Salins-Fontaine

Salins fontaine adm

Anciennement Salins, puis en 1926 Salins-les-Thermes, puis en 2016 Salins-Fontaine, en fusionnant avec Fontaine-le-Puits qui surplombe la vallée de Belleville, traversée par le Doron et composée de deux hameaux, Fontaine et le Puits.
Salins-Fontaine,  à 490m d’altitude, au cœur de la Tarentaise et des stations de ski, se situe dans un petit vallon à proximité de Moûtiers et des Trois Vallées, à 30kms d'Albertville et à 75kms de Chambéry.

600px blason salins les thermes svgHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : D’or à la bande de gueules.

 

Hydrographie

L'activité des thermes anime le chef-lieu, au bord du Doron, depuis 1820, date à laquelle est construit le premier établissement thermal.
Le pouvoir curatif de ses eaux salées pour les maladies de la peau, l’arthrose et les rhumatismes a permis le développement d'un tourisme de santé.
L'énorme débit des sources d'eaux froides et chaudes (5 millions de litres par jour) lui vaut, à juste titre, le nom de Mer des Alpes.
Les thermes dépendent des thermes de Brides-les-Bains, situées à 4 kms en amont. Des navettes relient les deux stations.

Drapeau francais fond blancHistoire

C’est sur les sources salées, connues et exploitées dès avant l’invasion romaine, que reposent la notoriété et l’activité de Salins. Ce village est autrefois une ville assez importante, connue sous les noms de Salinae, Salinum ou Darentasia, tirant sa prospérité de la production du sel.
La présence d’un château romain, composé d’une tour de pierre entourée d’une enceinte de retranchement, est attestée dès le IVème siècle.
En 939, les Sarrasins qui occupent la Tarentaise bâtissent  au-dessus de Salins, le château de Melphe, nom signifiant en arabe eau salée.
Au XIIIème siècle, Gonthier de Salins, reconnaît tenir du comte de Savoie, sa maison-forte de Salins.
Au XVème siècle, la ville de Salins est détruite par un éboulement considérable. La vallée est remplie, le sol est exhaussé de 6 à 8m et les sources, enfouies à 8m au-dessous du niveau actuel du lit du Doron sont perdues pour plus d’un siècle. Le sel est alors produit par la mine de sel gemme d’Arbonne près de Bourg-Saint-Maurice.
Emmanuel philibert de savoieEn 1559, en raison du coût trop élevé de l’exploitation des mines d’Arbonne, le duc Emmanuel Philibert de Savoie dit Tête de Fer (1528/1580, portrait de gauche) ordonne des travaux pour retrouver les eaux de Salins et les amener à Moûtiers où sont construites les Salines Royales. Elles sont exploitées jusqu’en janvier 1866.
L’activité thermale débute vers le milieu du XIXème siècle.
Les trois tombes, découvertes à Fontaine-le-Puits en 1909, permettent d'indiquer une occupation humaine de la culture de Remedello (Age du Cuivre en Italie du Nord) durant le Chalcolithique (voir "Echelle des Temps"), parmi les plus anciennes de Tarentaise.
Par décret du 29 décembre 1926, Salins devient Salins-les-Thermes.
Puis le 1er janvier 2016, Salins-les-Thermes fusionnent avec Fontaine-le-Puits et devient Salins-Fontaine.

La dame Blanche de Salins, l’archevêque Pierre II et le Pain de Mai
Le pain de mai cathedrale de moutiersD'après la tradition, une châtelaine de Salins, nommée la Dame Blanche, aperçoit un jour, en période de disette, des malheureux qui en sont réduits à manger l'herbe des prés comme des animaux. Horifiée, elle a recours à Pierre II, moine cistercien, abbé-fondateur du monastère de Tamié puis archevêque de Tarentaise en 1141, dont elle connait la charité. Pour l'aider, elle lui offre une partie de sa fortune.
On ne sait rien d'elle, sinon qu'elle appartient à la maison ducale de Savoie et habite au château de Salins.
Ainsi se met en place la fameuse Aumône du Pain de Mai dont la tradition se perpétue jusqu'à la Révolution Française.
La coutume consiste en une distribution de soupe à tout venant, faite à la porte de l'évêché et aux frais de la mense épiscopale (revenus de l'évêque), pendant les 28 premiers jours du mois de mai, époque de l'année où les réserves de blé sont souvent épuisées. Des charrois amènent les dons de tout le diocèse et l'on arrive ainsi à ravitailler chaque année plusieurs milliers de personnes.
Aujourd'hui, le nom est donné à une rue de Moûtiers et une peinture dans la cathédrale de Moûtiers (peinture ci-contre) nous rappellent cette institution.

Patrimoine

Le château de Salins ou de Melphe 
Dès le IVème siècle, la ville est protégée par un château construit sur les hauteurs. Sans doute considérablement augmenté au Xème siècle, il est pris en 1082 par Humbert ii de savoiemon ancêtre,  le comte Humbert II de Savoie dit le Renforcé (1065/1103, portrait de gauche) qui y établit un châtelain et un juge mage. C’est dans ce château où il s’est retiré qu’il meurt en 1103.
Vers le milieu du XIIème siècle, une princesse connue sous le nom de  Dame Blanche, y réside et soutient la Fondation de l’Aumône dite du pain de mai qui se perpétue jusqu’en 1793 (voir § ci-dessus).
Le château inféodé aux seigneurs de Salins revient à leur extinction à la famille Duverger qui conserve le titre de la seigneurie de Melphe jusqu’en 1793.
Du château, il ne subsiste que son souvenir perpétué dans les noms de bâtiments ou de secteurs de Salins-les-Thermes comme la Dame Blanche, Melphe, le Donjon, les Créneaux, les Douves, l’avenue du Château

L'église Saint-Maurice de Salins est construite à l’écart des crues du Doron.
Ses origines sont sans doute liées à l’abbaye bénédictine de Saint-Maurice-d’Agaune (Valais Suisse) fondée en 515.
Saint maurice d agaune huile sur bois du xvieEn 1140, Saint Pierre II, archevêque de Tarentaise, fait donation à Saint-Maurice-d’Agaune des églises de Salins, de Saint-Michel-sur-Moûtiers, de Montagny et de Feissons-sur-Isère.
A la suite de cette donation, l’église de Salins est dédiée à Saint Maurice (portrait de droite), chef de la légion thébaine, exécutée avec ses compagnons coptes, par l’armée de Maximien Hercule (250/310) césar et auguste sous l’empereur Dioclétien, le 22 septembre 297 à Agaune (aujourd’hui Saint-Maurice-en-Valais), pour avoir refusé de sacrifier aux dieux romains. La Maison de Savoie hérite du Royaume de Bourgogne Transjurane qui a fait d’Agaune, le lieu où l'on vénère le souvenir de Saint Maurice et de ce massacre.
Il ne reste rien de la structure romane de l’église. Son plan était, avant 1655, en forme de croix. L’archevêque fait à cette époque convertir le chevet en fond plat et ajouter deux nefs latérales, l’église a ainsi la structure de toutes les églises de Tarentaise : un intérieur baroque avec voûtes en croisée d'ogives, torsades et dorures.

La chapelle des Frasses
Saint rochAu milieu du hameau des Frasses, cette petite chapelle est construite en 1686 grâce à la générosité de cinq marchands-migrants, puis reconstruite au milieu du XIXème en style néo-gothique, comme en attestent les voûtes.
L'intérieur, joliment décoré et très coloré, abrite l'ancienne cloche, aujourd'hui fendue, de la chapelle, l'une des premières cloches fondues à la célèbre fonderie Paccard en 1823.
Son retable est dédié à Saint Roch (1350/1379, portrait de gauche), natif de Montpellier, pèlerin et thaumaturge qui distribue tous ses biens aux pauvres et aux pestiférés qu’il soigne, avant d’être lui-même victime de la peste.

La chapelle Notre-Dame, située au sommet du village de Fontaine-le-Puits, est transportée à l'emplacement de l'église actuelle à la fin du XVIIème ou début du XVIIIème siècle et prend la titulature de Notre-Dame de la Pitié et Saint-Roch.

Personnages liés à la commune

Jean Marie Merme (1778/1865), chasseur à cheval de la Garde Impériale, chevalier de l’Ordre Impériale de la Légion d’Honneur,  a une extraordinaire carrière sous la Révolution et l’Empire. Il se retire à Salins où il meurt le 20 janvier 1865. Sur son monument funéraire, devant l’église,  est gravée l’inscription Des pyramides à Moscou.

Hameaux, lieux dits et écarts

Le château, Le Plan, Le Roc, Léchaud, Les Frasses, Melphe, Ponserand et Sècheron.

Evolution de la population

à Salins :

Salins les thermes demo

et à Fontaine-le-Puits :

Fontaine le puits demo

Un lointain ancêtre de Salins-Fontaine ...

Décès/inhumations :
De SAVOIE Humbert II dit Le Renforcé (sosa 943 395 242++G30), 6ème comte de Maurienne, y décède le 14 octobre 1103 dans son château de Salins où il réside à la fin de sa vie. Il est inhumé à la cathédrale Saint-Pierre de Moûtiers.
(Voir "Visages de Savoie").

 

 

 

 


 

Sources 
Sites et photo : Wikipedia,
Salins-les-Thermes, Le Pain de Mai...

Date de dernière mise à jour : 15/12/2017