Montjavoult

Montjavoult adm

Ce village, situé dans le Vexin français, est dressé sur une butte de 207m qui couvre un tiers du plateau vexinois, c’est l'un des plus hauts villages du bassin parisien. Première commune du canton en superficie, Montjavoult s’étend sur 1673 ha (2000 avant le détachement de Montagny en 1788).
Le village est jumelé depuis 1992 à North Curry, village anglais situé dans le Somerset, au Sud-Ouest de l'Angleterre.

Montjavoult blasonHéraldique

Blasonnement de la commune :
D'or aux deux doloires de gueules en demi-cercle enforme de mont, surmontées d'un sautoir ancré d'azur chargé d'une fleur de lys du champ.

Drapeau francais fond blancHistoire

L’étymologie du nom est controversée : sous prétexte qu’une partie du Vexin avait été donnée à l’abbaye de Saint-Denis, on a dit que Montjavoult avait un lien avec le fameux cri de guerre « Montjoie Saint-Denis ». Les spécialistes savent pourtant que les montjoies étaient des buttes de pierres guidant les pèlerins et éventuellement les armées, et qu’à côté de Montjoie Saint-Denis, il y a eu Montjoie Saint-André (Bourgogne), Montjoie Saint-Georges (Angleterre), etc… qui ne peuvent se rattacher à Montjavoult. L’explication la plus simple et la plus directe est mons Jovis, mont de Jupiter. Les noms d’origine romaine sont très nombreux dans le Vexin, même si ceux qui font référence à des dieux sont plutôt rares (Marquemont, mont de Mercure). Mais des historiens régionalistes ont contesté cette explication en se basant sur la découverte de deux textes du IXème siècle où le village serait désigné comme mons jocundiacus, mont plaisant. Outre le fait qu’il n’y a aucune certitude que ces textes désignent Montjavoult, il faut rappeler que les moines qui avaient à l’époque le monopole de l’écriture ont naturellement été tentés de faire disparaître toute trace de paganisme. La construction d’églises sur les restes de temples romains appartient au même réflexe. Enfin, on retrouve au Moyen-Age la graphie mons Jovis. On s’en tiendra donc à cette explication.

La butte a été l'objet d'une occupation très ancienne mais qui reste assez mal connue. Des témoins des époques préhistorique, gallo-romaine et du haut Moyen-Age (nécropole) ont ainsi été reconnus et la dédicace de l'église à saint Martin suffit à elle seule à prouver l'implantation précoce d'une église au sommet de la butte.

Montjavoult à travers les Temps (Source : Texte de Ph.Champy, 2008)

De l’époque néolithique, on a retrouvé nombre d’outils en pierre taillée ou polie. On note l’installation de tribus déjà sédentarisées, de préférence au pied des collines ou dans les deux vallées de la commune. Des grottes creusées dans les falaises calcaires qui bordent Valécourt ont pu leur servir d’abri. Une allée couverte de 13m de long au toit formé de dalles disposées en triangle a été trouvée à Hérouval en 1839. Elle contenait encore plusieurs squelettes.
De la Gaule indépendante, il ne reste rien de précis, sinon des légendes persistantes, dont celle d’assemblées de druides sur la butte de Montjavoult. En revanche, l’occupation romaine laisse de nombreux témoignages, notamment les restes de grandes fermes gallo-romaines, établies sur les meilleures terres et les plus accessibles du plateau. On en dénombre quatre à Beaugrenier et trois au Bout du Bois. On a également trouvé quelques monnaies dans l’enceinte du bourg. Surtout, on a cherché les restes du temple de Jupiter dont parle le jurisconsulte Philippe de Beaumanoir dans ses Coutumes du Beauvaisis et trouvé un dallage de pierre formant un carré de cinquante pieds de côté près d’une fontaine derrière l’église, qui pourrait appartenir à ce temple.
Comme le mode de construction "en dur" de l’époque romaine est abandonné à la période suivante, qui utilise le bois et le torchis, les seules traces que l’on en conserve sont des cercueils en pierre taillée monolithes, particulièrement abondants à Valécourt et sur la butte, qui témoignent d’une densité de population élevée. La découverte signalée par Graves en 1827 d’un empilement de cercueils formant des sortes de murailles défensives de plusieurs mètres de hauteur à côté de l’église, indique qu’il a dû y avoir à proximité un important cimetière mérovingien déplacé à la hâte pour se protéger d’une attaque, peut-être des Vikings. Il y avait en-dessous les fondations d’un bâtiment plus ancien.
Au Moyen-Age, l’abbaye de Saint-Denis a obtenu d’importants domaines dans le Vexin, dont Montjavoult, fief ecclésiastique entre les mains du seigneur-abbé, dans la mouvance de l’archevêché de Rouen quand le Vexin lui sera rattaché. Au XIème siècle, on édifie une première église en pierre sur la butte. Vers 1250, Montjavoult est classé par l’archevêque de Rouen parmi les neuf plus forts bénéfices des 50 églises du doyenné de Chaumont. En 1337, l’église de Montjavoult est la plus riche du doyenné. 
Les Anglais occupent le Vexin pendant plus de trente ans, à Montjavoult, l’importance des reconstructions du XVIème siècle laisse penser que l’église a subi des dommages.
Dans les hameaux, des seigneurs laïcs ont pu obtenir des fiefs. Le plus important d’entre eux est celui du Bout du Bois, aussi seigneur de Valécourt et du Vouast, qui dispose d’un château-fort.
De la Renaissance à l’époque Moderne, l’abbaye de Saint-Denis se retrouve diminuée, des seigneurs laïcs sont apparus, avec manoirs et terres, ce qui signifie que le fief a été démembré.
De l’époque révolutionnaire, il reste un document important, le cahier de doléances de 1789. Il a été rédigé par les paysans du village rassemblés sous l’autorité du syndic Pierre Masse, élu l’année précédente. En 1790, Montjavoult est promu chef-lieu de canton. Un peu plus tard, sous la Terreur, au printemps 1794, l’église est dévastée.
Au XIXème siècle, l’événement est la renaissance du protestantisme à partir d’un mouvement de contestation lancé par un habitant de Valécourt, Georges Mignot. Appuyés à Paris par le Consistoire, les protestants de Montjavoult obtiennent en 1851 l’autorisation de célébrer librement le culte dans un local qui n’est au départ qu’un simple hangar, puis de créer une école réservée à leurs enfants. Une des conséquences du développement du protestantisme à Montjavoult est la création de l’Œuvre des Trois Semaines.
Pendant la guerre de 1914/1918, Montjavoult sert de base arrière à diverses troupes mais surtout le château du Bout du Bois accueille en 1918 une partie du haut état-major américain.
L'été 1939, plus d'une soixantaine d'enfants sont en colonie de vacances avec l'Oeuvre des Trois Semaines à Montjavoult, les filles à "La Clé des Champs", les garçons à "La Sapinière", quand intervient la déclaration de guerre à l'Allemagne. Paris se vide et l'Oeuvre garde un certain nombre d'enfants en pension loin des premiers bombardements pour l'automne et l'hiver mais ils y sont encore en juin 1940 et c'est l'exode... Ils sont alors accueillis dans une vaste demeure protestante de Roquecourbe près de Castres (Tarn) où ils resteront deux mois avant de revenir en wagon à bestiaux à Montjavoult. A partir d'octobre 1940, la persécution antisémite prend un caractère atroce et l'Oeuvre des Trois Semaines cachent les enfants juifs.

Seigneurs et gens de noblesse

Philippe duplessis mornay 1549 1623Victor maurice de broglieA l’époque où Montjavoult était une seigneurie ecclésiastique, dépendant de l’abbaye de Saint-Denis, c’est un seigneur laïc qui a régné sur le Bout du Bois, seul château de la commune.
Deux familles sont attestées : les Mornay d’abord, de la branche du pape des huguenots, Philippe Duplessis-Mornay (à gauche), seigneur de Buhy, puis par vente en 1668, le maréchal Victor Maurice de Broglie (à droite) et ses descendants. A la veille de la Révolution, c’est Marie Françoise de Broglie, veuve du comte de Lignerac, qui détient le fief de Montjavoult.

Au château du Bout du Bois, la première famille qui l’occupe est celle d’Agnès du Bout du Bois qui a épousé au XIIIème siècle, Guillaume, seigneur de Flavacourt. Au début du XVIème siècle, Philippot Fleurot du Bois en est le seigneur, ainsi que de Courdimanche en partie.  A la fin de ce siècle, le fief du Bout du Bois passe par mariage aux Caumont (de la Somme).
En 1663, Antoine de Caumont s’endette pour racheter le Bout du Bois à son frère Charles et ses héritiers vont traîner cette dette comme un boulet. Ils sont forcés de vendre en 1720 à un dénommé Louis Robert, conseiller au Parlement de Paris mais petit-fils de tapissier, qui est atteint d’une véritable boulimie d’acquisitions : Lierville, Boubiers, Monneville, Marquemont, Le Breuil, Montjavoult, Reilly, etc…  Son château principal sera celui du Boulleaume à Lierville. Son fils, Louis Robert de Monneville, et son petit-fils, Louis Nicolas Robert de Lierville, seront également conseillers au Parlement. Par succession, ses domaines iront aux Chézelles  et aux Villeneuve-Bargemont (originaires de Bargemont dans le Var).
Une arrière-petite-fille de Louis Robert, Marguerite de La Myre, en épousant Elzéar de Villeneuve-Bargemont en 1857, lui apporte le Bout du Bois. Leur fils Hélion y habitera après eux mais vendra en 1900 ses domaines de Reilly et Boubiers. Hélion a épousé en 1894 Simone de Froissard, d’une vieille famille du Jura. Elle est férue de sculpture animalière et se spécialise dans les groupes équestres. De 1900 à 1914, elle expose dans divers salons parisiens et peuple le Bout du Bois de ses bronzes.
Quand les Allemands arrivent au Bout du Bois en 1940, ils découvrent la collection de bronzes … bon pour canons… tout a été confisqué ! Simone a vécu jusqu’en 1937, Hélion s’est retiré dans son château de Bersaillin et a loué le Bout du Bois à son neveu le marquis de Froissard, il meurt en 1956. Il y eut encore quelques restes de vie mondaine, avec de rares chasse-à-courre.
Les Villeneuve Bargemont, sont les derniers châtelains du Bout du Bois. Le  domaine est vendu en 1970.

A Beaugrenier (Boisgarnier), les Chaumont restent seigneurs du lieu jusqu’à la fin du XVIIème siècle. Le seigneur a le devoir et le privilège d’accueillir l’archevêque de Rouen à l’ancienne frontière de l’Epte chaque fois qu’il vient en Vexin français, de tenir son cheval par la bride jusqu’à la prochaine auberge et de partager son repas, moyennant quoi on lui offre un hanap de vin.
Jean de Chaumont est garde des livres et des médailles du cabinet du roi. Apparenté à plusieurs académiciens, il participe activement à la vie intellectuelle parisienne. Après les Chaumont, ce sont des voisins, les Aubourg, marquis de Boury, qui rachètent Beaugrenier.

A Hérouval, le premier seigneur connu d'Hérouval s'appelle Charles II du Bec-Crespin ; il appartient à une des grandes familles de barons normands, compagnons de Guillaume et détenteurs d'importants domaines. Son grand-père a racheté Boury en 1498. Ouvertement protestant, il transforme la région en foyer d'accueil pour ses coreligionnaires. Il a compté parmi les victimes de la Saint-Barthélemy. Sa sœur, Françoise, a épousé Jacques de Mornay, père du fameux Duplessis- Mornay.
A la fin du XVIe siècle, le seigneur du lieu s'appelle Louis Audouin; il est aussi d'origine normande mais de plus modeste extraction, et marié à Marie du Mesnil-Jourdain. Il meurt en 1614 et est enterré dans l'église de Montjavoult, chapelle de la Vierge. Après son décès, le fief est racheté par Antoine de Vion (1575/1632) écuyer, de la branche des seigneurs de Gaillon. Il a un fils, Antoine (1606-1689), qui lui succède à son décès. Ce fils, qu'on appelle généralement de Vion d'Hérouval sera célèbre et cette célébrité rejaillira sur le hameau dont il porte le nom.
Antoine de Vion d'Hérouval, officiellement auditeur à la Chambre des Comptes, est un érudit, collectionneur de manuscrits, dévoreur de livres et d'archives, qu'ils régurgitent sous forme de compilations, dictionnaires ... mais, il n'a rien publié, simplement, il a mis ses vastes connaissances au service de ses contemporains, historiens, littérateurs ou philosophes, ce qui lui a valu la gratitude des écrivains de l'époque et une notoriété certaine. A sa mort en 1689, les Bénédictins de Saint-Maur rendirent à sa mémoire un honneur qu'on ne rend qu'à des personnes extraordinaires. Antoine de Vion d'Hérouval ne va pas rester très longtemps à Montjavoult, puisque dès 1641 un autre seigneur apparaît : Pierre de Noyon marié la même année à Elisabeth d'Abancourt, fille de François, seigneur de Beausseré. Les Noyon ont le fief du Chêne d'Huy à Boury ainsi que le fief de Vallière sur Vaudancourt.
A Pierre de Noyon succède son fils Louis, marié en 1661 à Marie Anne Durand, fille de Jacques, demeurant à Neaufles. Le ménage a 4 enfants à Montjavoult : deux fils et deux filles. Les fils de Louis de Noyon ont dû mourir jeunes car le fief d’Hérouval est transmis à leur fille Marie Suzanne qui  épouse en 1710, Pierre de Marle, ancien officier, fils de Pierre, seigneur de Gisors après l'avoir été d'Amécourt. Au mariage, Louis de Noyon est toujours vivant mais a dû décéder peu après car en 1716, c'est Pierre de Marle qui est seigneur d'Hérouval. Il a toujours ce titre à son décès en 1727. Sa femme le suivra dans la tombe en 1736. Ils avaient eu deux fils, Pierre et Louis Charles, présents à l'enterrement de leur mère, et deux filles, Marie Anne et Marie Suzanne.
Après 1736, on ne trouve plus trace des de Marle, ils ont quitté la commune et le seigneur d'Hérouval, Pierre de Marle junior, s'apprête à convoler avec une riche héritière, Marie Agnès Daniel, de la branche de Fours des Daniel de Boisdenemets. Une de leurs filles, Marie Agnès, épouse en 1758 à Fours son lointain cousin, Jean de Gallet de Vallière et lui apporte Hérouval, mais les seigneurs n’habitent plus Hérouval.
En 1757, Jean Baptiste Marie est fermier receveur de Beaugrenier. En 1765, Pierre Phanye exerce les mêmes fonctions à Hérouval.
En 1769, Pierre Masse épouse en seconde noces, Marie Clémence Phanye, sœur du receveur d'Hérouval et veuve de celui de Beaugrenier. En 1773, le même Pierre Masse apparaît comme receveur de Beaugrenier. Enfin, en juin 1789, Pierre Masse se dit seigneur d'Hérouval. Comme il n'est pas noble, il n'apparaîtra pas comme représentant de ce fief aux Etats Généraux. Sa réussite a provoqué des jalousies, il a été une des principales victimes de la fameuse affaire Sevestre en mars 1778 (voir « Journal politique ou Gazette des Gazettes de mars 1778 » : http://hpvexin.free.fr/content/histoire-et-patrimoine/secteur/chaumont/commune /vaudancourt/docs/Vaudancourt-Affaire%20Sevestre%202.pdf) : un certain Julien Sevestre habitant Vaudancourt a mis le feu un peu partout à Montjavoult, Vaudancourt et Boury. Pierre Masse y a perdu ses trois fermes de Beaugrenier et le dénommé Sevestre a été brûlé vif. En 1789, le seigneur d'Hérouval va naturellement chercher à faire oublier la qualité dont il s'était imprudemment paré.
On aurait pu croire que l'ancienne seigneurie passerait au XIXème siècle entre les mains d'agriculteurs, il n'en sera rien, c'est un grand bourgeois qui va racheter l'ensemble, Alexandre Sanson-Davillier, banquier et industriel, régent de la Banque de France. Il cherchait une maison de campagne à proximité de Gisors, car il était, après son mariage avec Clémentine Davillier, devenu un des gérants de la filature de Gisors, rachetée par son beau-père en 1816,Pierre gillouard à l'époque la plus grosse entreprise de la région (un millier d’ouvriers  vers 1850).
A Hérouval, c'est lui qui invite son parent Antoine Passy (1792/1873), alors ministre, mais géologue passionné, à fouiller l'allée couverte qui vient d'être trouvée. Alexandre Sanson-Davillier trouve non loin de là, au goulet de Merval en 1842, un ensemble de 14 sarcophages qui contiennent des lances, des ornements de fer ou de bronze, et un médaillon romain. Vers 1860, Il quitte la direction de la filature et meurt trois ans plus tard.
Le manoir devenu ferme est passé de main en main pour arriver dans celles de Pierre Gillouard (à droite) en 1918. Quand il a quitté Montjavoult vers 1935, c'est Henri Goré qui a repris la ferme. En 1953, le petit-fils de ce dernier, Philippe Gautier, a pris la suite.

Chroniques communales

L'oeuvre des Trois Semaines

L'oeuvre évangélique à Montjavoult est sous l'autorité de la Société centrale protestante d'évangélisation fondée à Paris en 1847. De 1868 à 1884 le pasteur Théophile Lorriaux en est l'agent général. A partir de 1881, avec son épouse Emma, ils décident d'envoyer à la campagne pendant au moins trois semaines des enfants à la santé fragile des milieux deshérités de Paris (c'est l'origine des colonies de vacances). L'instituteur de Montjavoult, Joseph Benech, les aide à trouver des familles d'accueil.
En 1890, le couple achète deux maisons "La Métairie" et "La Maisonnette" qui deviendront "La Clé des Champs". En 1891, la grange est transformée et devient "Le Chalet". L'Oeuvre achète ensuite plusieurs maisons dans divers hameaux de Montjavoult, ainsi qu'au bord de la mer et dans le Cantal.
Le pasteur Théophile Lorriaux meurt en 1910, année où plus de 2000 enfants et 200 mères de familles sont partis en vacances par ses soins. Sa femme et ses deux filles dirigent alors l'Oeuvre. En 1913, elle devient Association «Reconnue d'Utilité Publique» et reçoit 2605 colons, 258 mamans et 18 papas.
Pendant la Première Guerre Mondiale, les maisons sont occupées par l'armée, devenant le centre de travaux de défense du camp retranché de Paris... et à partir de 1918, d'importantes réparations et reconstructiuons sont nécessaires dans toutes les maisons, afin de pouvoir recommencer à recevoir des colons à partir de1923.
En 1924, Robert Lorriaux, fils, au décès de sa mère reprend les rènes de l'Oeuvre qu'il développe considérablement. En 1934, il rachète à l'Eglise Evangélique de Beauvais, les bâtiments construits en 1855 et les transforme. L'oratoire de 1856 est remplacé par un Temple où durant plus de 20 ans les protestants de la région se rassemblent. Puis, le Temple, mal entretenu, est désaffecté pour raisons de sécurité et les cultes se tiennent dans une des salles de "La Clé des Champs".
La guerre de 1939-1945 et les lois du Gouvernement de Vichy voient "La clé des Champs" devenir une Maison permanente d'enfants. En 1943, une trentaine d'enfants y vivent.
A partir de 1958, il n'y a plus de placements familiaux et l'Association se défait de différentes maisons. Dès 1960, il ne reste plus que trois maisons : "La Clé des Champs", permanente et mixte, "l'Etoile de mer" et "La Fon del Sol".
En mai 1969, "la Clé des Champs" est conventionnée par les Pouvoirs Publics.
En 2003, l'Oeuvre a dû mettre en vente les deux maisons de colonies de vacances ne répondant plus aux normes et en 2006, une nouvelle maison est construite.

Montjavoult et le cinéma

Rabbi jacobLa scène du mariage, au début du film «Les aventures de Rabbi Jacob» réalisé par Gérard Oury, sous son propre scénario, sorti dans les salles en 1973, avec Louis de Funès, Henri Guybet, Suzy Delair, Claude Piéplu, Marcel Dalio,  etc… a été tournée devant l’église de Montjavoult.

Les cracksOn retrouve le paysage de Montjavoult et de ses environs dans le film « Les Cracks » réalisé par Alex Joffé en 1967, avec  Bourvil, Robert Hirsch, Bernard Verley, Patrick Préjean, Anne Jolivet, Monique Tarbès, etc… La ferme des Bôves en arrière-plan.

Trois Montjoviciens jouent des clients du bar dans une scène du film "Fortuna", réalisé par Alex Joffé en 1960, avec Bourvil, Michèle Morgan, Frédéric Mitterrand, Rosy Varte, Gaby Morlay, Alan Scott, Pierre Doris, etc…

Fortuna

A proximité de Monjavoult, ont été tournés des passages de plusieurs films comme "La panthère rose" en 1963 et 2006 à Magny-en-Vexin ou encore "Danse avec lui" en 2007 à Chaumont-en-Vexin.

Patrimoine

L’église Saint Martin
A
ssise sur un petit tertre qui en dégage bien la silhouette allongée que domine une massive tour de la Renaissance, l'église Saint-Martin, possession de l'abbaye de Saint-Denis jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, est un édifice très complexe. Datant pour l'essentiel du XVIème siècle, elle a en réalité pour base une église romane, que l'on peut faire remonter au XIème siècle, dont subsiste essentiellement le bas-côté Sud mais qui peut être reconstituée grâce à l'analyse des maçonneries et de vestiges encore visibles dans les combles.  Elle comportait une nef de trois travées avec bas-côtés, un transept saillant avec clocher sur la croisée et un chœur de plan inconnu. Fait absolument exceptionnel pour la région, la nef et ses bas-côtés étaient couverts de voûtes en berceau plein cintre, un type de couverture réservé habituellement aux chœurs et travées sous clocher. Dans les combles, le mur goutterôt Nord a gardé son appareil en arêtes de poisson et des petites fenêtres à claveaux simulés.
Au XIIIème siècle, un chœur à chevet plat de deux travées avec bas-côtés remplacera le chœur roman. Il servira de base, avec le transept roman, à la reconstruction presque totale de l'église, entreprise dans les premières années du XVIème siècle suite aux nombreuses destructions dans la région intervenues durant la Guerre de Cent Ans.
Couvertes de voûtes d'ogives à profil prismatique retombant par pénétration dans les piles, ces parties orientales sont surtout remarquables pour leurs fenêtres flamboyantes, exemple, ce magnifique chevet plat, percé en son centre d'une immense fenêtre au réseau caractéristique de cette dernière période de l'architecture gothique. Les travaux se poursuivront par la nef, dotée de nouvelles voûtes et flanquée au Sud d'un très large bas-côté destiné à pallier l'étroitesse du vaisseau central, d'origine romane. Le bas-côté Nord de la nef est couvert, disposition rarissime en Île-de-France, d'une voûte en berceau plein cintre du XIème siècle.
L'exceptionnel portail et le clocher de style Renaissance, bâtis en dernier dans les années 1550. Semblable à un arc de triomphe avec sa voûte à caissons fermement encadrée par deux colonnes cannelées et une large frise sculptée, le portail est, tant pas sa composition que par le foisonnement de son décor, l'une des œuvres majeures de la Renaissance dans le Vexin avec ceux de Marines et de Gisors.
Le mobilier compte quelques éléments intéressants au premier rang desquels une exceptionnelle Vierge à l'Enfant en pierre, du XIVème siècle.
En 1614, Louis Audouin, seigneur d’Hérouval, est inhumé dans l’église, chapelle de la Vierge.
En 1663, alors qu’Antoine de Caumont reçoit en son château du Bout du Bois son beau-père, Antoine d’Acheu, ce dernier vient à mourir. Il est inhumé dans l’église.
L’église Saint Martin a été classée aux Monuments Historiques en 1913.

Un visage en pierre, sur la place de l'église au dessus de la borne incendie, le reste d'une tête présente à l’origine sous le porche de l'église : lors de la Révolution toutes les têtes présentes sur l'église ont été décapitées.

Le château du Bout du Bois (Source : Ph. Champy)
Adossé à la forêt de la Molière, il commandait le passage entre les deux buttes, route de Magny à Gisors. Un souterrain le reliait à l’église de Montjavoult et peut-être aussi à l’extraordinaire réseau qui quadrille le Vexin autour de Gisors.
La partie Sud du château date du XVème siècle, avec une tourelle ronde et un toit en pierre de taille tout à fait remarquable ; la façade Ouest est peut-être de la même époque mais a été remaniée et percée de fenêtres symétriques au XVIIème. Au XVIIème, le château ne sera habité qu’épisodiquement. Cependant, de grandes fêtes réunissant toute la noblesse locale ont lieu à l’occasion des mariages. Au XVIIIème siècle, le Bout du Bois est un véritable hameau avec une douzaine de petits propriétaires, laboureurs, journaliers ou artisans et même une boutique. Au XIXème siècle, la vie y est brillante, bals et chasses à courre s’y succèdent.
En 1918, le château accueille une partie de l’état-major allié (photo ci-contre : généraux Pershing, Bullard et Brook).
Hélion de Villeneuve-Bargemont et sa femme Simone de Froissardcède à la mode pour l’anglo-normand et transforme la bâtisse qui avait gardé l’allure classique et élégante d’un petit château du XVIIème en lui ajoutant au Nord une aile imposante dotée de faux colombages en ciment, puis, après la guerre, les mêmes faux colombages sur l’étage du bâtiment principal. Ils procèdent de même avec leur ferme située à l’entrée de Beaugrenier.
Un maître d’équipage invité se souvient : De la cour du château partaient en oblique deux allées de chasse, l’une traversait la place ovale du hameau avant de s’enfoncer tout droit dans le massif de la Molière, et était bordée de chênes centenaires, l’autre, bordée de tilleuls, suivait les lisières de la forêt au-dessus de la plaine de Beaugrenier.
Avant d’être vendu en 1970, le château a connu une longue période de pillages : cheminées et boiseries ont disparu, ainsi qu’une précieuse malle d’archives. L’essentiel du domaine de plus de 300 ha a été acquis en 1972 par un fermier qui l’exploitait.
Le propriétaire actuel du château étudie divers projets dont l’un pourrait être l’installation d’une maison de retraite.

Les calvaires,

La ferme d’Hérouval et son manoir,

Les anciens lavoirs de Montjavoult  du Vouast et de Valécourt,

Le Parc de loisirs d'Hérouval, sur la route de Gisors, situé en plein cadre naturel, renferme énormément d'activités diverses pour les petits, sur 20ha. Il offre une plage de sable fin avec des jeux d´eau ainsi que des toboggans, des châteaux gonflables, des montagnes molles, des piscines à balles, des mini-voitures électriques, des bateaux tamponneurs et des mini-quads. Un vaste espace de pelouses et de sous-bois, ponctué de grandes allées ombragées et d’abris couverts, est réservé pour les pique-niques et les barbecues. Un petit train conduit dans la forêt pour regarder les lamas et les moutons, une mini ferme a été aménagée avec des  chèvres naines et les animaux de la basse-cour.

Hameaux, lieux-dits et écarts rattachés à Monjavoult

Hérouval, Fradulphi Vallis, en 1288 ou «Le Val de Radwulf ». Le ru de ce nom prend sa source au lieu dit «Fontaine des Gens de Paris ».
Le hameau est situé au Nord du territoire de Montjavoult, à l'orée d'une profonde vallée qui part du plateau de Beaugrenier pour se diriger vers les fonds de Vaudancourt et de Boury. Ses bois sont partagés avec la commune de Gisors. Il comporte en son centre une grosse ferme, ancien manoir seigneurial plein de caractère flanqué d'un imposant pigeonnier. A l'écart et en contrebas, le moulin d'Hérouval, avec son étang, sont alimenté par un ru qui traverse ensuite Boury pour se jeter dans l'Epte en aval de Dangu.
De l'époque mégalithique, on a trouvé au lieu-dit la Garenne en 1839 une allée couverte de 13m dont les pierres forment un toit triangulaire, fouillée par Antoine Passy qui en a sorti des squelettes et des poteries grossières. Elle a été malheureusement ensevelie à nouveau quelques dizaines d'années après. Ce type d'édifice servait de sépulture (une douzaine dans le Vexin).
Il est possible que ce soit Antoine Vion d'Hérouval (1606/1689) qui ait fait construire le manoir qu'on peut admirer dans la cour de la ferme actuelle mais on pencherait plutôt pour son père, voire Louis Audouin, car le style de la construction est encore marqué par l'influence de la Renaissance si l'on regarde en particulier l'encadrement de la porte d'entrée.
A droite du manoir, un beau pigeonnier est daté du XVIIIème siècle sur une poutre. Il y avait en outre une chapelle, aujourd'hui détruite, avec au-dessus de la porte les armes des Vion.
En 1758,  les seigneurs n'habitent plus le fief, peu à peu leur place va être prise par les fermiers receveurs (agriculteurs de grosses exploitations chargés de recueillir les impôts et les fermages dus au seigneur). Leur rôle, déjà important au XVIIIème siècle, sera considérable dans les campagnes au moment de la Révolution.
En 1822, une filature de mèches pour chandelles est installée auprès du moulin d'Hérouval, qui utilise la force motrice de l'étang du moulin et occupe une vingtaine de femmes. Le moulin lui-même restera en activité encore pendant de longues années. Son mécanisme était encore en état après la guerre de 1940. Depuis, c'est un artiste peintre et plasticien, Dado (1933/2010) qui s'y installe et y mène une vie discrète.

Le Marais,

Le Vouast, le pays pauvre, la friche,

Valécourt, ancienne seigneurie

Le Bout du Bois,

Beaugrenier, ancienne seigneurie du Bosc-Garnier (Bois-Garnier)

Evolution de la population

Montjavoult demo

Notre fils à Montjavoult …

Profession de Foi :
SOUDAN Axel (sosa 1G1) le 10 juin 2007 (célébrée par le père Alain Caquant,  après 3 ans de catéchisme chez Anne Léraillé de Lavilletertre).

Soudan axel 2007 profession de foi

Date de dernière mise à jour : 09/08/2015