La Bastide-Pradines

La bastide pradines adm

Véritable nid d'aigle, le village culmine à 600m d'altitude sur un site escarpé s'allongeant sur une longue arête rocheuse grise qui domine la vallée du Cernon tout en étant abrité par le plateau du Larzac.
Le Cernon, qui naît à Saint Eulalie et se jette dans le Tarn tout près de Saint-Georges, traverse ou longe les villages ou hameaux de Lapanouse, La Bastide, Nouzet, Raspaillac, Montclarat.
C'est une terre de parcours pour les grands troupeaux de brebis constituant aujourd'hui l'essentiel de la production agricole locale : le lait pour la fabrication du fromage de Roquefort et, autrefois, la laine.

Drapeau francais fond blancHistoire

Origine du nom
La Bastida de Sarnonenca, ou Bastide de la vallée du Cernon, est le nom le plus ancien donné au village et employé pour la première fois en 1221, lorsque le comte de Rodez, sur son lit de mort à Saint-Jean d'Acre, légue aux Hospitaliers ce qu'il possède à la dite Bastide c'est-à-dire un poste de péage contrôlant la route qui, par Alsobre où existe une motte féodale, monte sur le Larzac par le vieux chemin de Sainte-Eulalie à l'Hospitalet, en passant sous le château de Cornalatch. LHospitaliersa Bastide est à l'origine un bâtiment de garde (murs épais pouvant contenir une petite garnison et défenses fortifiées comme bretèches, échauguettes, meurtrières) et de conservation de denrées, (espaces frais et ventilés pour récoltes et produits taxés).
La Bastide est le Castel-Granieyras (rebâti au XIVème siècle et propriété privée depuis la Révolution).
En 1256, les noms de La Bastide et de Pradines sont accolés.
Le nom de Pradines vient du mot latin parietinae "les murs". C'est un lieu dit qui désigne un village abandonné de l'époque gallo-romaine où des tombes paléo-chrétiennes du VIIème siècle ont été découvertes. Ce nom a été donné à une ferme proche dont ne subsiste aujourd'hui que la bergerie bâtie en 1680. C’est cette ferme qui fut acquise en 1204 par les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (les Hospitaliers).

La guerre de Cent Ans
En 1382, le château est pris par une bande de Routiers, puis en 1438 par Guillaume Eralh, chevalier de l'ordre d'Aubrac, aidé par son neveu Jean Eralh, seigneur de Lugans (com­mune de Gaillac d'Avey­ron). Ces derniers s'emparent de la for­teresse et après avoir fait prisonnier le frère Béranger Aldebert, capi­taine-gouverneur du châ­teau, l'enferme dans sa propre prison.

Les deux guerres mondiales
La Bastide fut un des village les plus touchés de France.

Chronique communale

Le chemin de fer
La bastide pradines trainLe 1er août 1879 le Sénat adopte le tracé voté par la Chambre des Députés, et le 20 novembre 1883 la ligne est concédée à la Compagnie du Midi qui commençe les travaux en 1885. Ils furent particulièrement longs pour une ligne de 61,800 kms seulement, à cause du terrain très accidenté. Partant de l'altitude de 220,80m au Vigan, la ligne atteint celle de 808,50m. au col de Vassel près de L'Hospitalet, et aboutit à Tournemire à l'altitude de 497,25m. Le secteur Le Vigan-Tournemire est mis en service le 25 août 1896.
Le trafic voyageurs est supprimé le 15 mai 1939,  le trafic marchandises dure jusqu'au 22 mai 1955 entre L'Hospitalet et Tournemire. Depuis seule la portion de la ligne entre Tournemire et L'Hospitalet a été maintenue par les Services Militaires pour desservir par voie ferrée le Camp du Larzac à La Cavalerie.

Patrimoine

Le  Castel-Gra­nieyras, grenier fortifié,  est mentionné pour la première fois en 1278 par l'Ordre des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui ont acquis, vers 1170, l'é­glise alors paroissiale de Saint-Pierre de Gourjas, puis  le domaine de Pradines et enfin, en 1221, le village la Bastida de Sarno­nenca.  Il rele­vait de la commanderie des Hospitaliers de Saint-Félix-de-Sorgues et possédait, outre les défenses propres du bâti­ment principal (bretèche au-dessus de la porte d'en­trée, échauguettes aux deux angles), une enceinte extérieure, cons­tituée par un rempart continu dans lequel s'ou­vrait autrefois, à l'Est, le portail d'entrée, face au village.
Le rempart, dont la construction semble s'échelon­ner du milieu du XIIIème siè­cle, est, dans sa partie la plus ancienne, antérieur de près de deux siècles aux remparts plus perfectionnés de La Ca­valerie, La Couvertoira­de et Sainte-Eulalie, tous trois d'ailleurs construits par le même Ordre des Hospitaliers. Comme le grenier fortifié lui-même, il a été édifié à une épo­que où non seulement on ignorait l'usage des armes à feu mais aussi où les murailles n'étaient pas en­core couronnées de mâchi­coulis.
Il n'y a pas si longtemps le rempart, à peine visible, était recouvert d'un épais manteau de lierre cente­naire. A présent, la grande muraille, qui est très bien conser­vée, côté Nord, sur une centaine de mètres et qui domine de plus de 10m la rue du Barri, a été entièrement dégagée et laisse apparaître la masse impressionnante de sa ceinture de pierre.
Sur le côté Sud vers la vallée du Cernon, l'en­ceinte est formée par les murs de la tour-grenier, du presbytère et de l'église. L'angle Nord-Est, visible­ment refait, présente un harmonieux arrondi (modifié au XVème siècle), sans doute moins vul­nérable que l'angle vif d'origine. La muraille primitive, épaisse de 1,15m, situe l'endroit où se trou­vait le portail d'entrée de l'enceinte, près duquel était scellé le carcan où l'on ex­posait les malfaiteurs.
Sur la face Ouest, à l'étage supérieur, une latrine intacte. La partie la plus an­cienne est pourvue de trois meur­trières dont la mieux con­servée n'est pour le mo­ment visible que de l'exté­rieur : il s'agit d'une ar­chère étroite, mesurant prés d'un mètre de hau­teur. Deux autres archères, situées au même niveau et séparées par des interval­les réguliers d'une dizaine de mètres, ont été modi­fiées le long des siècles et servent de soupirail à des caves voûtées.  
En 1757, un document précise : « Le membre de La Bastide et Pradines consiste en l'égli­se paroissiale qui est dans l'enclos du château ou maison seigneuriale qui est scitué sur un rocher et estoit autrefois très grand et très fort, ayant été ruiné dans le temps des guerres civiles. Ce qui en reste d présent est assés logeable, ayant cour et avant-cour et une grosse tour avec deux guérittes, des prisons et un carcan de fer à la muraille près la porte d'entrée. Dans l'enclos du château il y a également une maison où le curé loge par tolérance du Comman­deur, les habitans du lieu estant obligés de le loger. A vingt pas du château il y a un four banal où les ha­bitons sont obligés de cuire leur pain... ».
L'église actuelle a été restauré au XIXème siècle. C'était autrefois une chapelle car le siège paroissial se trouvait dans le hameau de Saint-Pierre-de-Gourjas avec le cimetière. Son clocher surmonté d'un coq qui tourne la queue au vent. Dans le tambour, la plaque du souvenir où sont gravés les noms des 34 bastidols tombés au champ d'honneur lors des dernières grandes guerres (un dixième de la population de l'époque).
La vieille église de Saint-Pierre-de-Gourgeas et le cimetière. Le chemin direct qui y mène s'appelait au XVIIème siècle le chemin des morts, car c'est à Saint-Pierre que l'on enterrait tous les habitants de la communauté, comme en témoignent deux croix discoïdales et une croix latine à insignes de métier, conservées sous le porche d'entrée de la vieille église à clocher-mur. Plus tard, deux autres cimetières ont été aménagés dont le dernier est situé au quartier de Pradines, non loin de l'emplacement de l'ancien village de l'époque romaine.
La mairie, ancienne école des filles, au centre du village, a été bâtie sur l'emplacement de l'Oustal où Emma Calvet passa la majeure partie de sa jeunesse.
L'ancienne voie ferrée de Tournemire au Vigan (61Kms) qui réunissait la commanderie des Hospitaliers de La Bastide à celle de Saint-Félix-de-Sorgues dont elle dépendait en passant par la Commanderie du Viala-du-Pas-de Jaux, a été construite à la fin du XIXème siècle dans le cadre du plan Freyssinet et fut inaugurée en 1896. A cette époque, elle a transformé la vie des villageois de la vallée qui ont dû accueillir plus de 1000 ouvriers et ingénieurs lors de sa construction. En 1954, la concurrence de l'automobile mit fin à son exploitation. En 1977, la voie ferrée fut rénovée de Tournemire à l'Hospitalet dans le cadre de l'ventuelle extension du camp du Larzac, mais l'élection de François Mitterrand mit fin au projet. Depuis 1992, l'IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) effectue des recherches scientifiques et techniques dans un tunnel de 1885m situé en aval de la gare de La Bastide Pradines. En 1999, l'idée de valoriser ce patrimoine est soumise au  ministère de la défense qui donne son aval pour créer le vélo-rail actuel, en service depuis 2001.
La petite gare abandonnée.
La Carrière-Cave (signifiant "chemin encaissé"), chemin muletier ou laysse autrefois planté de vignes, descent à pic vers le Cernon. Il fut tracé par les Hospitaliers pour relier la commanderie à celle de Saint-Félix-de-Sorgues en passant par le Viala-du-Pas-de-Jaux. Cette voie médiévale accède au plateau près d'un grand rocher ayant la forme d'un lion jouant avec un rat.
Les maisons comme celle de Pierre Carles, viguier du Commandeur des Hospitaliers, avec une belle porte d'époque surmontée d'un blason sur lequel on peut lire "PC Jésus Maria 1648" .
Sur la grande place, côté Sud, celle du notaire royal, Antoine Gasc, qui la fit construire vers la fin du XVIIème siècle. Sa Maison Neuve est mentionnée en 1694, c'est une grande maison dont les armoiries ont disparus de leur emplacement à l'entrée. Ces armoiries manquantes sont probablement celles qui furent attribuées au XVIIIème siècle à l’un de ses descendant, anobli par le roi en 1757, Jean Antoine de Gasc, seigneur de Gineste, conseiller, secrétaire du Roy en la chancellerie près le Parlement de Toulouse. En 1789, le nom de Messire Jean Antoine Gasc de la Gineste, fut raccourci en Jean Antoine Gasc Lagisneste au moment, sans doute, où ses armoiries furent martelées, tandis que celles de Pierre Carle, le viguier du Commandeur, furent épargnées.
Auparavant, Antoine Gasc habitait rue du Barri dans une maison beaucoup plus modeste qui présente toujours quelques vestiges du XVIème siècle : porte d’entrée et fenêtre de la façade Est.
Il est probable que mon ancêtre Flore Gasc (sosa 827G10) qui vivait avec son époux Pierre Durand et ses 7 enfants à La Bastide-Pradines, entre 1735 et 1771, était issue de cette famille.
Louis Marie Antoine Gasc de la Gineste fut maire entre 1816 et 1858.

La maison fut vendue à la famille De Gualy dont un descendant, Emile, fut maire du village entre 1888 et 1896.
La pittoresque et très ancienne rue du Barri, sous l'église et le château, qui se continue par la muraille d'époque, assise des anciens remparts, a conservé d'anciennes maisons, souvent de style caussenard, du XVIème siècle, avec des linteaux sculptés.
Le pont de 17,60 m de long à deux arches, l’une en segment de cercle formant un léger dos d’âne et l’autre en plein cintre enjambe le Cernon.
Le Saute-Bouc, profond ravin, sépare le bourg des typiques hameaux de Cazalèdes et Saint-Pierre-de-Gourgeas.
Sur le plateau, au delà de Côte-Rouge, des grottes, des avens, des dolmens et tumulus, des vestiges Gallo-Romains, des voies anciennes que les anciens parcouraient à pied pour aller à Millau par Brunas et le chemin de Boultou.
La grotte des Résistants (ou grotte des Maquisards), cavité naturelle située en bordure du plateau.
La grotte n°1 de l'Hettangien (voir "Echelle des Temps")  située à 1500m en aval de la Bastide et 300m en amont du chemin qui monte à Saint-Pierre-de Gourjas. Une entrée étroite mène dans une galerie basse creusée selon un joint de stratification. Ensuite, selon une fracture, elle se poursuit sur deux niveaux.
(Sources : http://labastidepradines.free.fr - Gil de la Mare, André Soutou - Inventaire du Larzac et de la Séranne, JF Brun).

Personnalité liée à la commune

Emma calveRosa Noémie Emma Calvet, dite Emma Calvé, 1858/1942, cantatrice française (soprano), fille de Justin Calvet, né en 1824 à La Bastide, ouvrier puis entrepreneur pour le compte de la Société des Houillères et Fonderies de l’Aveyron, et d'Adèle Léonie Astorg, ouvrière.
Confiée à une tante paternelle, elle fréquente le Couvent bleu de Tournemire jusqu'à l'âge de 17 ans, puis entre dans l’Administration des Postes. En 1878, elle est à Paris avec sa mère, lingère, et prend ses premiers cours de chant chez le Professeur Louis Puget puis admise au Conservatoire en sort en 1882, et est engagée au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles où elle interprète les rôles de "Marguerite" dans Faust et de "Chérubin" dans les Noces de Figaro. Par la suite, elle se rend célèbre dans "Carmen".
Vers 1893, elle fait la connaissance de l’étrange abbé Béranger Saunière, curé de Rennes-le-Château, dont elle devient la maîtresse et qui, plus tard, lui fera cadeau d’un des énigmatiques piliers wisigothiques trouvée en son église.
Un cousin fut maire de La Bastide, un aïeul, officier de la Garde Impériale.

Hameaux, lieux dits et écarts

Le Soutoulas et les maisons d'H. Comby, amiral contrôleur général de la marine et celle du célèbre braconnier Marquemal, Les Prades où se déroulait jadis la "Course au coq", Saint-Pierre de Gourjas et sa vieille église, Malhuzernes, La Gineste, Les Cazalèdes, Beaumescure, Le Causse, Le Saint-Esprit...

Evolution de la population

La population de la Bastide-Pradines a été de 929 habitants en 1887, au moment de la construction de la ligne de chemin de fer Toumemire-Le Vigan.
La commune comptait 345 âmes à la veille de 1914, ainsi que : 3 maçons, 1 menuisier, 1 charron, 1 cordonnier, 2 forgerons, 2 couturières, 1 tailleur, 1 épicerie, 2 caves à fromage, 2 cafés, 1 école de filles (aujourd'hui mairie), 1 école de garçons construite en 1883.
Elle fournissait aussi une abondante main d'oeuvre, essentiellement féminine, aux caves de Roquefort.
Un siècle plus tard, elle a subit les effets de l'exode rural comme beaucoup d'autres, et il n'y a plus ni école, ni commerce.

La bastide pradines demo

Nos ancêtres de La Bastide-Pradines ...

Naissances/baptèmes :
DURAND Jeanne (sosa 413G9) le 4 avril 1736 au hameau des Cazalèdes.
DURAND Jehan Guilhaume (sosa 3304G12) le 15 septembre 1648 au hameau des Cazalèdes
DURAND Pierre (sosa 826G10) à une date inconnue au hameau des Cazalèdes.
DURAND Jean (sosa 1652G11) le 23 février 1676 au hameau des Cazalèdes.
SINGLA François (sosa 206G8) le 15 avril 1779 et baptisé le 17 avril.

Unions :
SINGLA Antoine (sosa 412G9) le 11 septembre 1760 avec DURAND Jeanne (sosa 413G9).

Décès/inhumations :
DURAND Etienne (sosa 6608G13) le 11 mai 1677. Il était l'époux de Marguerite FABRE (sosa 6609G13).
DURAND Jehan (sosa 13216G14) le 5 mars 1646 au hameau des Cazalèdes. Il était l'époux de GALTIER Catherine (sosa 13217G14).
DURAND Jehan Guilhaume (sosa 3304G12) le 30 septembre 1681 au hameau des Cazalèdes. Il était l'époux de CALMEILS Jehanne (sosa 3305G12).
DURAND Jean (sosa 1652G11) vers 1739 au hameau des Cazalèdes. Il était l'époux de RAMES Marie (sosa 1653G11).

Domicile :
DURAND Pierre (sosa 826G10) et GASC Flore (sosa 827G10) y ont résidé avec leurs 7 enfants.

 

Date de dernière mise à jour : 01/07/2015