Dourgne

Dourgne adm

Dourgne est un charmant petit village du Tarn blotti au pied de la Montagne noire, entre Revel et Labruguière.

Dourgne blasonHéraldique

Blasonnement de la commune :
D'azur aux deux clefs d'argent passées en sautoir, liées par un ruban de gueules.

Drapeau francais fond blancHistoire

Le lieu était déjà habité à l’époque Préhistorique. Puis les Gaulois s’installèrent dans la vallée. Pendant l’occupation Romaine, un passage reliant Narbonne à Castres est attesté.
Vers 960 sont mentionnés pour la première fois l'église « Sancti Petri », et le castrum « Durinano castro ». Le castrum est localisé grâce à son toponyme dans une ancienne carrière qui porte encore le nom de Castelas, à 1,250 km au Nord du village. Le « Castel Dornian » est mentionné en 1025 et en 1035 «Durniano ».
Des traces gallo-romaines sont visibles sur les sommets qui entourent le bourg cerné par les ruisseaux, le Taurou et le Melzic, qui descendent de la montagne.
Pendant toute la première partie du Moyen-âge, l’occupation du territoire se fait principalement sur trois sites distincts, tous localisés sur le versant Nord de la montagne et distants les uns des autres de quelques centaines de mètres seulement. Celui du château, le Castelas, celui du village sur le flanc oriental de la vallée et celui de la première église paroissiale Saint-Pierre sur la rive gauche du Taurou.
Avant la guerre des Albigeois au Xlllème siècle, Dourgne était un castrum (village fortifié) qui s'élevait autour d'un donjon montagnard au lieu-dit le Castellas (dont les vestiges existent encore).
Philippe le belCe village primitif (vallon de Saint Stappin aujourd’hui) ayant été dévasté pendant les combats du 22 avril 1212, les habitants demandèrent au roi de France Philippe IV le Bel (ci-contre), un siècle plus tard, la permission de reconstruire leur village au pied de la montagne. Cette permission, demandée en 1301 par une escorte composée des plus belles jeunes filles et des plus beaux jeunes gens du village, tous tenant des branches de romarin, fut finalement accordée par le roi, séduit par une si belle jeunesse.
En 1303, la première charte des libertés aurait été accordée au village avec l’autorisation de fabriquer du drap. La cité est un centre manufacturier très important au XIVème siècle. Dourgne se spécialise dans la production de cordelat, étoffe de laine assez grossière utilisée essentiellement pour la confection de vêtements de travailleur. À l’instar de nombre de villes et de villages du Haut-Languedoc, Dourgne vend sa production aux foires générales de Pézenas et de Montagnac.
En 1397, les routiers occupent le castel, et c'est peut-être après cette date qu'il fut abandonné. L'église est encore mentionnée en 1317 « Dornhano ».
Au XVIème siècle, au plus fort des guerres de Religion particulièrement ravageuses en Languedoc, Dourgne constitue une des seules communautés qui conserve la religion catholique dans le diocèse de Lavaur. En 1572, notamment, la ville aurait eu à faire face à une violente attaque. Par deux fois les moines bénédictins de Soréze se réfugièrent à Dourgne après la prise de Soréze par les troupes protestantes.
Vers 1605, à l’époque d’Henri IV, la ville était gérée par des Consuls (équivalent du maire et des conseillers municipaux actuels). Dourgne et Arfons forment une seule communauté. Chaque 15 août, 4 consuls sont désignés par leurs prédécesseurs et acceptés par le suffrage des habitants pour un an et non rééligibles. A cette époque le village était encore entouré d’une muraille. C’était une ville riche grâce au commerce de la laine et à ses élevages.
A la veille de la Révolution, la population est d’environ 1800 personnes qui vivent du textile mais aussi de la culture du blé et du seigle. On prépare la réunion des Etats Généraux et 4 députés sont élus pour y représenter la  commune. La première municipalité est installée le 8 février 1790 et le Sieur Caraven est élu Maire. Ce conseil municipal se préoccupe de l’enseignement des jeunes et décide d’ouvrir une école pour enseigner l’écriture, la lecture et l’arithmétique en 1792. Les enseignants sont rétribués selon le nombre d’élèves qu’ils instruisent.
Au cours du XIXème siècle, Dourgne continue de vivre surtout de l’élevage. Lors du recensement de 1866 on compte 1715 habitants et 3537 ovins. L’électricité arrive à Dourgne en 1891. Les carrières d’ardoises sont exploitées depuis 1873. Le téléphone arrive en 1927 et l’eau en 1950. Un chemin de fer existait jusqu’après la seconde guerre mondiale. (Source : d’après A.M. Denis, archiviste).

Le village est sous la garde de quatre saints : Stapin, Ferréol, Macaire et Hippolyte (Chipoli). Ils étaient frères. Stapin et Macaire étaient de pieux ermites. Ferréol était bouvier et Hippolyte un soldat romain. Tous périrent martyrs. Ils auraient vécu quelque part dans les âges sombres, vers le VIIème ou VIIIème siècle de notre ère...

Les quatre saints et les légendes

Saint Stapin (Estienne), sans doute la figure à la fois la plus connue et la plus ambiguë de ces quatre saints car il semble cumuler les attributs d'un saint catholique avec ceux d'un géant légendaire.
Il est né à Dourgne, ancien Diocèse de Lavaur, et a passé sa vie dans la solitude au pied de la Montagne Noire. La tradition populaire nous dit qu’il était ermite sur le plateau appelé aujourd'hui désert de Saint-Ferréol. Là, il se tenait dans un cercle de pierres blanches, où il priait sans cesse, si bien que la forme de ses jaSaint stapinmbes s'était empreinte dans le rocher, au lieu-dit les Genouillades. Face à lui se tenait Satan qui le tentait, dans un cercle de pierres noires. Sur place, on constate la présence de pierres plus ou moins sombres, ainsi que différents phénomènes d'érosion de la roche.
Un premier miracle a lieu à Ventenac-Cabardès où un culte spécial lui est voué... On l'invoque contre une maladie articulatoire, la goutte. Son culte, parti de Dourgne, s'est étendu dans plusieurs pays d'Europe.
Il est appelé à l’évêché de Carcassonne par le peuple de la ville vers 680 mais il refuse ce siège et se retire dans la grotte du Cruzel où Dieu lui demanda d’accepter cette charge, qu’il finit par accepter. Chassé par l'invasion arabe, il revint à Dourgne où il mourut vers 720. Le peuple de Carcassonne vint y chercher son corps pour l’enterrer à Carcassonne.
Une chapelle fut construite en son honneur, sur un promontoire rocheux, sous lequel se trouve la grotte de Cruzel où il avait trouvé refuge. Le vallon (site de l’ancien castellas) est dominé d’un côté par la croix de Saint-Ferréol et de l’autre par le monument dit "Roc de l’Albade" ou sa statue fut érigée en 1885.
L'Eglise l’a reconnu comme saint vers le XVIIème siècle, où il est cité dans les Actes des saints des Bollandistes, mais le culte est attesté antérieurement. Elle le fête le 4 août.
Par ailleurs, d'autres légendes populaires donnent à Stapin d'autres aspects comme celui d'un géant de légende. Ainsi la coutume du repas gargantuesque liée à lui, et qui existait encore sous Napoléon III : «Le jour de la fête, on plaçait un homme que l'on déguisait en saint Stapin dans la chapelle à la place de la statue du saint durant les offices. Ce personnage devait ensuite avaler un repas énorme formé traditionnellement de haricots. Il s'en suivait des jeux et des danses. »
D'autres traditions orales prêtent à Stapin et à ses frères une force herculéenne : «Ils étaient quatre frères qui en des temps fabuleux habitaient les environs de Dourgne : Macaire, Hippolyte, Ferréol et Stapin. Ces frères se jetaient des meules de moulins, en guise de palais, d'une montagne à l'autre. »
Il existait des rituels de fécondité, attachés à la chapelle de Saint Stapin : « des habitants de Vaure (près de Revel) venaient toucher le verrou de la chapelle consacrée à Stapin pour avoir des enfants ». Il est également lié à un rituel de circumambulation : les malades devait faire 9 fois le tour de la chapelle pour être guéri. 
Dans un conte de la Montagne noire recueilli au XIXème siècle, l'Oiseau bleu, saint Stapin apparaît sous les traits d'un pèlerin.

Saint Ferréol était un véritable mécréant « bon vivant », car il était charretier, dit la légende. Un jour, il gravissait le plateau qui domine Dourgne en conduisant une charrette traînée par de jeunes veaux. Il était plein de vin, et, arrivé au sommet, il tomba sur le rocher que le démon faisait enfoncer sous ses pas comme un sol boueux. La charrette et les animaux s'enfoncèrent également. Ferréol invoqua Dieu, lui promettant de changer de vie s'il le sortait de ce mauvais pas, un jeune homme vêtu de blanc (un ange) passa au-dessus des cornes des bêtes, et Saint Ferréol put continuer sa route. On peut encore voir les traces de roues de la charrette autour de la chapelle.
La légende de saint Ferréol est liée au franchissement de la Montagne noire, sur une voie très ancienne le cami Ferrat ou Saissaguès, voie de passage, peut-être ancienne voie romaine ou chemin de pèlerins. 

Saint Macaire (ou Mouniès) était un ermite mythique qui vivait dans un vallon où se dresse aujourd'hui un oratoire et une fontaine sacrée. Selon la légende, chaque jour, un corbeau venait lui apporter de la nourriture, au-dessus d’une source. Cette source fut nommée Saint Macaire. Elle se situe au Sud-Ouest de Dourgne. Cette source aurait des propriétés thérapeutiques. Le jour de la Saint-Jean, cette source est le plus propice à la guérison des maux. Ce jour là, les eaux sont réputées bouillir.
Une coutume ancienne voulait que les malades se lavent avec un linge trempé de l’eau de la fontaine qu’il laissait ensuite sur place (les mouniès, qui ont donné leur nom au lieu). La pratique est attestée en de nombreux autres endroits.
Macaire est lié à l’eau (la source).

Saint Hippolyte (ou Chipoli) était soldat romain. Il est associé à un site où se tenait une chapelle détruite par les protestants et un cimetière. Auparavant existait un oppidum celte et un camp romain. Là, avait lieu autrefois un pèlerinage. Le culte de saint Chipoli se développe durant le Haut Moyen-âge, il est évoqué, comme son frère Stapin, pour les maux de jambes et fêté le 2 janvier.
Hippolyte est relié à l'air (on l'évoquait contre le vent d'autan).

Les reliques de Saint Stapin

La découverte d’une relique, à la paroisse Saint Denis de la Croix-Rousse à Lyon, fournit à Dom Romain Banquet, fondateur de l’abbaye d’En-Calcat, l’occasion de se dévouer pour sa paroisse natale et pour son glorieux protecteur, enfant de Dourgne et évêque de Carcassonne au VIIème siècle.
Dom Romain, non content d’obtenir un fragment considérable de relique, procura à celle-ci un magnifique reliquaire, don d’une personne généreuse en août 1889. Quatre moines bénédictins vinrent du monastère de Mottes pour porter la relique de Lempaut à Dourgne en procession. Mais leur voyage faillit être tragique : Partis de Frèjeville pour prendre le train de Lacrémade, ils devaient y traverser l’Agoût sur la barque du passeur. Celle-ci, surchargée, manqua de chavirer. On était heureusement près de la rive, d’aucuns sautèrent à l’eau, celle-ci pénétra dans la barque et mouilla les autres. Seuls les bas blancs réglementaires des moines gardèrent la trace de l’accident.
Le curé actuel nous a déclaré avoir vu un morceau d'os, enveloppé dans un parchemin, sur lequel sont écrits ces mots : "Morceau du chef de Saint Stapin".

Seigneurs et gens de noblesse

En 960, le château de Dourgne est cité pour la première fois lorsque l’évêque de Toulouse, Hugues, le lègue au vicomte d’Albi, lequel y installe deux seigneurs, Bernard et Gausbert.
À partir de 1040, lorsque la féodalité se développe, la seigneurie de Dourgne dépend de la puissante vicomté des Trencavel qui ont évincé les comtes de Toulouse.
Au XIIème siècle, Pons de Dourgne transmet ses droits à ses trois fils, Isnard et Bégon de Dourgne et Pierre de Puylaurens ainsi qu’à son neveu Pierre de Tripol. Au cours de ce siècle, le territoire de la seigneurie s’agrandit progressivement grâce aux largesses accordées par les Trencavel. Ils leur inféodent Verdalle en 1153, Montcuq vers 1183 et Escoussens en 1186. Forts de cet agrandissement de territoire, les seigneurs de Dourgne contrôlent désormais la partie occidentale du versant Nord de la Montagne Noire et notamment la traversée du massif montagneux par les vallées.
Entre 1178 et 1229, au moment des croisades contre les albigeois, la seigneurie de Dourgne se trouve au cœur des conflits.
Raimond7En 1224, les domaines des Trencavel sont rattachés au royaume de France. A la suite du Traité de Paris de 1229, le comte de Toulouse, Raymond VII (ci-contre) rachète un certain nombre de seigneuries dont celle de Dourgne en 1231 pour compenser les pertes subies en Bas-Languedoc et en Provence. Sur place, l’homme fort du comte de Toulouse est Jourdain de Saissac, neveu de Raimond de Dourgne.
C’est donc entre les mains de cet homme à la longévité remarquable, puis à celle de ses héritiers que revient la seigneurie de Dourgne au cours du XIIIème siècle.
Les communautés de Dourgne et d’Arfons ont été réunies sous un même consulat, attesté à partir du XVIème siècle.
Jusqu’à la Révolution, les deux communautés villageoises restent unies. Chaque année, le 15 août, trois consuls sont nommés pour Dourgne et un pour Arfons. À partir du moment où la ville de Dourgne gagne son autonomie, les seigneurs du lieu ne résident plus sur place et leurs prérogatives semblent s’amoindrir.
Cependant, du tout début du XVème siècle jusqu’à la fin du XVIIème siècle, la famille de Foix en revendique les droits, ce qui donne lieu à de nombreux conflits. Parmi toutes les tentatives faites pour éloigner la famille de Foix, citons celle du consulat de Dourgne qui, en 1544, achète la juridiction totale du lieu pour tenter de se débarrasser définitivement de l’emprise des seigneurs.
Après 1627, le prince de Condé  reconquiert les villages de la Montagne Noire au nom du Roi.

Personnalités liées à la commune

Abrial jean marieJean Marie Charles Abrial 1879/1962 (Photo 1), officier de marine mort à Dourgne. Il effectue toute sa carrière dans la Marine nationale et parvient au rang de vice-amiral. Gouverneur général de l'Algérie en 1940, il apporta son aide au maréchal Pétain et fut ministre de la Marine du 29 novembre 1942 au 25 mars 1943.
Il est arrêté à la Libération et condamné le 14 août 1946, par la Haute Cour de justice à 10 ans de travaux forcés et dégradation nationale à vie pour sa collaboration avec le Gouvernement Pétain. Sa peine est commuée en 5 ans de prison. Il est mis en liberté conditionnelle en 1947. Il est ensuite réhabilité et a droit à sa mort aux honneurs militaires volontairement limités.

PatPatrick abrialrick Abrial 1946/-  (Photo 2), auteur compositeur et chanteur de rock.

Hermine DavidHermine David 1886/1970 (Photo 3), artiste peintre et graveur, fit plusieurs séjours à l'Abbaye d'En-Calcat après le décès de son mari, le peintre Pascin. Elle y laissa deux « Madone à l'enfant » datant des années 1935. Paysagiste, qualifiée de post-impressionniste, elle est aussi portraitiste. À partir des années 1940, elle crée également des émaux sur cuivre et touche à l'art sacré.

Auguste Jaurès 1847/1920 (Photo 4) est né et décédé à Dourgne. Il était le fils d’Antoine Alexis Jaurès, cabaretier à Dourgne et Rose Elisabeth Chaila. Ses grands parents et ses beaux-parents sont également de Dourgne. Il épousa en 1880, Rose Françoise Cavayé de Mazamet et vécut à Dourgne (rue de Rome) où il était un médecin très apprécié. Il fonda la «Maison d’Asile» en 1896, après avoir fait construire, en 1890, l’usine électrique. Il fut maire du village, Chevalier de la Légion d’Honneur;
Le hameau de La Montagnarié est le berceau de la famille Jaurès. Par leur arrière-grand-père, Guillaume Jaurès, Auguste et Jean Jaurès (ce dernier député tarbais, assassiné en 1914) sont cousins.
Auguste jaures

Camille montagneCamille Montagné 1907/1961 (Photo 5), architecte, né à Dourgne, il repose dans le cimetière communal. Prix de Rome en 1932.  En 1944, il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 1957, ​et Officier de la Légion d’Honneur en 1959.

Jean Antoine Gleizes 1773/1843, écrivain, né à Dourgne. Il élabore une théorie d'harmonie avec la nature qui exclut la consommation de la viande et devient végétarien. Il fait interdire la chasse sur ses terres et restera jusqu'à sa mort fidèle à ce régime alimentaire végétal qu'il juge naturel et conforme à la morale.

Isabelle riviereIsabelle Rivière 1889/1971 (Photo 6), femme de lettres, épouse de Jacques Rivière, homme de lettres, qui dirigea la Nouvelle Revue Française et sœur d'Alain Fournier. Elle est l'« Isabelle » de la dédicace du Grand Meaulnes. En 1925, après la mort de la fièvre typhoïde de son époux (après avoir été prisonnier de guerre, incarcéré dans des camps, gravement malade au retour), Isabelle se retrouve seule dans la vie à 36 ans, avec deux enfants dont l'un n'a que 5 ans. Elle va les élever dans le souvenir de leur père et de leur oncle. Et pendant 50 ans, elle sera la dépositaire de leur mémoire, conservant précieusement tout ce qu'elle a réuni de documents, manuscrits, livres etc..., et débutant dès octobre 1925, un important travail d'édition de leurs écrits, afin de mieux les faire connaître tous les deux.

Dom clement jacobDom Clément Jacob  (Maxime Jacob) 1906/1977 (Photo 8), organiste et compositeur. Participant de très près à la vie musicale parisienne, jusqu’en 1927, date de sa conversion au catholicisme et de son entrée au Monastère d’En Calcat, il fut apprécié et encouragé par des compositeurs de renom, comme Maurice Ravel ou Darius Milhaud, qui lui trouvait des «dons extraordinaires» et à sa musique une «fraicheur inaltérable» (Lettre de Milhaud à Maxime Jacob). Il décèdera à l’abbaye d’En-Calcat.

Dom Robert (Guy de Chaunac-Lanzac) 1907/1997 (Photo 7) moine bénédictin et peintre cartonnier de tapisserie. Il a étudié au collège des Jésuites de Poitiers puis à l'école des Arts Décoratifs de Paris. Il travaillera au Tissus Ducharne mais ses relations avec Maxime Jacob le mènent à entrer, en 1930, à l'abbaye d'En-Calcat où il est ordonné prêtre en 1937. Jean Lurçat, peintre céramiste et créateur de tapisseries, le pousse à créer. Parti en 1948 pour l'Angleterre, il revient à l'abbaye en 1958 et ne s'arrête plus de produire. Résidant de l’abbaye d’En-Calcat, il y décèdera le 10 mai 1997.

Dom robert

Chroniques communales

Evolution du village

Le castellas était construit sur l’ancienne route d’Arfons qui, à l’époque, était sans doute la seule route reliant Castres à la mer par Saissac (château) et Carcassonne (cité). On peut peut-être dater sa construction à l’an 960 où Gausbert et Bernard furent investis de la seigneurie de Dourgne par Frotaire, seigneur d’Albi. On sait que le Castellas existait en 1025. Il fut détruit en avril 1212 par les troupes de Simon De Montfort venant d’Hautpoul.Une carte du village datant de la fin du XVIIIème siècle indique encore un «vieux fort» à cet emplacement. À la fin du XIXème siècle, il n’en restait que quelques «substructions en petit appareil» et le cintre roman d’une porte.
Le noyau ancien du village se reconnaît actuellement au Nord-Est de l’église, en hauteur, sur une petite éminence à l’aplomb du ruisseau. Il permettait d’exploiter la défense naturelle sur trois côtés. L’ensemble était entouré d’un fossé entièrement creusé de main d’homme à l’Ouest, et un recreusement de la déclivité naturelle sur les autres côtés. Il était doublé par un mur d’enceinte flanqué de tours d’angle. En 1752, une tour ruinée existe à l’angle Ouest du village et une autre à l’angle Sud. Selon les registres des délibérations des consuls, une porte de ville existait du côté de la plaine castraise (au Nord). Elle était pourvue d’un pont-levis. Pour des raisons logiques de circulation, les portes d’accès au village doivent être envisagées dans le prolongement des rues, donc au nord et au sud. À l’intérieur des murs, le village, de formation linéaire, se compose de trois rues parallèles étroites. Ces rues sont la rue Haute, la Basselle et la rue Basse. La rue Haute et la rue Basse peuvent être considérées comme les axes majeurs. En revanche, la rue centrale, la Basselle, constitue une ruelle piétonne et secondaire sur laquelle donnent les façades arrière des maisons. Selon un dispositif caractéristique de l’époque médiévale, les parcelles d’habitation sont traversantes (les maisons présentent deux façades sur rue). Les maisons (une cinquantaine environ) situées sur le pourtour du village s’appuient directement sur le mur d’enceinte. L’absence de jardins, rejetés à l’extérieur de l’enceinte, caractérise le village.
L’habitat repéré dans le noyau ancien n’a pas révélé de bâti médiéval. Un incendie survenu en 1929 a détruit une grande partie des maisons des îlots centraux. Les cartes postales antérieures à cette date montrent que des maisons à pan de bois (XVIIème siècle) étaient encore conservées dans la rue Haute notamment.
Le noyau primitif du Moyen-âge au tracé linéaire n’a pas servi de trame pour le développement ultérieur de la ville. Seules les Promenades adoptent un tracé parallèle à celui des ruelles d’origine médiévale. Cet isolement du noyau primitif enserré dans son enceinte atteste que le développement du village s’est constitué tardivement. Il semble qu’au moins à partir du XVIIème siècle, les habitants de Dourgne se soient trouvés à l’étroit dans le village clos. A la fin du siècle, pour organiser les trois foires annuelles, ils disposent «d’une pièce de terre appelée la coste», hors les murs, au Nord, entre le village et le ruisseau.
À la même époque, les consuls obtiennent l’autorisation de conduire l’eau «dans les fossés de la ville pour y construire des moulins à bleds et des moulins tournants». C’est donc de l’extrême fin du XVIIème siècle que date l’établissement d’un quartier artisanal au Nord de l’ancien fossé qui ceinturait le village. Une dérivation du Taurou est aménagée et une retenue d’eau est mise en place pour constituer la force hydraulique nécessaire pour actionner les moulins.
La forte pente du terrain est exploitée pour créer une chute d’eau qui permet d’actionner les trois moulins superposés, édifiés sur une vingtaine de mètres. Deux sont des moulins à blé et un troisième, plus petit, dont il subsiste les ruines aujourd’hui, était probablement un moulin à foulon. En 1833, subsistaient deux teintureries et une tannerie.
On peut penser que c’est dans le premier quart du XVIIIème que l’enceinte du village est démantelée et que le projet d’étendre la ville est lancé. À l’Ouest de l’église paroissiale, est aménagée une place, «l’esplanade» (place de la Libération), qui constitue désormais le centre de la ville. Une fontaine publique y est aménagée, et les boucheries communales s’établissent dans une construction probablement au milieu de la place, disparue aujourd’hui. Les prisons étaient, quant à elles, situées au rez-de-chaussée du clocher de l’église. De l’Esplanade partent les trois principaux axes qui sont crées alors : les Promenades, le faubourg de la Calm (avenue du Maquis), et la rue de Rome.
En 1744, l’ancien fossé qui protégeait la ville à l’Ouest est comblé et les Promenades sont aménagées. Elles constituent un vaste espace public planté de deux rangées d’arbres et traversé par deux voies de circulation latérales. L’espace aéré qu’elles proposent contraste singulièrement avec l’étroitesse des rues médiévales. Des familles dourgnoles y font construire leur hôtel particulier. Le «faubourg des Couverts» est construit et devient le cœur commerçant de la ville. Deux habitations portent encore les dates de 1728 et 1762.
Le faubourg de la Calm, constituant le prolongement des Couverts, se développe depuis le village, en direction de la montagne. En occitan, la Calm désigne une hauteur dénudée liée généralement à la pâture, le nouveau faubourg est donc identifié par la fonction pastorale que le terrain a dû occuper pendant plusieurs siècles avant d’être loti.
Le long de ce nouvel axe qui présente une largeur importante de 10 mètres de large, les maisons contiguës s’alignent sur la rue et donnent accès au jardin situé à l’arrière. À l’Ouest, deux petites rues perpendiculaires, la Passade haute et la Passade basse, abritent essentiellement de petites maisons de brassiers. Ce quartier constituait la partie industrieuse de la ville, c’est-à-dire l’endroit où se faisait le travail de la laine. Les artisans du textile, tisserands, cardeurs et fileurs travaillaient à demeure.
Le projet de développement urbain que connaît Dourgne au XVIIIème siècle, inclut l’aménagement de petits canaux qui apportent l’eau dans les rues, aux portes des maisons. L’alimentation en eau est rendue possible par l’aménagement d’un barrage sur le Taurou, en amont du village. Ces canaux existent encore en partie mais ils sont recouverts depuis les années 1960.
L’activité textile semble perdurer tout au long du XIXème siècle. À la fin des années 1850, il existe encore deux fabriques de drap. En 1865, une seule subsiste.
Au cours du XIXème siècle, le développement du bourg se poursuit en limite de village.
En 1850, la municipalité se préoccupe de poursuivre l’aménagement des canaux dans la partie Ouest du village. Trois bornes fontaines sont installées, la grande fontaine de la place de la Libération est reconstruite avec son grand bassin circulaire de granite, d’environ 6m de diamètre, au milieu duquel s’élève, sur un soubassement de pierre, un piédestal en fonte supportant une vasque elle aussi en granite. Le piédestal, qui constitue la pièce maîtresse de la fontaine, est orné d’enroulements de guirlandes de feuilles et de têtes de lion qui crachent l’eau dans le bassin.
Dans la seconde moitié du XIXème siècle, l’architecture publique se caractérise par la réutilisation d’édifices plus anciens de qualité. La mairie est logée dans l’un des plus beaux hôtels particuliers de la ville, l’école communale change plusieurs fois de place avant d’être installée dans l’ancienne école religieuse de la rue de Rome.
Aujourd’hui, la poste est un ancien hôtel particulier des Promenades. L’habitat du cœur du noyau ancien du village tend progressivement à disparaître au profit de jardins (Source : Mission d’inventaire du patrimoine bâti-CAUE du Tarn).

Les fêtes du Romarin et du Laurier

Chaque année, lors de la fête du Romarin (dimanche de la Sexagésime) les habitants de Dourgne organisent défilé et festin pour commémorer, ce qui fait que la fête a lieu sans discontinuer depuis 800 ans environ. Pourquoi le romarin ? Il était d'usage pour les jeunes de Dourgne de le voler rituellement dans les jardins la nuit précédant la fête. Le romarin est fortement lié à la jeunesse depuis 1301, date à laquelle le roi de France accorde aux jeunes du village la permission de rebâtir. Il est également lié à la  « jeunesse » de la nature, car il pousse au début du printemps. On lui prête également des vertus de fécondité, ainsi, au XXVIIème siècle, on disait aux enfants qu'ils naissaient dans des romarins, et non dans des roses ou des choux comme aujourd'hui.
La fête du romarin était traditionnellement une fête de la jeunesse, peu à peu a été privilégiée la commémoration historique de la reconstruction de la ville. Aujourd'hui, la fête du romarin a presque totalement perdu son aspect de fête de la jeunesse pour devenir avant tout une fête costumée, commémoration historique (photo ci-dessous en 2011).
Dans le légendaire de Dourgne, la fête du romarin est opposée à celle du laurier, organisée cette fois-ci non plus par la jeunesse mais par les gens mariés. La légende de la refondation de Dourgne dit que les notables de la ville, après avoir obtenu la permission de reconstruire leur village, durent aller chercher la charte à Puylaurens où se trouvait le roi. C'est à cette occasion qu'ils cueillirent des brins de laurier qui poussaient en nombre dans le village, au point, nous dit la légende, de lui donner son nom (Puy-laurens, le puy du laurier). Le laurier représente la stabilité et la perdurabilité, traditionnellement associées à la symbolique du mariage, par opposition au romarin qui symboliserait la force mais aussi l'évanescence des premiers émois.
Fete du romarin 2011Les monastères Saint-Benoît d’En-Calcat et Sainte-Scholastique de Dourgne

Marie cronierIls ont été fondés ensemble en 1890. Marie Cronier (photo de droite), née à Sens en 1857 était pensionnaire chez les bénédictines de Jouarre en Seine-et-Marne où elle rencontre Louis Basile Blanquet, devenu Dom Romain Banquet (photo de gauche), moine de l’abbaye de la Pierre-qui-Vire dans l’Yonne. Il était né en 1849 au hameau d’En-Calcat, au pied de la Montagne Noire.Dom romain banquet
Le 29 janvier 1883, Marie comprend que Dieu lui demande une nouvelle fondation bénédictine. “Sors de ton pays, de la maison de ton père et va vers le pays que je te montrerai. Bâtis-moi une demeure spirituelle”. Cette fondation sera une œuvre double comprenant des frères et des sœurs. Marie fait part de cet appel à son directeur spirituel Dom Romain.
Le 29 janvier 1889, elle commence son noviciat avec ses premières compagnes à Saint-Louis du Temple à Paris.
Le 23 juin, les fondatrices font un séjour à l’abbaye Sainte-Cécile de Solesmes, puis après un pèlerinage à Rocamadour, arrivent à Dourgne. Sous la direction de Dom Romain Banquet, elles commencent leur vie monastique au 6 de la rue de Rome où elles resteront 2 ans. Le terrain du futur monastère est acquis. Il sera situé entre le hameau d’En-Calcat et le village de Dourgne.
Le 24 septembre 1889, a lieu dans l’église de Dourgne, la profession des cinq premières moniales en la présence des frères d’En-Calcat. Marie Cronier est élue comme Prieure.
Le 10 décembre1890, le premier coup de pioche de la future Abbaye Sainte-Scholastique de Dourgne est donné et le 5 juin 1891, la première pierre est bénite. Le 5 août 1892, les quinze moniales venues de la rue de Rome prennent possession du premier tiers de l’aile ancienne. Cette première aile ne sera entièrement habitable qu’en mai 1893. 
Le jardin devient un parc à partir de 1890. La ferme a pour but de fournir au monastère porcs, canards, pigeons pour les besoins des moniales, les premières vaches arrivent en 1901.
L’année 1896 voit l’élection des deux monastères en abbayes par l’Archevêque d’Albi.
En 1901, est votée la loi sur la liberté d’association qui refusait cette liberté aux congrégations religieuses. Les sœurs purent rester, mais les frères durent quitter la France en 1903. Ils vont en Espagne, d’abord à Parramon, station balnéaire catalane, puis à Besalù, au pied des Pyrénées, durant 12 ans.
Pendant la Première Guerre Mondiale,dès que le décret de mobilisation fut publié, comme tous les autres religieux exilés, ils revendiquèrent avec fierté leur qualité de Français, qui ne leur donnait pas le droit d’habiter leur pays, mais leur laissait celui de mourir pour le défendre.​ 33 jeunes moines sont mobilisés, 10 sont tués au front.​
Cet anticléricalisme, toujours vivace au début des années 1920, n’a pas permis à ces 10 jeunes de figurer sur le monument aux morts. ​En 2012, l’Association « Dourgne Patrimoine », aidée par la Mairie, a voulu réparer cette injustice par la réalisation et la pose d’une plaque à leur mémoire par les religieux d’En-Calcat et par la section castraise du Souvenir Français.
Après la guerre, les frères reviennent peu à peu à En-Calcat, et les deux communautés grandissent.
En 1922, la construction de l’église est envisagée, le 24 septembre 1927 aura lieu sa Dédicace. Dom Romain, âgé, démissionne et lui succède Dom Marie Cambarou. C’est une période intense de construction, dont celle de l’église abbatiale, consacrée en 1935.
La guerre de 1939/1945 mobilise plus de 50 moines. Après la guerre, les vocations affluent. L’abbaye Saint-Benoît compte aujourd’hui 60 moines.

Patrimoine

L’église Saint Stapin. A l'origine, l'église paroissiale était située à l’extérieur du village, à l’entrée de la gorge du Taurou, là ou se trouve aujourd’hui la chapelle Saint Stapin et portait alors le vocable de Saint Pierre. L'église a ensuite été déplacée dans le village, à l'angle Sud-Est du noyau le plus ancien et prend alors le vocable de Saint Stapin. Elle est citée pour la première fois en 960 et reste église paroissiale jusqu'en 1580. Le 6 juillet 1572, les protestants incendient les voûtes de l'église.Une délibération consulaire de 1606 mentionne des réparations à la voûte de l'église curiale, pour 400 livres. Le 21 août 1701, il est donné pouvoir aux consuls d'aménager le rez-de-chaussée du clocher pour en faire une prison, en murant la porte donnant dans l'église (traces sur le mur Nord). En 1752, le compoix parle de "l'église, cimetière et terres labourables au pieds de la montagne au lieu anciennement à Saint Pierre et présent Saint Stapin".
Le 24 décembre 1756, il est demandé aux consuls de construire une tribune dans le fond de l'église celle-ci s'avérant trop petite. Voté mais abandonné, le projet ne verra le jour qu’en 1883. Cette tribune a bien été exécutée car elle est dans la mémoire des habitants du village mais elle a dû être détruite dans les années 1960.
La partie Nord-Est de l'église est construite en moellon équarri, assisé de calcaire et de schiste. Un angle en pierre de taille se devine sous l'enduit. La nef et le chœur sont construits en moellon brut de calcaire auquel s'ajoute du quartz et du schiste en plus petite proportion et du tuileau. Les angles sont chaînés en moellon simplement équarri. Sur le portail d'entrée on distingue la date de 1763 tandis que sur une des fenêtres du chevet on lit celle de 1869. La porte de l'église qui porte la date de 1763, a été réaménagée au XIXème siècle.

L’église Saint Antoine. Le compoix de 1752, dans les cahiers des biens nobles, mentionne une seconde église dans le village : « Une mazure et vestige de l'église Saint Antoine et le cimetière au lieu-dit à La Calm » on y accédait par la « passade vieille du cimetière » (aujourd'hui passade haute). Seul le cadastre de 1833 en garde souvenir en figurant le cimetière utilisé jusqu'à cette date car en 1833 est inauguré le cimetière actuel. Aujourd'hui seule une croix rappelle l'emplacement de cette église.
C'est à partir du XIème siècle que le culte de saint Antoine, ermite égyptien, se développe, mais c'est au XIIème siècle qu'il devient très populaire, après la consécration de l'église de Saint Antoine de Viennois par le pape Calixte II en 1119.

L’hospice cantonal destiné à recevoir les infirmes et les vieillards, fondé en 1896, réutilise une série de maisons antérieures. A la fin du XIXème siècle, il est tenu par les sœurs de la Présentation. Il a été modifié, notamment lors de la construction de la chapelle en 1927 (P9), par le père Michel Galin, moine d'En-Calcat et Camille Montagné, architecte de Dourgne. Un agrandissement s'est développé sur l'arrière dans les années 1988-1989.

Deux monastères bénédictins :
- L'abbaye Saint Benoît d'En-Calcat est fondée en 1890 par Dom Romain Banquet (1840/1929), natif du lieu et devient abbaye en 1894. Cette fondation est menée parallèlement à une fondation de bénédictines située à proximité, l'abbaye Sainte-Scholastique. Elle fait partie du couvent des Bénédictins. La communauté des moines vit selon la Règle de Saint Benoît, écrite au VIème siècle. Les frères qui y demeurent cherchent à mettre en pratique l’Évangile par la prière, le travail, l’étude, la vie fraternelle.
L’église abbatiale sera construite en 1932 et consacrée en 1935. Elle a été restaurée au cours de l’été 2003.
- L'abbaye Sainte Scholastique est un couvent de religieuses, né de l’appel de Dieu à Marie Cronier, née à Sens en 1857. Les sœurs y font des récoltes, de l’élevage et de l’artisanat. Le cloître est construit en 1904.

Le désert de Saint Ferréol forme un plateau ou passe une route très ancienne, appelée Camin Ferrat ou Chemin saissaguais, route qui réunissait Soual (dans la plaine) à Saissac (dans la montagne noire). Ce chemin peut être le vestige d’une voie antique. On l’appelait aussi Camin dels Roumieus : c’est-à-dire, chemin des « Romains ».

La chapelle de Saint Ferréol. La première chapelle datait au XVIème siècle, elle fut détruite pendant les guerres de religion et fut sans doute reconstruite au XVIIème siècle, puis abandonnée au cours de la Révolution. Restaurée au XIXème siècle, elle était en ruines dans les années 1930. Aujourd’hui, il n’en reste rien, une simple croix rappelle son emplacement.
La chapelle actuelle a été construite à plusieurs mètres de l’ancienne, par les moines d’En-Calcat. Elle fut élevée à la suite d’un vœu collectif des habitants de Dourgne, pendant la Seconde Guerre Mondiale, qui avaient promis de construire une chapelle si les habitants du village étaient épargnés par le conflit.
Elle fut achevée à la Libération par les Bénédictins d’En Calcat et consacrée en 1947 à Saint Ferréol. Depuis plusieurs siècles, un pèlerinage est attesté dans ces lieux à la date du 6 août, en l’honneur de Saint Stapin. On apporte de Dourgne la relique du saint. Une messe a lieu dans la chapelle sur place, après laquelle on procède à la bénédiction de la plaine, depuis la croix de fer toute proche (croix de Montcapel).

Le roc de l’Abbade, statue géante de saint Stapin, monument emblématique.

Le site de Saint Hippolyte (Chipoli), sur le versant Ouest de la vallée du Taurou, là où aujourd’hui est exploitée une carrière, des fouilles archéologiques ont mis au jour une autre église dédiée à Saint Hippolyte, entourée de sépultures. Cette église est citée pour la première fois en 1179 et détruite lors des guerres de Religion. Desvestiges d'un oppidum romain, situé au-dessus de grandes carrières, sont encore visibles en pleine montagne. Le culte de Saint Chipoli existe encore aujourd’hui.

La carrière exploite des calcaires dits à Archaeocyathus du Géorgien. Il s'agit de calcaire dolomitique massif de teinte gris-bleu jusqu'à l'ocre-marron dont la puissance maximale est de l'ordre de 500m. La société qui exploite la carrière existe depuis 1956. Les matériaux extraits sont utilisés à 90% pour les travaux routiers et publics.

Le vallon Saint Macaire (Mouniès) et sa source.  En 1944, le chanoine Henri Roques, curé de la paroisse, fait le vœu d’élever un oratoire à Notre-Dame du Rosaire. En 1945, tous les prisonniers du pays sans exception reviennent de captivité. Il veut chanter sa reconnaissance à Marie. C’est sur le lieu où est vénéré saint Macaire qu’il jette son dévolu : il n’existe pratiquement plus rien de l’ancien sanctuaire, le lieu est charmant avec sa source guérisseuse si pure et il se trouve tout près de la belle carrière dont les pierres ont servi à construirel’abbaye d’En-Calcat. C’est ainsi qu’est érigée, en imitation du roman, une chapelle (P15) qui va abriter une statue taillée dans la pierre, sur le modèle de la statue de Notre-Dame de Fatima. Le sanctuaire est béni par l’archevêque d’Albi le 17 octobre 1954, et devient aussitôt un lieu de pèlerinage, supplantant le souvenir de saint Macaire.
Une cloche bénie le 6 mai 1984 a été placée dans le campanile, le dimanche suivant.
C’est Notre-Dame du Rosaire qui est invoquée dans ce sanctuaire et pourtant c’est la statue de Notre-Dame de Fatima, qui se trouve dans la petite chapelle.

L’ardoisière de Limatge. L’exploitation de l’ardoise à Dourgne remonterait à l’époque romaine. Au début du XXème siècle, ils sont 109 exploitants à travailler à la carrière. Ils viennent de Dourgne, d’Arfons, de St-Amancet, de Massaguel à pied. A noter, le nombre impressionnant d’exploitants et le peu de toitures d’ardoise dans le pays, les abbayes n’ayant vu le jour que quelques années plus tard.

Le château de Limatge a été construit au XIXème siècle, entre 1833 et 1890 car il figure sur un papier à en-tête des "grandes carrières d'ardoises de Limatge" exploitées par Joseph Fabre. En 1922, Henri de la Rocque devient propriétaire du château et des ardoisières de Limatge. Il était en cours de réaménagement en 2005.

«Le refuge» de Notre-Dame de la Croix-Verdalle,  maison d’accueil de jour et de nuit des indigents, des malades et des ouvriers, cet hospice voit le jour en 1897 grâce à Auguste Jaurès, maire de la commune. Mère Saint-Jean, religieuse de la Présentation de Castres, est la première supérieure de l’établissement.
Une chapelle sera construite en 1932. 
En 1965, « Le Refuge» devient «Les Arcades» puis, en 1979, «Association cantonale de la maison de retraite Les Arcades», dirigée depuis 1995 par Hélène Azam, infirmière qui est cousine avec Auguste et Jean Jaurès.

La grotte du Castellas, qui constitue une Réserve Naturelle Volontaire, dans la carrière désaffectée du Castellas, sur la rive droite du ruisseau du Taurou, cette grotte est connue depuis plusieurs dizaines d’années pour sa population de chauve-souris. 

Le barrage sur le Taurou, site appelé « les piscines », dans le fond de la vallée, ce barrage aménagé sur le Taurou alimentait au XVIIIème siècle les canaux et fontaines du village et rejoignait en aval le quartier artisanal de la côte des moulins.

Les maisons à Couverts et les petites rues médiévales.

Hameaux, lieux dits et écarts

Le Baylou Sur le compoix de 1752, le moulin du Baylou est présenté comme "moulin a eau à une seulle meulle" et sous le nom de "Moulin Bas" pour le distinguer d'un autre moulin disparu aujourd'hui, qui existait plus haut, au hameau du Baylou.
En 1824, le sieur Gleizes, domicilié à Calmont (Haute-Garonne) et propriétaire à Dourgne, demande l'autorisation de construire un moulin à grains et un moulin à foulon sur les propriétés qu'il possède le long du ruisseau de Melzic dans la commune de Dourgne au hameau de Baylou. L'ensemble du site, moulin à farine et foulon, a donc été construit dans le premier quart du XIXème siècle.

Le hameau de la Montagnarié. Le parcellaire du hameau de « la Montagnarié » a été assez peu modifié depuis 1833, date de réalisation du premier cadastre. En 1833, les jardins potagers étaient tous regroupés à l'Est du hameau. A cette date, bon nombre de maisons appartiennent à des tisserands ou à des cardeurs. La tradition orale veut qu'au début du XXème siècle, les artisans de l'ardoisière de Limatge habitaient le hameau.

Le hameau des Peyrounels, à 312m d'altitude, domine largement la plaine. Aujourd’hui, la ferme du XVIIème siècle restaurée a été transformée en gite.

Le hameau de la Cave : sa ferme est attestée depuis le milieu du XVIIIème siècle au moins, époque où elle appartenait au sieur Jean-Baptiste Madaule, bourgeois. Le compoix de 1752 la décrit comme une "métairie de 26 cannes, avec bordes, grange, four et fournial". Cependant, elle pourrait être plus ancienne comme le laisse penser le chronogramme de 1627 inscrit sur la clef de l'arc d'une ouverture de l'habitation. La ferme a été reconstruite au cours du XIXème siècle, probablement en plusieurs étapes comme le suggère la façade de la grange-étable qui vient recouper une des arcades de la remise. La ferme n'est plus en activité aujourd'hui.

Le lieu-dit du château et de l’ardoisière de Limatges.

Les hameaux de la Rivière, la Rivière-Haute, Fondouce,  En-Calcat.

Evolution de la population

 Dourgne demo

Nos ancêtres de Dourgne...

Naissances/baptêmes :
VIALA Noël (hs) vers 1777.
VIALA Pierre (hs) vers 1818.
SIGNIER Jeanne Claudine (hs) à une date inconnue.VIALA Jean Pierre (hs) le 2 août 1813.
BEZOMBES Marguerite (hs) à une date inconnue.
VIALA Jean (hs) le 4 octobre 1847, au domicile de ses parents au hameau La Montagnarié.
VIALA Mélanie (hs, 1ère épouse d'un sosa) le 22 septembre 1861 au domicile de ses parents au hameau Le Baylou.
VIALA Marie (hs) le 18 septembre, année illisible, au domicile de ses parents au hameau Le Baylou.

Unions :
VIALA Pierre (hs) le 24 novembre 1846 avec SIGNIER Jeanne Claudine (hs).
VIALA Jean Pierre (hs) le 22 juin 1847 avec BEZOMBES Marguerite (hs).
VIALA Mélanie (hs) le 10 juin 1885 avec BOURRIE Fulcran Sylvestre (sosa 24G).

Décès/inhumations :
VIALA Noël (hs) le 29 octobre 1682 à son domicile, hameau Les Peyrounels. Il était cultivateur.
CAZES Marguerite (hs), épouse VIALA, le 15 décembre 1846 à son domicile, hameau Les Peyrounels.
VIALA Pierre (hs) le 21 octobre 1874. Il était tisserant de drap.

Domiciles :
VIALA François (hs) et Marguerite VALAT (hs) au hameau Les Peyrounels, où ils sont probablement nés et ont vécus toute leur vie.
VIALA Noël (hs) et Marguerite CAZES (hs) au hameau Les Peyrounels, probablement toute leur vie.
VIALA Pierre (hs) et Jeanne Claudine SIGNIER (hs) au hameau Le Baylou.
VIALA Jean Pierre (hs) en 1847 au hameau Les Peyrounels.
BEZOMBES Marguerite (hs) en 1847 au hameau La Cave.


 

Dourgne tarn cadastre generalCadastre general (70.8 Ko)Dourgne tarn cadastre les peyrounelsCadastre "les Peyrounels" (68.72 Ko)

Dourgne tarn cadastre le baylouCadastre "le Baylou" (78.87 Ko) Dourgne tarn cadastre 1833 la montagnarieCadastre "la Montagnarié" (89.77 Ko)

 


 

Les monastères en images ...

Date de dernière mise à jour : 13/04/2015