Grainville-la-Teinturière

Grainville adm

Commune rurale et verdoyante du Pays de Caux, située au carrefour de voies romaines à 10 kms de la côte d'Albâtre dans la vallée de la Durdent (fleuve côtier qui prend sa source à Héricourt-en-Caux et se jette dans la Manche à Veulettes-sur-Mer).
Elle est entourée et limitrophe des communes de Cany-Barville, Bosville, Oherville, Le Hanouard, Cleuville, Beuzeville-la-Guérard, Ourville-en-Caux et Bertheauville. Deux chemins de Grande Randonnée GR211 et 211B la traversent.
Grainville-la-Teinturière est jumelée avec les villes canariennes de Teguise (Lanzarote) et de Betancuria (Fuerteventura).

Blason grainville la teinturiere seine maritimeHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
Écartelé : aux 1er et 4e d’azur à la croisette recroisetée d’or, aux 2e et 3e de gueules à la coquille d’or; sur le tout, d’argent au lion de sable.
Blason adopté en 2012.

Drapeau francais fond blancHistoire

Grainville-la-Teinturière est un village très ancien comme en témoignent l’existence de lieux de culte gaulois christianisés (source Sainte Clotilde et chênes Saint Hubert).
Trois voies romaines traversent Grainville.
En 1024, on trouve Greinville, Grainvilla  puis Gairinus ou Grimr, éventuellement latinisé en Grinius.  Le nom de Grainville a une origine viking et signifie le domaine de Grim ; le premier document qui le mentionne date des environs de 1060.
Par la suite, Graueville, Grinville, Grenville-en-Caux, ainsi que Grainvilla sur la Durden.
C’est en 1283 que la mention de Tinctuaria (la Teinturière) apparaît pour la première fois, allusion à une manufacture de teinte des laines et étoffes sur les bords de la Durdent dont rien ne subsiste.

Le village de Grainville se développe beaucoup avant la fondation du château féodal vers le XIème siècle. Facteur d’activité économique et de sécurité, il draine toute une population à proximité de son enceinte.
Les brasseries de Grainville ont eues une certaine importance puisqu’en 1364 la bière de Grainville se vend jusqu’à Eu.
Avant le XIIIème siècle, une léproserie Saint Jacques, près du bois malade est citée.
En 1754, le village dépend de la Haute Justice du bailliage de Cany-Barville qui compte une quarantaine de paroisses.
Lors de la Révolution Française, le désordre s’installe : dans l’église le culte de la Raison est prôné et les prêtres réfractaires officient en cachette.
En 1793, trois arbres symbolisant la devise de la République (Liberté, Egalité, Fraternité), sont plantés sur la Place du marché.
Au XIXème siècle, le prince de Montmorency-Luxembourg est un personnage important, très grand propriétaire terrien, qui possède à Grainville trois moulins.
En 1823, le village obtient l’annexion de la commune de Mautheville-sur-Durdent.
En 1830, l’église Saint Victor de Mautheville est démolie en raison de sa vétusté.
En 1841, Grainville-la-Teinturière doit faire face à de violentes inondations. L’eau de la Durdent en crue atteint le village, 48 habitations sont touchées.
En 1848, on compte 1518 habitants à Grainville-la-Teinturière, malheureusement, en raison de la crise du textile, des ouvriers quittent la commune.
En 1853, la commune compte 2/3 de pauvres journaliers et de tisserands manquant d’ouvrage. Le presbytère est construit (mairie actuelle).
De 1861 à 1864 la mairie-école est construite.
En 1865, les villages de la vallée de la Durdent défendent avec force le projet de construction d’une ligne de chemin de fer reliant Vittefleur à Yvetot. Le programme ne se réalise pas.
1914-1918, plusieurs Grainvillais sont appelés sur le front dans l’Est et le Nord de la France, 23 d’entre eux ne reviennent pas.
Dès la fin des hostilités, le village connait un véritable essor économique grâce au développement agricole.
1939-1945, le village est occupé par les troupes de Rommel arrivées le 11 juin 1940 dans la vallée. La commune est libérée par les alliés le 1er septembre 1944.

La conquête des îles Canaries

Louis de la cerdaEn 1334, l’énergique résistance des habitants des îles Canaries, les Guanches, mettent en échec une première tentative de conquête menée par le prince castillan et comte de Clermont, Louis de La Cerda (portrait ci-contre à droite).Benoit xiii
Le pape Benoit XIII à Avignon (portrait ci-contre à gauche), dont la garde est dirigée par Robert de Bracquemont, accorde, par une bulle en 1403, des faveurs spirituelles à ceux qui contribueront à la conquête et à la défense des îles Canaries qui n’ont pas de seigneur chrétien.
Jean de Béthencourt, conseiller et chambellan du roi Charles VI, seigneur de Grainville-la-Teinturière où les foulons et les tisserands font grand usage de l’orseille (colorant végétal rouge originaire des îles Canaries) désireux de s’éloigner de la Guerre de Cent Ans qui ravage le pays et le ruine, de trouver de nouvelles terres et de mettre un peu d’espace entre lui et ses créanciers, entreprend, pour son propre compte, la conquête des îles Canaries.
Gadifer de la salleIl s’associe avec Gadifer de la Salle (portrait ci-contre à gauche), avec qui il a lutté contre les Sarrazins en Méditerranée, notamment dans l’armée menée en 1390 par le duc Louis II de Bourbon contre Tunis.
Il vend les biens qu’il possède dans le Vimeu en Picardie, sa terre de Saint-Martin-le-Gaillard, une maison à Paris et gage sa seigneurie de Grainville-la-Teinturière pour 7 000 livres tournois à son oncle, Robert de Braquemont, afin de pouvoir financer son expédition.
Le 1er mai 1402, il quitte, avec Gadifer, La Rochelle sur trois bons navires. Cependant, une révolte ayant éclaté à bord, il faut débarquer sur les côtes espagnoles, près de 200 matelots normands et gascons qui refusent d’aller plus loin. Il doit ensuite se disculper d’une accusation de piraterie à Cadix, et ne reprend la mer qu’au bout de plusieurs semaines pour débarquer à Lanzarote, île peu peuplée de l’archipel ou ils défont aisément les 300 Guanches qui l’habitent.
De là, il débarque sur l’ile voisine de Fuerteventura, mais n’arrivent pas à triompher de la résistance des indigènes. Il repart donc chercher vivres et renforts en laissant à son lieutenant Gadifer de la Salle la conduite de la petite troupe dont il dispose.
Henri iii de castilleDe retour en France, le règne agité de Charles VI ne lui permet d’en recevoir aucun secours pour continuer sa conquête mais il obtient en revanche ce qu’il demande auprès de Henri III, roi de Castille (portrait ci-contre à droite),  à la condition qu’il lui fasse hommage des terres à conquérir (raison pour laquelle les îles Canaries sont restées à l’Espagne).
À son retour, en 1404, avec le titre de roi et seigneur des îles Canaries, Béthencourt ne parvient pas à faire admettre à Gadifer de la Salle qu’il n’a pu faire autrement que de faire allégeance au roi de Castille, un dissentiment s’élève entre les deux hommes et Gadifer revient en France.
Jean de Béthencourt termine la conquête de l’île, fait baptiser le roi Guardarfia sous le nom de Louis et impose le christianisme à la plus grande partie des indigènes en 1404. Il colonise ensuite Fuerteventura, où il établit sa capitale (qui porte encore son nom) puis soumet les îles de La Gomera et d’El Hierro avant de s’attaquer au continent, prenant possession du littoral au Sud du cap Bojador.
Il retourne ensuite à Honfleur et en ramène 160 colons du Pays de Caux et quelques femmes. Le sol de l’île est alors partagé entre les indigènes et les nouveaux arrivants.
Sa conquête lui assure le fructueux monopole sur l’orseille.
À la fin de l’année 1405, après y avoir attiré beaucoup de ses compatriotes normands, le conquérant quitte définitivement l’ile, dont il abandonne le gouvernement à l’un de ses neveux, Maciot de Béthencourt, pour revenir dans son pays passer le reste de ses jours.
Pape eugene ivEn 1415, le débarquement des Anglais à Harfleur, coupe la route des îles Canaries et a raison de l’entreprise de Jean de Béthencourt qui, ne trouvant aucune aide à cause de la guerre de Cent Ans, vend l’archipel à la Castille en 1418.
Son neveu Henri vend les Canaries à l’infant Henri le Navigateur.
En 1431, le pape Eugène IV (portrait ci-contre à gauche) reconnait les droits de la Castille sur les Canaries.
Le récit des exploits de Béthencourt a été écrit par ses chapelains, Philippe Bontier et Jean Le Verrier, qui l’ont accompagné dans ses voyages.

Cette conquête a eu des conséquences considérables sur l'histoire de l'humanité, car 90 ans après, en 1492, les îles Canaries ont été une escale indispensable pour Christophe Colomb avant sa grande traversée de l'Atlantique vers le Nouveau Monde.

Seigneurs et gens de noblesse

Avant 911, date de création du Duché de Normandie, l’ensemble des terres appartiennent à l’abbaye de Fontenelle (actuellement Saint-Wandrille). Les ducs Richard Ier en 958 et Richard II en 1024, confirmèrent ces droits.
En 1070, l’église de Grainville est donnée à l’abbaye de Saint Wandrille par un seigneur nommé Robert père de Grimold.
LeJean de bethencourt1 chevalier Jean de Grainville, qui prend part à la première croisade en 1098, est probablement à l’origine du château de Grainville (voir § « Patrimoine »).
En 1132, les seigneurs laïcs de la région, très puissants, confisquent le pouvoir aux religieux.
Eustache de Grainville (portrait ci-contre) rend l’église à l’archevêque de Rouen, Hugues d’Amiens, quelques années plus tard pour le salut de son âme. Ce dernier en 1140 la rend à l’abbaye. Elle s’appelle alors Notre-Dame ou Saint-Sauveur-de-Grainville.
Jean de Béthencourt, 1362/1425, est seigneur de Grainville avant de partir à la découverte des îles Canaries en 1402.
Robert de Bracquemont est seigneur de Grainville-la-Teinturière en 1411.
La famille d’Angerville d’Auvrecher prend possession de la seigneurie de Grainville puis la famille de Rouville.
A la fin  du XVIIème siècle, le domaine est cédé à la famille de Bec-de-Lièvre.
Au XIXème siècle, le prince Anne Christian de Montmorency-Luxembourg, duc de Beaumont, 1767/1821,  époux d’Armande de Bec-de-Lièvre, est un personnage important, très grand propriétaire terrien, qui possède à Grainville trois moulins.

Au village de Mautheville, la famille Langlois possède la seigneurie.

Chroniques communales

La foire de la Chandeleur
C'est la première foire aux bestiaux de l'année dans la région et l'une des plus fréquentée.

La fête de la Procession Blanche
Depuis 1610, cette fête se déroule chaque année, le troisième dimanche de juillet, en souvenir de la fin miraculeuse d’une épidémie de peste à Grainville.

Personnages liés à la commune

Jean de Béthencourt, 1362/1425, né et mort au château de Grainville-la-Teinturière, est un explorateur et conquérant français qui mène en 1402 une expédition aux îles Canaries (voir § « Histoire »).

Robert de Croismare, 1445/1493, licencié en droit civil et bachelier en décret. Il est chanoine prébendé de Rouen en 1469, curé de Rougemontiers en 1470, curé de Grainville-la-Teinturière en 1473 et devient archidiacre du Grand-Caux en 1476.
Grâce au soutien de Guillaume Picard, bailli de Rouen, avec l'appui du roi, le chapitre l’élit en 1483, il est reçu archevêque de Rouen. Il fait son entrée solennelle le 6 septembre 1484.

Patrimoine

L'église Notre Dame de l'Assomption, dans le chœur de laquelle est enterré Jean de Béthencourt.
Une première église est construite au XIème siècle. En 1024, une charte du Duc Richard II cite l’église de Greinville comme existant depuis les temps les plus reculés. Sa dédicace à Notre-Dame est très en vogue à cette époque. Les églises de fondation plus ancienne sont plutôt dédiées  à des saints évêques : saint Martin, saint Denis, saint Valéry…
L’appartenance de l’église à l’abbaye de Saint-Wandrille est mal vécue par les premiers seigneurs du lieu qui, à plusieurs reprises, s’en empare de force puis la restitue.
De cette ancienne église, il subsiste à l’intérieur de l’édifice actuel, l’ultime trace d’une ogive prenant naissance sur le mur de la tour du clocher, à droite en entrant par le portail principal.
L’église gothique dans laquelle on entrait par le même portail qu’aujourd’hui, est détruite à la fin du XVIIème siècle. Une église neuve est construite vers 1704 grâce à la générosité des frères Thomas et Pierre de Bec-de-Lièvre.
L’église actuelle est la troisième construite à cet emplacement, elle comprend trois parties d’époques différentes : le portail et la base du clocher (vers 1580), l’ensemble de la nef (vers 1700), le haut du clocher (vers 1875).
La base de la tour du clocher date du XVIème siècle et le reste de l’église est construit au début du XVIIIème siècle. Il faut attendre le XIXème siècle pour voir son achèvement.
En 1873, une visite conjointe du curé et du maire auprès du Prince de Montmorency-Luxembourg, châtelain de Cany, a l’issue de laquelle ce dernier offre de participer financièrement aux travaux en contribuant ainsi à l’achèvement de l’œuvre de ses ancêtres.Les travaux, dirigés par Messieurs Martin et Marical, architectes à Yvetot, sont terminés vers 1875.
Les fonts baptismaux en grès datent du XVIIème siècle.
Trois plaques se trouvent à l’intérieur, elles sont dédiées à : M. l’abbé Samson 1907/1920, M. l’abbé Maillard, aumônier de l’hospice de Grainville, décédé en 1866 et demoiselle Anne Elie Marie de Montmorency-Luxembourg, décédée à Marly en 1849, qui a demandé le secours des prières des paroissiens de Grainville au moment de sa mort.
Jean de Béthencourt y est enterré à Grainville-la-Teinturière « dedans l’esglise de ladite ville, tout deuvant le grand austel ». Cette indication se réfère à l’église gothique qui a fait place à l’église reconstruite en 1700. Grainville la teinturiere seine maritime buste de jean de bethencourtLa grande dalle de pierre, devant l’entrée du chœur, est dénuée de toute inscription. Elle a néanmoins acquis une valeur de symbole, car si le tombeau du conquérant des Canaries n’est pas sous celle-ci, il doit être très proche, près du chœur, sous le dallage de l’église.
Lors de la journée des Béthencourt, en novembre 2007, le buste en bronze (ci-contre) de Jean de Béthencourt a été inauguré. Il a été réalisé par Jean Marc de Pas, sculpteur à Bois-Guilbert, et présenté sur un socle à droite en entrant dans l’église.
L’église est entièrement restaurée en 1993/1994.

Le calvaire de l’église, ancienne croix de cimetière en fer forgé sur un socle de grès comportant trois marches.  En 1842, elle est déplacée du cimetière autour de l’église vers son emplacement actuel.
Les intempéries de 1995 font éclater le socle en grès. L’ensemble est remis en état et légèrement déplacé. Lors des travaux une pierre tombale est découverte (celle du curé de la commune Jacques Dominique Morel décédé en 1760), elle servait de soubassement au calvaire.

Le calvaire des marronniers, croix de bois sur un socle en brique et pierre, est rénové en 1996 et remonté avec l’ancienne croix de l’église. Il est entouré de trois gros marronniers.

La croix de cimetière en fer forgé, montée sur un socle composé de grés, se trouve au centre du cimetière, au-dessus du carré des personnes tuées pour la France. Non loin de cette croix, se trouve la tombe de M. Marcel Legardien dit l’Ange Gardien,  grand résistant de la Seconde Guerre Mondiale et de son épouse. Le cimetière est transféré en 1842 sur un terrain cédé par l’Hospice.

Le monument aux morts à la mémoire des soldats de la commune Morts pour la France est élevé et inauguré en 1921. Y sont gravés les noms des soldats de toutes les Guerres depuis la Première Guerre mondiale 1914/1918  dans l’ordre chronologique de leur mort.

L’église Saint Victor de Mautheville-sur-Durdent, était placée dans un pré, au bord de la Durdent, au milieu d’un terrain bas et marécageux. Elle est fort ancienne; les épaisses murailles sont construites en partie avec de la pierre tuffeuse, commune dans ces prairies. Ses murs sont percés de cintres romans du XIème siècle, et surmontés d’une corniche de têtes grimaçantes.
Cette église est démolie en 1830. On a construit, avec ses matériaux une maison dans la rue principale de Cany.
Une partie du revenu est utilisé à la réparation de l’église du Hanouard.
La statue de Saint Victor saint-soldat, et celle de Sainte-Clotilde sont dans l’église de Grainville-la-Teinturière.

Le musée Jean de Béthencourt évoque l'histoire de ce seigneur et permet aussi de mieux connaître les îles Canaries d'aujourd'hui avec lesquelles Grainville-la-Teinturière entretient des relations privilégiées.

Les écoles. En avril 1792, Jean-François Simon Dorival offre ses services pour l’enseignement à l’école publique, il tient également le rôle de secrétaire greffier.  Il y avait deux maisons d’écoles séparées louées à des particuliers, celle des filles et celle des garçons.
En1864, la construction de la nouvelle école publique est terminée.
En 1867, le Conseil Municipal décide de la gratuité des écoles publiques (à noter que la loi pour généraliser la gratuité de l’école primaire est du 28 mars 1881).
En 1933, 40 garçons et 75 filles y sont accueillis.
De 1940 à 1944, l’enseignement se fait dans les grottes de Marie Marot.
1960, voit la fermeture officielle de l’école du Sacré-Cœur.
En 1963, 121 élèves sont accueillis dans le groupe scolaire mixte et en 1964, 101 élèves sont présents.
En 1964, un préau, des toilettes et la cour de récréation sont aménagés. En 1966, l’au courante arrive à la cantine scolaire,  un chauffe-eau et un bac à vaisselle sont installés.
En 1972, la fusion des deux écoles publiques de Grainville-la-Teinturière est demandée, pour n’en former qu’une seule sous le nom de École Publique Mixte de Grainville-la-Teinturière.

Le château du XIème siècle est détruit pendant les Guerres de Religion en 1580.  Ses remparts sont détruits en 1365, sur ordre du roi de France, ceci afin qu’il  ne puisse pas être utilisé par les ennemis. (Jean de Béthencourt a alors trois ans et n’est pas en mesure de défendre le château).Un château en pierre le remplace, probablement vers 1250-1300. Il en reste la motte féodale d’origine, sur laquelle se trouve un colombier construit probablement au XVIIIème siècle en même temps que les bâtiments ruraux qui occupent le site.

La maison en colombage aux trois statues (Saint Pierre, François 1er et la Vierge) sur de la route de Cany-Barville est bâtie au XVIème siècle. C’est une des plus anciennes maisons de la commune. Autour de la porte d’entrée donnant sur la rue, un chapelet sculpté, puis 3 statuettes au-dessus Saint-Pierre, François 1er et la Vierge Marie.

La maison Vimont, peut être ancien manoir des XVIème/ XVIIème siècle, située au carrefour de la rue des Ecoles et de la rue du Calvaire, possède une très belle façade en colombage avec des petites fenêtres et un étage. Sous la sablière basse, un soubassement (solin) de silex et de grés est construit. La sablière intermédiaire, sculptée de 6 coquilles Saint-Jacques, est avancée par rapport au rez-de-chaussée. Le colombage de l’étage représente différentes formes géométriques dues à son assemblage.

La maison de la ferme du colombier est une grande chaumière de plus de 30m de long, maison principale de la ferme,  située sur le bord de la route du colombier, est construite en colombage et possède une petite pièce très étroite, sans communication externe, qui peut éventuellement servir de cachot. Elle possède également une cave en tuf.

La ferme de la Justice est construite au XVIIème siècle (1665 gravé sur un grès de pignon). Siège d’une sergenterie, où l’on rendait la justice jusqu’en 1754, elle est annexée au Bailliage de Cany.
Les condamnés sont pendus à la pointe du bois des quatre carreaux.
Cette maison est construite avec un étage, en briques et silex et colombage en façade et de nombreux grés coté Nord.

Le four à pain, situé en bordure de route de la Haute-Rue, il est isolé de la résidence principale et fait partie d’un petit bâtiment construit de briques coté four et de colombage. La calotte du foyer en briques est recouverte d’une couche de torchis (argile et paille). Elle est laissée à l’air libre et seulement protégée par le prolongement de la toiture du bâtiment.
D’autres traces de four à pain existent dans la commune, on y fêtait beaucoup l’épiphanie. Les femmes de la maison fabriquaient les galettes dans ces fours.

La léproserie Saint Jacques, près du Bois Malade, figure dans les écrits au Moyen Age, avant la fin du XIIIème siècle. Cette maladrerie devient inutile et Louis XIV en donne les biens en 1695 à l’hôpital de Grainville fondé 3 ans auparavant par Pierre de Bec-de-Lièvre, premier président de la Cour des Aides de Rouen et seigneur de Cany-Barville et de Grainville.

L’hospice, ou ancien hôpital,  est donc fondé en 1693 par Pierre de Bec-de-Lièvre.
En 1695, Louis XIV rattache onze léproseries à l’hôpital.
En 1700, Pierre de Bec-de-Lièvre fait élever les bâtiments, les meuble richement et y installe des religieux de la Charité de Saint Jean de Dieu. Ces frères Hospitaliers exercent la médecine et rendent des services à toute la contrée. 60 ans après leur départ, on parle encore des bons Pères de Grainville. Cet hôpital est le plus important de l’arrondissement d’Yvetot et l’un des meilleurs hospices ruraux de la Normandie.
Sur l’entrée principale (rue du Calvaire) figure l’écusson de la famille Bec-de-Lièvre, et la date de fin de construction 1706.
Les portraits des fondateurs et bienfaiteurs ornent les murs du hall de l’escalier d’honneur.
En 2015, tous les bâtiments sont rénovés et abrite aujourd’hui une maison de retraite.

La chapelle de l’hospice a pour patronne la Sainte Vierge. Elle est construite entre 1700 et 1706 en briques et silex comme les premiers bâtiments de l’hospice. L’écusson du fondateur est placé au centre du tympan du fronton du bâtiment, face à l’ancienne grille principale.
L’intérieur est peint avec de très beaux motifs. Près de la petite porte d’entrée, un balcon devait servir aux malades logés à l’étage ou à la noblesse de l’époque.

La chapelle Sainte Clotilde en briques, située en bordure de la route d’Ourville, peu après le calvaire, est aujourd’hui privée.
Elle est placée sur une source et est dédiée à Sainte Clotilde, Reine des Francs.
Un pèlerinage avait lieu le 2 juin de chaque année, où l’on venait boire l’eau miraculeuse en cars de toute la France et des pays étrangers. Des infirmes supportées par des béquilles, seraient reparties en marchant... raison pour laquelle on pouvait voir béquilles, cannes et chaussures devant la chapelle avant 1957. Un prêtre fait brûler tous ces « ex-voto » populaires et supprime la procession qui avait encore lieu à cette époque.
Aujourd’hui cette coutume a complètement disparu.

Chênes Saint-Hubert est un des deux lieux de culte gaulois christianisés, avec la chapelle Sainte Clotilde, ce lieu est situé à la sortie du village, sur la route de Bosville, en bordure du Bois de la Roquette.

Les grottes du Trou de Marie Marot appelées aussi Trou à Pierrot.  Trois grottes percées dans la falaise, sous le bois de la Roquette.
La plus grande comprend à l’entrée un grand hall et trois galeries profondes de plus de 30m.
La seconde comprend une grande galerie avec un hall dans lequel existe une cheminée où une femme ramassant du bois serait tombée.
La troisième est la grotte du trou, il faut y entrer en rampant dans un couloir de 15m environ pour accéder à la grande salle. Dans cette salle, pendant la Révolution, suite à la fermeture de l’église, un prêtre catholique continue à y dire la messe. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle sert de refuge aux habitants ainsi qu’à l’envahisseur.
Il y a quelques années, les gens du village, après les repas de l’épiphanie, y allaient danser autour d’un feu de bois.

Les moulins (voir diaporama ci-dessous)De Héricourt-en-Caux à Veulettes-sur-Mer, la Durdent serpente entre les chaumières, les pommiers, les prairies mais surtout, pratiquement à chaque chute d'eau, elle alimente un moulin. Connus depuis des siècles, les moulins à eau se développent sur la rivière. Jean de Béthencourt mentionne au Moyen-Âge l'existence de moulins à Grainville-la- Teinturière. Au début du XXème siècle, on en recense encore une dizaine. Citons :

Le moulin des Basses eaux à huile du début du XIXème siècle. Le roi Louis-Philippe 1er en 1838 autorise le propriétaire, le sieur Legros,  à reconstruire son bâtiment.
Au début du XXème siècle, M. Longuet aménage une pisciculture. Le moulin sert à amener l’eau à l’intérieur pour élever les alevins. Puis, M. Lecomte achète le moulin vers 1930 et le transforme en teillage de lin avec une dizaine de moulins flamands. En 1937, une teilleuse mécanique arrive.
Le moulin brûle pendant la seconde Guerre Mondiale.
En 1948, des bacs pour un rouissage à l’eau chaude sont construits.
Vers 1954, il cesse toute activité. Aujourd’hui les bacs en béton n’existent plus, comme la grande cheminée de la chaudière et le site appartient à la Communauté de Communes de la Côte d’Albâtre.

Le moulin Lepilleur à huile, face au parc de la Mairie, a appartenu à la famille Lepilleur. Il est transformé en moulin à blé en février 1860 par M. Orange.
Après la Première Guerre Mondiale, Omer Devriendt y développe le teillage de lin.
Ce moulin est détruit par un incendie en 1925.
Plus tard, M. Hautot y aménage un atelier de battage de trèfle. Puis vers 1970, M. Lecanu stoppe la production. M. Barey achète le site.
Aujourd’hui, il est la propriété de M. Guénet qui a rénové le bâtiment et la roue et en y ajoutant une génératrice.

Le moulin de l’hospice, grande bâtisse en briques, en bordure de la route Grainville-Ourville, construite au XVIIIème siècle. Ancien moulin à huile au XIXème siècle appartenant aux familles Lange et Gelée.
Il est réaménagé en 1829.
M. Garand l’achète au début du XXème siècle et entretient les installations.
Après la Première Guerre Mondiale, M. Le Maignent devient propriétaire du site, remplace la roue par une turbine et installe une dynamo. Le moulin alimente en électricité ses bâtiments.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, diverses activités y ont été pratiquées, tissage, fabrication de pain de glace, fabrication de savon mou, une partie du bâtiment sert de cantine aux soldats.
En 1958, l’hôpital achète les lieux pour un agrandissement éventuel.

Le moulin Le Magnent à blé, situé sur la rive droite, appartient aujourd’hui à la commune.
En 1866, le prince de Montmorency-Luxembourg y fait faire quelques travaux.
En 1900, le moulin de la rive gauche, alors simple bâtiment, devient propriété de la famille d’Hunolstein. En 1909, celui de la rive droite est acheté par Monsieur Le Maignent, ingénieur-constructeur, qui en fait un petit complexe industriel très performant comprenant une scierie, une forge, un atelier de tournage et de mécanique. Il achète le moulin Lange, situé de l’autre côté de la route pour y mettre une dynamo fournissant le courant aux ateliers et à la maison.
Après le décès du propriétaire, les machines s’arrêtèrent définitivement.
En 2011, le Moulin est rénové par la commune, propriétaire, en maison des associations.

Le moulin du Prince a fil d’eau sans chute n’a pas du fonctionner longtemps.

Le moulin Vanneste à huile, deuxième moulin du prince de Montmorency-Luxembourg, sur la rive gauche. Dans les années 1920, une famille belge, les Debarre, y développent une activité de teillage de lin. Des moulins flamands, installés au 1er étage, sont activés par la roue à eau.
L’activité est reprise dans les années 1930 par M. Vanneste, qui en fait la plus grosse entreprise de la vallée. Vers 1950, il décide de construire des bacs en béton pour un rouissage à l’eau chaude et une autre construction en béton pour la teilleuse mécanique. Avec la crise, le teillage s’arrête fin des années 1950.
En 1936, près de 50 personnes travaillent à cette activité.
En 1940, un grave incendie détruit les bâtiments et le mécanisme. Il est reconstruit avant la fin de l’année 1940.
En 1966, il ferme.

Le moulin de la sécheresse situé sur la route de Cany au hameau Les Deux-Moulins, est en réalité composé de 2 moulins : l’ancien moulin à blé à la fin du XVIIIème siècle, la propriété appartient à Charles Souday, la deuxième roue  à M. Maréchal.
Ce moulin est transformé en moulin à huile par M. Garand, puis en générateur d’électricité.
M. Verdrel transforme l’ensemble en complexe industriel avec une usine de confection de chemises.
En 1946, la famille Verdrel cède l’ensemble à Robert et Fernand Doutreleau, grainetiers à Yvetot, qui entreprennent une activité de teillage de lin. Ils débutent avec des moulins flamands, puis installent rapidement une teilleuse mécanique. La roue à eau sert seulement à la production d’électricité.
Il ferme ses locaux en 1956 à cause de la crise du lin. Il reste encore le grand hangar de stockage.
Les chantiers du patrimoine rénovent la roue et le vannage en 1994.
Ce site est aujourd’hui devenu un ensemble d’habitations.

Le moulin de la Fosse, sur la rive droite du bras gauche de la Durdent,  appartient en 1785 à M. de la Blandinière.
En 1821, après autorisation du roi Louis XVIII, une deuxième roue côté Ouest est ajoutée, sur l’autre bras de rivière.
En 1836, M. Delaporte achète le moulin.
Le moulin de la rive gauche du bras droit de la Durdent, après être moulin à blé, teillage, produit de l’électricité pour le moulin de M. Binay, moulin Dargent en aval. Ce moulin a 2 roues, une sur chaque pignon du bâtiment.
M. et Mme Bisman en sont propriétaires en 1961.

Le moulin Dargent, situé au hameau de la Haute Rue, est bâti en 1804, avec l’autorisation, donnée à M. de la Blandinière, de l’empereur Napoléon 1er.
Achille Dargent achète ce moulin à huile en 1819, et le vend en 1839 à M. Gelée.
Cette unité de production d’huile s’arrête très vite et devient un pavillon (la roue disparait).
En 1909, M. Nouvelé achète le pavillon.
En 1921, M. Binay devient propriétaire de cet ancien moulin transformé en maison d’habitation.
Il appartient maintenant à Mme Bisman.

Le moulin de Mautheville, situé au hameau de Mautheville, figure parmi les plus anciens sites recensés de Grainville.
En 1223, Raoul Langlois, seigneur de Mautheville,  confirme les donations effectuées par le père de son épouse à l’abbaye de Valmont. Le cartulaire de l’abbaye mentionne l’existence en 1242 d’un moulin à pierre à Mautevilla, peut être un moulin à blé avec des meules en pierre particulières. Les frères Langlois vendent la propriété en juin 1698 à Pierre de Bec-de-Lièvre, qui le donne plus tard à l’hôpital de Grainville.
En 1842, cette bâtisse est transformée avec l’apport d’un étage.
En 1930, M. Lapel reprend l’activité du moulin et l’exploitation de la ferme, la roue à eau actionne également un broyeur de pommes.
En 1950, le moulin ne fournit plus que de la mouture, puis ferme en 1953.
M. Lapel achète le moulin à l’hôpital en mai 1965.
Il appartient aujourd’hui à M. Soucy.

L’ancien moulin à papier, sur la rive gauche de la Durdent, on y fabrique du papier d’emballage pour sucres d’orge de la fin du XIXème siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale.
Seul moulin à papier de la Vallée de la Durdent, il ne reste plus trace de la bâtisse à colombages et couverte en chaume aujourd’hui, seuls l’emplacement et la chute sont encore visibles.

Un autre ancien moulin existait, d’après un plan de la Vallée de la Durdent, entre le moulin Vanneste et le moulin de la sécheresse, il aurait existé sur la rive gauche de la Durdent.

Les colombiers :

Le colombier du Mont Morel se trouve dans l’enceinte de la ferme du Mont-Morel, sur les hauteurs entre Grainville et Le Hanouard. Le colombier est de construction robuste, avec un toit à 6 pans en ardoises. Au-dessus de la petite porte d’entrée, un gros grès porte l’inscription 1677 de chaque côté d’un dessin en retrait s’apparentant à un blason. Pierre II de Bec-de-Lièvre en est devenu propriétaire en 1684.

Le colombier de la Haute-Rue se trouve dans l’enceinte du corps de ferme du hameau de la Haute-Rue. Il était la propriété de l’Hospice jusqu’en 1977 suite à une donation de la famille Bec-de-Lièvre de la « Petite ferme de la cour de Mautheville ». Sa construction doit remonter au  XIIème siècle, en briques et silex blonds ou noirs. Il a deux étages.

Le colombier de la Motte Féodale, situé au centre de la commune, est bâti sur l’ancienne motte féodale à l’emplacement de l’ancien château de Grainville. Sa construction remonte vers la fin du XVIIème siècle ou début du XVIIIème siècle, comme le corps de ferme et les bâtiments qui l’entourent. Il est construit sur une base de grès, le mur est en briques puis alternativement en silex. Il est couvert d’un toit à 8 pans.

Evolution de la population

Grainville demo

Hameaux, lieux dits et écarts

La Haute rue - Le Beaudrouard – Le Mont Morel – Le Val à loup – Les deux Moulins – Mautheville – Porte rouge – Roucrotte – Bois Malade – Bois Tortuit – Bois Cailleu – Chênes de Saint Hubert – Le Câtelet…

Nos ancêtres de Grainville-la-Teinturière …

Naissances/baptêmes :
CAUDEBEC Marie Magdeleine (sosa 995G10) le 13 décembre 1707.
LEMONNIER Jean Pierre (sosa 248G8) le 19 février 1771.
MARIN Marie Madeleine (sosa 1991G11) vers 1669.
TELIER Marie Anne Françoise Jeanne Thérèse (sosa 497G9) le 13 novembre 1737.
TELIER Robert Michel (sosa 994G10) vers 1707.

Unions :
CAUDEBEC Marie Magdeleine (sosa 995G10)  1er mariage avec SORET Louis (hs) le 15 mai 1728.
LEMONNIER Pierre Jean Baptiste (sosa 496G9) 1er mariage avec HERVIEU Anne (hs) le 29 juillet 1760, 2ème mariage avec CAUDEBEC Marie Magdeleine (sosa 995G10) le 4 novembre 1766.
TELIER Robert Michel (sosa 994G10) avec CAUDEBEC Marie Magdeleine( sosa 995G10) veuve de SORET Louis (hs), le 16 juillet 1732.

Domicile :
LEMONNIER Pierre Jean Baptiste (sosa 496G9) et CAUDEBEC Marie Magdeleine (sosa 995G10) en 1781.

Décès/inhumations :
CAUDEBEC Marie Magdeleine (sosa 995G10), veuve de SORET Louis (hs) et épouse de TELIER Robert Michel (sosa 994G10), le 1er août 1782.
MARIN Marie Madeleine (sosa 1991G11), épouse de CAUDEBEC Nicolas (sosa 1990G11), le 13 décembre 1712.
TELIER Robert Michel (sosa 994G10), époux de CAUDEBEC Marie Magdeleine (sosa 995G10), le 29 mars 1785. Il était journalier.

 


 

Sources
Sites et photo :
Wikipedia, Mairie de Grainville, Hospice de Grainville sur BNF, Le Canarien.

 

Les moulins de Grainville-la-Teinturière

Date de dernière mise à jour : 03/06/2016