Mounès-Prohencoux

Mounes prohencoux adm

La commune de Mounès est située sur les contreforts vallonnés des Monts de Lacaune offrant une magnifique vue sur la plaine du Rougier.
Le Sud, et l’Est de la commune sont constitués de terrains très anciens (Cambrien) appartenant au domaine des Monts de Lacaune. La plus grande partie de la commune est cependant constituée de dépôts  continentaux de  grès et pélites (Permien), de couleur  brun rouge à rouge.
Le Rance  et ses affluents ont entaillé le relief de profondes vallées aux pentes abruptes. La commune  se situe en tête du bassin versant du Rance qui draine les eaux superficielles. Le secteur est relativement pauvre en aquifères souterrains, cependant de nombreuses petites sources de fond de vallon, aux débits réduits, peuvent localement contribuer à l’alimentation en eau des fermes et hameaux.
De nombreuses fermes, hameaux et villages sont disséminés dans une mosaïque de paysages variés.
L’activité de la commune de  Mounès est quasi exclusivement tournée vers l’agriculture, l’élevage des bovins et  des ovins constituant les deux principaux types d’élevages. Le lait des ovins servant notamment à fabriquer le Roquefort, tandis que le lait de vache sert à fabriquer divers fromages régionaux réputés. La production de viande de qualité fait également partie de l’activité d’élevage pratiqué.

Drapeau francais fond blancHistoire

Préhistoire
La découverte de nombreux outils en pierre permet d’attester une présence humaine très ancienne. Quelques groupes humains ont occupé épisodiquement la région aux périodes de la préhistoire ancienne, Paléolithique Inférieur (650 à 250 000 ans avant J.-C.) et au Paléolithique Moyen (120 à 70 000 ans avant J.-C.). Un long hiatus marque la période du dernier glaciaire, sans doute à cause de conditions climatiques très rudes. Quelques millénaires après la fin de la dernière glaciation,  les derniers groupes de chasseurs collecteurs du Mésolithique (environ 7500 avant J.C.) réoccupent temporairement la région, suivis par les premiers hommes du Néolithique Ancien (environ 5500 avant J.C.) Mais c’est au Néolithique Moyen, (culture chasséenne vers 4000 avant J.C) qu’arrivent les premières importantes communautés agricoles, celle-ci vont  prospérer à tel point qu’à partir de ce moment la région sera habité quasiment sans discontinuité au moins jusqu’à l’Âge du Bronze. De nombreux outils en silex et roches dures témoignent de la présence de ces premiers agriculteurs/éleveurs. L’apogée des communautés agro-pastorales est atteinte à la fin du Néolithique au moment de la découverte de la métallurgie du cuivre, le Chalcolithique est également attesté par la présence de nombreux outils en silex et chaille, notamment par le type de pointe de flèches dites en sapin caractéristiques de cette période. Ces communautés de la fin de la Préhistoire ont également été influencées par le vaste courant Mégalithique qui  se développait dans toute l’Europe. Un des plus importants lots de statues-menhirs a ainsi été découvert sur ce territoire de la haute vallée du Fance, il compte douze statues-menhirs.
Les statues-menhirs représentent des personnages gravés dans la pierre, clairement sexués, leurs attributs indiquent leur sexe,  masculins avec armes, féminins par la parure et les seins. Cet art  spectaculaire constitue cependant une des dernières grandes énigmes de la Préhistoire, leur signification nous est totalement inconnue car ces statues-menhirs ont toutes été découvertes hors de contexte archéologique. Malgré le mystère qui les entoure, elles représentent gravées dans la pierre, l’image de femmes et d’hommes vivant dans notre région il y a près de 5000 ans, en cela elles sont un patrimoine véritablement exceptionnel.
La Protohistoire
La protohistoire n’est connue qu’au travers de quelques céramiques mises au jour sur un replat de la vallée du Rance, celles-ci sont datables de la fin de l’Âge du Bronze ou le début de l’Âge du Fer.
L’Antiquité
Il n’existe pas de vestiges majeurs de la période antique hormis quelques sites livrant divers fragments de tegulae et imbrice, ainsi que quelques tessons de céramique sigillée.
Le Moyen-Age
Les périodes historiques anciennes sont mal connues, quelques sarcophages pourraient indiquer une présence durant le Haut Moyen-Âge, mais la plupart sont probablement datables du Bas Moyen-Age vers le XIIème siècle. Plusieurs châteaux  ou demeures seigneuriales, Prohencoux, Frègeville, Falgous furent construits par les seigneurs locaux.  Seuls subsistent de nos jours ceux de Falgouset Prohencoux.
La Révolution a été marquée par la capture le 22  janvier 1794 d’un prêtre réfractaire Joseph Puech qui fut décapité à Rodez quelques semaines plus tard.
La première Guerre Mondiale (1914-1918) si elle n’atteignit pas le Sud de la France, n’en  coûta pas moins la vie à de nombreux jeunes hommes de cette commune sur les fronts de la Marne de la Somme ou des Ardennes.
La seconde Guerre Mondiale (1939-1945) :  le Maquis Bouscalous  et le drame de Sainte-Radegonde
Cette guerre  fut marquée par l’épisode tragique de l’attaque du Maquis de Bouscalous le  6 mai 1944 par les GMR (Groupes Mobiles de Réserve : unités paramilitaires crées par le Gouvernement de Vichy) venant de Béziers.
Léon Fréchet, polytechnicien, né en 1893, directeur des caves de Roquefort, protestant et homme d’autorité, entre en résistance. Grâce à son activité laitière et ses nombreuses connaissances, il rentre en contact avec des personnes comme Alfred Merle, directeur d’une usine de ganterie à Millau; Jean Carrière, notaire et gendre du précédent, et bien d’autres personnes animées par un même esprit de résistance.
Le mouvement s’étend à Rodez, Espalion et jusqu’à Montpellier. Des jeunes réfractaires rejoignent la Résistance et sont cachés. Les chantiers de jeunesse s’engagent dans la clandestinité. L’armée secrète se construit. Grâce à toute une population intergénérationnelle et interprofessionnelle, la Résistance s’organise. Il y a des relais partout.
Un peu brouillon au départ, le maquis se structure : maquis d’orientation (lieux d’accueil, fourniture de faux papiers), maquis refuge (qui se réunit dans des lieux difficiles d’accès avec des façades légales), maquis d’action qui récupère des armes, le corps franc de la Libération auquel appartient le maquis Bouscalous. La Résistance de sauvetage consiste à aider les Juifs et les réfractaires (familles, écoles, couvents).
Les actions du maquis déstabilisent les Allemands (attaques de colonnes, destruction de ponts, lignes électriques  haute tension, protection de responsables de la Résistance, sabotages d’entreprises, parachutages…). L’Aveyron de par sa situation n’attire pas l’attention, ainsi cinq terrains d’atterrissage sur le Saint-Affricain récupèrent des armes et des hommes.
Du maquis Bouscalous, cinq hommes seront déportés et trois mourront à Buchenwald. Un seul survivra à la déportation. Trois seront sauvés dont deux reprendront le combat et tomberont sous les balles allemandes à Sainte-Radegonde. Aujourd’hui encore, en Aveyron, 70 ans après les faits, le nom de cette commune proche de Rodez est assimilé à la  fusillade qui, le 17 août 1944, en fin d’après-midi, entraîna la mort de 30 otages, sous les balles de la Wehrmacht.
Les prisonniers ont été ligotés deux par deux avec du simple fil électrique et solidement encadrés par les soldats en armes mais un événement fortuit se produit : la fuite d’un 31ème  prisonnier, seul à ne pas être attaché.  Il aurait trouvé refuge dans un champ de maïs proche et aurait échappé, dans cette haute culture, aux tirs des gardes.
Ce sont donc 30 otages que les soldats poussent vers la butte et la tranchée. Malgré l’éloignement et le vent, les témoins oculaires indiquent avoir entendu des bribes de la Marseillaise, dernier défi de patriotes à leurs bourreaux. Les silhouettes des uns et des autres, face à face, se dessinent dans le soleil couchant, les deux lignes n’étant séparées que d’une dizaine de mètres. Sur un monticule proche, une autre silhouette, celle de Fienemann (interprète avec grade de caporal de la Gestapo de Rodez), dont vient l’ordre de tir. Les rafales de mitraillettes crépitent et les corps liés s’effondrent sur le sol ou dans la tranchée, heurtant les parois verticales. D’autres rafales achèvent les agonisants et les corps restés sur le sol sont précipités dans la fosse.
Tous les observateurs, le lendemain, firent les mêmes constats : corps déchiquetés, cheveux accrochés aux pierres de la paroi, faible couche de terre et de pierres recouvrant les morts. Tous évoquent plus un charnier négligé qu’une digne sépulture. Tout indique la volonté des exécuteurs d’en finir rapidement, de ne pas s’attarder sur le lieu de leur crime, la veille de leur retraite.
Par son déroulement, cette fusillade ne peut échapper à la qualification de crime de guerre.
Ce n’est qu’en 1951 que se déroula, à Toulouse, le procès de la Gestapo de Rodez. Les temps avaient changé et ne restaient pour répondre de leurs crimes que Bottger et Fienemann. Le verdict choqua par sa mansuétude au vu de l’acte d’accusation : « vingt ans de travaux forcés pour Fienemann, dix ans de la même peine pour Bottger et vingt ans d’interdiction de séjour pour les deux hommes. » Une telle sentence souleva stupéfaction et réprobation.  Par son indulgence, la Justice donna l’image d’une répression bâclée, inachevée puisque d’ailleurs certains accusés étaient absents. La déception fut immense.
Arthur Fienemann bénéficiera de trois remises de peine et sortira de prison en 1958 à l’âge de 54 ans (soit 7 ans après le jugement).
Le crime de Sainte-Radegonde perpétré par l’occupant nazi reste gravé dans la mémoire collective. Le 17 août est une journée de commémoration  et d’émotion. Le lieu de la tragédie, par la volonté commune, est aujourd’hui un espace sanctuarisé.

Chroniques communales

En 1833, Prohencoux annexe la commune voisine de Mounès.
Le 22 mars 1950, Prohencoux est renommée Mounès-Prohencoux.

«Tu seras phénomène mon fils !»

Henri Cot  dit le géant du Cros, naquit en 1884, au hameau du Cros. Le père, agriculteur, mesurait 1,53m et la mère 1,56m. Quant aux cinq frères et sœurs, aucun ne dépassait la taille de 1,65m.
Henri cotA l'âge de 8 ans, Henri mesurait déjà 1,50m, dépassant d'une bonne tête ses camarades de classe. D'une année sur l'autre, il accumula les centimètres : 1,70m à 12 ans, 1,95m à 16 ans, 2,28m à 20 ans.
Vint le jour où notre gaillard fut convoqué au conseil de révision. A Saint-Affrique Henri Cot ne passa pas inaperçu. L'officier de service à la taille dut monter la toise plus que de raison. Les conscrits roulaient des yeux ébahis devant son gigantisme. Quant au médecin-chef, il constata une insuffisance thoracique. D'un geste, il le réforma, ce qui n'empêcha nullement le préfet de l'Aveyron, M. Rocault, présent à la cérémonie de clôture, de venir lui serrer la main, accompagné des autorités civiles et militaires de la ville. On dit même que cette sollicitation valut au préfet  son avancement.
Le correspondant de «La Dépêche du Midi» s'empressa de téléphoner la nouvelle aux journaux parisiens. Les jours suivants, une troupe de photographes et de reporters débarqua au hameau du Cros.
Grisés par cette soudaine autant qu'étonnante célébrité, Henri Cot et ses parents se prêtèrent de bonne grâce aux interviews. Chacun y alla de son petit couplet sur le dernier rejeton de la famille. Quelques sommités médicales, remontant la lignée, ajoutèrent leur grain de sel, arguant du fait qu'Henri Cot était le fruit conjugué d'un grand-père maternel et d'une grand-mère paternelle plus grands que la moyenne. Quelques jours plus tard, le portrait d'Henri Cot (ci-contre) faisait la une des faits divers. En habits du dimanche, chapeau haut de forme et cocarde de conscrit épinglée à la boutonnière, Henri Cot prenait la pose aux côtés de quelques compatriotes en chapeaux mous, aux airs de lillliputiens ébahis.
La nouvelle ne manqua pas de tomber dans les oreilles de quelques impresarii qui se dirent qu’il devait y avoir là matière à tirer profit d'un tel phénomène. Quand l'un d'eux posa sur la table les 5.000 Frs du contrat qui lui donnait l'exclusivité de l'exhiber dans les spectacles à travers le monde, le sort d'Henri Cot était scellé : il sera phénomène.

Patrimoine

Le château de Prohencoux, du XVIIème siècle, a été construit sur les vestiges d’un ancien château du XIIème siècle et fut partiellement démoli durant la Révolution.

Le château de Falgous construit au XVIIIème siècle, est inscrit aux Monuments Historiques partiellement en 1931 (décor intérieur, cuisine, écurie, pigeonnier).
Le corps de logis est quadrangulaire, flanqué de deux tours, l'une circulaire, l'autre carrée. La porte d'entrée est surmontée de trois corbeaux qui devaient supporter une bretêche. Devant cette façade s'étend une cour bordée à l'Ouest par une aile coupée par des écuries. Le rez-de-chaussée du château se compose de pièces voûtées. Les anciennes cuisines conservent leur aspect du XVIIIème siècle avec four à pain (restauré), évier, réservoir à eau en grès, cheminée, potager... Au premier étage, une pièce est ornée d'un décor en stuc. Les communs et les chambres sont reliés par un porche en plein-cintre. Un pigeonnier remarquable de plan carré est couvert de lauzes. Les anciennes écuries sont voûtées d'arêtes, dallées d'origine et possèdent encore la rigole centrale et les mangeoires en grès.
Il est la propriété d’une personne privée.

L’église Saint-Pierre de Prohencoux a été construite au XVIIème siècle.

L’église Saint-Pierre de Mounès a été construite vers 1848 et son lavoir restauré en 2007.

L’église Saint-Martin de Turipi est un ancien prieuré dépendant du Châpitre de Vabres, restauré en église romane.

L’église Saint-Vincent est une  église romane comportant quatre gargouilles sculptées.

Le moulin de Crouzet et sa croix de pierre sculptée avec bénitier  date de 1782.

Les reproductions des statues menhirs visibles sur les sites où elles ont été découvertes à Nougras, Mas Viel,  Le Cros.

Le mémorial en l’honneur des membres du Maquis de Bouscalous à Prohencoux.

Lieux-dits, hameaux et écarts

Frègeville, Nougras, Le Cros, Saint-Martin de Turipi…

Evolution de la population

 Mounes prohencoux demo

Nos ancêtres de Mounès-Prohencoux...

Unions :
TABARIES Louis (sosa 392G9), premier mariage le 12 février 1732, avec BOUISSOU Louise (hs)
TABARIES Louis (sosa 392G9), second mariage, le 12 ocotbre 1734 avec SAIGNES Marie (sosa 393G9).

Domicile :
TABARIES Louis (sosa 392G9) et BOUISSOU Louise, puis avec SAIGNES Marie (sosa 393G9) au moins jusqu'en 1735, date et lieu de naissance de leur premier enfant.


 

Date de dernière mise à jour : 19/04/2015