’oxydes de fer, rouge, noir, ou jaune : plusieurs de ces cailloux sont transparents. La Ville-Tertre est environnée de carrières de pierres tendres, qui durcissent à l’air en blanchissant… »

Quatre tombes dans le cimetière de Saint-Cyr-sur-Chars...

Dame Marie Camille d’Agay, marquise de Saint Souplet, décédée en 1830, femme de Anne Nicolas Camille Eustache Guillemeau de Saint Souplet (veuf en premières noces de Cornélie Pétronille des Chapelles) qui lui survécut durant 47 ans, fille de Philippe Charles Bruno d’Agay, ancien intendant de Picardie, et de Catherine Geneviève Philippine Jourdan de Launay.
Angélique Marie Rosalie de l’Escalopier, comtesse de Saint Souplet, décédée en 1845 à l’âge de 75 ans, veuve de Messire Anne Claude Guillemeau, comte de Saint Souplet, fils d’Anne Nicolas Guillemeau et de Marie Françoise Fagnier de Montflambert. Elle était la fille de M. de l’Escalopier, ancien capitaine de cavalerie, et de Marie Anne de Paris.
Marie Antoinette de Saint Souplet, comtesse de Rutant, décédée en 1880 à l’âge de 61 ans, femme d’Anne Ernest Louis de Rutant. Elle était la fille Anne Nicolas Camille Eustache Guillemeau de Saint Souplet et de Marie Camille d’Agay
Anne Nicolas Camille Eustache Guillemeau, marquis de Saint Souplet, décédé  en 1877 à l’âge de 90 ans, époux de Marie Camille d’Agay et père de Madame de Rutant, qui servit dans les chevau-légers de la garde du roi.

... et plusieurs cénotaphes dans l’église de Lavilletertre, à la mémoire de :

J.B. Lemoine de Bellisle, décédé en 1791 et son épouse, Hélène Emilie de Palerme, décédée en 1800. Tous deux sont inhumés dans la chapelle du château de Bouconvilliers avec leur fille la comtesse des Courtils.
Louis René des Courtils, décédé en 1819, seigneur de Balleu, Gremevilliers, le Plix, Hérouval, Lavilletertre, Bouconvilliers…, grand bailli d’épée de la province de Beaujollois, colonel d’infanterie, chevalier de l’Ordre de Saint Louis, maire de Lavilletertre en 1819, fils de Louis des Courtils, chevalier, seigneur de Therdonne, Framicourt, Balleu… colonel du régiment royal de la marine et de Charlotte de l’Epinay. Son épouse, Geneviève Joséphine Emilie Lemoine de Bellisle, dame de Lavilletertre, Vernonet, Bellisle, Hennezis… qui lui fait élever ce monument. Tous deux sont également inhumés dans la chapelle du château de Bouconvilliers.

Patrimoine

L’église Notre-Dame-de-la-Nativité est connue pour témoigner de la transition du Roman vers le Gothique en réunissant les deux styles dans une campagne de travaux. L'extérieur est entièrement de style Roman, alors que l'intérieur est parfaitement Gothique. C'est ce qui fait son caractère exceptionnel, en plus d'avoir été édifiée pendant une période relativement courte de trente années entre 1140 et 1170, et de n'avoir jamais subi de remaniement modifiant son apparence ou sa structure. Elle en tient un plan tout à fait régulier et symétrique et un extérieur pouvant paraître un peu froid. L'église de Lavilletertre est également la première connue à avoir été conçue d'emblée pour être entièrement voûtée. Elle possède par ailleurs le plus grand portail roman du Vexin français. Pour toutes ces caractéristiques qui lui confèrent une place particulière dans l'histoire de l'architecture, l'édifice est classé aux Monuments Historiques par la liste de 1862, soit seulement 22 ans après le classement des 934 premiers bâtiments en France.
Sous l'invasion anglaise en 1418, l'église aurait été profanée et utilisée comme grenier à fourrages, mais aucun indice particulier ne confirme cette tradition orale. Les mutilations inexpliquées subies par certains chapiteaux des piliers méridionaux sont plutôt imputables à un violent incendie vers la même époque, laissant ses traces sur les murs et les piliers. L'église a connu seulement deux changements : le premier est la suppression des colonnes de la nef au-dessous des chapiteaux, nuisible à l'esthétique, mais motivée de toute évidence par le besoin de gagner de la place pour la pose d'un lambris, le second est le bouchage des deux niches dans les murs orientaux des croisillons, qui ne font pas saillie à l'extérieur.

La maison-forte de l’extrême fin du XIIème siècle,étaitsituée dans l’actuel parc de la maison hospitalière, château du XVIIIème siècle, des frères de Saint-Jean-de-Dieu, a été démolie vers 1922.
On ne sait rien de l’histoire de Lavilletertre avant le XIVème siècle. En 1368, ce fief fut donné par Charles V à l’église du Vivier-en-Brie (Seine-et-Marne) puis vendue à Hugues de Boulay en 1370. Ce dernier, marié à Marguerite de Trie fut chambellan de Charles VI. 
La maison-forte de Lavilletertre a été prise et détruite par les Anglais à la fin de la guerre de Cent Ans en 1418 après la défaite d’Azincourt. Au XVème siècle, le fief passa de la famille de Trie à celle de Valliquerville. 
Lors des guerres de religions à la fin du XVIème siècle, la face Sud disparut (incendie) ainsi que le bâtiment des communs, à cette époque le domaine appartenait à la célèbre famille de Mornay (possesseur des châteaux de Villarceau, d’Ambleville et d’Omerville (Val d’Oise). A la fin du XVIIIème siècle, la moitié des faces Ouest et Est s’effondrèrent.
Un château fut construit à ces côtés au début du XVIIIème siècle, vers 1710.
Abandonné depuis le XVIIème siècle, la maison-forte tomba dans l’oubli, sous un épais manteau végétal. En 1807, le château fut restauré par la famille des Courtils. La princesse de Béthune-Hesdigneul en est propriétaire à la fin du XIXème siècle.
En 1921, le château et le parc furent donnés par la marquise de Meyronnet aux frères hospitaliers de Saint-Jean-de Dieu. Les ruines de la maison-forte devenues menaçantes et inutiles, ils décidèrent d’en raser ses restes en 1922.
Ils établissent, dans une ancienne dépendance, séparée du château, un centre pour jeunes handicapés légers, "les Trois Sources".  En 2010, il est vendu à des investisseurs privés.

Le château de Saint-Cyr-sur-Chars. Le premier château-fort est incendié par un duc de Normandie, puis reconstruit et à nouveau rasé par les troupes d’Henri IV. A côté de ses ruines, un troisième château est élevé à la fin du XVIème et terminé au XVIIème siècle. Il possède des communs, une chapelle, une cour d'honneur, des douves et un parc. Le corps central à 3 étages dont le supérieur est mansardé. La grille d'honneur date de l’époque de Louis XV. Deux licornes entourent  les armes des Saint Souplet sur la grille en fer forgé du XVIIIème siècle. Dans le parc, le donjon d'une forteresse démantelée par Charles V, est une rare survivance de l'architecture militaire romane. Saint-Cyr appartenait avant la Révolution à M. de Saint Souplet puis il passa à la famille de Sesmaisons pendant plus d'un siècle avant de devenir la propriété de M. Rossignol.
Il est inscrit aux Monuments Historiques en 1969. (Source Base Mérimée, culture.gouv.fr/culture & patrimoine : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee.fr)

Le menhir de la pierre-frite

Le plateau et l’étang de Lavilletertre, site naturel d’intérêt régional et espace naturel d’intérêt départemental où la diversité du milieu naturel du site (pelouse, étang, cavités) attire des espèces variées : le lézard vert, le  criquet… et dans les sombres cavités, les chiroptères, à ne surtout pas déranger durant leur hibernation et leur reproduction.

La croix à l’Ouest du village. Sur une petite place au Sud du château, près du chemin de Bouconvilliers, s’élève un obélisque en pierre surmonté d’une croix, probablement élevé sous la Restauration par la comtesse des Courtils, car ses armoiries accolées à celles de son mari figurent en bas-relief sur la face antérieure du monument dans deux écus ovales entourés d’une cordelière, comme dans l’église. L’inscription a été complètement martelée sans doute à la Révolution à cause des titres qu’elle comportait.

La croix de Romesnil a été érigée en 1832, à l’angle de l’ancien et du nouveau chemin de Romesnil à Lavilletertre, en mémoire de J. Fessart décédé à 65 ans.

L’église de Saint-Cyr-sur-Chars, la nef a été démolit au XVIIème siècle et elle ne se compose plus aujourd’hui que du chœur de l’ancienne église. La cloche a été fondue en 1609 par N. Leclerc de Pontoise.

Hameaux, lieux-dits ou écarts rattachés à la commune

Grand Bachaumont, Petit Bachaumont, Rosmesnil, Saint-Cyr-sur-Chars

Evolution de la population

Lavilletertre demo

Notre fils à Lavilletertre …

Première communion :
SOUDAN Axel
(sosa 1G1) le 1er mai 2005 (célébrée par le Père Alain Caquant après 1 année de catéchisme chez Anne Léraillé qui réside à Lavilletertre).

Soudan axel 2005 groupe communion

 

Date de dernière mise à jour : 29/03/2015